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PAR PITIÉ ! … SUITE 3 (Histoire à suspense)

PAR PITIÉ ! … suite 3

Résumé de l’épisode précédent : Huis-clos abominable et particulièrement inquiétant. Que leur veulent ces hommes, leurs bourreaux. Ted a été abominablement torturé. Discuter avec les détenus permet d’en savoir un peu plus mais aussi d’avoir encore plus peur, peur d’entendre appeler son nom : Josef. Les tortionnaires jouent à désigner Josef, terrorisé.

 Josef, tu as eu peur, hein. Mais ce n’est pas ton tour. Pas encore !

Et ils s’éloignent, m’abandonnant à mes questions, à mes futures angoisses, celles de la prochaine fois où ils viendront vraiment pour me cueillir, pour me mener à l’abattoir, vivant, pour me prélever, comme disent les autres, ces rats, enfermés-là, comme moi !

Puis le rituel de l’appel recommence. Il résonne :

— Jack, c’est à toi ! Où est-ce que tu te caches ? Allez, sors du noir !

C’est lui, l’élu du jour, le candidat au massacre.

Contrairement à Ted, il se lève, péniblement certes mais, à mon grand étonnement, il précède ses deux bourreaux et les invite même à le suivre. Est-ce de la grandeur d’âme, de l’inconscience, de la soumission, du suicide ? À vous de me le dire !

Il paraît ignorer ce qui l’attend. Je me surprends à m’agiter comme une feuille secouée par un vent invisible mais violent. C’est nerveux et je n’arrive pas à me contrôler. Même mes dents claquent et je me mords la lèvre inférieure. Mince, le sang va attirer les rats, les vrais rats, ceux qui se délectent de notre chair pendant qu’on dort !

J’entends qu’on me parle.

Une ombre est étendue non loin de moi. Je ne l’avais pas remarquée.

— Jack a pété un câble, me dit-elle. Il a totalement décroché.

— Il est devenu fou ?

— Ouais, complètement dingue, confirme l’inconnu. Il faut dire qu’il ne peut plus parler.

— Ah ! Et pourquoi ?

— La dernière fois qu’ils l’ont prélevé, il est revenu avec une balafre qui lui traversait la gorge et une autre qui lui remontait du bas de ventre, jusque-là.

D’un geste, il me montre l’étendue des dégâts.

— Depuis, il est à l’ouest. Mais c’est pas le seul.

— Ah, dis-je persuadé que je viens de tomber sur l’encyclopédie vivante de l’horreur.

Observer et expliquer aux autres ce qu’il remarque, c’est peut-être ce qui aide ce gars à tenir, à survivre dans cette fosse immonde.

— Mate un peu là-bas, le gars complètement à gauche.

Je fronce les sourcils pour essayer de le voir.

— Il s’appelle Anthony.

— Et alors, quelle importance ça a ?

— Aucune mais lui, il déguste à chaque fois qu’ils le prennent et…

Je n’en peux plus d’entendre ça.

— Arrête, tais-toi ! Je ne veux rien savoir. Ferme-la, par pitié ferme-la !

— Toi, tu n’as pas encore été prélevé mais ça viendra, crois-moi !

— Tu ne peux pas te taire !

— Dis-donc, c’est toi qui m’a posé des questions. Je ne suis pas à ta botte et je parle si je veux.

Il a raison. Et puis même si ses révélations sont insupportables, parler me fait du bien et comble le vide de ma détention.

— Je m’appelle Josef. Et toi ?

— Henri. Je suis le plus ancien ici, je crois. En fait c’est Henri Désiré mais tu peux m’appeler juste Henri.

Il me tend sa main pour que je la serre, comme on conclut un pacte avec le diable. Le contact de sa peau est curieux, trop lisse. Il le sait et s’explique aussitôt.

— Ils m’ont brûlé la main, un pied aussi et d’autres partie du corps mais ces temps-ci ils me fichent la paix. Ils ont assez de nouveaux à se mettre sous la dent.

Ce qu’il me dit ne me rassure pas et vous auriez ressenti la même chose à ma place. N’est-ce pas ! Savoir que vous compatissez à ma peine, à ma douleur, que vous priez intérieurement pour que je m’en sorte – car je reste convaincu que c’est le cas, que je sortirai un jour de ce trou à rats – me donne un peu de courage, le courage qui me manquera forcément quand ils me prendront.

— Comment peux-tu supporter ça depuis si longtemps ?

— Parce que je n’ai pas le choix. Et puis j’ai cru comprendre que je suis un cas moins lourd que les autres.

— Moins lourd ! Qu’est-ce que tu veux dire ?

Il prend appui sur ses deux mains, pour se déplacer un peu et s’installer dans une position plus confortable. Qu’est-ce que je dis ? Une position moins inconfortable.

— Ils m’appellent l’escroc et il paraît que je suis un élément de moindre importance pour eux. Je les ai entendus le dire. Par contre les autres sont des cas sérieux. Alors ils trinquent.

Je me surprends à l’envier pour qu’ils m’oublient aussi, qu’ils ne m’appellent jamais mais je suis un nouveau et ils ne me rateront pas. Je me serais bien passé de la réflexion d’Henri mais voilà, il l’a faite, remuant dans une plaie que je n’ai pas encore un couteau que mes bourreaux ne manqueront pas de me planter et de retourner encore et encore dans mes plaies pour que ça fasse bien mal.

— Mais toi, comme tu viens d’arriver…

Inutile de préciser. Je l’ai déduit tout seul, je suis prisonnier, pas idiot !

J’ai presque envie de lui sauter au cou. Non, pas pour l’embrasser ! Il n’est qu’un compagnon d’infortune. J’ai plutôt envie de le tuer pour ce qu’il vient de dire, envie de lui broyer la trachée sous mes doigts. Heureusement qu’il ne lit pas dans mes pensées et qu’il ne sait pas qui je suis vraiment sinon, il tremblerait. Oui, j’ai oublié de vous le dire mais à une époque de ma vie, les gens me craignaient. Epoque révolue !

La peur de souffrir, la peur de l’instant où ils viendront me prélever m’envahit. Un vent de panique me traverse et je voudrais qu’il m’étouffe sur place, que je ne puisse plus respirer et que je meure subitement, comme ça. Je n’aurais plus besoin de trembler, plus besoin de redouter le moment fatidique qui arrivera inexorablement.

La mort ! Ça doit avoir un côté rassurant !

Mais je ne m’étouffe pas. Je respire, je suis vivant, un être vivant qui sait que le moment viendra où ils s’acharneront sur moi. Je me demande si la plus odieuse des tortures ne consiste pas dans le fait de savoir ce qui adviendra. J’ai l’impression que mon cerveau bouillonne à force de ressasser cette peur !

Mon esprit s’efforce de réfléchir, de mettre bout à bout les morceaux d’un puzzle qui ne coïncident pas. Il force les pièces, les tord, pour qu’elles s’assemblent mais elles résistent. Je ne comprends pas pourquoi je suis là !

Je tue le temps. Que pourrais-je faire d’autre ? La faim secoue mes entrailles et la soif revient peu à peu. Je me rends compte que je ne suis qu’une machine qui se résume à peu de choses : manger, boire, dormir, sont des fonctions vitales, celles auxquelles je suis réduit aujourd’hui. Le reste c’est du fard, de la poudre aux yeux : l’amour, l’amitié, ce genre de chose… Dites-moi à quoi ça me servirait maintenant ? À rien ! Je ne suis qu’un organe programmé dès la naissance pour respirer, se maintenir en vie le plus longtemps possible quelles que soient les circonstances. Et dans ces conditions, si je suis résistant, ma vie peut s’éterniser ici, hélas. Comme un épileptique, je me remets à trembler à cette perspective effroyable.

Quelle horreur ! Je n’imagine pas un seul instant que cela soit possible. Rester dans cet endroit à jamais, à leur merci et devenir une plaie putride, comme tous les autres. C’est… c’est… c’est inconcevable et en tout cas au-dessus de mes forces. Je m’égare… Je vais devenir fou.

A suivre…

Actualité : mon 4e roman est disponible, LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS, 420 pages.  Vous pouvez  lire la 4e de couverture ainsi que quelques extraits en cliquant sur la PAGE D’ACCUEIL de ce site. Vous trouverez au moins 5 bonnes raisons de l’acheter : plaisir de lire, suspense, Moyen Âge, mystère, rebondissements… tous les ingrédients qui vous tiendront en haleine jusqu’au bout ! 

Et ce dimanche, je dédicace mes 4 romans à Sainte Foy les Lyon, dans le Rhône, salle ellipse (en face de Calicéo), parking gratuit, entrée gratuite. Pour me trouver, c’est simple. Cherchez AUREY DEGAL. 

Bon week-end et belles lectures !

PENSEZ à cliquer sur j’aime, à commenter, à partager largement sur les réseaux sociaux, à vous abonner pour être sur de pouvoir lire la suite.

Merci de votre fidélité,

AUDREY DEGAL


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L’ENVIE, SUITE ET FIN

Résumé de l’épisode précédent : deux femmes, Bénédicte et Maryline, sont amies mais la première même si elle est jolie souffre de la comparaison avec la seconde qui excelle dans tous les domaines et la surpasse. Bénédicte aimerait vivre la vie de Maryline. Autour d’un verre elle suggère cette idée ridicule à son amie qui rit mais accepte de prendre sa place. Après tout, c’est impossible. Elles se séparent mais lorsque Bénédicte regagne sa voiture, elle fait un malaise et s’effondre sur le trottoir. 

Un passant accourt et m’aide à me relever.

— Ça va mademoiselle ?

Il sort un mouchoir pour éponger mon front ensanglanté. Comme je suis faible, il propose de me conduire aux urgences ou de me ramener chez moi. Je choisis de lui donner mon adresse. J’espère que je n’aurais pas à le regretter car après tout je ne connais pas cet homme.

Il me demande le code de l’alarme et nous entrons dans mon appartement. Il m’installe sur mon canapé, délicatement, cale un coussin sous ma tête, puis il s’éclipse, comme s’il était chez lui. J’entends la porte du réfrigérateur se refermer et il reparaît, deux verres de jus d’orange frais à la main. Je le remercie et j’en profite pour le regarder. Il est plutôt pas mal.

— Un antalgique peut-être ? propose-t-il.

— Dans l’armoire de la salle de bains.

Quand il revient, il me tend un comprimé de doliprane avant de me prodiguer des soins.

— Ce n’est rien ! dit-il. Comment vous sentez-vous ?

— Ça va, je me remets. Mais vous vous y connaissez ?

— Je suis médecin.

— Ah, je ne pouvais pas mieux tomber.

— Si on peut dire, mais je n’ai rien fait. Le cuir chevelu saigne facilement. N’importe qui aurait pu vous soigner. Vous avez toujours mal à la tête ?

— Non, plus vraiment. Mais j’abuse de votre gentillesse. Vous êtes peut-être pressé !

— Non, répond-il, en plongeant dans mes yeux un regard puissant qui en dit long. Je peux rester si vous voulez !

Au petit matin, pendant qu’il dort encore, je m’enroule dans un drap de bain en sortant de la douche. Mon crâne est encore douloureux et je n’ai pas les idées très claires. Tout me semble étrange. Pendant que nous faisions l’amour tout à l’heure, j’avais l’impression de flotter, de ne pas reconnaître mon lit ni ma chambre mais j’ai été secouée. D’un revers de la main, j’essuie la buée accumulée sur le miroir. Et là, je me regarde comme jamais je ne l’ai fait. J’oriente mon image vers la gauche, vers la droite comme pour vérifier… Mais je n’en ai pas besoin, Nolan qui vient de se lever pour me rejoindre exprime ce qui s’est passé mieux que moi à ma place :

— Bonjour Maryline. Ça a l’air d’aller mieux ce matin.

Eros en personne est appuyé nu contre le chambranle de la porte. Il admire mon corps alors que la serviette qui m’entourait vient de glisser au sol. Il s’approche, se plaque contre moi et m’enlace. Nos visages se frôlent dans le miroir avant que nos corps ne recommencent à s’aimer. Alors qu’il est en moi, mon esprit s’échappe, appelé par une obsession merveilleuse, inimaginable qui pourtant me paraît bien réelle : je suis devenue elle, je l’ai remplacée.

Il me laisse son adresse, son numéro de téléphone et prend le mien. Il me rappellera, c’est certain.

Un café chaud en main, de ma fenêtre, je le regarde s’éloigner. Il m’envoie déjà un SMS : « je n’ai jamais vu une femme si belle. Je crois que je t’aime ! »

Je ne rêve pas. Il fait gris dehors mais ma vie est ensoleillée. Je suis devenue Maryline, je suis chez elle, je m’y sens comme chez moi. Tout semble vrai !

Mon téléphone vibre. Je décroche. C’est elle.

— Je croyais que c’était impossible ! Qu’est-ce qui s’est passé ?

— Tu regrettes ? Tu es déçue ?

— Non, je suis plutôt perdue. Je suis toi, je suis chez toi, je ne sais pas comment j’y suis arrivée mais je me sens bien. Pour le reste, je n’y comprends rien.

— Moi non plus mais c’est arrivé.

— Et toi, qu’est-ce que ça te fait d’être Maryline ?

— Comme toi, je suis bien, je dirais même extrêmement bien et surtout heureuse.

— Parce que tu ne l’étais pas avant ?

— Si, mais moins.

— Moi, être Bénédicte, ça me convient. Je me sens plus forte, épanouie ! Mais tu crois que ça va durer ?

— Franchement, j’en sais rien. Mais c’est toi-même qui a suggéré hier que ce soit définitif.

— C’est vrai. Bon, je te laisse. Je vais me plonger dans tes dossiers. Enfin dans mes dossiers. On se rappelle !

J’aurais dû me demander pourquoi elle cet échange lui convenait mais je ne l’ai pas fait. J’aurais dû trouver étrange qu’elle soit heureuse d’être moi alors que je l’ai toujours enviée mais je n’y ai pas songé. Je suis retournée dans la salle de bains pour m’enivrer de mon image, de ce corps sublime. Comment aurais-je pu deviner ce que cachait la face polie du miroir ?

*

            Seule l’issue de la vie est incertaine. J’ai revu Nolan et me suis nourrie de bonheur le lendemain et les jours suivants. J’ai vécu un rêve, éveillée. Les week-ends improvisés à la montagne, les périples à moto, l’aventure sur son voilier, seule avec lui, et plus que tout l’intensité d’être aimée.

Lorsque je plaide dans des affaires délicates, je suis d’une redoutable efficacité. Tout me paraît plus clair qu’avant, je vais à l’essentiel, on me réclame, on me paye cher, je gagne mes procès. Je suis celle que j’ai toujours voulu être.

Je rencontre parfois Bénédicte étrangement heureuse dans une vie sympathique mais plus simple. Comment ne regrette-t-elle pas ce qu’elle était ? Puis nos rendez-vous se font plus rares jusqu’au jour où…

Un taxi me mène à la clinique car je ne me sens pas très bien. Cela fait des semaines que je suis fatiguée. J’ai l’estomac en vrac, des nausées. J’ai peur. Et si tout s’arrêtait… Si je redevenais celle que j’étais que je finalement je détestais. Je perdrais Nolan…

Je paye la course, je claque la portière, les doubles portes automatiques s’ouvrent devant moi, m’avalent.

La secrétaire me reconnaît. Elle prévient aussitôt Nolan qui termine sa consultation avant de m’examiner.

— Tu es peut-être enceinte ! Calme-toi !

— J’ai fait trois tests de grossesse. Tous négatifs !

Il me fait un prélèvement de sang pour en avoir le cœur net. Nous attendons. Négatif !

— Qu’est-ce que j’ai ?

— Il faut approfondir !

Une IRM, un scanner, de nouvelles analyses et son diagnostic tombe, inimaginable, comme le couperet d’une guillotine : cancer, métastases, plus que quelques mois à vivre.

Il pleure ! Je m’effondre ! Il n’y a rien à tenter.

*

            Je suis assise à une table en terrasse, rue de la Longe, au café Fred. Le soleil brille comme jamais. Je l’attends. Je la vois arriver. Bizarre, elle est vêtue du petit tailleur Chanel que je portais ce fameux jour, quand je lui ai parlé de l’échange. Tous les regards sont braqués sur moi. Je suis très pâle mais si belle. À croire que la maladie m’a momentanément sublimée. Elle ne s’assoit même pas, m’embrasse froidement.

— Qu’est-ce que tu veux ? attaque-t-elle.

— Je veux redevenir Bénédicte !

— Pourquoi ?

— Je crois que tu le sais !

— On ne peut pas faire marche arrière, dit-elle froidement.

Comme j’ai été bête !

— Tu le savais, tu aurais dû me le dire, j’aurais pu me soigner, j’aurais pu…

Elle m’interrompt :

— Rappelle-toi : je t’ai dit qu’on perd parfois au change. Maintenant, oublie-moi !

Elle tourne les talons, s’éloigne et me raye déjà de sa vie. Elle m’efface encore une fois.

Jusqu’aux derniers moments, Nolan me comble. Je m’éteins doucement. La vie me quitte.

*

            Quelqu’un me secoue légèrement l’épaule. Je suis assise à une table au café Fred, rue de la Longe.

— Bénédicte ! C’est moi, Maryline. Tu es sûre que ça va ? me dit-elle, penchée au-dessus de mon visage.

— Oh oui, ça va très bien. J’étais simplement perdue dans mes pensées ! En t’attendant j’imaginais des tas de choses.

— Et à quoi pensais-tu pour être si absorbée ?

— À rien et je ne veux pas parler de mon absence.

— OK. Pour savoir ce qui t’est arrivé il faudrait donc qu’on échange nos vies et que…

Je l’interromps comme apeurée :

— Non, surtout pas ! Restons-nous-mêmes !

 

FIN

Mon 4e roman, LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS sort enfin. Oui, j’ai tardé mais les bonnes choses se font généralement attendre, n’est-ce pas. Il est entre les mains de l’éditeurs qui finalise. je ne manquerai pas de vous indiquer sa date de disponibilité chez les libraires mais le référencement sur les plateformes de vente prend parfois du temps. Un peu de patience encore. 

Rappel : les titres et résumés de mes 3 premiers livres, LE LIEN, DESTINATIONS  ETRANGES, LA MURAILLE DES ÂMES, se trouvent en page d’accueil ou dans « mes thrillers publiés ». N’hésitez pas à vous les procurer en les commandant en librairie. Vous ne serez pas déçus, le suspense y règne en maître !

Prochain article : un film que j’ai adoré et un livre pas mal du tout ! Soyez au rendez-vous et partagez cet article. Vous pouvez cliquer sur « j’aime », laisser un commentaire, en parler à vos amis. Le bouche à oreille, c’est vous ! Mon succès dépend de vous et je vous en remercie. 

AUDREY DEGAL

 


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NYMPHEAS NOIRS, BUSSI

Bonjour à toutes et à  tous, 

Avant de vous livrer la fin de la nouvelle « L’Envie », que vous avez trouvée haletante – je vous promets qu’elle ne va plus tarder – je voulais vous parler de certaines de mes lectures car j’ai tellement lu de livres…  Or, si j’ai constitué une petite pile des élus dont je veux vous parler, juste derrière moi et  le bureau d’où j’écris mes articles sur ce blog, je n’ai pas pu résister : il fallait que je vous présente NYMPHEAS NOIRS, de Bussi. 

Pourquoi me direz-vous ? Parce que je décerne la palme d’or des romans que j’ai lus (et ils sont extrêmement nombreux), oui, oui, la palme d’or ! Il est tout à la fois : captivant, intéressant, original, enrichissant culturellement parlant… Certes, j’ai deviné la fin ( aux 2/3 du livre environ) avant de la lire mais je crois que c’est à cause de mon imagination débordante et du fait que moi aussi je suis auteure à suspense. Cependant, cela n’a en rien gâché mon plaisir. Le récit alterne magnifiquement dialogues, descriptions ténues et utiles, rebondissements, analepses, narration… Donc, avant de vous dire de quoi il retourne – mais rassurez-vous, comme d’habitude je me limiterai à l’essentiel pour préserver votre plaisir de lecture – vous vous doutez que je recommande cette lecture, tout comme je vous invite à lire mes romans qui ne sont pas en reste côté suspense notamment « LA MURAILLE DES ÂMES » que mes fidèles lecteurs dévorent en 2 à 3 jours. 

Donc, NYMPHEAS NOIRS, de quoi s’agit-il ? 

Eh bien l’incipit est intrigant en ce qu’il vous présente 3 femmes qui n’ont, semble-t-il, rien à voir les unes avec les autres et qui cachent un secret. Avouez que je pique déjà votre curiosité. Nous découvrons ensuite la narratrice qui est l’une d’elle, une vieille femme puis une jeune et séduisante institutrice dont tombe amoureux le policier chargé de l’enquête et enfin une fillette. Un meurtre a été commis dans la petite bourgade de Giverny, haut lieu de la peinture des impressionnistes en son temps et lieu de pèlerinage des amoureux des arts de nos jours. Or dans le passé, un crime presque identique a eu lieu. Pourquoi une telle similitude dans ces morts suspectes alors que le temps a creusé une fossé entre elles ? C’est a priori inconcevable ! La vieille femme a vu et sait bien des choses et paraît presque machiavélique. L’institutrice, femme mariée, suscite la jalousie de son époux bien évidemment et la fillette qui semble douée pour la peinture, souhaite participer au grand concours annuel encouragée par un ami mais pas par tous. Elle côtoie un peintre qui l’encourage dans cette voie. La fillette et le peintre forment une étrange association qui ne plaît pas à tous. On les observe, on veut leur nuire. Qui et pourquoi ? Le policier de son côté piétine un peu en matière criminelle mais pas sentimentalement puisqu’il parvient à séduire la belle institutrice qui veut fuir avec lui loin de sa triste vie. Mais eux aussi sont sous surveillance et rien ne sera simple. Ah, j’oubliais de vous parler du chien, personnage à part entière, attachant, qui a son rôle à jouer ! 

Je ne vous en dirai pas davantage si ce n’est : lisez ce beau roman et laissez-vous bercer par l’intrigue. Vous pousserez aussi la porte des impressionnistes ce qui ajoutera à votre plaisir. 

Bonne lecture à toutes et à tous. La fin de « L’Envie » sera en ligne sur ce site très bientôt et les abonnés  en seront informés. Je vous glisserai aussi les premières pages de mon roman « LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS » qui arrive enfin et je vous ferai part de mes autres lectures parfois intéressantes, d’autres fois, un peu moins. 

Bel été ! 

Votre auteure : AUDREY DEGAL

 


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L’ENVIE

L’ENVIE

 

J’ai toujours aimé le prénom de mon grand-père : Emmanuel. C’est moderne, avec un côté séducteur. Ma grand-mère s’appelait Marie. Joli prénom, divin, oserai-je dire !

Mais moi je m’appelle Bénédicte. Je déteste, vous vous en doutez ! Ça fait banal, ça fait vieux, ça fait… enfin, j’ai toujours exécré ce prénom. Pourtant j’ai fait avec, du moins pendant un certain temps. N’allez pas vous imaginer que j’ai changé de prénom en chemin ! Non, ce serait trop simple. Quel manque d’originalité ! Non, vous dis-je. J’ai eu une autre idée, un autre plan qui allait changer mon destin, qui l’a changé mais pas comme je l’imaginais !

 

            Je devais avoir deux ans. J’étais assise dans un bac à sable et mon seau a rencontré Maryline. Ou plutôt c’est elle qui s’en est emparé. Elle a aussi pris ma pelle et a fait des pâtés, de beaux pâtés, parfaitement moulés, mieux que les miens.

            Nos mamans s’appréciaient et nous nous sommes revues régulièrement. Maryline était gentille et nous sommes devenues comme deux sœurs. Elle partageait ses jouets avec moi, ses goûters avec moi, elle se privait même parfois, juste pour moi. Déjà, elle avait le cœur sur la main.

            Sur les bancs de l’école – enfin, il s’agit de chaises maintenant – nous étions assises à côté l’une de l’autre. Toujours ensemble aux récréations, mêmes jeux, mêmes copains mais pour célébrer les anniversaires c’était elle qu’on invitait la première. Moi aussi j’avais droit à mon carton mais parce que j’étais la meilleure amie de Maryline. Pas parce que j’étais moi.

            Au lycée rien n’a pas changé, pas plus qu’à la faculté et aujourd’hui, à 30 ans et des poussières ni elle ni moi ne sommes mariées. Pas le temps ! Nous sommes avocates. Je ne vous ferai pas l’offense de vous dire laquelle a le plus brillé à l’examen du barreau !

            Nous n’avons jamais habité très loin l’une de l’autre et quand nous nous donnions rendez-vous, j’arrivais systématiquement la première, juste pour voir approcher sa longue silhouette fendant l’air comme s’il la caressait. Elle avançait d’un pas à la fois assuré et nonchalant, accompagné d’un savant balancement des hanches qui la rendait encore plus désirable. Je l’étais moi aussi mais pas autant.

            Quand nous sortions le soir, ses mini-jupes mettaient en valeur ses jambes interminables, sculptées par la pratique du sport et tous les garçons la dévoraient du regard. Moi aussi, mais moins. Elle m’effaçait, comme si je n’étais qu’une esquisse sur la planche d’un dessinateur de B.D. Une gomme entre ses doigts et mes formes les plus voluptueuses disparaissaient tandis que de l’autre main il accentuait les siennes, à l’excès. Même Lara Croft aurait nourri des complexes à côté de Maryline, Maryline la femme bien réelle, Maryline qui jouait avec dextérité de l’adjectif « parfaite ».

            J’aurais pu être jalouse, vous vous en doutez ! Avouez que j’avais l’embarras du choix quant aux raisons. Eh bien non, cela ne m’a jamais effleurée. Je l’ai toujours trouvée belle, bien plus belle que moi, intelligente, bien plus intelligente que moi, brillante, bien plus brillante que moi jusqu’au moment où, sans me l’expliquer, je me suis sentie meurtrie, déchirée, dépossédée de moi-même.

            J’ai refusé de la voir pendant des jours, des semaines, des mois. Elle ne comprenait pas pourquoi, ni ce qui se passait. Comment lui dire que je souffrais de la voir si parfaite ? Oui, moi aussi je suis belle ! Oui, j’ai un QI au-dessus de la moyenne ! Non, je n’ai pas à me plaindre. Et pourtant ! Je suffoquais sous sa supériorité, sous sa beauté, sous elle.

            Alors comme on prend un train, un avion pour disparaître, pour tourner une page qui est restée trop longtemps figée, je me suis engouffrée dans une brèche et quelle brèche ! Un abîme insondable, l’antre d’un univers dont on peut ne jamais revenir.

*

            — Maryline, c’est Bénédicte !

            — Bénédicte ! Qu’est-ce qui t’est arrivé ?

            — Rien. On peut se voir ?

            — Évidemment. Mais avant promets-moi que tu ne me referas jamais une peur pareille. Je me suis fait un sang d’encre !

— J’avais simplement besoin de couper, de faire le point mais je vais bien !

            — Bon, tant mieux. Ce serait bien qu’on se voie pour en parler. Dis-moi où et quand, je m’arrangerai. Je suis tellement contente de t’avoir au téléphone !

            — Dans une heure si tu veux, rue de la Longe, au café Fred. J’ai quelque chose d’important à te dire.

            — J’y serai. À tout à l’heure. Bisous.

            Bien sûr j’arrive avant elle. Elle approche. Elle est vêtue d’un jean et d’un tee-shirt banal et pourtant elle ressemble à un top-modèle en plus charnel. Encore une fois, elle rayonne. Moi, je porte un petit tailleur cintré de la marque Chanel qui, c’est vrai, me met en valeur. Enfin, ce serait le cas si elle n’était pas à mes côtés.

            Elle se penche vers moi pour m’embrasser et aussitôt elle capte tous les regards. À cet instant précis, je n’existe plus, je disparais. Un garçon prend la commande. La sienne d’abord, la mienne après et dès qu’il s’éloigne elle me dit :

            — Si tu savais ! Comme tu ne répondais plus, je me suis fait plein de scénarios.

            Elle croise, décroise ses jambes, passe sa main dans ses longs cheveux ondulés. Je me demande si elle n’est pas encore plus belle que la dernière fois. Je lui dis qu’on parlera plus tard de mon absence, que j’ai quelque chose d’important à lui demander. Elle n’insiste pas, me regarde droit dans les yeux et ajoute :

            — Pas de problème !

            — Ce que j’ai à te dire est particulier, tu sais !

            Elle fronce les sourcils mais même cette expression la sublime. Je me lance. Je dois le lui demander, je suis venue pour ça.

            — Si tu pouvais devenir moi et que moi je pouvais prendre ta place, tu accepterais ?

            Elle sourit, amusée. Elle ne s’attendait probablement à ce que je lui dise cela.

            — Oui, on est toutes les deux avocates même si tu gagnes un peu moins que moi, ironise-t-elle.

            — Je ne parle pas de ça ! Si je pouvais me glisser dans ta peau, vivre ta vie, être toi tandis que tu vivrais la mienne…

            — Ah, je comprends. Mais c’est impossible !

            Elle rit, à la fois sincère et perplexe. J’insiste.

            — Machiavel a dit : « Rien n’est impossible à qui veut fermement. » Alors, tu accepterais ?

            — Machiavel c’était en 1515 et ceci ne peut pas arriver. En plus, je ne vois pas pourquoi tu voudrais changer ta vie pour la mienne ! On sait ce que l’on perd mais pas toujours ce que l’on gagne ! Je trouve que tu es bizarre.

            — Drôle d’idée ou pas, c’est oui ou c’est non ?

            Elle réfléchit et finit par dire :

            — Oui, pourquoi pas mais je ne suis pas sûre que tu gagnerais au change.

            Le garçon dépose son verre de whisky sur la table, devant elle, avec un biscuit, un carré de chocolat noir à 90 % et une petite serviette. Il laisse pour moi une vodka orange, sans rien d’autre. Je crois qu’il a oublié l’accompagnement. Ah si, il me tend quelque chose : la note. Je ne dis rien. J’ai l’habitude.

            Maryline ne s’est pas aperçue de la joie qui s’est emparée de moi quand elle a dit oui. J’ai vaguement souri, j’ai prié intérieurement mais elle ne peut pas le savoir. Lorsque nous nous sommes quittées, elle a ajouté :

            — Et ce serait pour toujours bien sûr !

            C’est curieux qu’elle en ait reparlé ! Elle m’a embrassée avec la promesse de me revoir très vite puis elle a disparu dans son coupé bleu avant de tourner à l’angle de la rue en faisant légèrement crisser ses pneus sur le bitume.

            Je repense à tout ça : et si c’était possible ! C’est ridicule, inutile de me torturer. Je sors un billet que je pose sur la table, je me lève et je pars sans attendre la monnaie.

            Je cherche ma voiture des yeux. Elle n’est nulle part. Pourtant je suis certaine de m’être garée devant cet hôtel dont l’enseigne abimée clignote. Je me rappelle aussi l’employé qui fumait sur le pas de la porte, enfin je crois. Ou alors c’était ailleurs. Mon esprit se brouille, ma tête tourne, je crois que je vais tomber, je chancelle et je finis par m’effondrer sur le trottoir.

 

La suite de cette nouvelle à suspense très bientôt. En attendant je vous prépare aussi quelques résumés des nombreux livres que j’ai lu et certains étaient passionnants. 

N’hésitez pas non plus à partager cet article et ce site et à lire mes romans déjà publiés (voir en page d’accueil) car le prochain, LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS ARRIVE très bientôt. Si vous êtes abonnés à ce site vous en serez informés. Avant sa sortie, je vous glisserai les premières pages, celles du premier chapitre, qui ne manqueront pas de vous intéresser. 

Merci de votre fidélité.

PASSEZ UN TRES BEL ETE.

AUDREY DEGAL

 


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J’ai lu « Purgatoire des innocents »

J’ai terminé ce roman de Karine Giebel depuis quelques mois déjà et je saute aujourd’hui sur mon clavier pour vous en parler. 

C’est un livre très noir qui porte par conséquent fort bien son titre. 

Il m’a intriguée au début. L’histoire : Raphaël, un braqueur, son jeune frère William et 2 complices se réfugient chez Sandra, une jeune femme vétérinaire car l’un d’eux est grièvement blessé. Leur plan a mal tourné. Toutefois, et c’est là que je trouve l’écrivain très imaginative et brillante, la « belle » Sandra est étrange, presque inquiétante. Prise en otage, malmenée, elle craque parfois mais se reprend et ne semble pas vraiment avoir peur ou craindre les intrus qui ont envahi sa vie. Elle est mariée, à un gendarme, dit-elle, qui devrait rentrer d’un jour à l’autre. Cela n’arrange pas les voleurs, vous vous en doutez. Et ce qui devait arriver arrive : le mari rentre, peu troublé pas ces étrangers chez lui. Que cache-t-il ? Personnellement j’ai immédiatement su quel était son secret. L’intérêt de l’histoire ne réside pas là mais plutôt dans la façon dont les 4 braqueurs, qui ne sont plus que 3 d’ailleurs, et le couple vont se comporter. Quand des êtres malsains en côtoient d’autres, comment cela peut-il s’achever ? Eh bien lisez car c’est intéressant et bien tourné. Le lecteur se prend finalement de sympathie pour Raphaël et William, des bandits. Pourquoi ? La réponse se trouve entre les lignes. 

Cependant, une histoire parallèle se développe, qui intéresse probablement beaucoup de lecteurs friands de choses terribles mais j’avoue que personnellement j’ai du mal avec les récits de torture et de pédophilie. Du coup, j’ai laissé tombé le livre  quelques semaines, car cela me retournait. Le suspense reste toutefois là et l’intrigue est palpitante jusqu’au bout. Oui, Karine Giebel conçoit des récits extraordinaires mais il faut aimer lire des récits dérangeants, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Donc vous êtes prévenus : Récit palpitant : oui. Intrigue intéressante : oui. dénouement apprécié : oui. je vous recommande cette lecture . MAIS : âmes sensibles s’abstenir ! 

Prochainement un autre résumé d’un roman que je viens de finir en attendant la sortie du mien LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS qui vous passionnera, j’en suis sûre ! Et pour ceux qui ne l’ont pas lu, procurez-vous mon roman policier LA MURAILLE DES ÂMES, au suspense inouï garanti.

 

Merci pour votre fidélité

AUDREY DEGAL


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Salon du livre d’Attignat

Bonjour à toutes et à tous,

Le soleil est toujours là bien que nous soyons presque fin octobre. J’espère que vous profitez de cet été indien qui, s’il fait souffrir la nature, réchauffe le coeur des hommes et donne bon moral. J’espère aussi que vous lisez toujours autant, qu’il s’agisse de mes histoires, de mes romans ou d’autres lectures.

Les histoires que je publie sur ce site se font plus rares( et j’en suis désolée) car il est difficile de concilier vie professionnelle, vie d’auteure et vie familiale. Il faut aussi savoir respirer et souffler un peu. Je n’ai pourtant pas délaissé ce site et très bientôt je vous ferai profiter d’un nouvelle policière que je viens d’achever, juste pour vous, en même temps que je terminais le dernier chapitre de mon prochain roman dont le titre est enfin arrêté : « Le Livre inachevé » Il s’agit d’un thriller fantastique où le Moyen Âge fait irruption dans le présent, malmenant au passage les deux personnages principaux aux vies bien étonnantes. 

Très rapidement un cinquième livre sortira, déjà prêt, « Rencontre avec l’impossible ». Il a pris du retard ( je l’annonçais début 2018) mais c’est parce que « Le Livre inachevé » a pris sa place et l’a un peu bousculé.

Maintenant que vous savez tout, voici l’actualité toute chaude : je serai au salon du livre d’Attignat (où j’ai gagné le 1er prix du policier l’an dernier), dans l’Ain, dimanche 14/10/2018 toute la journée. N’hésitez pas à venir me rencontrer. L’entrée est gratuite, le parking facile et il y a beaucoup d’auteurs (environ 90). Je pourrai vous dédicacer mes livres («  La Muraille des âmes », « Destinations étranges » et « Le Lien ») en attendant de vous montrer la couverture mystérieuse du tout dernier qui sera bientôt sous presse : « Le Livre inachevé ».

Bon week-end à toutes et à tous, merci pour votre fidélité et à très bientôt sur ce site pour lire en ligne la dernière nouvelle policière que je publierai. 

Amitiés,

Audrey Degal.

 


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ASSASSINAT A LA CARTE, fin

Chers lecteurs, voici la fin de la nouvelle policière qui a obtenu le 1er prix du policier au salon d’Attignat. Puisque j’en suis l’auteure je vous l’offre sur mon site. Sachez que dans mes livres vous trouverez encore plus de suspense. Bonne lecture à tous ! AUDREY DEGAL

Résumé de l’épisode précédent : Barbara est le témoin d’un meurtre atroce. A cette occasion elle rencontre l’inspecteur Tissier chargé de l’enquête. Ce dernier reste en contact avec elle mais ne lui dit pas que cet assassinat est probablement lié à un autre qui vient d’avoir lieu. Les rues du vieux Lyon sont sous surveillance mais l’assassin qui aime faire souffrir ses victimes est aussi habile que malin. 

Tôt le matin, sur le bureau de Tissier, un ordre griffonné par le commissaire lui demandait de se rendre chez le fromager de la rue du Bœuf. Son échoppe demeurait fermée sans raison depuis plusieurs jours. Des clients inquiets l’avaient signalé.

            Un serrurier vint à bout de la porte mais pas de l’odeur pestilentielle qui se dégagea à l’ouverture. Un homme d’une cinquantaine d’années gisait au sol.

            — Étranglé avec un fil d’acier, fit Tissier en observant le corps et l’arme qui pendait encore autour du cou.

            Le visage bleui, la langue pendante, les yeux révulsés, la victime était tombée de tout son poids au sol. Ses poignets étaient attachés dans le dos et son crâne ouvert avait dû heurter le rebord d’un comptoir.

            — Le tueur lui a patiemment coupé les doigts les uns après les autres et il était encore vivant, précisa le légiste.

            Plus tard, salle de débriefing, rue des anges.

            — Bon sang, hurla Tissier devant ses hommes. Ҫa fait trois meurtres ! Après les deux femmes, c’est un homme maintenant. Merde ! Le tueur nous nargue et a encore frappé malgré notre surveillance !

            Il planta nerveusement un picot rouge de plus sur la carte. Il récapitula ensuite scrupuleusement les faits à ses hommes ce qui permit de faire émerger un nouvel indice jusque-là inaperçu :

            — Six et rue du Bœuf : voilà ce qui lie ces meurtres. Tous tués à six jours d’intervalle. Donc dans six jours, je veux toute l’équipe dans le secteur, prête à arrêter ce malade. Entre temps, interrogez les voisins, les passants, tout le monde. Il y a bien quelqu’un qui a vu ou entendu quelque chose !

            La piste du serial killer se précisait mais le mobile échappait toujours à la sagacité de l’inspecteur. Le tueur connaissait parfaitement son territoire de chasse et n’assassinait pas au hasard. Les lieux étaient sous étroite surveillance mais, six nuits plus tard, dans le commissariat, le téléphone sonna à plusieurs reprises pour signaler des cris, rue de la Bombarde.

            Quand Tissier arriva à l’endroit indiqué, il était trop tard. Le cadavre encore chaud d’un homme l’attendait.

            — Je ne souhaite pas une telle mort même à mon pire ennemi, fit le légiste après les contrôles d’usage.

            La victime, était assise dans un fauteuil, légèrement basculé en arrière. Elle serrait encore entre ses dents un entonnoir à piston dans lequel l’assassin avait fait couler du chocolat brûlant.

            — Il est mort asphyxié après avoir été ébouillanté de l’intérieur ! Une mort atroce !

            Tissier imprima violemment son poing dans un mur. Les autres le regardaient. L’assassin mettait ses nerfs à rude épreuve.

            — Je suppose qu’il n’a laissé aucune empreinte ! déclara-t-il.

            — Aucune inspecteur, fit l’officier de la police scientifique.

            Le cadavre évacué, Tissier resta un instant sur les lieux du crime. Il réfléchissait, observait. Encore une fois, le tueur avait pénétré sans effraction. Ses victimes le connaissaient. Il en avait la certitude.

            Six jours plus tard, l’enquête n’avait pas progressé. La police se contentait de surveiller les rues du secteur. Tissier se décida à raser sa barbe de trois jours. Il voulait être présentable. Il avait rendez-vous avec Barbara dans un bouchon lyonnais. Entre eux, le courant passait.

            Comme le soir de leur rencontre, le froid et le brouillard régnaient en maître. Quand il sonna à l’interphone, elle répondit aussitôt et une minute plus tard, sa robe de soie bleue apparut dans le hall. Un petit foulard jaune porté autour du cou masquait la courbe naissante de ses seins. Elle n’était pas seulement belle, elle était désirable.

            Ils avaient réservé une table et leurs mains s’étaient frôlées au moment de prendre la carte que le restaurateur leur tendait. Léo ajusta ses lunettes. Barbara semblait sous le charme et inspirée par le menu.

            — Et votre enquête, elle avance ? demanda-t-elle.

            — Pas vraiment. Mais je n’ai pas envie d’en parler. Vous avez choisi ?

            — Ce soir, je dérogerai à mes habitudes : entrée avec salade et présentation charcutière, andouillette beaujolaise au vin blanc accompagnée de cardons, une cervelle de canut pour le fromage et en dessert je prendrai une tarte à la praline sur coulis chocolaté. Un bon repas s’accompagne d’un bon vin. J’hésite entre un pot de Beaujolais ou de Côte du Rhône.

            — Je prendrai la même chose que vous !

            — Je sais, c’est un peu gras mais on doit tous mourir un jour !

            — Merde ! Je crois que vous venez de me donner la solution !

            Tissier se leva brutalement, renversant sa chaise sous les yeux étonnés de Barbara. Il héla le restaurateur et deux minutes après il s’installait devant l’ordinateur du bouchon. Tout en tapant frénétiquement sur le clavier, il expliqua à la jeune femme :

            — Je viens de comprendre que tous les crimes correspondent à l’ordre d’un repas sur une carte de restaurant ! La maraîchère, retrouvée noyée, fournit les restaurants. La femme pendue par un croc de boucher est traiteur, elle les approvisionne en viande. L’homme étranglé avec un fil d’acier est fromager et le dernier, maître pâtissier chocolatier. On a aussi retrouvé un homme noyé dans un tonneau de vin et jusqu’à ce soir je n’avais pas fait le lien. Il manquait du vin à cette carte sanglante !

            L’inspecteur se retourna vers Barbara postée derrière lui et déposa un baiser furtif sur sa joue. Au même instant, une photo s’afficha, celle d’un concours de cuisine qui avait eu lieu des années avant. Toutes les victimes étaient là, souriantes, membres du jury. Une seule était encore vivante : la présidente, restauratrice de renom. Tissier s’empara de son téléphone.

            En un instant, il ameuta ses équipes. Il leur révéla sa découverte. Un candidat avait été recalé à un concours avec une note infamante de 6/20 attribuée par la présidente, note unanimement relayée par les autres. Soudoyés ? La Table renommée que tenaient ses parents fut discréditée. Ruinés, ils s’étaient suicidés tandis que le restaurant de la présidente, concurrente directe, gagnait parallèlement en notoriété. Il fallait agir vite ! Le tueur allait sévir pendant la nuit ! Le dernier crime remontait à six jours. Or on était le 30 novembre, date de promulgation des résultats du concours cinq ans auparavant et il était 21h30. Rapidement les policiers se déployèrent au restaurant de Madame Defoe, la présidente. Elle était sans doute la prochaine cible, brebis destinée à un prédateur sans pitié.

            Une heure plus tard, le brouillard dense et la nuit noire, complices du tueur, enveloppaient tout. Le restaurant était désert. Soudain, un bruit sourd : l’homme venait de s’infiltrer dans les locaux. Des pas feutrés : il progressait avec précaution. Sa silhouette noire sortit peu à peu de la pénombre. Madame Defoe ne bougeait pas mais ses mains tremblaient. Les policiers, tapis dans l’ombre, se ruèrent sur le tueur lorsqu’il alluma un briquet. Dans l’autre main, un bidon d’essence. Le liquide coulait.

            — Putain, il veut foutre le feu ! hurla Tissier.

            L’inspecteur avait l’habitude des arrestations musclées. Le pyromane s’était débattu, tentant d’enflammer ce qui se trouvait autour de lui. Bilan : deux hommes légèrement brûlés mais le tueur était maîtrisé.

            Fin décembre Tissier le rencontra pour la dernière fois.

            — Toujours pas de regrets Monsieur Bourgin ?

            — Non, aucun !

            — Même pas celui d’avoir manqué votre dernière victime ?

            — Manquée ? Vous croyez ?

            Ce furent leurs dernières paroles. Ils ne se reverraient jamais.

            L’enquête diligentée pour vérifier la fraude du jury lors du concours, jeta l’opprobre sur la présidente, Madame Defoe. Traînée dans la boue par la presse, sa ruine était assurée. On retrouva son corps, un mois plus tard, flottant dans la Saône. Le brouillard s’était levé.               FIN

N’hésitez pas à vous abonner au site pour lire de nouvelles histoires, des critiques de livres et de films…

En page d’accueil vous trouverez aussi les références de tous mes livres publiés que vous pouvez commander dans n’importe quelle librairie ou sur internet. Des liens directs sont repris en page d’accueil. Et pensez à partager cette publication pour que d’autres puissent en profiter. 

A très bientôt pour un résumé d’un des livres que je viens de terminer. Je vous donnerai aussi les prochaines dates des salons du livres auxquels je vais participer prochainement. 

Audrey Degal


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ASSASSINAT A LA CARTE, 1ère partie

Bonjour,

Vous aimez avoir peur ? Vous aimez le genre policier ? Je vous offre ici ma nouvelle « Assassinat à la carte » qui a obtenu le 1er prix lors du salon d’Attignat dans l’Ain, parmi plus de 90 auteurs, prix remis par le conseil départemental. Régalez-vous avec cette 1ère partie (la suite paraîtra très vite), pensez à vous abonner, à en parler autour de vous, à cliquer sur j’aime, à partager sur les réseaux, à laisser un commentaire… et si vous voulez lire davantage, rendez-vous en page d’accueil ou vous trouverez les liens pour vous procurer mes livres. En attendant bonne lecture !

Assassinats à la carte, 1ère partie.

 

Il était très tard lorsque Barbara quitta le restaurant. Le froid était piquant. La porte se referma derrière elle et, à travers les baies vitrées donnant sur la rue, elle fit signe à ses amis encore attablés. Ils savouraient un dernier verre. Sur leurs lèvres elle put lire « sois prudente, à demain ! ». Mais ce genre de remarque néglige l’importance du destin !

La nuit, particulièrement noire, pactisait depuis des jours avec un épais brouillard que le plus affûté des couteaux n’aurait pu couper. La morsure glaciale du vent s’amusait à griffer les visages des rares passants qui osaient encore s’aventurer dans les ruelles. Les lampadaires, rangés au garde à vous, même s’ils ne surveillaient rien, renvoyaient de sordides lumières d’un orange blafard rongé par la brume ambiante. On n’y voyait pas à trois mètres.

La jeune femme glissa les mains dans ses poches, serra la ceinture de son manteau de cachemire et accéléra le pas pour regagner sa voiture. La rue était déserte. Elle avait l’impression de traverser un cimetière à la nuit tombée même s’il n’y avait pas de tombes. Le parking Saint Jean, situé sur les quais de Saône, n’était pas loin mais elle n’aimait pas s’éterniser dans le vieux Lyon si inquiétant à cette heure-là. L’œil aux aguets, l’oreille attentive, elle avait hâte de rentrer.

Barbara marchait précautionneusement, s’efforçant de ne pas faire claquer ses hauts talons sur les pavés que l’humidité rampante rendait glissants. Des myriades de volets fermés semblaient l’épier, comme autant d’yeux malveillants. Encore quelques mètres et elle tournerait à gauche, quelques mètres qui lui paraissaient une éternité !

Soudain un bruit. Une lutte. Des voix étouffées. Barbara n’avait pas encore bifurqué mais elle s’arrêta net. Elle allait détaler quand elle aperçut une forme s’effondrer sur le trottoir. Elle voulut crier mais ses mains, comme des entités autonomes, se plaquèrent sur sa bouche. Elle recula et se terrera sous une porte cochère. Faire silence ! Attendre ! L’être tombé au sol rampa, laissant derrière lui une large traînée brunâtre. Barbara le discernait à peine mais elle l’entendit gémir. Inconsciemment, elle retenait sa respiration tandis que son sang battait la chamade dans ses tempes. Une silhouette inquiétante s’avança, déchirant l’épais brouillard qui enveloppait la scène. Elle s’immobilisa auprès de l’individu à terre qui redressa la tête. Il implora la pitié de son bourreau avant de s’effondrer dans l’eau croupie du caniveau. En guise de réponse, l’autre l’empoigna et le traîna sur le trottoir jusqu’à l’angle d’une bâtisse derrière laquelle tous deux disparurent.

Terrorisée, Barbara, n’osait pas sortir de sa cachette. Finalement, comme aucun bruit ne lui parvenait plus, elle ôta ses chaussures et se mit à courir, pieds nus, pour s’éloigner de la scène. Elle s’empara de son téléphone pour appeler de l’aide.

— Arthur ? C’est Barbara. C’est horrible ! Je viens d’assister à un meurtre.

— Un meurtre ? Dis-moi où tu es, j’appelle la police !

Quand l’inspecteur Léo Tissier arriva au croisement des rues du Bœuf et de la Bombarde, les amis de la jeune femme étaient déjà sur place, essayant de la réconforter.

— Barbara Torin ? Est-ce que je peux vous parler ?

Elle posa sur le blouson de cuir du policier puis sur son visage, des yeux hagards qui espéraient plus de réponses qu’ils n’avaient à en donner. Un café chaud la réconforta et peu à peu, rassurée, elle recouvra ses esprits :

— C’est un homme ou une femme ? demanda-t-elle.

— C’est vrai que d’ici c’est difficile à voir avec ce fichu brouillard mais c’est une femme. Enfin c’était. Elle est morte !

Un brigadier trop zélé se permit d’ajouter :

— On l’a éventrée puis pendue à la façade d’une boutique avec un croc de boucher. Elle était encore vivante quand l’assassin lui a sorti les tripes.

Sous l’assaut de ces précisions macabres, la jeune femme crut défaillir. Tissier dut l’agripper par le bras pour la retenir. Il plongea son regard dans ses yeux noirs et fut aussitôt subjugué. Elle ressemblait à s’y méprendre à Monica Bellucci, l’accent en moins. Il résista à la tentation de lui demander un autographe mais il se retrancha derrière d’autres mots :

— Désolé, il n’aurait pas dû vous dire tout ça. Oubliez ! Dites-moi…

À sa demande, Barbara lui décrivit ce qu’elle avait vu et peu après, elle confiait les clés de sa voiture à Arthur tandis qu’elle s’engouffrait dans le véhicule de la police.

— Je suis obligé de vous garder encore un moment, « Monica », faillit dire Tissier assis au volant. J’ai d’autres questions. Je vous reconduirai moi-même chez vous ensuite.

Quelques heures plus tard, lorsqu’il la laissa devant la porte de son appartement, l’inspecteur se voulut rassurant :

— Je sais à quel point être le témoin d’un meurtre peut être difficile mais dites-vous que vous avez eu beaucoup de chance ce soir. Un instant plus tôt, ça aurait pu être vous ! Prenez ma carte et si vous avez peur ou si vous pensez avoir oublié quelque chose, n’hésitez pas, appelez-moi !

Barbara prit la carte et verrouilla sa porte. Elle ne fermerait pas l’œil du reste de la nuit.

Au commissariat, 15 rue des anges, dans le 5ème arrondissement, comme chaque matin, les enquêteurs faisaient le point sur l’avancée des investigations en matière criminelle.

— Bon, nous avons deux meurtres sur les bras, résuma Tissier. Deux femmes retrouvées rue du Bœuf : une éventrée il y a deux jours et l’autre noyée la semaine dernière dans le local d’un maraîcher, aux halles, puis déplacée. Questions : Y a-t-il un lien entre ces meurtres ? Si oui, quel est le mobile du tueur ?

— Deux femmes, c’est un point commun mais ça peut être aussi le fait du hasard ! Et ta Monica Bellucci ne t’a rien appris de plus ?

Tissier avait évoqué avec ses collègues la ressemblance de son témoin. Il avait revu Barbara au cours des deux jours écoulés et ils avaient pris un café ensemble. Elle lui plaisait.

— Elle a vu le tueur traîner sa victime après l’avoir frappée sauvagement, à plusieurs reprises. Le sang sur le trottoir et les bouts d’intestins disséminés l’attestent. Tuer semble secondaire pour l’assassin. Faire souffrir ses victimes est primordial. Il est déterminé !

— Ouais, remarqua un collègue mais pourquoi a-t-il changé de mode opératoire et pourquoi a-t-il déplacé le corps de celle qu’il a noyée ?

— Noyée qui a aussi agonisé pendant des heures d’après le légiste, souligna Tissier. Le dispositif laissé aux halles, par le tueur, le prouve : la planche inclinée, l’entonnoir… Si les procédés sont différents, j’ai le sentiment que ces meurtres sont liés. Le tueur va encore frapper !

— Oui mais où ?

— Où et quand ? ajouta l’inspecteur. Je parierai pour la rue du Bœuf mais où exactement ? Je ne sais pas. Par contre quand ? J’ai ma petite idée. Il agit la nuit et le légiste affirme que la noyée est morte entre 23 heures et deux heures du matin, comme la seconde victime.

Tissier assis au bord de son bureau se frottait le menton, l’air dubitatif. Il fixait la carte de Lyon affichée au mur. Les homicides étaient matérialisés à l’aide de petits pics différenciés par des chapeaux de couleur différente. Deux picots rouges correspondaient aux crimes qu’il avait en charge. Les autres couleurs relevaient d’affaires plus anciennes, non résolues ou suivies par d’autres enquêteurs.

— Je veux donc qu’on surveille le quartier et plus particulièrement les femmes, discrètement, pour ne pas affoler les habitants.

Les nuits suivantes, des hommes en civil arpentèrent les pavés. Chaque soir le froid et le brouillard frappaient mais pas le tueur. Compression de budget et absence de récidive : le commissaire finit par relâcher la surveillance. La dernière nuit, ils n’étaient plus que deux policiers, postés aux extrémités de la rue du Bœuf. La visibilité était particulièrement réduite : des ampoules des réverbères avaient claqué.

L’officier de police Marc Dantin brûlait d’envie d’allumer une cigarette. Il était transi. Depuis des heures, le manque de tabac et l’immobilité due à la planque le rendaient nerveux. Au loin, un clocher égrena les douze coups de minuit. Une porte claqua. Un couvercle tomba et roula au sol avant de s’arrêter. Des plaintes rauques ressemblant à des cris d’enfants s’élevèrent dans l’obscurité. Des chats se battaient pour des résidus de poubelles et leurs feulements inquiétants déchiraient le silence. Puis le calme revint, plus pesant que jamais. À cinq heures, Dantin et son collègue abandonnèrent leur poste. Le tueur devait se méfier.

Le suite et fin très prochainement. 

Merci de votre fidélité et de votre confiance.

Audrey Degal


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Downsizing, le film

Bonjour chers lecteurs, 

Le week-end approche et comme un temps maussade est encore annoncé, vous irez peut-être au cinéma pour oublier les nuages et passer une bonne soirée. Eh bien c’est exactement ce que j’ai fait samedi dernier et comme j’avais vu la bande annonce du film DOWNSIZING, je me suis laissée tenter car la sélection d’extraits opérés avant la diffusion du film que j’allais voir, voici 3 semaines, m’avait mis l’eau à la bouche. Drôle, original m’étais-je dit !

En route pour Downsizing !

L’histoire :

Les hommes produisent trop de déchets. Il faut les réduire de toute urgence. Un laboratoire de recherches fait cette découverte extraordinaire : il est désormais possible de réduire la taille des Hommes. Ainsi, ils consomment poins, produisent moins de déchets… Comme tout doit être adapté à leur échelle, construire une maison, une voiture… ne coûte désormais presque rien car il faut peu de matériaux. Mais attention, le processus est irréversible ! 

Les premiers à avoir tenté l’aventure sont heureux d’autant que le luxe devient désormais accessible : bijoux, maisons luxueuses, soirées, bateaux… Le rêve ! Apparemment. 

Après mûre réflexion et puisque son monde ne lui permet pas d’acquérir ce qu’il désire, un couple (dont Matt Damon) choisit cette option. Après les adieux aux proches, le couple est prêt en entamer le processus de réduction. Sauf que, et c’est ce qui est drôle, au dernier moment la femme fait machine arrière tandis que Matt Damon, déjà version modèle réduit, ne peut rien faire d’autre qu’accepter s petite taille. Le divorce est inévitable comme vous vous en doutez. 

Il s’ennuie d’abord dans sa nouvelle vie, fait la connaissance de voisins qui ne pensent qu’à profiter et part finalement  pour la Norvège à bord d’un bateau, en leur compagnie et celle d’une jeune femme vietnamienne réduite contrainte et forcée suite à un litige. Là, ils rencontrent l’inventeur du downsizing qui leur apprend que la fin du monde est proche. On invite Matt Damon et la jeune femme à se joindre à d’autres qui ont choisi de contourner l’extinction en pénétrant au coeur de la montagne où une ville, des champs, bref, tout ce qu’il faut pour survivre, a été réalisé. Il hésite et renonce finalement, préférant se consacrer à son prochain aux côtés de la jeune femme dont il est désormais épris. 

Mon avis :

Euh, comment dire ? 

L’idée de rétrécissement, est sympathique et le volte-face de la femme de Matt Damon devant le downsizing est inéluctablement source de comique. L’ennui c’est que ce problème lié à la taille des partenaires du couple n’est pas du tout exploité. On passe d’une situation à une autre, sans véritable lien et le héros se trouve au coeur de scénettes qui auraient pu être cocasses mais ne le sont pas vraiment. Oh, j’exagère : elles le sont parfois mais si peu ! Et puis l’irruption de cette annonce, la fin du monde, arrive comme le cheveux sur la soupe. On dirait que les producteurs étaient à court d’idées, alors ils sont tombés dans la facilité, les clichés… Et puis que viennent faire les deux chercheurs sur le même bateau que les principaux protagonistes ? On dirait qu’ils tombent du ciel ! Absence d’explication, absence de cohérence ! Certes aux côtés de Matt Damon, acteur que j’apprécie particulièrement ( rappelez-vous « Seul sur Mars », MAGNIFIQUE !!! quel suspense !) on retrouve une autre belle pointure souvent choisie par Tarentino (et son génie), Christoph Waltz que l’on a vu dans des rôles aussi magnifiques qu’inoubliables avec « Inglorious Basterds » ou encore « Django Unchained ». Dans Downsizing le jeu de ces deux acteurs est assurément bon mais il prend place dans un scénario trop pauvre. Et que dire du personnage de la jeune vietnamienne, qui hurle sans cesse, ce qui devient lassant, agaçant… Certes, le scénariste a sans doute voulu  nous faire comprendre par là qu’elle avait de la personnalité mais cela frise parfois le ridicule. Elle donne des ordres à tout bout de champ, aboie presque et Matt exécute, ce qui affaiblit son personnage. 

Je pense que la bande annonce de ce film a vocation d’allécher le spectateur en montrant les rares bons moments du film et j’avoue que 2h 16mn  c’est long quand on s’ennuie. 

Certains vont me haïr parce qu’ils ont aimé le film ! Je respecte votre position, faites-en de même sans me fustiger ! Je ne vous livre que mon humble avis, à vous de voir si vous le partagez ou non, à vous de décider si vous irez voir ce film ou non. Tous les goûts sont dans la nature. Je n’ai fait que vous dévoiler le mien. 

Je n’achèterai pas non plus le DVD quand il sortira et j’espère que je retrouverai Matt Damon ou Chritoph Walts dans d’autres films à la hauteur de leur incontestable talent de comédiens, de leur talent qui jusqu’à présent crevait l’écran en ce qui me concerne, de leur talent dont nous voulons profiter sur les écrans de cinéma.

*****

La semaine prochaine, je publierai la nouvelle pour laquelle j’ai été primée, c’est promis. En attendant, je vous souhaite un bon week-end, d’agréables lectures et de beaux moments au coeur de mes romans. 

Amitiés, 

Audrey Degal.

 


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LA DEMOISELLE INACHEVEE, suite et fin

Résumé de l’épisode précédent : C’est l’anniversaire de Mathilde et ses amis lui offrent l’annexe immobilière qu’elle voulait acheter pour ouvrir sa pâtisserie chocolaterie. Mathilde a réussi dans la vie et elle se double d’une bonne vivante qui aime bien manger. Mais elle est seule, dans sa grande propriété et si elle le cache aux autres, elle souffre intérieurement d’un mal qui la ronge : elle se déteste. Elle déteste ses rondeurs, son corps qui s’est alourdi au fil des années car elle ne parvient pas à se maîtriser : elle aime les bonnes tables et ne se prive de rien. Ce goût irrépressible pour la nourriture la poursuit même dans ses rêves où elle se voit éclater à cause de ses excès. Sourire à la vie devient très difficile pour elle désormais !

          Un klaxon de type italien résonna à deux reprises, réveillant Mathilde en sursaut. La Cucaracha annonçait Denis et ses plaisanteries. Il était 15 heures. Il coupa l’alarme de la grande bâtisse qui s’activait automatiquement chaque nuit. Il ouvrit avec sa clé et entra comme s’il était chez lui. Mathilde l’adorait : gentil, toujours là quand il fallait, doué et réputé en cuisine, l’ami parfait !

            — Encore au lit ! Allez, debout. On a une dure journée.

            Mathilde, couchée à plat ventre, saisit l’oreiller et le rabattit sur sa tête tandis que le visiteur ouvrait les rideaux de taffetas et qu’un soleil sans-gêne pénétrait dans la pièce.

            — Oh non, protesta la jeune femme aux paroles étouffées par le matelas. Pas déjà !

            Denis repéra des traces et des résidus de maquillage dans les plis de l’oreiller.

            — Tu as encore pleuré !

            — Ne m’embête pas avec ça ! C’est mon problème !

            — Je refuse que tu te laisses aller. Tu ne peux rien changer à ce qui s’est passé. Tu dois tourner la page et aller de l’avant, Mathilde. À quoi bon te torturer ?

            Toujours cachée par le coussin, elle l’écoutait mais refusait de répondre. Il reprit :

            — Tu es la meilleure pâtissière qui soit, ta notoriété monte en flèche et ta réputation commence à te précéder. Pourquoi cherches-tu encore à te punir face au succès.

            Il la connaissait parfaitement et savait comment elle réagirait. Elle émergea, le teint brouillé, pour lui dire :

            — Je n’arrive plus à me maîtriser. J’avale tout ce qui me tombe sous la main et dans mon métier, c’est pire encore ! La nourriture m’entoure : les épices, les fumets, le thym, la coriandre, le gibier. Entre le piquant et l’acidité, mes papilles ne balancent pas, elles prennent tout. Les fromages m’appellent, les fruits, les lasagnes au safran, les tiramisus à la pistache, les vins, les champagnes… Je ne peux plus résister.

            Il s’approcha pour la consoler. Il plaqua la longue chevelure emmêlée de Mathilde contre lui et se mit à la caresser.

            — Ne pleure pas. Je suis là, avec toi. Je sais que ce que tu traverses est difficile et je ne t’abandonnerai jamais. Personne n’aurait imaginé ce qui t’est arrivé il y a huit mois, quand tes…

            Mathilde posa sa main sur la bouche de Denis pour l’empêcher de parler.

            — Tais-toi ! Je ne veux pas en entendre davantage. Cela me fait souffrir et tu le sais. Mais regarde-moi, Denis ! Je ne suis plus moi-même. Je suis devenue un monstre de gourmandise qui ne sait même plus ce que signifie déguster ou apprécier.

            — Chut, intervint-il avec douceur. Écoute-moi ! Tu vas te reconstruire mais il faut du temps et de la patience pour cela. Tous tes amis sont là pour toi. Nous ne te laisserons pas tomber, Mathilde. Tu détestes les miroirs, couvre-les au lieu de les briser. N’ajoute pas du malheur au malheur ! Tu as besoin d’aide. Je vais t’aider !

*

            — Bonjour mademoiselle Delacour. Avez-vous passé une bonne nuit ? demanda l’infirmier.

            — Où suis-je ? interrogea-t-elle en se redressant sur un lit étroit aux draps blancs immaculés.

            — Je crois qu’il va falloir réduire les somnifères que vous prenez ! Vous avez toujours du mal à émerger, le matin.

          — Des somnifères ? Mais de quoi parlez-vous ? Et qu’est-ce que j’ai au bras ?

          L’infirmier la fixa de ses yeux noirs. Il émanait de sa personne autant de charisme que de douceur.

            — Une perfusion, depuis votre arrivée, ajouta-t-il. Mais comme vous allez mieux je suis venu l’enlever.

            — Une perfusion, pourquoi ? Où sont mes amis ? Où est Denis ?

            — Vous ne vous en souvenez pas ?

            — Non. Je suis totalement perdue. Que se passe-t-il ?

            Le soignant se posa un instant au bord du lit. Il prit la main de Mathilde dans la sienne et commença à lui expliquer :

            — Voilà. Depuis la mort de vos parents, dans un accident de voiture, vous avez déclenché une forme d’amnésie partielle et heureusement momentanée ainsi qu’un trouble prononcé de l’alimentation.

            — Ҫa, je le sais. Je ne cesse de manger, ironisa-t-elle tandis qu’elle se rappelait l’accident qui l’avait traumatisée.

            — Ne m’interrompez pas, s’il vous plaît. Vous allez comprendre.

            Et il poursuivit :

          — Contrairement à ce que vous croyez, vous n’êtes pas devenue boulimique et la gourmandise vous écoeure particulièrement. Vous la fuyez.

            — Qu’est-ce que vous me chantez-là ?

            — Vos amis ont craint pour votre santé car suite au traumatisme subi, vous êtes devenue anorexique. Regardez vos bras !

            — Justement, ils sont bien potelés !

            — C’est un des problèmes de cette maladie. Vous vous voyez ronde alors que votre maigreur vous met en danger. Vous avez l’impression d’être inachevée !

            — Mais…

            — …laissez-moi finir ! Dans ce centre spécialisé, vous ne rencontrerez aucun de vos proches avant d’être rétablie. Cela fait partie du protocole et c’est un gage de réussite. Or, depuis votre admission, vous avez repris du poids, six kilos. C’est considérable et bon signe !

            Mathilde ouvrit de grands yeux et resta bouche bée. Elle aurait voulu crier, protester, nier ce que cet homme venait de lui dire mais en regardant à nouveau son corps, elle finit par voir qu’elle était maigre. Une autre version d’elle non pas ronde mais longiligne !

            — Et la pâtisserie chocolaterie que mes amis m’ont offerte, je l’ai aussi inventée ?

            — Oui, vous avez été admise peu après l’accident et chaque nuit vous faites le même rêve que vous me racontez : une soirée d’anniversaire bien arrosée, plaisanta l’infirmier. Bon et maintenant, qu’est-ce que je vous sers ?

            — Je crois que j’ai faim. J’aimerais bien tirer un trait sur le passé et créer  un dessert qui me ressemblerait.

            —Très bien et comment appellerez-vous cette création ?

            — La demoiselle inachevée !

FIN.

En ce début 2018, faites- moi aussi un  petit plaisir, votre bonne action de tout début d’année : pensez à vous abonner à ce site puisque vous l’appréciez. Vous ne recevrez aucune publicité, je vous l’assure ! Faites le connaître autour de vous, faites aussi connaître mes romans. Vous êtes ma meilleure publicité. Je compte sur vous comme vous comptez sur moi pour vous écrire encore de nouvelles histoires gratuites. Encore une fois bonne année !

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Enfin MERCI à CELLES ET CEUX qui ont lu ces livres et qui ont posté des commentaires sur Amazon notamment, sur Decitre, sur d’autres plateformes (GOODREADS) ou qui en recommandent la lecture sur les réseaux sociaux. C’est fondamental pour moi et permet de me faire connaître. 


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BONNE ANNEE 2018

Elle est là, elle pointe son nez, la nouvelle année 2018 et le temps que vous ouvriez cette publication elle a peut-être déjà commencé.

Eh bien sachez que je pense très fort à vous, oui, VOUS, 660 abonnés fidèles de deshistoirespourvous.com, lecteurs de mes histoires en ligne, lecteurs de mes romans, de mes recueils de nouvelles… Merci de venir me rencontrer lors des salons. C’est toujours une joie de discuter avec vous, de vos lectures, de vos attentes, de mes prochains livres. Votre présence me comble ! Votre assiduité sur mon site est un délice, vos visites, vos clics « j’aime », vos commentaires, vos partages… sont pour mi un véritable bonheur. Et le bonheur est précieux. il faut le préserver !

Alors en ce 31 décembre 2017, je tiens à vous souhaiter une très très très… belle année 2018. Que la santé, le bonheur de vivre rayonnent et tiennent loin de vous les difficultés de la vie. Aussi, avant de vous quitter aujourd’hui et de vous retrouver pour la suite de mes histoires et bien d’autres choses, prenez le temps de lire le petit message ci-dessous, plein de bon sens, plein de vie. 

ENCORE BELLE ANNEE 2018 !

A bientôt pour la fin de « La Demoiselle inachevée » en ligne, pour l’annonce de mon prochain livre, pour des avis sur des livres que j’ai lu… 

AUDREY 


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LA DEMOISELLE INACHEVEE, 1ère partie

La Demoiselle inachevée

— Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaire Mathilde, joyeux anniversaire !

Dès les dernières notes fredonnées, elle avait soufflé les bougies érigées comme des tourelles sur un château de la Renaissance. Les trente flèches dressées fièrement vers le plafond de la salle louée pour l’occasion s’étaient éteintes au même moment et on avait rallumé les lumières pour apporter les cadeaux.

Mathilde souriait. Elle ne s’attendait pas à tant d’attention de la part de ses amis surtout depuis… Non ! Elle refusait d’y penser. C’était un jour de joie à savourer auprès de ceux qui la chérissaient.

Devant elle, des montagnes de paquets colorés, des grands, des petits. Elle s’en approcha et releva les pans de sa robe de cocktail pour mieux avancer. Le sol était glissant, ses talons trop hauts et elle avait l’impression de marcher sur des œufs.

— Je ne sais par lequel commencer, lança-t-elle tandis que tous les regards se braquaient sur sa personne.

— Prends n’importe lequel ! suggéra Noé.

La jeune femme en souleva un dans ses mains. Il paraissait léger. Elle en soupesa un second. Il aurait rivalisé avec une plume. Elle se fraya un passage parmi les paquets empilés pour en attraper un autre, bien plus gros. Son poids était infime.

— À quoi est-ce que vous jouez ? Je parie qu’il y a anguille sous roche !

— Et tu vas nous la cuisiner ! renchérit Denis selon son habitude.

Mathilde se doutait que cette mise en scène cachait un stratagème élaboré. Elle soupesa encore quelques paquets. Ils paraissaient tout aussi vides. Doucement, elle se mit à les écarter et, au bout de quelques minutes, elle repéra une minuscule boîte qui attendait, docilement, sous une cloche transparente. Elle s’en empara cérémonieusement comme d’un objet mystique. Elle l’ouvrit et sortit un papier plié, déposé dans un écrin de velours bordeaux. Elle le déplia et lut :

« Mathilde Delacour, à ce jour, vous êtes l’heureuse propriétaire de l’annexe située 12 place de la République où vous pourrez ouvrir votre pâtisserie chocolaterie ».

Émue aux larmes, elle faillit vaciller mais se surprit à sourire à ceux qui l’entouraient et qui lui offraient ce local.

— Le gâteau ! réclamèrent les convives à l’unisson.

 Mathilde remercia ses amis puis, d’un revers de la main, elle essuya les perles d’eau salée qui glissaient le long de ses joues. Elle prit le couteau et la pelle qu’on lui tendait et découpa précautionneusement la pièce montée.

 Elle avait toujours été d’une gourmandise absolue et tout en s’interrogeant à propos des cadeaux, elle n’avait pu s’empêcher de dévorer des yeux ce dessert qui l’attendait. Ses proches l’avaient choisi en fonction de son goût immodéré pour le chocolat, la ganache, les macarons, les calissons et le nougat. Ils voulaient la combler. Elle en avait besoin. Tous le savaient. Elle avait servi les autres et s’était servie, resservie, copieusement, trop peut-être. Il était cinq heures du matin quand Noé la raccompagna chez elle, dans sa grande maison vide.

— Des projets pour demain ? lui demanda-t-il.

— Pour l’instant, prendre un bon bain et dormir. Le reste, je verrai après.

 La voiture de sport l’abandonna sur le perron, fit demi-tour sur le gravier de la cour intérieure et disparut dans la nuit.

 Dix minutes plus tard, Mathilde se posta devant sa chaîne hi-fi pour la programmer. Si elle appréciait à l’excès la bonne chair, la jeune femme était aussi friande de musique. Des mélodies classiques en passant par le rock, elle aimait tout. Il était impensable pour elle d’entendre un air sans se le procurer aussitôt. Elle ne comptait plus ses soirées passées dans les auditoriums à se délecter des plus célèbres symphonies ni celles consacrées à scruter la toile pour dénicher le dernier concert des groupes qu’elle adorait. De Rome en Italie en passant par Reykjavik en Islande, Oslo en Norvège ou encore Los Angeles aux États-Unis, elle voulait s’imprégner, jusque dans ses gênes, de ces ambiances dont elle raffolait, de ces notes suaves, revigorantes et exceptionnelles qui flattaient son esprit autant que le chocolat son palais. Dans la vie, Mathilde se régalait de tout !

 Et cela se voyait. Elle avait fait installer son jacuzzi dans une pièce totalement dédiée à la détente. Sur les murs, des miroirs, témoins muets, lui donnaient l’impression qu’elle était entourée du monde qui lui manquait. Mais ce n’était pas le seul message silencieux qu’ils délivraient. Incapables de mentir, lorsqu’elle s’y reflétait, ils lui assénaient toujours le même leitmotiv : « gourmande que tu es ! Tu as encore grossi ! ».

 Ce soir-là, plus encore que les autres, ces surfaces froides et insensibles ne cessaient de lui répéter qu’elle avait trop profité de ce copieux repas comme des précédents. Ses joues chantaient sa gourmandise. Ses épaules moelleuses racontaient la richesse des entrées qu’elle avait appréciées. Sa taille lui répétait que la sauce forestière qui accompagnait la viande était une réussite tandis que ses hanches, pourvues de poignées d’amour inutilisées, fredonnaient une litanie faite de magrets de canards, de pommes de terre rissolées et de délicates bouchées au foie gras. Enfin, ses cuisses rondes grignotées par des îlots de cellulite étaient à elles seules un hommage aux métiers de bouche, à leur savoir-faire inépuisable et à leurs secrets.

 Mathilde prit un des objets qui reposait, parmi d’autres, sur les rebords du SPA et le lança violemment en direction des miroirs. Plusieurs se brisèrent, démultipliant désormais au sol sa silhouette qui s’y reflétait désespérément.

 — Je vous hais ! lança Mathilde.

 Je me hais ! pensa-t-elle, le regard mauvais.

Qu’y pouvait-elle ? À la tête de la plus prestigieuse table de la ville, elle se donnait corps et âme à ce qui se mangeait. Et ce soir-là, ses proches venaient de lui offrir une extension de son activité.

Elle avait menti en prétendant qu’elle ne pouvait se l’offrir, prétextant qu’il lui manquait toujours quelques deniers, qu’elle avait fait de mauvais placements en bourse… En fait, elle tentait de résister. Et voilà que ceux qui l’avaient toujours soutenue, lui apportaient sur un plateau l’annexe tant espérée, l’annexe tant redoutée. Ils avaient probablement emprunté pour elle. Ils voulaient la combler, lui permettre d’oublier, lui ouvrir de nouvelles perspectives…

  Plongée dans le bain chaud, dont les bulles masquaient son corps, elle s’imaginait concoctant ses plus prodigieux entremets : son 2000-feuilles souvent copié, jamais égalé, son Absolu citron meringué qui lui avait permis d’être remarquée, sa Banquise au caramel et beurre salé qui l’avait consacrée… Pour réussir, pour innover, pour créer il lui fallait impérativement être gourmande. Et elle l’était. Seul un « hélas » était venu s’ajouter, lancinant, impoli, agressif mais tu par nécessité.

 Un lit immense l’accueillit finalement au petit matin. Elle s’y réfugia, enveloppée dans son peignoir encore humide qu’elle avait refusé de quitter. Le visage poupin immergé dans son oreiller de soie, elle avait pleuré avant de sombrer dans des rêves sombres et peut-être prémonitoires. Elle se voyait à la tête de sa nouvelle enseigne « Mathilde Delacour, pâtissier-chocolatier », rivalisant avec les plus grands : Fauchon, Peltier ou Larher. En devanture, une queue sans fin de gourmands, jamais rassasiés, tenait davantage du boa constrictor. Le serpent, crocs sortis, voulait l’avaler. Puis cette vision cauchemardesque déboucha sur une nouvelle, encore plus angoissante. Les clients, qui entraient dans sa pâtisserie, étaient des gloutons qui se goinfraient de façon anarchique et n’appréciaient rien. Comme ils souffraient d’agueusie, ils saccageaient sa boutique et avant de partir, ils l’obligeaient à finir leurs restes. Aucune trace de leur passage ne devait subsister. Elle se mettait ensuite à grossir et à gonfler à tel point qu’elle était obligée de sortir. Une fois dehors, elle s’envolait, comme un ballon de baudruche rempli d’hélium et finissait par éclater.

Elle se réveilla en sueur, persuadée que ces songes étaient des présages et qu’ils contenaient implicitement des conseils avisés : elle devait maîtriser sa gourmandise ! Facile à dire mais difficile à appliquer !

A suivre…

Merci pour votre fidélité. 

Vous trouverez en page d’accueil toutes les références de mes livres que vous pouvez vous procurer en ebook ou en livre papier. 

Audrey Degal


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VERTIGE, Franck Thilliez

Chers lecteurs,

Comme je le fais souvent et parce que les écrivains sont très souvent des lecteurs assidus, j’ai lu pour moi et donc pour vous VERTIGE de F. Thilliez.

En fait j’ai découvert cet auteur à cette occasion et ce qui a fait que je me suis tournée vers lui, c’est l’engouement que manifestaient certains lecteurs devant son oeuvre. J’ai donc acheté VERTIGE et d’autres titres puisqu’en général je parcours toutes les oeuvres d’un auteur afin de me faire une idée plus précise sur ses écrits.

J’avoue avoir été happée par l’incipit du livre ( je l’étais déjà par la 4ème de couverture) et je savais à quoi m’attendre.

Des hommes se retrouvent enfermés dans une grotte gelée pour une raison qu’ils ignorent. Ils se réveillent l’un après l’autre et s’interrogent sur leur conditions de détention car ils sont prisonniers. Aucun d’eux ne sait qui les a conduits là ni pourquoi. Apparemment, ils n’ont aucun lien. Auprès d’eux, une tente, deux paires de chaussures et de chaussettes, deux couvertures… Quand on est 3 cela pose bien évidemment problème et le partage s’impose tandis que la lutte contre soi-même, face à l’intensité du froid, les pousserait plutôt vers l’égoïsme et la préservation. Un chien est également présent, compagnon d’un des détenus. Un réchaud, une flamme, quelques provisions  mais ils comprennent très vite qu’ils ne tiendront pas longtemps ainsi. La violence s’impose à eux comme moyen de survivre, la compassion aussi parfois.

Les 3 individus ne sont pas soumis au même sort. L’un est attaché à une chaîne par la cheville, l’autre par le poignet et le troisième est libre mais porteur d’un masque de fer  et d’un système susceptible d’exploser s’il décidait de s’éloigner de la grotte. Dès lors, il s’agit pour eux de survivre !

Une inscription les interpelle aussi : « Qui sera le menteur ? Qui sera le voleur ? Qui sera le tueur ? » Mystère et suspense sont présents qui poussent à lire la suite.

Petit à petit, on en sait plus sur eux : qui ils sont dans la « vraie » vie, quelles étaient leurs passions, quels problèmes ils rencontraient ? Certains cachent aux autres la vérité et le lecteur comprend inéluctablement qu’ils ne sont pas ici ensemble par hasard, qu’ils ont quelque chose en commun et le chien n’y est pas étranger.

Je ne veux pas vous gâcher la lecture de ce livre, aussi je n’en dirais pas plus si ce n’est que :

  • j’ai rapidement compris, trop vite à mon goût, qui était sous ce stratagème et la fin m’a démontré que j’avais vu juste. Je suis donc un peu déçue surtout quand je vois que certains éditeurs recalent des livres pour ce même motif. J’avoue que je ne comprends pas  mais tant mieux si le succès était au rendez-vous pour l’auteur;
  • le livre est prenant, c’est vrai, à cause de l’intrigue et des nombreux rebondissements qui jalonnent le livre. Mais… je m’en suis lassée avec un sentiment que l’intrigue traînait ;
  • J’ai donc posé le livre plusieurs semaines avant de me décider à le terminer ;
  • La violence, parfois gratuite, voire la torture évoquée m’a dérangée. Je trouve en effet facile de faire trembler le lecteur avec l’hémoglobine, plus difficile de piquer sa curiosité par la seule intrigue. Mais c’est la griffe de cet auteur. Certains apprécient, je n’ai pas à juger. Par contre je me suis sentie mal à l’aise tandis que l’histoire piétinait.
  • La fin m’a déçue, je vous l’ai dit, je m’y attendais et puis je l’ai trouvé bâclée. Une sorte de « il fallait terminer le livre » et qu’importe si la banalité est évoquée. Je me répète, si le livre vous plaît ou vous a plu, tant mieux, je ne donne que mon avis.

Par conséquent, à vous de voir si vous voulez lire VERTIGE. Mais en ce qui me concerne, je m’arrêterai là pour les oeuvres de THilliez. Toutefois, je le répète, vous pouvez très bien trouver votre bonheur à la lecture de ce livre. Tout dépend ce que vous cherchez.

Bonne lecture,

Lisez en page d’accueil les résumés de mes livres et laissez-vous séduire § Enfin je vous prépare une nouvelle histoire courte qui sera bientôt publiée.

Audrey Degal qui vous remercie de votre fidélité.


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La Presse en parle !

Bonjour à toutes et à tous,

Je vous transmets ci-dessous deux articles que la presse a consacrés à mon dernier roman LA MURAILLE DES ÂMES, qui vous permettront de vous faire une idée plus précise de ce thriller policier. Vous pouvez les consulter en cliquant sur les liens ci-dessous ou en vous rendant dans le MENU, à la page que j’ai créée spécialement pour cela intitulée « LA PRESSE PARLE DE MES LIVRES ».

Bientôt vous pourrez lire sur le site une critique de livre puis une nouvelle histoire courte et je vous communiquerai les dates des prochains salons su livre auxquels je participe et où vous pourrez me rencontrer. Soyez patientes et patients  et merci pour votre fidélité.

http://www.noeontheroad.com/la-muraille-des-ames/

ET

http://omagazine.fr/la-muraille-des-ames-par-audrey-degal/

Audrey Degal


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RENCONTRE DEDICACE du THRILLER « LA MURAILLE DES ÂMES »

Installation pour la dédicace avant l’arrivée des lecteurs. 

Bonjour à toutes et à tous,

J’ai peu de temps pour écrire actuellement car les séances de dédicaces se multiplient. Je ne vous oublie pas pour autant et je vais m’employer à mettre en ligne, pour VOUS, la suite de l’histoire à suspens que vous attendez impatiemment : « Paroles de pierre ». Je vous demande un peu de patience !

Pour ceux qui n’ont pas pu venir me rencontrer lors de la séance de dédicace de mon dernier thriller, « LA MURAILLE DES ÂMES », le 20 mai à la librairie Decitre, sachez que je vous consacre une journée entière SAMEDI 27 MAI 2017, de 10 h à 18 h à la librairie CULTURA  de Givors  (69700) 2 vallées. (prochain salon, en Ardèche, à Chalencon, le 23 juillet, toute la journée)

Pour vous-même ou pour l’offrir à l’occasion de la fête des mères ou de la fête des pères, ne manquez pas l’occasion d’un présent personnalisé. 

Lors de mes séances de dédicaces, les lecteurs de mes 2 premiers livres sont au rendez-vous car ils savent désormais qu’ils trouveront du suspens dans mes romans et une écriture qui les emportent jusqu’à un dénouement toujours surprenant. D’autres viennent me voir parce qu’on leur a recommandé mes livres. Imaginez le bonheur que c’est, pour moi, quand les lecteurs en redemandent ou qu’ils conseillent mes livres à leurs connaissances ! Certains me demandent s’ils peuvent faire une photographie avec moi… Joie indicible pour un auteur que ces moments-là !

Je vous adresse un grand merci à toutes et à tous car les lecteurs font les auteurs. Sans vous, rien ne serait possible.

Alors je vous donne rendez-vous samedi 27 mai à CULTURA. Mes 3 lires seront disponibles et je fixe un second rendez-vous qui ne saurait tarder (car la prochaine dédicace est au mois de juillet. Je vais pouvoir souffler et surtout écrire !) pour lire la suite de « Paroles de pierres » et bien d’autres récits, gratuits, en ligne.

Et pour celles et ceux qui résident trop loin des lieux de dédicace où je me trouve, souhaitons qu’un jour prochain, je repousse les lieux de rencontre avec mes lecteurs. Ce sera avec joie. En attendant, vous trouverez mes livres dans toutes les librairies en papier ou ebook.

Merci pour votre fidélité ! 

AUDREY DEGAL

 

 


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SEANCE DE DEDICACES

      

Mon dernier livre, un thriller policier de 384 pages, suscite l’intérêt de journalistes qui me contactent pour rédiger un article concernant mon écriture, mes sources d’inspiration, la particularité de ce roman… et des libraires, dont la librairie DECITRE  de Saint Genis Laval (69230 St Genis 2) qui vient de placer

LA MURAILLE DES ÂMES 

en tête de gondole, parmi les nouveautés, à côté de THILLIEZ, BUSSI, MUSSO et bien d’autres. Je suis aux anges et je remercie l’équipe DECITRE ST Genis pour cette reconnaissance à laquelle je vous invite à participer et pour leur accueil incomparable !

Oui, ce livre est différent de mes précédents, écrit de façon plus dynamique, plus fluide et chaque chapitre appelle le suivant tant tous sont énigmatiques. Vous serez entraînés jusqu’au dénouement  (dont vous me direz des nouvelles) et, de l’avis de ceux qui l’ont déjà lu, CE LIVRE SE DEVORE !

La fête des mères approche ! Quoi de mieux qu’un cadeau personnalisé : un livre dédicacé. 

Je serai heureuse de retrouver mes fidèles lecteurs mais aussi les nouveaux à la librairie Decitre de Saint Genis Laval (galerie marchande Auchan St Genis Laval)

samedi 20 mai 2017, dès 16 Heures.

Vous pourrez me parler de vous, de ce que vous aimez lire, de ce que vous avez lu, je vous parlerai de mon livre, des prochains en cours d’écriture…

Si vous ne pouvez pas venir, ce ne sera que partie remise car d’autres dédicaces se profilent (environ 6 d’ici la fin de l’année). Et puis mes livres  (papier ou ebook) sont disponibles dans toutes les librairies en France, au Canada, en Belgique… sur commande, parfois en rayon. Renseignez-vous !

Pour commander « La Muraille des âmes » CLIQUEZ ICI

Précision importante : pendant 28 jours, il est en vente en version ebook au prix de 4.49 euros au lieu de 5.99 euros. Profitez-en (Amazon, Fnac…)

Bientôt je publierai la fin de l’histoire « Paroles de pierres ».

Soyez à tous mes rendez-vous  et pensez à partager ! 

Je vous remercie. Vous êtes plus de 582 abonnés c’est-à-dire qu’entre janvier et mai 2017, les nouveaux inscrits sont presque aussi nombreux que ceux qui se sont abonnés en 2016 sur toute l’année. Ce succès est le vôtre !

Audrey Degal 


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PAROLES DE PIERRES

PAROLES DE PIERRES

        Je rappelle enfin la sortie de mon dernier roman, un thriller policier, LA MURAILLE DES ÂMES, Audrey Degal, que vous pouvez vous procurer partout, même à l’étanger ou en cliquant ici :                                                                                                                                Pour commander « La Muraille des âmes » CLIQUEZ ICI

Pour écouter la présentation de « La Muraille des âmes » CLIQUEZ ICI

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   « Tous les silences ne font pas le même bruit », Baptiste Beaulieu.

           

          Il était tôt, ce matin-là, quand un camion de chantier s’arrêta sur le parking de la toute nouvelle piscine implantée sur la ville de Brignais. Il s’agissait du centre aquatique intercommunal concernant aussi les villes de Chaponost, Millery, Montagny et Vourles, baptisé « Aquagaron ». Il avait pour vocation de créer un espace de détente privilégié.

          Ce serait un espace de détente mais pas au sens où la population l’entendait, pas au sens premier du mot, pas au sens de la quiétude. Le centre aquatique allait se révéler dans une dimension que nul n’aurait jamais imaginée.

          Deux ouvriers descendirent du véhicule et l’un d’eux commença à décharger des matériaux : sacs de ciment, parpaings, truelles… L’autre se dirigea vers le bâtiment moderne récemment inauguré mais déjà en activité. Une fois à l’intérieur, il héla un employé qui se trouvait là.

            — Bonjour ! Nous venons pour les travaux au niveau des vestiaires.

            — Bonjour ! On m’avait prévenu de votre arrivée

            — Très bien. Je vais aider mon collègue à approcher le diable. C’est assez lourd !

            — Le diable dites-vous ?

            Le visage de l’employé venait de se liquéfier.

            — Oui, le diable, répéta l’ouvrier surpris de la réaction de son interlocuteur. Enfin le diable, ce chariot à deux roues qui sert à tout, notamment à transporter les chargements très lourds sans se casser le dos. Le diable. Vous comprenez ?

            — Oui, oui, je comprends, répondit le néophyte remis de sa frayeur. Allez-y ! Je vous attends.

            L’ouvrier s’amusa intérieurement de sa réaction excessive. D’autant que l’homme parut rester absorbé dans ses réflexions.

            Il sortit finalement et fit signe au jeune homme d’avancer mais ce dernier ne bougeait pas. Il s’était assis sur le repose pied du camion. Il attendait.

            — Qu’est-ce que fait ? Tu n’as pas vu que je t’appelais. Bouge-toi ! On a du boulot !

            — Je te rappelle que je ne devais pas être là aujourd’hui. Je ne fais que remplacer Manu.

            — Je sais mais tu ne crois pas que je vais faire le travail tout seul. Remplacer Manu signifie que tu dois m’aider. Lève-toi !

            L’autre paraissait embarrassé. Il ne bougeait pas, les coudes sur les genoux, la tête baissée comme une élève puni, pris sur le fait.

            — Bonté Loris, l’heure tourne et on a d’autres chantiers. Tire le diable, je vais t’aider, fit-il repensant toujours à l’attitude surprenante de l’employé.

            — Apparemment tu n’es pas au courant !

            — Mais de quoi tu parles ?

            Le jeune homme leva les yeux vers lui et, le regard inquiet il ajouta :

            — Tu ne sais pas !

            — Je ne sais qu’une chose : tu m’énerves ! Nous devrions déjà être en train de travailler !

            — Tu n’as pas entendu parler des…

            L’employé de mairie qui s’impatientait venait de sortir du bâtiment. Il interrompit leur conversation.

            — Messieurs !

            Deux visages se tournèrent aussitôt vers lui. Alfred bascula le diable sur ses puissantes roues et commença à le pousser. Il jeta un œil noir à Loris qui comprit qu’il n’avait pas le choix. Il se redressa pour aider son collègue, contraint et forcé.

            Un instant plus tard, le réceptionniste invita les deux ouvriers à le suivre. Ils laissèrent les matériaux devant une rampe d’accès extérieure. Ils reviendraient les chercher plus tard.

            Par la grande baie vitrée qui donnait sur les bassins, les deux visiteurs purent admirer le complexe sportif. Ils étaient fascinés par l’endroit, presque envoûtés. Il était lumineux, végétalisé et particulièrement agréable. L’infrastructure était une réussite. Les eaux bleues, qui capturaient par endroits la lumière du ciel, étaient une invitation au bien-être.

          Mais pour les deux compères, la semaine de travail commençait à peine. Elle serait longue et particulièrement laborieuse.

          Ils quittèrent donc le hall d’entrée. Leur hôte les guida à l’étage inférieur, jusque devant une série de portes. Plusieurs vestiaires collectifs réservés aux clubs de natation et aux élèves des établissements scolaires environnants se succédaient. Pour les distinguer on avait octroyé à chacun des couleurs différentes, jaune, vert, bleu, qui correspondaient aux tons du totem de la ville.

            — Voilà, nous y sommes ! Quelque chose ne va pas ? ajouta-t-il remarquant que l’un d’eux semblait soucieux.

            — Non, s’empressa de rétorquer Alfred. Quelle est la porte concernée ? Ah, il nous faudra aussi une arrivée d’eau.

            — Ce n’est pas ce qui manque, ironisa l’employé, mais je vais vous indiquer un point où vous pourrez vous brancher. Tenez, regardez ! Vous voyez là-bas, derrière le poteau orange ? Eh bien vous trouverez un robinet.

            Loris, légèrement en retrait, se contentait d’écouter.

            — Je vous laisse à présent ! Appelez-moi dès que ce sera fini.

            Leur guide tourna les talons et commença à s’éloigner.

            — Attendez, vous êtes bien pressé ! Et pour la porte ? demanda Alfred.

            L’autre s’arrêta immédiatement, sans songer un instant à revenir sur ses pas. Il semblait à nouveau inquiet et sur le point de prendre la fuite. De loin, il se décida enfin à répondre :

          — La porte, oui, bien sûr ! Il s’agit de celle qui porte le numéro 7.

            Il la désigna du doigt, sans oser s’avancer.

            — On peut entrer pour voir ?

            — Voir quoi ? se durcit-il soudain. Il n’y a rien à voir.

            — Ne vous fâchez pas monsieur. C’est juste qu’avant de commencer les travaux, nous devons tout de même vérifier la stabilité de l’encadrement, du support et nous avons besoin d’accéder aux deux côtés de la cloison.

            — Oui, bien sûr, répondit l’employé toujours à bonne distance..

          — Et puis il ne faudrait pas emmurer quelqu’un là-dedans ! plaisanta Alfred afin de détendre l’atmosphère.

          À sa mine, l’ouvrier comprit que le réceptionniste n’avait pas apprécié sa remarque. L’homme croisa les bras, tapota du pied le sol carrelé et dit :

          — Est-ce que ce sera tout ? Parce que j’ai du travail moi ! Je dois remonter à l’accueil.

Sa réponse cinglante clôtura le débat.

          — Dans deux heures le mur sera terminé, affirma Alfred.

            — Bon ! À tout à l’heure !

            Il fit demi-tour, pressé de remonter. Mais arrivé au bas des marches d’escaliers, il comprit qu’il n’en avait pas fini avec les deux ouvriers.

            — Avant de vous sauver, pourriez-vous ouvrir la porte s’il vous plaît ? Elle est fermée à clé.

            L’employé de la municipalité s’immobilisa pour la seconde fois, visiblement très agacé. Il sortit un trousseau de la poche de son pantalon, passa en revue plusieurs sésames, sortit la clé concernée de l’anneau qui la retenait. Elle portait le numéro 7.

            — Vous n’avez qu’à venir la chercher. Je la laisse là, déclara-t-il avant de gravir les quelques marches à la hâte et de disparaître.

            Alfred ne comprenait pas pourquoi son interlocuteur n’avait pas rebroussé chemin pour la leur donner. La clé les attendait sur un petit rebord. Elle brillait légèrement.

            — Quel drôle d’hurluberlu ce gars ! Allez zou, va la chercher !

            Loris obtempéra et, les mains dans les poches, il revint quelques secondes après avec l’objet.

            — Ouvre !

            — Pourquoi moi ? intervint le jeune homme.

            — Écoute mon p’tit gars. On a déjà perdu suffisamment de temps alors ou tu ouvres cette porte ou je signale au patron ton refus de travailler. Choisis !

          Loris regarda la clé qui dormait dans le creux de sa main. Il fixa le petit panneau collé au beau milieu de la porte : vestiaire 7. Il considéra longuement Alfred qui s’imagina un instant qu’il allait lui dire : « C’est toi qui l’auras voulu ! ». Il inséra avec la plus grande délicatesse la clé dans la serrure et, presque solennellement, il la tourna, les yeux rivés sur chaque geste qu’il faisait.

          — Allons, dépêche-toi ! On n’a pas que ça à faire !

          Lorsqu’il entendit le petit « clic » Loris lâcha la clé et recula précipitamment de plusieurs pas sous les yeux ébahis de son collègue.

            — Voilà, c’est fait ! dit-il, en s’écartant davantage, comme si une bête sauvage allait surgir de la pièce.

            Dans son for intérieur, Loris aurait voulu détaler mais toute fuite était impossible. Alfred n’avait pas la moindre idée de la peur qu’il ressentait.

La suite de cette histoire, sous peu. 

*******************

  • Précision importante : pour remercier mes fidèles abonnés, la fin de cette histoire leur sera réservée. En effet, lorsqu’elle sera mise en ligne, elle sera aussitôt supprimée du site mais accessible pour vous grâce au message que vous recevez à chaque publication. Par conséquent, pensez à ne surtout pas l’effacer quand vous le recevrez. Vous pourrez lire la fin du récit alors que le lien sera inactif pour toute autre personne !
  • Ceux qui hésitent encore à s’inscrire,  franchissez le pas ! Le site vous garantit l’absence de publicité !
  • Je rappelle enfin la sortie de mon dernier roman, un thriller policier, LA MURAILLE DES ÂMES, que vous pouvez vous procurer partout, même à l’étanger ou en cliquant ici :                                                                                                                                Pour commander « La Muraille des âmes » CLIQUEZ ICI
  • Pour lire un résumé du roman « La Muraille des âmes », lire un extrait, cliquez dans « menu » puis « accueil ». Pour écouter sa présentation cliquez ici : Pour écouter la présentation de « La Muraille des âmes » CLIQUEZ ICI

Bonne lecture à toutes et à tous et à très bientôt !

Audrey Degal

 


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LA GRANDE MURAILLE

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Film à grand spectacle, LA GRANDE MURAILLE, avec en acteur vedette Matt Damon, avait bien des promesses à tenir.

Alors je dirais aujourd’hui, pour l’avoir vu : promesses partiellement tenues.

L’histoire :

Deux hommes sont poursuivis dans une contrée désertique chinoise et arrivent subitement au pied d’une gigantesque muraille. Ils n’ont pas le choix et y entrent. Là, on voudrait les exécuter mais l’un d’entre eux a un objet qui intrigue les résidents de la muraille (car la muraille n’est pas un mur mais un lieu d’habitation pour les soldats). La nuit précédente, il a été attaqué par une créature étrange à laquelle il a coupé une patte. On comprend dès lors que l’objectif auquel répond cette Muraille est la protection contre les attaques des ennemis et notamment de créatures effrayantes. Lors du premier assaut de celles-ci, le héros, Matt Damon, parvient à se délivrer et, au lieu de fuir, il prête main forte aux Chinois engagés dans une lutte terrible et sans merci. La femme qui commande le bataillon de cette partie de la muraille, apprécie son art du combat. De son côté, lui est ébloui par les techniques de défense qui sont déployées et surtout par la « poudre noire » qu’il est venue chercher en Chine. Tandis que son compagnon cherche par tous les moyens à voler cette poudre et à quitter la Muraille, le héros est tiraillé entre deux pôles : cette poudre explosive et la bataille. Finalement, il choisit de rester. Grandeur d’âme du personnage principal oblige. 

Comme d’habitude, je ne vous dévoilerai pas la fin pour ne pas vous priver de l’intérêt du film. 

J’ai particulièrement aimé la Muraille (mon dernier roman LA MURAILLE DES ÂMES déroule son action là-bas mais en un autre temps, au XXe siècle. J’avais donc un regard particulier envers ce film). Ainsi filmée, elle est grandiose et spectaculaire. Spectaculaires aussi sont les attaques et plus particulièrement le système de défense chinois. Fort bien imaginé ! 

L’intrigue quant à elle est banale mais le film se laisse voir. 

La fin m’a en revanche déçue. Non qu’elle soit inintéressante mais je l’ai trouvée facile. Pour ne pas trop vous en révéler, je dirais simplement que se débarrasser de l’élément principal pour que tout cesse, j’aurais aimé quelque chose de plus déroutant, de moins convenu. Cela résonne comme du déjà vu.

En conclusion, l’intérêt de ce film réside dans ses images, dans cette muraille impressionnante, et de ce côté on ne peut pas être déçu. C’est grandiose, les images sont parfaites. 

Ce film a déjà quitté les écrans de certaines salles, mais vous pourrez le voir en DVD. Privilégiez dans ce cas un grand écran. 

*******

Pensez à vous abonner au site et à partager pour le faire connaître. 

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Vous aimez lire, procurez-vous mes livres et notamment le dernier, un thriller policier de 384 pages, « LA MURAILLE DES ÂMES ». En librairie, même à l’étranger, donnez le titre, mon nom d’auteur, AUDREY DEGAL, éditions BoD, pour le commander en livre papier. Il est également disponible en ebook. à prix cassé pendant 4 semaines seulement. Résumé et extrait en page d’accueil du site.

 

Pour écoutez la présentation de « La Muraille des âmes » CLIQUEZ ICI

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 Là encore, abonnez-vous à ma chaîne !

Merci, bonne lecture et bon films,

Le prochain article sera une nouvelle histoire. Un peu de patience !

Audrey Degal.


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VENEZ ME RENCONTRER ET DECOUVRIR MON DERNIER THRILLER

DECOUVREZ EN AVANT PREMIERE MON DERNIER ROMAN

UN THRILLER POLICIER DE 384 PAGES

« LA MURAILLE DES ÂMES », AUDREY DEGAL

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que j’aurai le plaisir de vous le dédicacer au salon du livre de BRINDAS (69) , montée de la Bernade, entrée gratuite,

de 10 à 18h.

« LA MURAILLE DES ÂMES »  ne sera disponible en librairie que d’ici environ 3 semaines. Alors profitez-en !

Je ne disposerai, à cette occasion que des 10 premiers exemplaires imprimés !

Voici la 4ème de couverture. 

Shany vient de vivre un drame qui a bouleversé sa vie. Désormais à la tête d’une importante entreprise, elle se réfugie dans le travail et décide finalement de partir en Chine avec son amie de toujours, Anna. Ce devait être la plus fabuleuse des destinations. Ce sera la plus imprévisible et la plus dangereuse. Et si elle n’avait pas fait ce voyage par hasard ! Et si on l’avait guidée jusque-là,  sans qu’elle s’en aperçoive ! Qui et pourquoi ? Le guide qui les accompagne est-il vraiment ce que l’on croit ? Que cache-t-il ? Dans les rues animées de Pékin, quelqu’un les suit. Leur veut-il du bien ou du mal ? La perspicacité de l’inspecteur Zhao permettra-t-elle à Shany et à Anna d’échapper au sombre destin que d’autres ont tracé pour elles et tiennent entre leurs mains.

Les arcanes de ce thriller emmènent le lecteur dans la Chine actuelle et plongent l’héroïne au coeur d’une intrigue où les superstitions côtoient le monde moderne. Et si l’explication de tout ce qui arrive était liée au passé de ce vaste pays mystérieux, aussi appelé l’Empire du Milieu. De la grande Muraille à la province du Sichuan, en passant par Pékin et la Cité Interdite, les 384 pages de ce roman vous tiendront en haleine. Vous serez happé, dès les premières pages par une lecture haletante et addictive. Les rebondissements vous emporteront jusqu’à un dénouement renversant !

SAUREZ-VOUS RESISTER A L’ENVIE DE LE LIRE ?

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Bien sûr mes deux autres livres, « LE LIEN  » et DESTINATIONS ETRANGES » seront aussi disponibles à cette occasion.

Un salon est toujours un grand moment pour un auteur. Ce face à face avec les lecteurs est l’occasion d’un échange de point de vue que j’apprécie particulièrement.

Je vous attends donc au salon du livre de Brindas,

A bientôt,

AUDREY DEGAL


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DONNE-MOI LA MAIN, fin

4ème partie (fin)

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Résumé des épisodes précédents : Lola est seule avec ses deux garçons depuis que son mari l’a quittée. Elle finit par rencontrer Gabriel qui se montre doux avec elle et se projette dans l’avenir. Alors qu’ils viennent de s’installer ensemble, il lui révèle la vérité : il est toujours en relation avec une autre femme, il a acheté une maison avec elle et il envisage de laisser Lola pour retourner à ses côtés. Lola s’en relèvera-t-elle ?

*

— Maman, c’est Lola.

Dans sa voix, on sent tout le poids des derniers jours passés à espérer.

— Maman, c’est fini, on se sépare, il retourne avec l’autre. Il va vivre avec elle, il veut avoir des enfants… Maman, c’est horrible ! Pourquoi est-ce qu’il m’a fait ça ? Je l’aime ! Il dit qu’il m’aime encore mais qu’il préfère retourner avec elle. C’est insupportable, je souffre. J’ai mal, maman !

Autour de Lola, tout s’écroule, tout s’effondre, l’apocalypse est de retour, tout a un goût de fin du monde, tout est amer, tout est douleur. Jamais elle ne pourra se relever. Elle est au bord du précipice, cet abîme qu’elle connaît. Gabriel vient de l’y pousser à coups de mensonges, de promesses, d’inconscience. Lola doit tout recommencer !

Grand seigneur, il l’aide à s’installer dans un petit appartement, avec les deux garçons. Il paye la caution, histoire de racheter sa conduite déplorable sans parvenir à voir que Lola est échouée, quelque part dans une vie, prisonnière d’une existence fracassée. Elle a croisé la route d’un monstre et ce monstre s’est bien amusé.

Elle se sent détruite, salie, souillée, transparente, indésirable. Et si l’abîme l’attendait. Tout dans sa vie la ramène sans cesse à ce vide. Et si c’était sa destinée. Comment croire en des lendemains meilleurs ? Comment croire qu’un autre pourrait la désirer ? Comment ne pas devenir méfiante à l’excès ?

Gabriel portait un masque. Gabriel venait de l’ôter.

*

Quatre ans plus tard.

            — Au revoir madame, à bientôt !

            Lola sort d’un laboratoire lyonnais. Ses deux garçons sont à ses côtés. Elle s’apprête à monter dans sa voiture quand un homme l’interpelle.

            — Veuillez m’excuser madame, vous partez ? Je tourne depuis 20 minutes sans parvenir à trouver une place pour me garer.

            Lola lève les yeux et répond :

            — Oui, je m’en vais !

            L’homme, arrêté en double file, sort de son véhicule, lentement. Hésitant, il s’avance vers elle.

            — Lola ? Lola, c’est toi.

            La jeune femme s’apprête à claquer les portières arrières de son véhicule. Elle vient de vérifier que les garçons ont correctement bouclé leurs ceintures de sécurité. Elle relève la tête et dévisage l’individu.

            — Gabriel ?

            — Oui, c’est moi. Tu es ravissante ! Comment vas-tu ?

            Elle aurait pu lui répondre avec la gentillesse qui la caractérisait, mais soudain, le coup de poignard qu’il lui avait asséné le dernier soir lui revient en mémoire. Toute la souffrance passée rejaillit : toutes les années de galères quand il est parti, les fins de mois difficiles le temps de réactiver les allocations supprimées lorsqu’elle était avec lui, les week-ends seule, le concert dont ils avaient réservé les places auquel elle était allée avec une amie, toute la solitude des nuits froides dans un lit vide…

            — Parce que ça t’intéresse ? fit-elle sarcastique.

            — Bien sûr, répond-t-il sûr de lui. Je suis si heureux de te retrouver !

            Lola n’a qu’une seule envie : partir et s’éloigner de lui. Pourtant, la curiosité la pousse à lui parler :

            — Elle va bien ?

            — Qui ? demande-t-il étonné.

            — Ne fais pas l’idiot, tu m’as très bien comprise. Celle pour qui tu m’as lâchement et brutalement abandonnée avec mes fils après m’avoir juré que tu m’aimais.

            Il glisse ses mains dans ses poches et baisse la tête.

            — On est séparés.

            Lola jubile. Elle sent, du plus profond d’elle-même, une douce chaleur monter et l’envahir.

            — Ah, tu l’as plaquée elle aussi, pour une autre peut-être.

            — Non, elle m’a trompé, je suis parti et après je t’ai cherché. Je suis si heureux de te revoir ! Et toi, qu’est-ce que tu fais ?

            — Eh bien, comme tu peux le voir, je m’apprête à entrer dans ma voiture, à démarrer et à partir.

            Elle lui tourne le dos pour se glisser à l’intérieur de son véhicule. À travers les vitres, les deux garçons ont reconnu Gabriel. Même si, pour les épargner, Lola ne leur a jamais dit la vérité, ils sentent qu’ils doivent se tenir à l’écart de la partie engagée sur le trottoir.

            — Mais on vient juste de se retrouver ! Dis-moi ce que tu deviens. On pourrait peut-être aller boire quelque chose ? Je ne veux pas te perdre à nouveau. Tu m’as tant manqué Lola. Si tu savais !

            Le regard de la jeune femme, éteint pendant de longues années, se pare soudain d’une nouvelle lueur. Ses yeux semblent pétiller. Ce n’est pas une discussion entre cet homme et elle, c’est un combat qui est engagé. Elle compte bien le gagner.

            — Alors écoute-moi bien : boire quelque chose avec moi, fais-le dans tes rêves, dans ton grand lit où tu resteras probablement seul pendant de très nombreuses années. Quant au fait de me perdre, mais mon pauvre Gabriel, tu m’as définitivement perdue il y a quatre ans. C’est irrévocable. Lorsque j’étais enfant, je ne croyais pas que les monstres pouvaient exister. Grâce à toi j’y crois maintenant mais l’avantage c’est que je suis prête à les affronter.

            — Mais Lola, souviens-toi, nous parlions d’avoir un enfant tous les deux ! intervient-il éberlué.

            — Justement, regarde donc où je suis garée : « Laboratoire d’Analyses Médicales ». Je viens de découvrir mes résultats. Ils sont positifs. Je vais avoir un bébé dans environ 8 mois et pour mon plus grand bonheur, il n’est pas de toi. Mon compagnon va très bien et je vais lui annoncer la nouvelle. Ce soir, lui, les garçons et moi, nous allons fêter la nouvelle. Quant à toi Gabriel je ne sais pas ce que tu deviendras et je m’en moque totalement. Tu vois, je parle comme toi à présent car j’ai beau te regarder, tu ne m’inspires que cette phrase que tu répétais sans cesse : je ne sais pas. Eh bien moi, je sais désormais où aller, qui aimer et qui m’aime. Dans ton cas, c’est désespéré !

            — Lola, tu ne peux pas me laisser ! Donne-moi la main, nous sommes faits l’un pour l’autre, je te jure que…

            Lola s’installe au volant de sa voiture, met le contact, le regarde, lui adresse un de ses plus beaux sourire et disparaît. Gabriel reste bouche bée sur le trottoir. Il vient de recevoir le coup de grâce. Il fait demi-tour pour regagner son véhicule et se garer. Mais lorsqu’il se retourne, la place qu’il convoitait est occupée.

            Il faut toujours garder un oeil derrière soi. Quelqu’un peut vouloir prendre votre place sans que vous vous en doutiez !

***

Pensez à vous abonner au site, à consulter, dans la rubrique « Accueil », mes deux livres en vente. 

Bientôt, je vous annoncerai : 1) la date de sortie de mon thriller policier ;

                                                     2) les dates du prochain salon littéraire auquel je vais participer ;

                                                     3) le résumé d’un film qui m’a passionnée, en dépit des critiques ;

                                                   4) le début d’une nouvelle histoire à suspense, qui s’inscrira davantage que « Donne-moi la main » dans la veine de ce que j’écris d’habitude : mystère, suspense et fin surprenante. 

MERCI POUR VOTRE FIDELITE

AUDREY DEGAL

 


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A SAVOURER SANS MODERATION !

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Aujourd’hui, chers lecteurs, j’ai choisi de vous faire goûter un délice et je me mets exceptionnellement en retrait en tant qu’auteure. En effet, je me dois de vous faire profiter de quelques bonheurs de la langue française ou de la littérature et c’est sur Jean D’Ormesson et cette perle que mon choix s’est porté. 

Bien entendu, je reviens très prochainement auprès de vous pour vous proposer de nouvelles histoires (dans une registre un peu différent, pour mieux vous étonner) mais je suis très prise par la sortie imminente de mon 3ième roman, actuellement en phase de correction avant édition. Il s’appellera finalement La Muraille des âmes. Un thriller policier de plus de 350 pages pour vous que vous reteniez votre souffle jusqu’au dernier moment.  

Si vous souffrez d’un manque de lecture, vous pouvez, en attendant vous procurer mes deux précédents livres disponibles partout (Fnac, Amazon, librairies… livre papier ou ebook) ou en cliquant  sur l’un des deux liens ci-dessous :

http://www.decitre.fr/livres/destinations-etranges-9782322034383.htmlen

OU

cliquant ICI

Bonne lecture !

AUDREY DEGAL

Que vous soyez fier comme un coq,

Fort comme un boeuf,

Têtu comme un âne,

Malin comme un singe ou simplement un chaud lapin,

Vous êtes tous, un jour ou l’autre,

Devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.

Vous arrivez à votre premier rendez-vous

Fier comme un paon

Et frais comme un gardon

Et là, … pas un chat !

Vous faites le pied de grue,

Vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin.

Il y a anguille sous roche

Et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard,

La tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon,

Vous l’a certifié : cette poule a du chien, une vraie panthère !

C’est sûr, vous serez un crapaud mort d’amour.

Mais tout de même, elle vous traite comme un chien.

Vous êtes prêt à gueuler comme un putois

Quand finalement la fine Mouche arrive.

Bon, vous vous dites que dix minutes de retard,

Il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard.

Sauf que la fameuse souris,

Malgré son cou de cygne et sa crinière de lion

Est en fait aussi plate qu’une limande,

Myope comme une taupe,

Elle souffle comme un phoque

Et rit comme une baleine.

Une vraie peau de vache, quoi !

Et vous, vous êtes fait comme un rat.

Vous roulez des yeux de merlan frit,

Vous êtes rouge comme une écrevisse,

Mais vous restez muet comme une carpe.

Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez,

Mais vous sautez du coq à l’âne

Et finissez par noyer le poisson.

Vous avez le cafard,

L’envie vous prend de pleurer comme un veau

Ou de verser des larmes de crocodile, c’est selon.

Vous finissez par prendre le taureau par les cornes

Et vous inventer une fièvre de cheval

Qui vous permet de filer comme un lièvre.

Ce n’est pas que vous êtes une poule mouillée,

Vous ne voulez pas être le dindon de la farce.

Vous avez beau être doux comme un agneau

Sous vos airs d’ours mal léché,

Il ne faut pas vous prendre pour un pigeon

Car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.

Et puis, ça aurait servi à quoi

De se regarder comme des chiens de faïence.

Après tout, revenons à nos moutons :

Vous avez maintenant une faim de loup,

L’envie de dormir comme un Loir

Et surtout vous avez d’autres chats à fouetter.

Texte de Jean d’Ormesson

 


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Audrey Degal, auteure de Thriller, invitée chez DECITRE

La librairie DECITRE du centre commercial de Saint-Genis-Laval (69230) m’invite pour la 3ème fois à une séance « Entretien et dédicace » de mes deux livres déjà publiés :

LE LIEN

et

DESTINATIONS ÉTRANGES

J’aurai le plaisir, dans un premier temps, de vous révéler comment me sont venues les idées de ces livres, comment j’écris, ce qui m’inspire… Puis, ce sera le moment privilégié des dédicaces.

Mes livres ont déjà séduit de nombreux lecteurs, lesquels attendent la sortie de mon 3ème roman, un thriller policier intitulé

LA MURAILLE AUX DEUX VISAGES 

dont la sortie est prévue pour Noël. (Deux autres romans, déjà bien avancés, arrivent derrière).

Aussi, je vous invite à me rencontrer, à découvrir mes romans que je me ferai une joie de vous dédicacer personnellement.

Venez nombreux à cet événement :

samedi 15 octobre 2016 de 16H à 18H

 

Librairie DECITRE de Saint-Genis  2 (Rhône) (centre commercial Basses Barolles)

Je vous attends !

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Audrey Degal

Et très bientôt, sur mon site, la fin de l’histoire « L’Envers du décor » !


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L’ENVERS DU DECOR, 1ère partie.

L’ENVERS DU DECOR, 1ère partie

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            Dissimulée derrière le mur de sa chambre, Marie Rose observait chaque mouvement de cet homme, cet intrus. Il était là, assis à quelques mètres d’elle, à fouiller dans les tiroirs, à consulter des dossiers, à regarder des photos, à s’imprégner de sa vie à elle… Ses tiroirs à elle, ses dossiers personnels à elle, les photos de son passé, tout y passait. Que cherchait-il ? Pourquoi ? Comment était-il entré chez elle ?

            Il n’avait pas bougé depuis une heure et, sous le faisceau de la lampe qu’il avait éclairée puis orientée pour la diriger vers une zone limitée, il examinait tout ce qui lui paraissait intéressant. Mais que pouvait-il bien vouloir ? Pour elle, c’était une irruption dans sa vie privée, une violation de son intimité. Que faire ? Devait-elle lui dire de s’en aller ? Devait-elle le chasser ? Oserait-elle avancer vers lui pour lui parler ?

        Quand elle était dans sa chambre, elle se regardait par intermittences dans le miroir qui semblait lui dire qu’elle n’était pas assez forte pour lutter. Elle mesurait à peine un mètre cinquante-huit mais ce petit bout de femme désormais âgé de quatre vingt-deux ans avait été une créature terriblement belle. Si les rides qui creusaient désormais son visage avaient progressivement atténué l’éclat et la pétillance de son regard bleu, jamais elles n’avaient évincé sa beauté. Personne ne s’y trompait : elle avait été ravissante et bien des cœurs avaient dû se briser sur les récifs de l’amour qu’elle avait voulu ou non leur porter.

            Tenant fermement le chambranle de la porte comme s’il pouvait la protéger, c’était à peine si elle osait respirer. Elle ne craignait pourtant pas d’être débusquée puisqu’elle savait pertinemment qu’il la voyait. Il était dans sa maison à elle, ce parfait étranger, il s’y déplaçait, faisait ce qu’il voulait et à cet instant-là, il était dans son fauteuil personnel à s’imprégner de la vie de son hôtesse forcée.

            Par moments, il lui jetait un regard, en biais. Parfois, il lui adressait un sourire, narquois. Mais il continuait ce qu’il entreprenait, ne redoutant jamais l’intervention de Marie Rose qui l’épiait comme si c’était elle qui profanait l’espace privé de cet homme.

            – Il est chez moi ! se répétait-elle comme pour s’en convaincre. Il doit avoir une clé sinon comment ferait-il pour entrer sans faire de bruit !

            Comme à chaque fois qu’elle le découvrait, il s’était glissé dans sa maison en silence, sans effraction et sans porter atteinte à la paix du foyer. Cela faisait déjà deux mois qu’il naviguait dans sa demeure à elle, deux mois qu’il se l’appropriait sans vraiment y habiter. Certes il s’installait parfois dans le bureau, parfois dans la cuisine, d’autres fois au grenier où elle l’entendait marcher. Peut-être faisait-il les cents pas dans cette pièce du second étage de la maison ! Dans quel but ?

            Dans une autre pièce, le mari de Marie Rose, Sigi, dormait, paisiblement. Rien ne l’avait alerté. Il n’avait jamais croisé l’intrus et n’en soupçonnait même pas l’existence. Même si elle avait repéré le manège de l’individu depuis le début, Marie Rose n’en avait jamais parlé. Et si on la croyait folle ! Elle avait choisi de l’observer et de se taire jusqu’à ce jour où il avait voulu la chasser !

*

            Contre toute attente, il s’était adressé à elle, il lui avait parlé :

            – Tu dois partir Marie Rose. Ici c’est chez moi désormais. Tu ne peux pas rester !

            Jamais, auparavant il ne l’avait interpellée. Il était loin d’elle, il faisait nuit, il était trois heures du matin et Sigi dormait. L’intrus était dans le bureau, encore une fois, et il avait allumé l’ordinateur. Comme à l’accoutumée, elle l’avait entendu et s’était levée. Elle dormait souvent mal. Elle avait entrebâillé la porte et l’avait espionné. Mais il s’était adressé à elle, la tutoyant de façon effrontée.

            Sous l’emprise de la panique, elle s’était mise à suffoquer avait fait demi-tour puis avait refermé sa chambre et dans son lit, sous les draps avait tenté d’oublier qu’il lui avait parlé.

            – Et s’il est encore là au petit jour ! pensa-t-elle. Que devrai-je faire ?

            Cette nuit-là, elle prit une décision, la décision qui allait tout faire basculer : elle ne pouvait plus se taire. Il lui fallait partager ce secret. Mais comment avouer qu’un étranger s’est installé chez vous et qu’il tente de vous chasser surtout quand on est la seule, nuit après nuit, à s’en apercevoir et à s’en inquiéter ?

            Il faut dire qu’au début, il surgissait toujours dès que la maison était plongée dans l’obscurité, alors qu’elle et son mari dormaient. Puis vint le moment qu’elle avait toujours redouté où, au beau milieu de la journée, alors qu’elle rentrait du jardin, elle le trouva attablé, à savourer le saucisson qu’elle avait acheté et à émietter le pain que Sigi avait fait. Ensuite, il s’était levé et avait quitté la cuisine sans même débarrasser, laissant tout en place et la surface carrelée de la table souillée de salissures. Il était passé devant elle, la toisant d’un regard fier puis il s’était retiré au grenier. Elle le soupçonnait de s’être établi là. D’ailleurs elle n’osait plus y monter.

            La scène s’était reproduite maintes fois, tandis que Sigi était occupé à la cave, à bricoler. Qui était cet individu qui s’invitait de plus en plus souvent chez elle ? Il utilisait tout ce qui s’y trouvait : toutes les pièces, la machine à café, le téléphone même si elle ne l’avait jamais entendu appeler. Il déplaçait sans cesse les objets et elle passait ensuite des heures à tenter de les retrouver, quand il ne les avait pas jetés à la poubelle, cherchant probablement à la défier. Bien entendu, Marie Rose portait des lunettes qu’il prenait un malin plaisir à cacher. Elle s’en agaçait. Elle les retrouvait tantôt avec les couverts, tantôt dans le réfrigérateur, tantôt dans l’armoire à linge… Elle allait bientôt craquer. Plus qu’une intrusion, c’était une véritable guerre des nerfs et elle n’était pas de taille à lutter.

            Un jour, comme Sigi l’attendait dans la voiture dont le moteur tournait, elle arpentait la maison, cherchant son sac à main qu’il lui fallait emporter. Hélas, il avait été déplacé. Un coup de klaxon lui rappela que son mari s’impatientait. Cinq minutes plus tard, ce dernier la rejoignit quelque peu irrité :

            – Mais qu’est-ce que tu fais ? Cela fait une heure que je t’attends !

            – Une heure, se moqua-t-elle, tu as le don d’exagérer !

            – Pourquoi fouilles-tu de partout ?

            – Je cherche mon sac !

            – Je l’ai vu, là, tout à l’heure, dans la niche du living où tu l’avais posé. Regarde bien, il doit y être.

            – Il y a peut-être été mais il n’y est plus.

            – Où l’as-tu mis alors ?

            – Si je le savais, je ne serais pas en train de le chercher.

            Dix minutes plus tard, le sac réapparaissait, tiré de la corbeille à linge sale.

            – Et tu peux me dire ce qu’il faisait là dedans ? remarqua Sigi exaspéré.

            Marie Rose éluda la question, trop profondément ébranlée. Elle s’engouffra dans la voiture et fit tout le trajet en mode muet.

*

            Pendant la soirée, elle se décida à parler ou du moins à suggérer délicatement à Sigi qu’elle était quotidiennement confrontée à quelque chose d’étrange qui la dépassait. Elle ne pouvait plus se taire et la peur l’étreignait, de plus en plus terrible.

            – Sigi, je peux te parler ?

            – Quoi ? fit-il, absorbé par le western qu’il connaissait par cœur mais qu’il adorait. Tu vois Mimie, des acteurs comme John Wayne, on n’en fait plus !

            – Sigi, à propos du sac tout à l’heure…

            – Oui, eh bien ?

            – Je l’avais bien rangé dans la niche du living, comme d’habitude.

            – Il ne s’est pas envolé tout seul tout de même !

            – Non, bien sûr, mais il a été déplacé.

            – J’adore ce passage où il retrouve sa fille enlevée par les Indiens.

            – Quelqu’un l’a déplacé. Il y a quelqu’un avec nous dans la maison.

            – Tu vois, au moins ça bouge. Ce n’est pas comme dans les films d’aujourd’hui où ils ne font que discuter et discuter pour ne rien dire d’ailleurs.

            – Tu as entendu ce que je viens de te dire ? s’inquiéta-t-elle.

            – Oui, bien sûr, ton sac a été déplacé. Mais je t’assure que ce n’est pas moi. Tu as dû le poser ailleurs sans t’en rendre compte. Ce n’est pas grave, ça peut arriver ! Laisse-moi regarder la fin de mon film.

            Marie Rose tourna les talons, dépitée. Soudain elle sursauta.

            – Tu vois, Marie Rose, il vaut mieux t’en aller, lui murmura à l’oreille l’étranger en la frôlant aussi légèrement que s’il l’eût caressée.

            Elle voulut le suivre mais parvenue dans la cage d’escaliers elle dut se rendre à l’évidence : il s’était déjà retiré. Débordée par l’émotion, elle se mit à pleurer. Elle se sentit plus seule que jamais, coincée entre un époux qui ne l’avait pas entendue et cet intrus qui l’importunait de plus en plus. Elle redouterait la prochaine nuit, de crainte qu’il ne vînt encore la peupler de sa présence indésirable, de son pas pesant au grenier.

            À 22 heures elle partit se coucher après voir avalé deux comprimés qui l’aideraient à oublier, pour quelques heures seulement, les douleurs lancinantes de ses hanches. Il était deux heures du matin lorsqu’elle sentit un souffle sur son visage puis sur sa nuque. Elle ouvrit les yeux et le vit penché au-dessus d’elle, plus près que jamais et elle plus vulnérable encore. Elle se redressa tandis qu’il se retirait. Elle le suivit. Il s’était arrêté, là, au milieu du couloir de l’étage. Elle ne voyait que son dos. Elle se demandait ce qu’il allait faire. Elle était partagée entre le terreur et le désir ardent de savoir ce qu’il lui voulait vraiment. S’il avait voulu l’agresser, ce serait déjà fait depuis longtemps ! Soudain, là, dans le mur, une porte s’ouvrit, que l’étranger franchit et qui disparut aussitôt pour à nouveau laisser apparaître la tapisserie qu’elle avait toujours connue. Alors, elle poussa un cri.

            – Mimie ? s’inquiéta Sigi qui dormait dans l’autre chambre.

            Un instant plus tard, il était auprès d’elle.

            – Qu’est-ce que tu as ?

            Elle tendit le bras et désigna le mur.

            – Il y a une porte ici, assura-t-elle, la voix chevrotante.

            – Une porte ? Ce n’est qu’un rêve ! Touche, c’est le mur, le mur du couloir, le même que d’habitude.

            Et il lui prit la main, comme à une enfant et lui faisait tâter la surface dure et tapissée.

            – Non ! Il y avait une porte et il est passé de l’autre côté.

            – Qui ? Enfin Mimie, il est deux heures et je suis fatigué. Tu vois bien qu’il n’y a pas de porte. Tu as fait un mauvais rêve, c’est tout. Allez, va te recoucher. Tout ira mieux demain.

            Et il la reconduisit dans sa chambre. Elle se coucha et Sigi l’imita quelques instants après s’être assuré qu’elle était apaisée. Elle avait fermé les yeux sans parvenir à trouver le sommeil, se rappelant des nuits de son enfance au cours desquelles elle redoutait la venue de monstres issus de ses lectures ou de son imagination fertile. Peu de temps avant le lever du jour, elle était à nouveau debout à observer l’intrus qui, dans sa salle de bains, était en train de se raser. Il la fixa dans le miroir avant de répéter :

            – Je te l’avais dit, tu ne dois pas rester ici ! Il faut partir ! Tu ne peux pas lutter !

            Elle n’avait plus de larmes à verser. Elle le regarda, impassible, fatiguée et tout à coup elle pensa au fusil que Sigi avait acheté et qui attendait, dans l’armoire de la chambre, entouré d’un linge. Elle se sentait prête à commettre un crime !

La suite très bientôt. Partagez avec vos amis ! 

Pensez à vous abonner au site, ça ne mord pas et c’est gratuit, aucune publicité…

Vous aimez mes histoires, vous adorerez 2 mes livres : (résumés et extraits disponibles en cliquant dans le menu « Accueil »)

DESTINATION ETRANGES est disponible ici http://www.decitre.fr/livres/destinations-etranges-9782322034383.htmlen livre papier mais vous le trouverez aussi chez Amazon  en format kindle à 5,49 euros.

LE LIEN est disponible en  cliquant ICI (decitre, livre papier) ou chez Amazon  en format kindle à 5,49 euros.

Le roman (THRILLER) « LA MURAILLE AUX DEUX VISAGES » a pris un peu de retard mais il devrait sortir avant Noël. Et bientôt, le 15 octobre de 16 H à 18 H, une nouvelle séance « rencontre et dédicace » chez Decitre à Saint Genis Laval. 

Merci de votre fidélité !

Audrey Degal


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La Nuit des temps, Barjavel

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Il y a bien longtemps que je ne vous avais pas parlé de mes lectures. Pourtant je lis beaucoup, jamais trop mais comme j’écris parallèlement mes romans, j’ai moins de temps pour vous faire part de mes remarques.

D’accord, certains ont probablement lu ce livre au lycée… Qu’importe, moi je l’ai relu cet été et je l’ai apprécié. j’ai donc envie de vous le faire partager.

L’auteur, Barjavel, grand maître de la science fiction a su écrire, avec La Nuit des temps, un roman captivant. J’avais déjà lu de lui (il y a longtemps) Le Grand secret, dont il  ne me reste que de vagues souvenirs, un seul à vrai dire, le thème : la quête de l’immortalité (à relire donc car il m’avait passionnée).

La Nuit des temps me semble relever un autre défi, celui de l’utopie car il porte un regard critique sur notre monde à travers la découverte d’une ancienne civilisation.

L’histoire : Le 1er chapitre pose astucieusement une énigme : qui est donc celle dont il est question, connue, aimée, perdue ? On a nécessairement envie de poursuivre la lecture pour le savoir. Dans L’Antarctique, on vient de découvrir une sphère et à l’intérieur deux êtres « congelés ». Les réanimer pose problème : il ne faut pas qu’ils meurent ! On réveille la femme en premier. Elle se nomme Eléa. D’où vient-elle ? De la Terre mais elle y a vécu il y a 900 000 ans ! Elle peut alors évoquer sa civilisation, son mode de vie… Mais que s’est-il passé pour que cette civilisation ait disparu. Pourquoi  avoir choisi de faire hiberner deux spécimens ? Et qui est donc l’homme qui l’accompagne encore endormi ?  Eléa était amoureuse de Païkan. Tous deux s’adoraient. La guerre est venue bouleverser leur destinée. Il faut réveiller l’homme, Coban. Eléa dit que c’est le plus grand scientifique du peuple au sein duquel elle vivait. Il a créé l’équation de Zoran que tous les Terriens contemporains veulent décrypter et dont ils veulent s’emparer. En effet, elle est source d’énergie et permet de produire tout ce dont l’homme a besoin.  La cupidité, le vol, les mensonges jaillissent alors chez ceux qui convoitent les connaissances que pourraient apporter ces deux êtres. Il faut donc réveiller Coban afin qu’il puisse révéler ce qu’il sait. Cela ne s’avérera pas aussi simple qu’il y paraît et bien des rebondissements de l’intrigue surgissent pour entraîner le lecteur jusqu’au dénouement… surprenant !

Mon avis : oui, j’ai aimé ce livre mystérieux. On se laisse emporter pas les personnages dans leur quête. Certains passages sont néanmoins longuets mais ils se situent davantage vers la fin. De longues descriptions pourraient, à mon sens, êtres supprimées et la « course » effrénée des protagonistes serait ainsi plus intéressante d’autant que j’ai pu repérer quelques incohérences avec des personnages qui descendent alors que l’auteur fait référence à ce qu’ils voient à la surface !!! Personne n’est parfait, pas même Barjavel, ce qui rassure aussi la romancière que je suis.

Alors si vous voulez lire, n’hésitez pas, plongez-vous dans La Nuit des temps, et puis vous pouvez aussi lire mes livres Le Lien, ou Destinations étranges, suspense garanti en cliquant ci-dessous. 

http://www.decitre.fr/livres/destinations-etranges-9782322034383.html

http://www.decitre.fr/livres/le-lien-9782322012701.html?v=2

Je termine actuellement mon 3ème livre qui sortira avant NOËL 2016 : « LA MURAILLE AUX DEUX VISAGES ». 

Merci de votre fidélité et à bientôt pour lire sur ce site une toute nouvelle histoire !

Audrey Degal.


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Venez me rencontrer !

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Bonjour et toutes et à tous, 

Cet article a vocation de vous informer de ma présence au salon du livre organisé par la librairie Decitre de Saint Genis Laval (69230), vendredi 26/02 de 15h à 19h ET samedi 27/02 de 10h à 14h30. Vous pourrez donc me rencontrer à cette occasion, dans l’espace de la galerie marchande du centre commercial Auchan. Là, je dédicacerai mes livres, 

LE LIEN wpid-screenshot_2015-02-28-13-25-06-1.jpg                         et                   DESTINATIONS ETRANGES wpid-20150913_181528-1.jpg,

que vous pourrez aussi vous procurer sur place. 

Rencontrer ses lecteurs est toujours un moment privilégié pour un auteur et qui, mieux que moi, peut vous dire comment les idées me sont venues, comment j’ ai écrits telle histoire, pourquoi tel livre a été conçu ainsi, quels sont mes nouveaux projets… Car les livres ont leur histoire propre, une vie, un passé que la lecture seule de l’intrigue ne peut dévoiler. ALORS, VENEZ ME RENCONTRER ! Je vous attends !

J’évoquerai aussi mon prochain roman, LA MURAILLE AUX DEUX VISAGES, qui devrait sortir d’ici septembre 2016 ainsi que les autres car j’en ai deux en cours et tous sauront vous surprendre, j’en suis convaincue. 

Quant aux histoires du blog, bien sûr que vous pourrez bientôt découvrir de nouvelles histoires mais, actuellement très prise professionnellement, il m’a fallu ralentir la fréquence des publications sur mon site. Je ne vous ai pas pour autant oubliés ! J’adresse donc mes chaleureux remerciements à mes lecteurs de livres papiers, ou sous forme ebook, ainsi qu’à ceux qui font vivre ce blog en le fréquentant souvent, en en parlant autour d’eux. deshistoirespourvous.com est désormais riche de 413 abonnés, lecteurs fidèles, qui ont lu 30451 pages d’histoires à ce jour. Cette belle relation d’écriture et de lecture ne saurait s’arrêter !

Vous pouvez aussi suivre mon actualité sur Facebook, Tweeter, Google+, Hellocton… 

Alors je vous dis à demain peut-être ou à samedi, à une prochaine fois sûrement, à bientôt (semaine prochaine) pour découvrir une nouvelle histoire sur le blog !

En attendant, rendez-vous au creux des pages de mes livres, en songeant que lire délivre et qu’un être qui lit est un être qui pense !

Chaleureuses amitiés,

Votre auteure,

deshistoirespourvous.com

Audrey Degal. screenshot_2015-11-17-08-25-05-1.jpg


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CONCOURS, gagner un livre

GAGNER UN LIVRE

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Bonjour,

Pour vous remercier de lire mes récits je vais vous donner l’occasion de

GAGNER UN DE MES ROMANS : « LE LIEN »

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De plus, c’est un exemplaire exceptionnel que vous recevrez puisqu’il fait partie des 11 premiers exemplaires imprimés, sur lesquels j’ai moi-même, à la main, apporté des modifications ici ou là. Les autres exemplaires de ce type, je les ai offerts à mes proches. Il ne m’en reste plus que 2. La couverture diffère aussi quelque peu de la version qui est actuellement disponible en librairie. Bref je vous donne l’occasion de 

GAGNER UN EXEMPLAIRE UNIQUE !

Bien entendu, il sera aussi dédicacé (super pour offrir à vos proches !).

**********************

Conditions OBLIGATOIRES pour avoir une chance de gagner :

1/ S’ABONNER AU SITE EN SAISISSANT SON ADRESSE E MAIL  

2/ RESIDER EN FRANCE METROPOLOTAINE, SUISSE, BELGIQUE, ESPAGNE, ALLEMAGNE, ANGLETERRE.  ésider en France métropolitaine, Suisse, Belgique, Espagne, Allemagne, Italie, Angleterre.

3/ NE PAS PARTICIPER A PLUS DE CINQ CONCOURS.

4/ Les personnes déjà inscrites par mail à mon site accèdent automatiquement à ce concours. Le partage sur les réseaux sociaux augmente leur chance de gagner. 

*****

Condition pour avoir une chance supplémentaire:

1/ Suivre la page Facebook du blog en suivant ce LIEN!

2/ Partager ce concours sur un réseau social (Facebook, Twitter, Hellocoton, Google+, blog…) EN PUBLIC OBLIGATOIREMENT !

3/ Laisser un commentaire sous cet article dans lequel vous indiquerez: « je participe + pseudo utilisé pour suivre la page facebook + lien du partage ».

Votre adresse email me permettra de vous contacter pour vous envoyer le roman si vous avez gagné et d’être informé de la publication de la suite des histoires que vous pourrez lire en ligne gratuitement.

Le concours est ouvert jusqu’au jeudi 31 décembre 2015 à 20h00!

Je vous souhaite bonne chance à toutes et à tous et vous remercie encore de votre fidélité !

 Bonnes fêtes à tous. 

AUDREY DEGAL 

 


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LA DERNIERE COURSE

La Dernière course.

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            Les motos tournaient depuis des heures sur le circuit d’Australie, rebaptisé depuis longtemps Phillip Island War II. Vingt neuf pilotes s’étaient positionnés sur la grille de départ mais en piste, il n’en restait plus que douze qui se battaient encore pour le titre tant espéré de champion du monde de moto GP. Roue dans roue, les engins se défiaient, chacun voulant imposer sa loi aux autres en les dépassant, en freinant le plus tard possible avant les courbes, en se plaçant en aspiration derrière un adversaire avant de le dévorer. Les sliders, apposés aux combinaisons de cuir, frottaient le bitume au niveau des genoux. Parfois même, les coudes embrassaient l’asphalte ou les vibreurs quand ce n’était pas les casques, pour une fraction de seconde au cours de laquelle l’équilibre ne tenait qu’à un fil. L’extrémité des bottes étaient pourvues de pointes acérées et les gants cloutés.

            Parmi celles qui avaient dû rentrer aux paddocks, rares étaient les motos qui tenaient encore debout. Les carénages, les selles, portaient en eux les stigmates de cette compétition de haut niveau qui s’exprimait de façon plus acharnée que jamais. Parfois même, les machines arrivaient aux stands la tête basse, les entrailles pantelantes, presque entièrement brisées : amortisseurs détruits, échappements traînant lamentablement sur le bitume comme la traîne d’une mariée en fuite, boîtiers d’injection explosés, étriers de freins rompus tombant sur des pneus lacérés et derrière tout cela, d’épaisses traces d’huile témoignaient de batailles âprement et virilement menées.

            La course ne tarderait pas à s’achever. Au loin, on entendrait ensuite les hymnes nationaux qui résonneraient pour célébrer la victoire des trois premiers pilotes. Partout, l’effervescence serait à son comble et la police sur les dents, afin de limiter les débordements désormais coutumiers ou les règlements de compte de supporters qui s’estimeraient lésés. Il y aurait des blessés, comme à chaque fois. Il en était ainsi sur tous les continents et sur tous les circuits. Il y aurait aussi des morts, victimes collatérales auxquelles les autorités s’étaient progressivement et volontairement habituées puisque la rentabilité était devenue prodigieuse.

            – Bon Dieu, dans quel état elle est celle-là, dit le chef mécanicien de l’équipe Ducati, quelque peu consterné.

            Les mains sur les hanches, il constatait les dégâts. C’était une situation qu’il connaissait déjà puisqu’elle se répétait inlassablement de grand prix en grand prix. Mais il éprouvait de plus en plus de difficulté à l’admettre.

            – Il va nous falloir au moins deux jours de boulot ! C’est un vrai massacre !

            – Au moins deux jours, tu as raison, confirma un collègue. Regarde, même le réservoir a dégusté. Il fuit.

            – C’est fou ! Pourtant, Dovi2 n’est même pas tombé.

            – Non, mais quelle guerre il a livrée contre les deux autres pilotes.

            – Il a résisté aux assauts comme jamais. J’ai vraiment tremblé pour lui car j’ai cru, plus d’une fois, qu’il allait voir le goudron de près.

            – Oui, moi aussi. Les autres ne lui ont fait aucun cadeau !

            – Hélas, c’est comme ça maintenant, je ne m’y habitue vraiment pas. Deux pilotes dis-tu ? Il m’a semblé en compter trois contre lui par moments. Comment pouvait-il s’en sortir dans ces conditions extrêmes hein ? Vise un peu la moto. Plus rien ne tient, plus rien du tout !

            – Quand la Honda et la Yamaha l’ont encadré à droite et à gauche en le prenant en sandwich, j’ai vraiment cru qu’il allait méchamment chuter.

            – Oui, c’était vraiment chaud. Ils ne l’ont pas épargné. Mais il est comme son père ce petit. Il est capable de se faufiler dans un trou de souris et il est toujours à l’attaque. Il ne lâche rien.

            – Mais il ne gagnera pas. Il a dû rentrer. Avec une moto dans cet état, il ne pouvait pas continuer. Encore une fois ce sont les arrangements et les coalitions qui l’emporteront. Tu verras. Attendons quelques tours et je te parie que ce seront les mêmes que d’habitude qui lèveront les bras au ciel en hurlant : « J’ai gagné ! ». Tu parles de vainqueurs ! Des conspirateurs oui… Je regrette vraiment les courses d’avant. Mais que veux-tu… le nouveau règlement de la Dorna est en place et on ne peut plus rien dire.

            – Cesse de te lamenter, ça ne fait pas avancer les choses. La situation est ce qu’elle est. On n’a pas d’autre choix que de l’accepter. Au travail ! Il faut remettre la moto sur ses roues pour demain. Il y aura des essais. Quelque part on a de la chance : le pilote tient encore debout et ce n’est pas le cas dans toutes les écuries.

            L’unité médicale mobile ne désemplissait jamais. Il restait encore douze tours de piste à accomplir et l’on déplorait deux blessés légers, sept dans un état grave, un dont le pronostic vital était engagé et un mort qui avait disputé ce jour-là sa première course en moto GP. Une jeunesse fauchée ! Certes les hélicoptères avaient évacué les plus touchés vers les hôpitaux spécialisés proches mais on ne répare pas toujours les corps disloqués.

            Dans les tribunes, les spectateurs vibraient au rythme des moteurs, fixant les écrans géants visibles de toutes parts diffusant les affrontements qui se déroulaient hors de leur vue. Beaucoup applaudirent lorsque le numéro 74 sortit son bras dans le virage 9, heurtant la poignée de frein du 50 qui ne parvint pas à asseoir sa moto pour virer. La glissade inéluctable accompagnée de sa gerbe d’étincelles s’acheva contre un mur de publicité électronique vantant les propriétés exceptionnelles d’un nouveau casque proposé sur le marché. L’impact fut effroyable et ne laissa aucune chance au pilote. L’écran s’éteignit aussitôt, ne résistant pas davantage mais il serait vite réparé. Parfois dans le monde, il vaut mieux être une chose !

            Assis sur chaise qui lui était dédiée, Led comme on l’appelait, suivait la course de très près. Chaque dépassement accélérait son pouls, chaque courbe mal négociée lui faisait froncer les sourcils, chaque pilote tombé, incapable de se relever lui retournait le cœur. Deux de ses poulains, qu’il avait formés, tournaient encore sur la piste. Un autre avait été évacué suite à d’importantes blessures.

            – Alors Led, les nouvelles de Snow sont bonnes ? lui demanda un des membres de son équipe.

            Led venait d’enfoncer son téléphone portable profondément dans sa poche. Il frotta ses deux mains comme pour les réchauffer, les passa ensuite dans sa chevelure jadis blonde et frotta ses yeux clairs avant de répondre :

            – Etat stationnaire mais il n’est pas encore tiré d’affaire. Combien vont encore tomber ? Combien seront sacrifiés sur l’autel des bénéfices, de l’audimat, de la publicité, de… J’en ai assez. Ces courses ne ressemblent plus à rien !

            Il résista à l’envie de jeter son téléphone par terre. Chaque fois qu’il décrochait pour répondre à un appel, il craignait de mauvaises nouvelles. Il se leva, fit quelques pas et se plongea son regard dans le bleu de la mer impassible. Quelques mouettes planaient et il se souvint soudain de ce jour où l’une d’entre elles s’était invitée dans une course, manquant de heurter le pilote qui l’avait évitée d’un mouvement de tête. Il resta là de longues minutes à penser.

            Soudain, un son extraordinaire, pareil à celui d’une corne de brume, retentit, annonçant qu’il ne restait plus que deux tours et que les pilotes devaient rentrer aux paddocks. Il leur fallait compléter les réservoirs en essence afin que chacun pût donner le maximum dans les derniers tours de roues. Un changement de pilote était aussi possible et c’était une option que certaines équipes prenaient afin d’envoyer sur la piste un homme plus hargneux mais surtout plus frais. C’était l’ultime moment que tous attendaient, issu du nouveau règlement, celui aussi de tous les dangers.

– Eh, Led, comment m’as-tu trouvé ? questionna le Warrior qui venait de laisser sa moto entre les mains des mécaniciens. J’ai accéléré comme jamais !

– Oui, c’était très bien ! Continue ainsi.

– Tu vois, avec moi, tu mises sur l’avenir car un jour je gagnerai, j’en suis sûr, ajouta le jeune pilote pourtant exténué.

– Je n’en doute pas. Mais reste prudent. Tu ne dois pas t’emballer ! Tu n’es pas seul en piste.

– Je sais Led, je sais, mais aujourd’hui je sens que je vais gagner. Je le veux et je te promets que je vais tout donner, tout !

– Que veux-tu dire ? demanda-t-il inquiet.

Son jeune poulain vint s’accroupir auprès de lui.

– Tu vois, j’ai pensé qu’aujourd’hui, la sagesse, j’allais la ranger même si c’est ce que tu m’as appris. Tous les coups sont permis et moi, je reste toujours tranquille alors que franchement Led, je n’ai qu’une envie : dégommer, pousser tous mes adversaires,  leur couper leur trajectoire et les envoyer dans le gravier. Je veux et je vais gagner. C’est mon jour, je le sens !

– Et tu crois vraiment que cela correspond à ce que je t’ai enseigné ?

– Non, répondit le Warrior embarrassé. Mais si je ne joue pas le même jeu que les autres, jamais tu entends Led, jamais je ne remporterai un grand prix, jamais je ne serai classé en moto GP. Je dois m’aligner.

            – T’aligner ? Tu parles d’agir comme eux ?

            – Oui !

            – Et comment t’y prendras-tu ? Explique-moi !

            – Je dois moi aussi trouver des associés, comme les autres.

            – Des associés dis-tu !

            – Oui, exactement.

            – Mais tu enfourches ta moto dans dix minutes, tout au plus. Où vas-tu trouver des associés en si peu de temps ?

            – Eh bien Led, je ne te l’ai pas dit mais…

            Le jeune pilote paraissait embarrassé. Il poursuivit :

            – J’ai déjà rencontré d’autres pilotes. On en a parlé et on est tombé d’accord. Il ne reste plus qu’à concrétiser.

            Led ouvrit de grands yeux. Il s’approcha au plus près du jeune pilote et, les yeux dans les yeux lui demanda :

            – Concrétiser dis-tu ? Je t’écoute, précise un peu ta pensée. Que veut dire concrétiser Warrior ?

            – Tu le sais bien Led. Tu as déjà vu ce qui s’est passé. C’est comme ça depuis que je fais de la moto, depuis que je suis tout petit. C’est la course Led !

            – La course, répondit-il désabusé. La course ! Et tu oses appeler cela, cette boucherie une course ?

            – Je veux juste lutter à armes égales avec les autres. C’est tout ! Ce ne sera pas bien méchant, je t’assure. Avec Steve et Antonin, on veut juste entourer les vainqueurs et leur bloquer la route. A tour de rôle, on en met un en difficulté ce qui permet aux autres de passer et de gagner. Pour cette course, ils vont m’aider et à la prochaine, ce sera leur tour, etc. Tu vois, on veut juste les gêner…

            – Il vaut mieux être sourd que d’entendre cela !

            – Tu te trompes Led. En général, on dit plutôt le contraire, qu’il vaut mieux entendre ça que d’être sourd.

            – Non, tu as très bien compris et je ne me suis pas trompé. J’aurais préféré être sourd que de t’entendre, toi à qui j’ai tout appris, dire de pareilles horreurs. Mais te rends-tu compte que ce que tu suggères aura les mêmes conséquences que de pousser délibérément un pilote ou de l’empêcher de freiner ou… La vitesse Warrior, tu oublies la vitesse ! A 390 kilomètres heure, un cheveu te fait chuter, une brise de vent te déstabilise et la moindre erreur de trajectoire est souvent fatale. Combien d’hélicoptères as-tu entendu décoller aujourd’hui hein ? Jusqu’à présent il ne t’est rien arrivé parce que tu ne représentais pas un danger potentiel pour les autres et le titre, mais en t’alliant à d’autres pour gagner, tu vas devenir une cible et les cibles, ces requins font tout pour les éliminer. Je ne veux pas que tu prennes de tels risques. Réfléchis un peu. Si tu gagnes, seras-tu un meilleur pilote, le meilleur pilote ? Non ! Tu seras simplement celui que les autres auront le mieux aidé, celui qui aura sacrifié des vies, des pilotes, celui qui aura eu de la chance. Mais attention petit, la chance est éphémère, la chance tourne et demain ils t’attendront et te le feront chèrement payer.

            – Mais…

            – Arrête ! Ce n’est pas ce que je t’ai appris. Je ne t’ai pas mis un guidon entre les mains pour te voir sacrifier des vies ou la tienne. Je veux te voir piloter, progresser, que la foule t’adule, que la foule t’idolâtre, qu’elle t’attende, qu’elle penche avec toi dans chaque virage, qu’elle se propulse lors de chaque accélération comme si elle était sur ta moto vers une victoire méritée due à un pilotage de qualité et parce que le pilote est tout simplement un homme respectueux et de ce fait un pilote respecté. Et toi tu me parles de jeu de massacre, de victoire due aux alliés mais l’hymne que j’entendrais alors serait souillé. Jamais, comprends bien, jamais je ne m’y résoudrai. Une course doit être propre, honnête et toute victoire doit être méritée !

            Le jeune pilote fulminait sentant qu’avec de telles paroles la victoire qu’il espérait lui échapperait. Presque fou de rage, il vida son cœur et se mit à invectiver celui qu’il avait pourtant toujours écouté.

            – Peut-être, mais aujourd’hui je suis un pilote et je veux gagner quel que soit le prix à payer. Et puis de toute façon qu’est-ce que tu t’y connais en moto, en grands prix… Je ne t’ai jamais vu piloter, je ne t’ai jamais vu gagner ni te battre comme je le fais. Tu es ici parce que tu peux financer une écurie et développer des moteurs mais question pilotage, tu n’as rien à m’apporter Led, rien. Le fameux code du respect que tu imposes à tous les pilotes que tu as engagés ne sert qu’à les faire perdre, à me faire perdre. C’est une chimère, une utopie, un monde de courses parfait que tu as imaginé, incompatible avec la réalité. Réveille-toi Led : je suis un pilote de course et tu n’es que mon conseiller financier et moral. Tu ne parles jamais de toi parce qu’il n’y a rien à dire. Tu vis la moto à travers nous les pilotes mais le monde de la piste t’est totalement étranger ! Tous ceux de l’équipe t’obéissent au doigt et à l’œil peut-être parce qu’ils te craignent. Pour que je continue à t’écouter et à te suivre il faudrait que tu puisses m’éblouir, m’en imposer car je ne suis pas comme eux. Mais aujourd’hui, j’ai tout compris, je suis un nouvel homme et le pilote qui est en moi va gagner.

            Autour des deux hommes les mécaniciens et d’autres membres du paddock s’étaient approchés pour assister à la conversation houleuse. Devant les stands, deux lumières clignotaient, invitant les pilotes à se préparer pour disputer les deux derniers tours qui décideraient de la victoire.

            – Tu ne sais pas ce que tu racontes gamin, dit le chef mécanicien, tu…

            Un autre l’interrompit et fixant le Warrior dans les yeux il dit :

            – Tu aurais mieux fait de te taire. Décidément, tu n’as rien compris.

            – Retenez-le ! lança Led aux membres de son équipe. Il ne courra plus aujourd’hui.

            Tous avaient deviné son intention. Tous savaient qu’un jour cela se produirait. Tous lui obéirent comme un seul homme.

            Le Warrior fut aussitôt bloqué et dirigé hors des regards. Il se débattait mais on le maintenait fermement. Il criait qu’il avait une course à finir qu’on ne pouvait pas l’en empêcher mais rien n’y fit. Il fut conduit dans un des local de l’équipe où on l’installa devant un écran.

            – Maintenant petit tais-toi, arrête de bouger et regarde. Tu vas prendre la première et vraie leçon de pilotage de ta vie.

            La corne de brume qui faisait office de sonnerie retentit à nouveau faisant davantage penser à un lâcher de lions dans une arène qu’à une compétition réputée. Les combinaisons de cuir ajustées, les fermetures en D des casques parfaitement bouclées, les pilotes se dirigèrent vers les engins qui déjà vrombissaient. On aurait dit qu’une horde aussi puissante que sauvage allait être lâchée. Chacun se plaça sur la grille de départ pour les ultimes tours qui pouvaient tout changer.

            Posté devant son écran, le Warrior attendait. Le grand prix se jouerait sans lui. A sa place il vit un pilote avancer, doté d’une combinaison bleue et jaune. Au sommet de son casque, on pouvait voir la peinture d’une sorte de personnage caricaturé qui riait. L’homme se posta aux côtés de sa machine. Il semblait prier. Dovi2 le regarda. Il avait compris que le Warrior était forfait, remplacé par ce pilote. Led enfourcha l’engin et, comme les autres, parcourut le tour de chauffe. Sa conduite était souple, féline, racée. Il se positionna ensuite à la dernière place d’où il s’élancerait. Sa main droite balaya sa combinaison devant, derrière, comme des gestes rituels à accomplir peut-être gages de vélocité puis il s’accrocha aux poignées, le regard fixé au loin, sur la ligne d’horizon de la piste. Juste au-dessus de sa selle, sur le cuir, on pouvait voir lire trois lettres : LED. Le feu rouge clignotait, annonçant le départ imminent puis il passa subitement au vert. Les motos bondirent. L’assaut était donné.

            Il ne fallut à Led que quelques secondes pour absorber, avec une facilité déconcertante, cinq pilotes médusés qui restèrent dans son sillage alors qu’il attaquait. Ne faisant qu’un avec son engin, il se jouait des virages et, empoignant plus tardivement les freins que les autres, ils les dépassaient. Piqués au vif, deux pilotes tentèrent une manœuvre folle pour le faire chuter. Les motos se touchaient. Leur but, le diriger vers les graviers. Led devait absolument se dégager. Il freina alors brusquement, tandis que son poursuivant, décontenancé par son geste perdit l’avant et vola dans les airs tel un soleil sur le point de se coucher. Son autre adversaire en profita pour se placer devant afin de gêner sa progression. Mais Led comprit tout de suite qu’il attendait la remontée d’un allié lequel, s’il touchait sa roue arrière, le déstabiliserait.  Sans pouvoir le constater, il sentait déjà l’autre qui approchait. Leurs pneus risquaient bientôt de se toucher. Contre toute attente, il accéléra, accomplit avec une maîtrise incroyable un évitement et la moto, en équilibre sur la roue arrière, se propulsa en avant dépassant celui qui tentait de le freiner. La rencontre imprévue dess deux acolytes puis leur chute fut inévitable. Pris à leur propre piège, ils se relevèrent indemnes mais les motos refusèrent de redémarrer. Dans les tribunes on parlait :

            – Mais qui est ce pilote ?

            – Il est incroyable ! Il conduit avec une précision inouïe !

            – C’est un pilotage de toute beauté !

            – Oui, je n’ai jamais rien vu de tel.

            – Toi non, moi si ! Mais c’était voilà bien des années, quand les courses de moto consistaient encore à faire preuve d’adresse, de tactique de pilotage, d’observation.

            – C’est superbe et ça devait être passionnant !

            – Oh oui, bien mieux que cette foire d’empoigne grotesque à laquelle nous assistons à présent et qui consiste à s’écharper.

            – Tu connais ce pilote ?

            – Oui, c’est Led ! Un des meilleurs pilotes que la terre ait jamais porté.

            – Led ? Led ! ce nom ne me dit rien.

            Et sur la piste, Led remontait. Devant lui, il ne restait que deux pilotes qui ne laisseraient rien passer. Leurs alliés étaient trop loin derrière ou avaient chuté. Les trois hommes étaient seuls et devaient livrer bataille pour l’emporter. Les derniers virages du dernier tour décideraient de l’attribution du titre.

            Warrior, médusé, avait presque collé son nez à l’écran. Devant ses yeux, celui qu’il venait de rejeter, à qui il avait voulu donner une leçon lui démontrait un savoir-faire inégalé. Pendant les quelques secondes de fin de course, il vit ce pilote, telle une divinité, balancer son engin, accélérer, freiner… en un mot piloter. Il comprit qu’au jeu des alliances afin de gagner les pilotes avaient perdu en dextérité et que la finesse de la conduite avait progressivement disparu, remplacée par les bousculades, les pneus lacérés au couteau, les coups de bottes ou de casques. La moto GP était devenu un spectacle rentable navrant, honteux mais plébiscité.

            – Mais bon Dieu, qui est Led ? Dites-le moi les gars, demanda Warrior à ceux qui le laissèrent désormais se déplacer à sa guise.

            Il empoigna l’écran à deux mains comme pour s’assurer de ce qu’il voyait : Led, unanimement ovationné, qui franchit le premier la ligne d’arrivée.

            – Comment, toi le grand pilote, tu ne sais même pas qui il est ? se moqua un membre de l’équipe.

            Warrior sortit du local comme si on l’avait chassé. Aux avants-postes du paddock, là où stationnaient les trois premières motos de la course, il attendit Led. Sa moto était arrêtée, à la place d’honneur mais Led demeurait invisible.

            – Où est Led ? demanda-t-il à ceux qui l’entouraient.

            – Ah, ce pilote ! Il est parti, par là je crois. Il n’a même pas voulu parler. De toute façon il devra revenir pour recevoir son prix.

            Warrior regagna son stand. Led s’y trouvait. Il tenait un petit chiffon et frottait son casque non pas pour le nettoyer mais comme s’il pactisait avec.

            – Mais que fais-tu ? Tu as gagné. Tu es le vainqueur. Ils t’attendent pour le prix. Tu dois…

            – Vas-y à ma place ! Tu as disputé toutes les courses précédentes en appliquant ce que je t’ai enseigné : le respect. Je ne veux pas de ce titre et si aujourd’hui tu as compris ce que je t’expliquais alors c’est toi qui l’a amplement mérité ! Va petit, monte sur le podium et sois fier d’une bataille juste, d’un pilotage affûté et du partage de la piste avec tous tes équipiers. La moto est un univers à part que pendant longtemps d’autres sports ont envié. Il faut renouer avec les valeurs d’antan. Il faut retrouver le sens de la course en moto GP.

            – Mais qui es-tu Led ? Je te connais depuis des années, sans te connaître.

– Reçois ton prix, je te le dirai après !.

            Le Warrior se plia aux photos, aux publicités mais lors des interviews il tint un discours auquel personne ne s’attendait. D’un ton solennel, il nomma un après l’autre le nom des pilotes qui étaient tombés, encore pleurés par leurs familles. Nul n’osa interrompre sa litanie pourtant justifiée. Il expliqua ensuite que ce qu’il avait vu sur la piste l’avait changé, que ceux qui se croyaient pilotes ne l’étaient pas en réalité, réduits à l’état de combattants agressifs, violents, dénués de pitié, que tous avaient reçu une leçon, battus loyalement par l’habileté d’un ancien pilote jadis vénéré. Une journaliste l’interrompit :

            – Et ce pilote, Warrior, vous le connaissez ?

            – Je crois que nous le connaissons tous et je viens seulement de me rappeler de ce que mon père me racontait, de cette année 2015 et des dernières compétitions du moto GP au cours desquelles notre avenir s’est joué. Les instances sportives de l’époque, sensibles à l’audience qui avait grimpé du fait de la bataille injustifiée opposant deux pilotes, décidèrent de modifier le règlement. C’est ainsi que les coups furent autorisés, voire conseillés, les alliances pour gagner encouragées et même sponsorisées. Le vainqueur du GP de l’époque fut hué tandis que celui, qui l’avait semble-t-il aidé, fut conspué. Le titre échappa cette année-là à celui qui l’avait mérité et le moto GP devint ce que tous vous connaissez, cette course qui n’est plus qu’un appel au meurtre ! J’ai honte de ce qu’est devenu ce sport et j’annonce aujourd’hui que je ne courrai plus jamais comme avant. Je veux redevenir un pilote digne de ce nom. Je ne suis plus le Warrior !

            Le jeune homme voulut se retirer mais on l’interpella :

            – Le nom de ce pilote majestueux d’aujourd’hui s’il vous plaît.

            – Je l’ai toujours appelé Led sans savoir véritablement comment il s’appelait.

            Alors un journaliste de presse désormais retiré de la profession se leva, s’approcha du micro et dit :

            – A l’époque je le connaissais. Led pour Le Doctor. c’était le numéro 46. Je viens juste de le comprendre. C’est une belle leçon qu’il nous a donné. Il vient de redonner au moto GP ses lettres de noblesses !

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Raoul de Cambrai, suite et fin

RAOUL DE CAMBRAI, suite et fin

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Chers lecteurs,

Il y a longtemps que certains d’entre vous attendaient la fin de ce récit du Moyen Age. La voici !

Pour ceux qui préfèrent mes  histoires à suspense, rassurez-vous, cette semaine vous lirez la suite du « Royaume sans escale », une nouvelle histoire courte, vous découvrirez le concours (livre à la clé)… donc 5 (ou plus) bonnes raisons de revenir me rendre visite sur ce site et de vous y inscrire.

Bonne lecture !

Bernier, adoubé chevalier par Raoul qui est mort a épousé Béatrice qu’il voit peu. Il est l’un des rares à faire preuve de sentiments dans cette geste et l’on est bien loin de ce qu’on appelle au Moyen Age la fin amor, c’est à dire un amour teinté de courtoisie. Les femmes des chansons de geste, vous l’aurez compris, ne représente pas grand chose. Leurs époux, leurs fils… sont si prodigieux dans les batailles notamment qu’elles s’effacent totalement à leurs côtés comme dans la narration sauf quand elles sont reines ou qu’elles sont à l’origines de malédictions comme dame Aalais dont je vous ai parlé bien avant. 

Bernier part au combat et affronte un Turc, un véritable démon « un malfé » dit le texte du Moyen Age. L’homme est redoutable, grand, puissant. Rien de surprenant à ce que les récits de l’époque parlent de Sarrasins, de païens… quand on sait l’importance que l’on accordait à la religion ! Il n’y a rien de surprenant non plus à ce que ce soit le chrétien qui gagne le combat. Il tranche la tête de son adversaire et l’amène au roi Corsuble qui dit :

CCXCVIII

« Crestiens, biaxamis, 

par Mah[omet], a gret m’avés servit. 

Se or voloies demorer avuec mi

tout mon roiaume te partirai par mi »

Vous aurez compris que le roi Corsuble se propose de partager son royaume avec Bernier victorieux car ce passage, bien qu’en ancien français, est assez clair. Mais Bernier, le seul sentimental (mais pas toujours) de cette geste, veut retrouver son épouse et il préfère rentrer. Il finit par la retrouver, non sans mal car la dame est la prisonnière d’un certain Herchambaut. Une ruse à l’occasion d’un bain dans une fontaine va leur permettre de s’enfuir car Herchambaut nu ne peut les suivre. (La fontaine est vertueuse, miraculeuse et ceux qui s’y baignent luttent contre l’impuissance ou les femmes deviennent fertiles). Scène rare que la laisse CCCXVIII où un homme est nu dans une fontaine. La dame veut que Bernier en profite et lui coupe la tête mais en agissant ainsi il serait déshonoré. Tous deux s’en vont donc tandis que l’autre est littéralement enragé. Bernier et Béatrice recherchent ensuite leur premier fils, Julien, disparu et à l’occasion de leurs retrouvailles après l’épisode de la fontaine, ils conçoivent une deuxième enfant : Henri.

En cherchant Julien, Bernier retourne auprès du roi Corsuble et doit se battre avec un certain Corsabré qui n’est autre que son fils. Il ne le sait pas.

« Li uns est pere et li autres est fis » précise le texte.

Mais Bernier croit que Corsabré est un païen recherché pour avoir tué le frère du roi Corsuble. Lors du combat, Julien (Corsabré est fait prisonnier). Julien est condamné à mort.

CCCXXIX

« Fai me une forche sor cel tertre lever,

ce pautonnier maintenant me pendès »

Ce qui signifie que Julien doit être pendu. Mais autour des hommes certains sont frappés de la ressemblance entre Julien et Bernier. Alors, miraculeusement, Bernier reconnaît soudain son fils.

Les retrouvailles sont émouvantes et tous deux rentrent à Saint-Gilles. Julien sera le digne héritier de celui-ci. Bernier pardonne finalement à Guerri toutes ses actions contre lui et ils décident de partir en pèlerinage à Saint-Jacques. Mais intérieurement, Guerri est  partagé. Il veut retrouver la paix auprès de Bernier mais il songe au fait qu’il est aussi celui qui a tué son neveu. Voici ce que dit le texte :

CCCXXXVIII

Gerri ot duel, ce saichiés vos de fi,

por la parole qu’ot de B[ernier] oït

qui li mentoit la mort de ces amis.

Tros qu’a une iaue chevauchiere[n] ainsis ;

lors chevax boivent qui enn ont grant desir.

Li duels ne pot forsdel viellart issir,

max esperis dedens son cors se mist :

ill a sa main a son estrivier mis,

tout bellement son estrier despendi,

parmi le chief B[erneçon] en feri,

le tes li brise et l[a] char li ronpi,

enmi la place la cervelle en chaï.

En résumé : Guerri est profondément accablé. Il songe aux morts, à ses proches. Ils chevauchent tous deux vers une rivière où leurs chevaux boivent. Le vieillard ne pouvant oublier sa douleur, il sort doucement son étrier et frappe Bernier à la tête. Il lui fend le crâne et la cervelle de sa victime tombe dans l’eau.

Guerri s’enfuit ensuite. Et Bernier ???? Il n’est pas mort (vous voyez qu’ils sont forts ces chevaliers du Moyen Age) et dans ses derniers instants, il pardonne le geste terrible de Guerri avant que son âme ne s’envole au paradis (après la cérémonie des brins d’herbe). Béatrice pleure Bernier et les fils de celui-ci veulent bien évidemment le venger. Ils incendient Arras. La citadelle est assiégée et l’on apprend, à la fin de la chanson de geste, alors que la nuit tombe que Guerri quitte la citadelle à cheval et s’exile. Henri, le second fils de Bernier reçoit la citadelle  d’Arras et en devient le seigneur.

« D’or an avant faut la chançon ici :

beneois soit cis qui la vos a dit

et vos  ausis qui l’avé ci oït. »

Traduction :

La chanson s’arrête ici : béni soit celui qui vous la chanta et vous aussi, qui l’avez écoutée.

On voit dans ces dernières phrases que l’histoire que je viens de vous conter et de résumer (car elle comporte 8542 vers) était chantée sur les places, dans les châteaux… puisque le gens ne savaient pas lire. L’oralité était primordiale. Le jongleur qui raconte ces exploits (qui les chante) se devait de remercier ses auditeurs et de les bénir en ces temps si croyants.

Voilà chers lecteurs contemporains du XXI ème siècle. J’espères vous avoir fait découvrir la réalité des écrits du Moyen Age et vous avoir sensibilisé à ces oeuvres riches, exceptionnelles et surprenantes qui n’ont rien à envier à notre littérature fantastique.

La prochaine oeuvre du Moyen Age que je vous ferai découvrir sera « Perceval, le nice (ce qui signifie le sot, le benêt), de Chrétien de Troyes. Je ne la présenterais pas comme je l’ai fait pour « Raoul de cambrai ». Je l’analyserai afin de vous faire découvrir toute sa saveur et sa spécificité car, chers lecteurs elle est l’ancêtre des romans que vous lisez !

La semaine prochaine :

  • le concours dont je vous ai parlé sera lancé (un livre à gagner) alors revenez souvent sur le site pour ne pas le manquer ;
  • vous découvrirez la suite du « Royaume sans escale » ;
  • et, semaine suivante je vous immergerez dans une toute nouvelle histoire.

Alors merci de vous abonner, de partager et de parler de ce site autour de vous comme tant l’ont déjà fait, que je ne remercierai jamais assez.

Bonne lecture, bonnes soirées, bonnes journées… au plaisir immense de vous retrouver !

Votre auteure : Aurey Degal

 


8 Commentaires

Comment j’écris mes histoires ?

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Tout d’abord, voici mon lieu de travail. Pour une fois, il n’est pas trop encombré !

C’est sur ce clavier que je saisis mes textes : romans  et histoires destinés au site. J’ai la chance de travailler devant la fenêtre ouverte que vous voyez derrière  et je vois des arbres, des fleurs… Tout m’inspire !

Comment me viennent les idées de mes histoires ? 

Je dirais qu’elles arrivent de toutes parts. Où que je sois, tout m’interpelle, tout est prétexte à histoire. Une anecdote, un objet, une situation… et me voici partie dans un univers imaginaire où, intellectuellement je brode et déjà des personnages prennent vie. Rapidement j’entrevois une fin. On m’offre un cadeau bien emballé et, alors que je suis en train de l’ouvrir, mon esprit est ailleurs, à bâtir tout un univers autour du contenu que je ne connais pas encore, que j’imagine, suspect, dangereux, important pour ma destinée… Bien entendu, il n’en est rien mais souvent j’ai là, matière à écrire.

D’autres fois c’est quand je m’endors. Je réfléchis, je « pars », ailleurs, je créé ce qui n’existe pas… Bien souvent, je dois me relever pour noter mon idée car au matin, pftt… tout s’est envolé. Dans les salles d’attente, dans ma voiture, au guidon de ma moto, quand je marche dans la rue, sous la douche… TOUT peut potentiellement devenir une histoire !

Mon mari a aussi beaucoup d’imagination et parfois, souvent devrais-je dire, il me dit : « Tiens, j’ai une idée d’histoire ! ». Et il me la raconte. Si elle m’inspire je prends sinon je grimace. En général, les idées que je retiens sont, une fois que j’en ai fait des histoires, bien différentes de ce qu’il imaginait au départ mais c’est ainsi. Je dilate ses récits, j’ajoute ma touche… et lui-même est surpris du résultat final.

Comment me viennent les idées de mes romans ?

C’est un peu pareil  à part que je m’aperçois que le thème va me permettre de créer des digressions, des parallèles, des rebondissements… et que le tout ne peut développer toute sa saveur en quelques pages seulement. Des idées de romans, déjà organisées sur papier, j’en ai plusieurs et je me fais plaisir rien qu’à l’idée de les écrire. Ah si j’avais le temps ! Le temps est ce qui me manque le plus. Si j’en avais davantage, si je n’avais pas l’obligation de me rendre au travail je crois que j’écrirais facilement au moins un roman par an. Mais voilà !…

Quelques exemples :

Prenons l’histoire de la nouvelle intitulée « L’Ascension », qui était sur le site et qui a disparu depuis. Eh bien, j’étais en train de lire un livre quand je me suis dit que ce pourrait être une histoire que je lisais à une personne, laquelle serait dans l’impossibilité de le faire. Il me restait à trouver quelle histoire serait racontée. Comme j’adore la montagne et que les plus hauts sommets me font rêver, j’ai décidé que ce serait une ascension, au bout du monde.

Autre exemple, celui de mon roman, LE LIEN. Sur nombre de maisons ardéchoises de vieux clous rouillés sont figés sur les façades, parfois à l’intérieur. Je m »imaaginais les enlever, je me demandais pourquoi on ne les enlevait pas et je me disais, s’agissant de vielles demeures, que peut-être, derrière se cachait quelque trésor. Trésor m’a fait penser à caisse, caisse à cercueil, cercueil à mort et voilà,  j’avais trouvé le thème de mon histoire, de cette sorte de malédiction. Comme de surcroît, avec la crise on parle sans cesse de privilégiés, d’hommes politiques malhonnêtes et de petites gens qui peinent à vivre, j’ai puisé dans ce vivier pour donner corps à des personnages totalement opposés, ce qui fait que c’est au lecteur de trouver ce qui les relie. D’où le titre : LE LIEN. Quant à Shaïma, cette jeune femme magnifique aux yeux d’ambre, son prénom et sa beauté m’ont été inspirés par une élève si belle que je lui disais toujours : « Si un jour tu hésites pour faire un métier, pense aux agences de top modèles », car je vous assure qu’elle était belle à vous subjuguer. Aujourd’hui, Shaïma n’est pas top modèle et je crois que ma suggestion, elle l’a oubliée.  

Voilà chers lecteurs et chères lectrices. Il me tenait à coeur de vous dire ceci. Et je terminerai par ces remarques qui caractérisent ce que j’écris :

 – le suspense, le mystère et une pointe de fantastique et une fin détonante… toujours.

 – quant à la crainte de la page blanche, je n’ai jamais su ce que c’était ! Car la seule chose qui nuit à mon écriture c’est LE TEMPS comme je l’ai dit plus haut  et des idées d’histoires sous forme de notes j’en ai des centaines. Bientôt je vous dévoilerai le début d’une nouvelle histoire inédite. Il vous suffit de patienter !

Bonne journée, excellentes lectures et n’hésitez pas à laisser un petit commentaire. 


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« Central Park » Guillaume Musso

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Alors que son dernier roman vient de sortir, j’ose vous parler de l’avant dernier. Oui, parce que c’est celui que je viens de finir. Et oui c’est encore Musso ! 

Voyez-vous ses intrigues sont prenantes et je me suis dit « j’en lis encore un ». Et puis, je l’envie, ce monsieur. Non parce qu’il sait écrire, ce qui est un fait, mais parce qu’il est connu et reconnu… Patience Audrey me dis-je, patience !…

Donc Central Park est un roman de 383 pages (mais comparé à mon roman Le Lien) le nombre de pages est identique (c’est une question de police de caractères et de mise en page). Force est de constater que l’on ne s’ennuie pas.

Dès le début de l’intrigue on se demande : « Mais comment sont-ils arrivés là ? ». La quatrième de couverture nous l’annonce pourtant mais il est vrai que deux individus, reliés l’un à l’autre, qui ne savent pas ce qu’ils font enchaînés en ce lieu, qui ont de surcroît des traces de sang sur leurs vêtements et des chiffres gravés à même la peau sur l’avant bras, c’est surprenant ! Et l’on se pique au jeu de piste que mène l’héroïne, officier de police.

Les analepses rhétoriques (retours en arrière) sont les bienvenues pour expliquer le passé de celle que nous prenons en affection, Alice. Les pointes de mystère sont aussi présentes avec le second personnage, Gabriel, flou, énigmatique, menteur, dont on ne sait si c’est pour la bonne cause ou pour mieux faire tomber Alice dans un piège qui semble l’attendre à chaque chapitre. 

Pour couronner le tout, un tueur en série vient jeter le trouble sur nos certitudes et l’on en vient à soupçonner un peu tout le monde : le père d’Alice, son coéquipier de toujours Seymour… Bravo Musso, c’est bien pensé !

L’intrigue emporte donc le lecteur sans aucune difficulté. Au fil des pages vous n’aurez de cesse que de finir le roman pour connaître la vérité, fort bien ficelée par Guillaume Musso, je dois dire. L’enquête est minutieuse, haletante, progressive. 

La seule – petite – ombre au tableau réside dans les pages qui précèdent le dénouement qui, s’il est d’une logique implacable, teintée de surcroît d’émotion, m’a quelque peu déçue. En effet, c’est à mon sens, un voile triste, presque sordide que Musso jette sur son histoire, à la manière de son premier roman Et Après. Le lecteur espère, espère encore et toujours mais… l’inespéré ne se produit pas.  Mais cela ne tient qu’à moi. J’aurais préféré une fin plus positive, moins dramatique… Je pense d’ailleurs que Musso l’a ressenti ainsi puisqu’il a ajouté un dernier chapitre, lequel atténue le sentiment négatif que j’éprouvais. 

En conséquence, je vous recommande la lecture de ce roman Central Park. Vous ne regretterez pas de vous y plonger et vous passerez d’agréables moments. 

N’oubliez pas que lire des livres délivre ! Alors lisez Musso ou mes histoires ou mon roman et le recueil de nouvelles que je m’apprête, sous peu, à publier ! 

Bonne lecture !