Des histoires pour vous

SITE OFFICIEL D’AUDREY DEGAL


4 Commentaires

L’OREE DES MONDES (histoire intégrale)

BONJOUR, 

Dans le cadre du confinement, et pour vous permettre de lire, de sous distraire en des moments si particuliers, je vous offre un des récits à suspense que j’ai extrait de mon 2ème livre publié « Destinations étranges » pages 109 à 151. J’espère que cette histoire d’environ 50 pages vous plaira (même si on ne peut pas plaire à tout le monde).

Bien sûr cette lecture est gratuite mais, comme moi aussi j’ai besoin d’être encouragée, je vous remercie :

  • de partager ce lien (Facebook, Twitter, Instagram…)
  • de cliquer sur « J’aime »
  • éventuellement de vous abonner à mon blog
  • ou encore du découvrir ma chaîne Youtube (Audre Degal) et de vous y abonner aussi.
  • Il n’y a rien d’obligatoire bien sûr mais si cela vous plaît je pourrais alors renouveler cette expérience et publier plus tard, sur ce blog, d’autres histoires. Merci de ne pas vous contenter seulement de lire. Un petit message à l’auteure, fait toujours plaisir. 

Bonne lecture et bon courage pour ce Confinement Littéraire !

Amitiés, 

Audrey Degal

*****************************************************************************************************************************************

Qui suis-je ?

Quel jour est-ce ?

Où vais-je ?

L’ailleurs n’apporte pas toujours la réponse.

 

L’OREE DES MONDES

 

CHAPITRE 1, Un monde sans faim

– J’aurais tant aimé dormir plus longtemps, murmura Thibault en se réveillant comme chaque matin, travée 3797, allée 148, couloir 11, chambre 12, lit 3A.

La musique douce et mélodieuse venait de retentir, une fois de plus, tirant chacun d’un sommeil profond. Quelques instants plus tard, une voix féminine bienveillante déversa un flot de paroles, comme d’habitude. Elle remerciait les membres de la communauté pour leur contribution, les invitait à s’habiller rapidement et à aller se restaurer dès qu’on les inviterait à le faire. Les portes des chambres allaient bientôt s’ouvrir. Il faudrait sortir. Nul ne pouvait rester. C’était ainsi.

– Allez, lève-toi. Qu’est-ce que tu as à fixer le plafond comme cela ? On dirait que tu viens de faire une découverte. Rien n’a changé depuis hier et ce sera la même chose demain et tous les jours de notre vie…

– Tais-toi donc ! Tu n’en as pas assez de recommencer encore et encore la même journée, le même travail… Tu ne te poses jamais de questions ?

– Et lesquelles devrais-je me poser ? Je suis heureux. Tout va bien, cela me suffit.

– Je ne sais pas moi, mais tu ne t’es jamais demandé ce que nous faisions ici, pourquoi nos journées se répétaient inlassablement, qui nous nourrit, qui nettoie nos chambres et l’étage, qui…

– …Je ne sais pas. En revanche ce que je sais, c’est que nous allons être en retard si tu continues, rétorqua Luc tout en sortant son linge d’une armoire.

– Et cette voix. Qui se cache derrière elle, d’où vient-elle ? Tous les matins elle nous balance le même message, elle nous rassure, nous réconforte et nous dit gentiment d’obéir sans traîner. Je ne le supporte plus. Tous ces matins identiques, toutes ces journées semblables, toutes ces têtes baissées qui obéissent sans savoir… je n’en peux plus !

– Non mais tu t’es entendu parler aujourd’hui ? Qu’est-ce qui t’arrive ? Nous vivons ainsi depuis toujours. C’est notre vie, c’est notre foyer ici, nous devons faire notre travail pour le bien de tous et le nôtre. C’est notre mission et…

– Et cela te suffit ! Nous faisons notre travail pour le bien de qui exactement ? Peux-tu répondre ? Où va notre production ? Qui produit pour nous ? Vraiment je ne comprends pas notre monde.

– Ouvre les yeux ! Nous y sommes bien. Nous n’avons aucun souci, aucun problème alimentaire, aucun…

– … aucune envie de partir… C’est ce que tu allais dire. Justement si tu n’as jamais songé à quitter cet endroit, à aller ailleurs, moi si !

– Et que comptes-tu faire ? Où veux-tu aller ? On ne sait même pas ce qu’il y a autour de nous, de notre immeuble cité.

– L’idée de t’enfuir ne t’a jamais traversé l’esprit ?

– Jamais, affirma Luc en regardant son camarade droit dans les yeux. Jamais. Ma vie me convient. Franchement tu dérailles complètement. Et où voudrais-tu aller hein ? Tu as choisi une destination ? La chambre d’à côté peut-être, ou bien l’étage du dessus ?. Enfin, Thibault, réfléchis un peu. C’est ici, dans cet endroit protégé qu’est notre vie. C’est notre monde.

– Notre monde ! Et où se trouve-t-il notre monde ?

La voix interrompit la discussion, indiquant que la fermeture des portes des chambres était imminente et que les retardataires devaient accélérer. Elle précisa aussi que l’équipe médicale avait déjà détecté les malades dans les dortoirs, lesquels seraient pris en charge et automatiquement dirigés vers l’unité de santé. On entendait déjà les mécanismes s’activer, poussant les lits de certains sur des rails afin de les diriger vers les médecins dans le bloc 15 situé tout au bout du couloir 11. Là, du personnel les accueillait avec des sourires angéliques.

Dans la chambre 12, une caméra venait de pivoter. Elle était à présent braquée sur Thibault qui poursuivit :

– À quelle patrie appartenons-nous ? Quels lendemains préparons-nous et pour quels enfants ? Où sont les enfants ? Luc, tu te contentes de vivre ou plutôt d’exister et moi cela ne me suffit plus.

Ce dernier glissa du linge dans les bras de son ami qui s’habilla machinalement, jetant ses vêtements de nuit sur le lit qu’il venait de quitter.

– Sortons, vite. Tu parles, tu parles mais les portes vont se fermer.

Thibault se laissa pousser dehors et presque immédiatement il entendit le verrouillage de la chambre 12. Les vitres transparentes se teintèrent aussitôt rendant la pièce impénétrable visuellement.

– C’était moins une, remarqua Luc.

– Et alors. On va nous gronder ? On va nous punir ? Mais que crains-tu ?

– Je ne sais pas mais ce qui est sûr, c’est que si tu continues ainsi, si tu jettes le trouble parmi nous, si tu poses problème, ils interviendront.

– Qui ?

– Les hommes en blanc. Tu le sais pertinemment. Tu les as déjà vus à l’œuvre. Ils surgissent, on ne sait d’où, ils sont violents, déterminés, nombreux… Méfie-toi Thibault. Ils vont finir par s’intéresser à toi. Ils ne sont pas comme nous, ils sont particulièrement forts. Ils ne sont pas de notre monde.

– Tu vois, tu l’admets toi-même. Tu dis qu’ils ne sont pas de notre monde. Tu acceptes donc l’idée qu’il y a d’autres mondes et moi je ne veux pas rester ici, dans le nôtre. Il est aseptisé, voué au progrès, à la création, au développement mais au développement de quoi ?

– Peu importe ! Cela m’est bien égal pourvu que…

– …Chut, chut, fit Thibault en appliquant une main ferme sur la bouche de son ami. Écoute ! Tu entends comme moi. Il y a des voix à l’intérieur de la chambre maintenant. Il y a quelqu’un. J’en suis sûr.

– Oui j’entends. Et alors oui il y a quelqu’un. Ces gens font notre chambre, rangent notre linge… C’est ce que j’aime dans cette vie. Je n’ai pas à me soucier de ces corvées. Avançons maintenant ! On a assez traîné.

Le couloir était long, peu éclairé. Ils étaient les derniers à s’y trouver encore.

Le ballet des trains de lits de malades avait cessé et les dortoirs redevenaient calmes. La voix retentit alors :

– Luc et Thibault, chambre 12, lits 3A et 3C. Veuillez avoir l’amabilité d’activer les pas. Vous êtes particulièrement en retard et la conversation que vous avez eue ne mène à rien.

Les mains dans les poches, ils accélérèrent leur marche et se présentèrent quelques minutes plus tard devant l’immense salle de restauration.

Tout le monde était attablé à la place qui lui était assignée. Sur les murs du réfectoire, on pouvait admirer des animations perpétuelles telles que des champs d’orangers et de citronniers, un lever de soleil sur la mer et un chalutier remontant des filets de poissons qui frétillaient, du blé à perte de vue, doré, s’agitant sous le vent… L’endroit était agréable mais dès que les retardataires franchirent l’entrée, il fut verrouillé.

La voix reprit alors sa litanie, invitant chacun à se restaurer convenablement en veillant à équilibrer les mets absorbés. Elle insista sur la santé liée à l’alimentation, sur la saveur des produits et leur fraîcheur incomparable.

Il n’y avait aucun personnel affecté au service mais derrière des vitres de la nourriture avait été déposée en abondance : fruits exotiques gorgés de jus vitaminés, laitages, boissons, charcuteries variées, céréales innombrables… Une montagne de viennoiseries délicieusement odorantes avait été érigée sur une table centrale. Croissants et pains au chocolat étaient encore chauds, comme les baguettes de pain fumantes que l’on avait alignées et coupées afin de faciliter leur utilisation.

Chacun devait se munir d’un plateau et se servir au fur et à mesure de sa progression devant les comptoirs garnis. Thibault se servit comme à son habitude. Cependant, lorsqu’il levait le couvercle d’un présentoir, il ne se contentait pas de prendre la nourriture. Il observait.

– Mais qu’est-ce que tu fais encore ? demanda Luc inquiet, alors que d’autres dans la salle avaient repéré l’attitude suspecte du jeune homme. Tu ralentis tout le monde !

– Nous sommes les derniers. Par conséquent je ne ralentis personne. Et puis je cherche.

– Qu’est-ce que tu cherches ? Les ennuis probablement…

– J’essaie de voir, de comprendre, de regarder si derrière ces banques il n’y a pas du personnel posté, prêt à réapprovisionner.

– Arrête Thibault. Tu me fatigues. Il n’y a rien à voir. Tout est comme d’habitude.

Quelques instants plus tard, ils s’attablèrent.

– Tu me fais peur tu sais. Et puis qu’est-ce que ça pourrait bien faire si tu voyais quelqu’un derrière, un jour. Qu’est-ce que tu ferais hein ? Tu irais parler à… à… des étrangers ? Ecoute. Je crois que tu as dû trouver des pages subversives qui t’ont mis l’esprit en marmelade.

– C’est vrai, j’ai trouvé des pages, murmura  Thibault.

– Je m’en doutais ! Mais c’est interdit.

– Je sais mais je ne les ai pas inventées ces pages et elles ne sont pas apparues par magie.

– Où les as-tu trouvées ?

– Un jour, il y a environ deux mois, j’ai trouvé un bout de papier au sol, dans un couloir. Je pense que l’un d’entre nous l’a fait tomber. Je l’ai lu, même s’il manquait beaucoup de mots. Et puis j’ai gardé cette page. Elle parlait du monde d’avant, d’agriculture. Je n’ai pas tout compris. Je l’ai ensuite cachée dans un vêtement, une chaussette exactement.

– Et c’est ça qui t’as remué l’esprit ?

– Non, pas seulement.

– Que veux-tu dire ?

– Quelques jours après, la page avait disparu et à la place, il y en avait plusieurs, complètes cette fois. Je les ai toutes lues, je n’en dormais plus la nuit. Tu vois, j’ai même cette petite pile. Je l’ai fabriquée pour pouvoir lire sous les draps.

– Tu es fou, c’est interdit !

– Je m’en moque. Et puis un jour il y a eu des messages qui me disaient où je pourrais trouver des écrits. Tu entends Luc, des écrits, toujours bien cachés. J’ai pu lire des livres, des livres entiers et finalement j’ai compris.

– Quoi ?

– Qu’on nous utilise, qu’au-delà de ces murs de notre monde, il y a un autre monde, d’autres mondes, de la vie, le ciel, les océans, des animaux et qu’ici nous ne vivons pas une vraie vie.

– Tu plaisantes là ! Dis-moi que tu plaisantes !

– Tout ce que je viens de te dire est vrai Luc. Et il y a donc quelqu’un qui a fait en sorte que je découvre tout ceci. Quelqu’un m’a ouvert les yeux.

– Et que comptes-tu faire ?

– Je ne veux plus me réveiller à heures fixes, plus m’alimenter à heures fixes, plus consommer une nourriture sans savoir d’où elle provient, plus vivre comme ces machines que nous utilisons pour notre travail, plus obéir sans réfléchir. Sais-tu qu’avant sur la planète certains mouraient de trop manger tandis que d’autres ne parvenaient pas à s’alimenter ? J’ai vu des photos poignantes. La famine régnait sur certaines parties du globe. Ne trouves-tu pas cela injuste ?

– Oui c’est injuste et c’est la raison pour laquelle je me trouve très bien ici, mangeant à ma faim comme tous mes camarades et tu devrais remercier ceux, quels qu’ils soient, qui nous permettent de vivre ainsi. Nous vivons dans un monde sans faim et je ne veux jamais avoir faim. Le comprends-tu ? Je me contente de faire mon travail correctement. Nous avons de puissants ordinateurs à notre disposition. Nous avons la chance d’élaborer des programmes, de les perfectionner, de remédier aux altérations que nous rencontrons parfois… mais jamais on ne nous ennuie. Jamais on ne vient nous critiquer. Je fais mon travail et c’est tout ce qui compte. Pour cela, on me nourrit et c’est parfait ainsi !

– Certes, mais remarque qu’on ne nous apprend jamais rien de plus que ce que nous savons déjà. Et puis tu dis qu’on nous laisse bien tranquilles et que c’est un avantage. Alors, je te pose cette question : qui viendrait nous critiquer, nous demander des comptes quand de toute façon nous ne vivons qu’entre nous et qu’à part la voix il n’y a personne ? Qui regarde ce que filment les caméras, hein, qui ? On nous répète chaque jour que nous avons la chance de manger. On nous formate, comme nos ordinateurs et j’ai la certitude que l’on nous ment, qu’ailleurs nos existences pourraient être bien meilleures. Il faut partir, crois-moi. Je dois partir !

– Et comment comptes-tu t’y prendre ?

– Je vais m’enfuir ! affirma Thibault déterminé.

Dans la salle, certains s’étaient levés et avaient quitté la pièce, nonchalamment, afin de se rendre sur leur lieu de travail. D’autres, à proximité, avaient tendu une oreille et avaient ri ou s’étaient moqué en entendant les propos des deux retardataires. Jamais rien ne venait cependant ébranler le calme. Chacun savait qu’il n’existait aucune sortie, aucune issue, aucun lieu où porter son regard ailleurs que sur les murs de l’immeuble cité.

Pourtant, coupant cette paix au couteau, un plateau tomba brutalement sur le sol en un fracas tel que les derniers présents se retournèrent vers le lieu de l’incident. Là, une jeune fille s’excusait prétextant que ce qu’elle portait lui avait glissé des mains restées grasses à cause du beurre qu’elle avait répandu sur ses tartines. Un grand sourire, voire un air d’amusement, barrait son visage. En relevant l’assiette et le verre échoués au sol, elle jeta un regard vers les deux hommes. La voix intervint alors :

– Il est inutile de ramasser ce qui est tombé au sol. Ce n’est pas votre fonction. Le réfectoire va fermer ses portes. Veuillez tous vous diriger vers celles-ci avant qu’elles ne se ferment. Vous ne pouvez pas rester en ce lieu. Votre mission vous attend, pour le bon fonctionnement de la communauté. Dépêchez-vous !

Et le message fut répété à plusieurs reprises.

Se résignant, faute d’un plan élaboré qui l’accompagnerait dans sa fuite, Thibault se leva et obtempéra, précédé de Luc. Ils étaient les derniers dans la salle dont la lumière déclinait progressivement.

– Viens, allons au travail. On s’est assez fait remarquer ce matin, tu ne crois pas ! constata Luc.

– Tu as peut-être raison mais je partirai un jour. Demain ou plus tard, juste le temps de réfléchir et de savoir comment je dois m’y prendre et où aller.

– C’est ça, fit laconiquement son ami, satisfait que les projets d’évasion ne fussent plus au goût du jour.

Seul un faisceau éclairait désormais leurs pas et déjà la lourde porte d’acier commençait à gronder sur les rails en se refermant.

Au moment de franchir le seuil, Thibaut marqua un arrêt et regarda un bref instant en arrière, ne discernant que l’épaisseur de l’obscurité. Luc, qui le précédait quelques mètres devant, lui dit alors :

– Je suis ton ami. Viens, tu vas rester coincé si tu restes. Hâtons-nous et que…

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que son ami fut comme happé par deux mains surgies de la pénombre du réfectoire vide et tiré à l’intérieur. Clang ! fut le bruit qui résonna lorsque les portails s’emboîtèrent, condamnant la salle jusqu’au lendemain.

– Thibault, Thibault… non ce n’est pas possible ! Thibault ! implora-t-il alors que les serrures s’enclenchaient

Resté seul, le jeune homme désemparé frappait sur la paroi métallique. Il ne cessait d’appeler son ami en vain. Quelqu’un interviendrait ! Les caméras avaient obligatoirement suivi la scène ! On allait ouvrir le réfectoire et permettre à Thibault de sortir !

Mais il ne se passa rien. Docilement chacun s’activait à sa tâche et la voix pria Luc de s’éloigner et de se rendre sur son lieu de travail. Rien ne devait perturber cette atmosphère de paix.

 

*

 

Dans l’immense salle, Thibault s’était relevé. On l’avait tracté avec une telle vivacité qu’il était tombé au sol.

Désorienté par sa chute, il ne savait plus exactement où il se trouvait. Ce dont il était certain en revanche, c’était qu’il n’était pas seul. Malgré lui, il venait de s’extirper de son monde sans faim.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 2, Un monde sans fin

– Il y a quelqu’un ?

Le silence.

– Il y a quelqu’un ?

Rien.

– Répondez ! Il y a forcément quelqu’un !

Seule sa voix retentissait.

Il commença alors une conversation avec celui ou celle qui l’avait arraché à son univers, un monologue en fait.

– Bon. D’accord, vous ne voulez pas me répondre. Dans ce cas à quoi bon m’avoir attiré ici ? Si vous ne voulez pas vous montrer, je comprends mais au moins répondez-moi, éclairez-moi.

Il s’amusa de sa dernière remarque alors que l’opacité régnait.

Au lieu d’être en proie à la terreur, il gardait son calme. Il s’assit par terre, les jambes croisées en tailleur et reprit :

– Je sais que je ne suis pas seul alors arrêtez votre petit jeu, qui que vous soyez ! Vous m’avez attiré ici dans un but et certainement pas celui de me laisser mourir de faim dans le noir d’un lieu hermétique ou de m’ignorer. Vous êtes là, tout proche, je le sais.

Quand la vue fait défaut, l’oreille devient fine. Aussi Thibault était-il aux aguets. Il percevait clairement des sons. Quelqu’un se déplaçait autour de lui. Par moments il lui semblait même percevoir une respiration.

Il tournait la tête à droite, à gauche, essayant de distinguer la moindre forme. Ce ne fut qu’après de longues minutes, ses yeux s’habituant progressivement à l’obscurité, qu’il commença à entrevoir les contours de ce qui l’entourait. Il distingua d’abord, relativement proche de lui, les tables du réfectoire sur lesquelles il devinait les plateaux que l’on n’avait pas encore débarrassés. La montagne de viennoiseries s’imposait encore au centre même si sa face nord avait largement était attaquée. Les comptoirs réfrigérants qui ressemblaient à la partie émergée d’icebergs, semblaient flotter sur une mer noire d’un calme précédant une tempête. L’atmosphère était étrange. Jamais il n’avait vu cette salle ainsi.

– Et nous allons rester encore longtemps ainsi, à jouer au chat et à la souris ?

– Le temps qu’il faudra, lui répondit une voix féminine derrière lui.

Il se retourna brusquement mais il ne vit personne. La voix avait déjà changé de place.

– Enfin ! À qui ai-je l’honneur de parler ou plutôt qui a eu l’amabilité de me répondre ?

– Celle qui vous a tiré !

L’individu s’était déplacé une nouvelle fois. Il se trouvait à présent posté devant Thibault, à côté d’une table.

– J’ai besoin de savoir ce que vous voulez exactement ! ajouta-t-il.

– Et moi je voudrais savoir qui vous êtes et si je peux vous faire confiance car apparemment vous semblez en savoir plus sur moi que moi sur vous.

– Vous vous trompez. Je ne sais pas grand-chose sur vous. Je vous ai juste… observé et entendu. Vous n’êtes pas assez discret. Je me prénomme Alexandra, lui dit-elle mais je préfère que vous ne voyiez pas mon visage. Je vais m’approcher de vous. Ne bougez pas !

Un instant après, elle se postait devant lui puis s’assit à ses côtés. Thibault en fut tout surpris. Il entrevoyait enfin l’ovale d’un visage, en devinait les traits.

– Est-ce que je vous connais ? demanda-t-il.

– Je vous l’ai dit. Je ne veux pas que vous me regardiez. C’est mieux pour moi. Je ne veux pas d’ennuis. Contentez-vous de mon prénom. Que voulez-vous ? Vous voulez partir ?

– Oui. Décidément vous lisez en moi comme dans un livre ouvert.

– Rien de compliqué, je vous l’ai dit. Il était facile d’entendre votre discussion avec votre ami.

– Vous avez raison. Je crois que j’agissais ainsi afin que l’on m’entende. Je crois que j’attendais qu’il se passe quelque chose, que mon attitude produise un changement.

– Vous avez raison ! Vous avez bien failli être dans le viseur des hommes en blanc. Si je n’étais pas intervenue, vous auriez fini par avoir des problèmes.

– C’est peut-être ce que je souhaitais inconsciemment.

Il s’interrompit.

– Veuillez m’excuser mademoiselle mais je trouve désagréable de parler à une ombre.

Tout en parlant, Thibault glissa une main dans une poche. Il en tâta l’intérieur et saisit un objet.

– Je vous le répète pour la dernière fois : mon prénom suffit et je… Non, que faites-vous ?

Le jeune homme venait de lui braquer sa petite pile en plein visage. Il la reconnut.

– Mais vous êtes celle qui a renversé son plateau tout à l’heure.

Agacée, elle se leva brusquement et commença à s’éloigner. Thibault lui emboîta le pas. Elle se frayait un chemin entre les tables et les banques, poussant ces dernières et passant derrière. Elle semblait connaître les lieux par cœur. Comme elle allait lui échapper, il accéléra, se rapprocha et l’attrapa par le bras.

– Attendez-moi ! Ne partez pas ! Je vous en prie.

– Vous êtes content maintenant ! Vous connaissez mon visage et mon prénom. Moi je voulais simplement vous aider comme j’aurais aimé que quelqu’un m’aide quand… Je vous préviens…

– Excusez-moi ! Je ne veux pas vous nuire. C’était plus fort que moi. J’avais besoin de mettre un visage sur votre voix. Et puis sans vous qu’est-ce que je deviendrais ici ?Je connais cet endroit et en même temps j’y suis perdu. Que m’arrivera-t-il si l’on ouvre les portes demain et que l’on me retrouve ici ? Je voudrais juste comprendre où nous sommes, qui nous sommes, savoir ce que nous faisons là, de quoi est construit ce qui nous entoure… J’ai tant de questions sans réponses. Tenez, pourquoi avez-vous dit que vous auriez aimé que quelqu’un vous aide quand… D’où venez-vous ? Je vous en prie, expliquez-moi ce que vous savez.

Elle s’apaisa, revint sur ses pas et ils prirent place à une table après avoir poussé les restes de repas.

– Nous n’avons pas beaucoup de temps. Ils vont venir !

– Qui ?

– Ceux qui s’occupent des déchets et qui vont débarrasser ce lieu afin de le rendre propre pour demain. Cela ne s’arrête jamais. Tout recommence tous les jours.

– Comment savez-vous cela ?

– Je ne suis pas comme vous. Je ne suis pas d’ici, pas du monde sans faim comme vous l’appelez.

Thibault la regarda. Les yeux d’Alexandra flottaient dans le vide. Sa voix devint grave.

– Comme vous un jour je me suis posé les mêmes questions. Tous ces pourquoi ne me satisfaisaient pas. Là d’où je viens, nous n’avons pas d’ordinateurs même si j’ai maintenant appris à m’en servir pour me fondre dans votre monde. Dans mon monde, nous avons de longues pistes où courir, des cours d’eau où voguer et plein d’autres endroits. Nous devons nous entraîner quotidiennement et être en forme. Telle est notre mission. Ne me demandez pas pourquoi ! Nous avons aussi un lieu comme celui-ci où nous restaurer mais il y a seulement le strict minimum pour chacun. C’était bon mais on ne pouvait manger que ce qui était proposé et nous avions tous des rations différentes. Je viens du monde de l’énergie.

– Je ne connais pas ce monde.

– C’est normal, personne ne connaît les autres mondes et je suppose qu’il doit y en avoir des tas.

– Vous croyez ? Et combien en connaissez-vous ?

– Trois : le monde sans faim, le monde des déchets et le mien, celui de l’énergie. Je ne compte pas le monde de la sécurité car il est fait d’hommes qui vont partout et je ne sais pas où est leur véritable univers. J’espère qu’il existe un monde qui mène vers l’ailleurs. Je le cherche mais je ne l’ai jamais trouvé. Ce dont je suis certaine, c’est qu’il est l’une des portes de sortie.

– Comment le savez-vous et comment se fait-il que vous soyez dans mon monde ?

– Je vous le dirai plus tard mais en ce qui concerne ma présence ici sachez que comme chez vous, les livres que l’on peut consulter sont choisis et nous n’avons accès qu’à un enseignement limité à notre tâche. On ne sait que ce que l’on a besoin que nous sachions. Un jour, alors que j’étudiais, j’ai trouvé, à l’intérieur d’un livre, une page étrange, puis d’autres les jours suivants. Alors, j’ai découvert que notre monde faisait partie d’un tout. Notre monde est sans fin et je soupçonne l’existence d’une multitude de mondes. Ce serait trop long à vous expliquer ici et maintenant mais croyez-moi !

– Je vous crois, dit-il médusé de découvrir cela.

– Quand j’ai remarqué que vous étiez différent des autres, j’ai compris que je devais vous aider, que vous cherchiez la même chose que moi : la vérité et la liberté. J’ai alors décidé de glisser ces feuilles que vous avez trouvées puis des livres entiers. Et comme vous avez paru très intéressé, j’ai guetté le moment où vous seriez prêt à … comment dire… sauter le pas.

– Je commençais à m’en douter ! Mais vous n’avez pas répondu à ma question. Comment êtes-vous venue dans mon monde ? questionna Thibault avide de savoir.

– J’ai eu une idée. Elle m’est venue en voyant l’unité médicale et les malades qui comme chez vous sont repérés le matin. En fait, je me suis rendue au réfectoire et j’ai attendu le tout dernier moment, alors qu’il n’y avait presque plus personne, pour me jeter par terre et simuler des douleurs au ventre. Je pensais que l’on viendrait me chercher mais je savais que cela prendrait du temps. Et les portes se sont alors fermées, comme je l’espérais. Je suis restée dans le noir assez longtemps et un moment, j’ai même regretté de me trouver là. Puis j’ai entendu du bruit. Je me suis alors cachée et j’ai vu des portes s’ouvrir, des êtres sortir et débarrasser les tables, nettoyer, tout remettre en ordre… Je me suis mêlée à eux, reproduisant leurs gestes et quand tout a été propre, j’ai moi aussi franchi les portes et je suis partie.

– Tu es passée dans leur monde ?

– Oui. C’était facile finalement. Mais leur monde, le monde des déchets est un monde abominable et j’ai vite compris que je ne pouvais pas y rester.

Thibault écoutait la jeune femme attentivement. De nouvelles perspectives s’ouvraient devant lui. L’épaisseur du noir qui les entourait scellait peu à peu leur complicité. Le tutoiement s’était soudain imposé naturellement. Dans la salle, les caméras étaient éteintes, comme les drapeaux en berne d’une nation. Elle poursuivit son récit :

– Vois-tu, autant dans ton monde vous avez de la nourriture à profusion autant chez eux c’est l’inverse. Ceux qui appartiennent à ce monde ne se nourrissent que de vos restes. Tous les jours, ils installent partout ici de la nourriture comme s’il en pleuvait mais il leur est formellement interdit d’y toucher. Comme les animaux d’une époque qui n’existe plus et que j’ai vue dans les livres, ils doivent se contenter de vos miettes dont ils ne doivent pas abuser. La voix veille et les hommes en blanc aussi. Ils sont comme prisonniers. Ils voient ces aliments, ils s’en occupent, ils les présentent mais ils leur sont interdits. Si jamais ils violent cette loi de leur monde, ils sont sévèrement punis. Leurs chambres ne ressemblent pas aux vôtres. Ils dorment sur de simples paillasses et quand ils sont malades, ils sont éliminés.

Thibault, sans paraître surpris par ces révélations, n’en fut pas moins outré.

– Et ce n’est pas le pire, poursuivit-elle. Je me suis aperçue que dans ton monde par exemple, ceux qui étaient arrêtés par les hommes en blanc finissent dans celui des déchets jusqu’au jour où, comme beaucoup d’autres, ils disparaissent à jamais.

– Je craignais que tu m’annonces quelque chose comme ça. Mais qui tire les ficelles de nos existences ?

– La voix je crois, mais il n’y a pas qu’elle. Je suspecte une instance supérieure peut-être immatérielle qui commande tout et ton monde est celui dont elle a le plus besoin. C’est la raison pour laquelle vous êtes privilégiés. Vos aptitudes à créer sont ce qui les intéresse le plus.

La tête dans les mains, le jeune homme réfléchissait.

– Cachons-nous ! Ils arrivent.

Thibault fut entraîné sous la table. La proximité de la réclusion forcée en compagnie de sa guide ne lui déplaisait pas. Il sentait la chaleur de son corps, ce qui éveillait en lui des frémissements qu’il n’avait jamais ressentis auparavant.

– Je sais ce que tu ressens, susurra-t-elle, cela aussi c’est nouveau pour toi. Tu t’habitueras, tu verras et ce n’est pas désagréable.

Pour rien au monde il n’aurait voulu que cet instant ne s’achevât. Il devait prendre fin toutefois. Le réfectoire s’éclairait progressivement d’une lumière cependant blafarde.

– Tu vois, pour eux ils éclairent la lumière, mais pas trop. Ils ne dépensent rien inutilement. Bon, à mon signal, on fonce et tu fais comme moi ou plutôt tu fais comme eux. Tu nettoies, tu ramasses et tu ne me quittes pas des yeux. Suis-moi comme ton ombre. On va franchir cette porte, là-bas ! Tu la vois ?

– Oui, assura le rebelle.

– Tu es prêt à partir ? Nous allons partir !

– Attends, l’arrêta-t-il alors qu’elle allait sortir de leur cachette.

– Qu’y a-t-il ?

– Est-ce que l’on pourra revenir ? Et comment franchis-tu les portes des mondes ?

– Oui, on pourra revenir mais crois-tu vraiment que l’on parte pour finalement revenir ici, au point de départ ? Sinon je franchis les portes grâce à ça !

Et elle brandit triomphalement sous son nez une clé qu’elle venait de sortir de son corsage. Celle-ci était solidement attachée à un lien qui pendait à son cou.

– On y va.

 

Ils se redressèrent comme un seul être et se pressèrent autour des plateaux-repas, empilant les verres, les assiettes, rassemblant les couverts dans de profondes bassines prévues à cet effet, essuyant avec des éponges les comptoirs, les sièges sur lesquels des miettes de pain attendaient impatiemment d’être rassemblées.

Thibault suivait Alexandra sans trop la regarder. Il épiait les moindres gestes des autres. Tout à coup, comme elle, il déposa tout ce qu’il avait collecté sur un tapis roulant et il se dirigea vers une porte qui avait surgi de nulle part.

Une nouvelle équipe pénétra alors dans l’enceinte sacrée de la restauration afin de fournir généreusement les étalages. Chacun portait des gants et des masques pour une parfaite hygiène. Assurément on prenait soin du monde sans faim que les deux mutins s’apprêtaient à quitter.

D’un pas décidé, ils gagnèrent la sortie. Le cœur de Thibault bondit dans sa poitrine au moment de franchir l’ouverture. Lorsque les derniers furent passés, la porte se referma et disparut. Il était alors impossible d’imaginer qu’elle avait bien existé.

– Suis-moi et ne dis rien, suggéra son amie.

Perdu dans cet ailleurs qui lui semblait hostile, il obtempéra. Il lui semblait que d’une seconde à l’autre tout le monde allait le montrer du doigt. Il n’en fut rien.

Toute sa petite vie trop bien réglée venait de basculer. Il venait de quitter un monde sans faim dans lequel il ne reviendrait jamais. Il venait d’apprendre l’existence d’un monde sans fin. Qu’est-ce qui l’attendait à présent ?

Il avançait, derrière elle, épousant chacun de ses pas, plus parfaitement qu’une ombre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 3, La fin d’un monde

De couloirs interminables en salles sombres, ils avançaient. Alexandra semblait parfaitement savoir où aller. De toute façon il n’avait d’autres choix que de la croire et de la suivre. Elle ralentit le pas pour se placer à sa hauteur.

– Pour l’instant, je ne peux rien te dire. Il faut faire ce que les autres font. Nettoyer. Plus tard je t’expliquerai.

Il approuva, n’osant ouvrir la bouche car ici tout le monde s’activait mais peu d’entre eux parlaient.

 

*

 

Ils passèrent leur journée à franchir d’autres portes que dissimulaient des murs pourtant lisses et nus quelques secondes auparavant. Ils s’activaient ensuite, exécutant minutieusement leurs corvées avant de passer à autre chose, à d’autres salles derrière d’autres portes.

Le travail était harassant et ingrat surtout pour Thibault qui n’avait pas l’habitude de l’effort. Aussi, il accueillit la pause de midi avec bonheur. La voix leur ordonna de se rassembler dans un lieu austère et triste où des bacs en matière plastique contenant des restes de nourriture en vrac étaient juxtaposés ou entassés. Là, Alexandra et lui prirent un plateau moulé sur lequel on devinait le compartiment correspondant à l’assiette et le réceptacle à boissons. Il en émergeait une paille. Le déjeuner, car il fallait bien lui donner un nom, fut englouti rapidement. Ils débarrassèrent ensuite eux-mêmes les tables et se remirent aussitôt après au travail ailleurs, plus loin.

 

Pour la première fois de sa vie Thibault fut heureux d’entendre la voix annoncer la fin de la journée. Il était brisé. Il avait porté de lourdes charges et il était resté debout en permanence. Quand il voulait quitter son monde, il ne s’imaginait pas qu’un tel univers pût exister. Luc avait-il raison finalement ? Le monde sans faim n’était-il pas un endroit privilégié ?

 

– Viens, exigea Alexandra alors que les interminables couloirs étaient désertés.

– On ne va pas dans une chambre pour dormir ?

– Ici tu peux oublier l’intimité. Les chambres sont d’immenses endroits où les lits s’amoncellent par centaines. Je préfère aller ailleurs. J’ai l’habitude.

Sans en demander davantage, Thibault la suivit. Elle était dans ce monde comme chez elle. Elle semblait en connaître tous les recoins. À chaque intersection, elle jetait un regard puis elle longeait le mur suivant, tournait à droite, à gauche, descendait des escaliers, contournait une salle, une autre. Ce monde était un véritable labyrinthe.

Tout à coup, elle s’immobilisa au milieu de nulle part.

– Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il.

Elle vérifia autour d’elle pour s’assurer qu’ils étaient bien seuls, sortit sa clé et l’approcha de la paroi. L’objet se mit à briller, prit une couleur fluorescente verte et aussitôt les contours parfaits d’une issue se dessinèrent.

– Dépêche-toi !

Lorsqu’ils se présentèrent devant la porte, celle-ci s’ouvrit au-delà de laquelle on pouvait voir une petite pièce avec deux lits. Ils entrèrent. Le seuil se condamna aussitôt après leur passage et sur le mur, on ne pouvait plus voir aucune issue.

– Tu peux parler maintenant.

– Je n’en crois pas mes yeux ! C’est… c’est magique !

– Cette clé seulement est magique parce que ce monde, tu l’as vu, est loin de l’être. Ce serait plutôt l’enfer !

Thibault ôta ses chaussures et se jeta sur le lit. Son regard fit le tour de la chambre. Les teintes étaient douces, apaisantes et le mobilier limité au strict minimum. Il aperçut un recoin.

– Qu’y a-t-il là derrière ? demanda-t-il.

– Douche, eau, savon, serviettes, énuméra-t-elle rapidement tout en se délestant de ses vêtements.

Elle était particulièrement belle et son corps musclé. Elle remonta ses cheveux au sommet de son crâne et les noua.

– Si tu le veux bien, je vais me laver la première. Je n’en ai pas pour longtemps.

– Et après, tu m’expliqueras ce que…

– Évidemment ! Je me doute que tu as une foule de questions à me poser.

 

Elle revint quelques instants plus tard, enroulée dans une serviette blanche. Elle portait dans ses bras ses vêtements de la journée pliés.

– Pendant tes ablutions, mets ton linge dans le stérilisateur. Tu le récupéreras propre immédiatement après.

Thibault s’exécuta. L’eau bienfaisante associée à la chaleur le régénéra. Il la laissait couler sur son visage et ruisseler jusqu’à ses pieds. Il était si bien qu’il se demanda un instant si tout ceci n’était pas un rêve. Un beau rêve ou un mauvais ? Beau s’il songeait à la possibilité de partir, de découvrir la vérité, d’être avec elle car il devait se l’avouer, elle lui plaisait. Mauvais s’il s’arrêtait à ce monde de labeur et de déchets, à ce travail exténuant et à l’incertitude des lendemains.

Quand il revint, la jeune femme allongée l’observa de la tête aux pieds.

– Pas mal, ironisa-t-elle.

– Quoi ?

– Toi ! Pour un cérébral du monde sans faim, tu es pas mal. N’as-tu pas remarqué qu’en général ceux de ton monde sont plutôt sveltes, sans reliefs, sans muscles saillants, sans formes ou plutôt au contraire formatés ? Ils sont tous pareils. Toi tu es différent.

Il la remercia de sa sincérité, s’installa au bord du lit face à elle et avoua ne pas savoir par où commencer.

– Ce lieu d’abord. Comment le connais-tu et pourquoi y sommes-nous en sécurité ?

– En premier lieu, sache que je me déplace d’un monde à l’autre depuis près d’un an. Donc, j’ai vu et compris beaucoup de choses. C’est ainsi que j’ai découvert ces chambres. Des locaux comme celui-ci, il y en a des centaines, partout, dans tous les mondes et c’est ce qui me permet d’avoir un lit, la nuit, où que je sois. Quand je vivais dans ton monde, je dormais dans un endroit identique à celui-ci ou presque. Cela me permet aussi de n’être pas repérée.

– À quoi servent ces refuges ?

– À se reposer, à dormir comme tu peux le constater mais la question serait plutôt à qui sont-ils destinés ? Ce sont les repaires des hommes en blanc qui doivent pouvoir se retirer où qu’ils se trouvent puisqu’ils interviennent de partout. Ils appartiennent au monde de la sécurité.

– Mais alors l’un d’entre eux peut nous repérer !

– Non, rassure-toi. J’ai mis du temps à le comprendre et j’ai passé bien des nuits, dehors, à trembler. Quand une chambre est occupée, la clé qui permet de détecter les pièces et de les ouvrir en condamne alors automatiquement l’accès. Elle devient rouge.

– N’es-tu pas une des leurs pour être en possession de cet objet ?

Il regretta immédiatement ses paroles trop vite prononcées.

– Excuse-moi ! Je n’aurais pas dû te poser cette question. Tout est tellement…

– Ne t’excuse pas, je comprends que tout cela te dépasse. Je te fais découvrir en peu de temps ce que j’ai mis des mois ne serait-ce qu’à supposer.

Elle s’allongea totalement sur l’un des lits larges et confortables, croisa ses chevilles, plaça ses mains sous la tête et poursuivit son explication.

– J’ai vite compris que les hommes en blanc bénéficiaient de privilèges. Je l’avais déjà remarqué dans mon monde. J’ai alors pensé m’habiller comme eux pour ne pas être découverte mais tu sais d’une part qu’il est formellement interdit de revêtir du blanc, d’autre part qu’il est impossible de se procurer leurs uniformes. J’ai donc très vite dû me tourner vers un autre plan.

Thibault sursauta. Le bruit ténu et avorté d’un mécanisme venait de résonner et presque simultanément, le périmètre de la porte se matérialisa à nouveau sur le mur, teinté de rouge. Alexandra se redressa, et posa sa main sur l’avant-bras de son compagnon qui s’était raidi. Il éprouva aussitôt la même sensation agréable que lorsqu’ils s’étaient retrouvés pour la première fois côte à côte sous la table, dans le noir.

– Ce n’est rien, dit-elle, juste un homme en blanc qui cherche où dormir. Tu vois, elle reste fermée.

Il regardait les mouvements de ses lèvres.

– Tu es très belle !

Et il s’inclina doucement vers l’avant pour l’embrasser. Leurs doigts s’accrochèrent comme pour ne plus se lâcher et les bras qui avaient travaillé durement la journée entière devinrent de puissantes étreintes. Chacun se laissa aller. Chacun s’ouvrait à un monde auquel il n’avait jamais eu accès. Elle claqua des doigts et la lumière se tut !

 

*

 

Étendus sur le même lit, ils plongeaient éperdument dans le regard de l’autre pour y lire le destin qu’ensemble ils devaient tracer.

– Nous trouverons la sortie, précisa-t-elle, pleine d’espoir. J’ai lu un livre interdit où il était question d’un homme, perdu dans un dédale et qui ne parvenait pas à s’en échapper. Comme nous ! Il a alors endossé des ailes et ainsi, il a pu s’élever au-dessus de sa prison, en voir le schéma savant et complexe et s’en échapper.

– J’aime ton histoire lui dit-il. Comment s’appelle cet homme intelligent ?

– Il s’appelle Icare mais il n’est pas si intelligent que cela car ses ailes tenaient à l’aide de cire et comme il s’est approché trop près du soleil, elle a fondu, le précipitant dans la mer.

– La leçon à en tirer est de ne pas nous laisser griser par nos découvertes et de garder la tête sur les épaules, n’est-ce pas ! Mais ce soleil que tu n’as vu que dans les livres interdits, comme moi, nous aussi nous le verrons un jour. Je te le promets. En attendant tu ne m’as toujours pas dit comment tu as fait pour obtenir cette précieuse clé !

Elle poussa un profond soupir et reprit son récit :

– Tu as déjà vu avec quelle vélocité les hommes en blanc se déplacent et l’agitation qu’ils provoquent lors de leurs interventions ! Eh bien, figure-toi qu’à l’occasion d’un de mes entraînements, pendant une course, j’ai assisté à l’une de leurs descentes pour s’emparer d’un groupe d’individus. J’étais dans le monde de l’énergie. Dans la bagarre, l’un d’eux a perdu un objet. Je l’ai vu tomber. J’ai pensé qu’il allait s’en apercevoir mais non. Puis ils sont partis, emmenant les pauvres malheureux qu’ils avaient réduits au silence. Je n’ai pas osé ramasser la clé tout de suite et en même temps, j’avais peur que quelqu’un d’autre ne la prenne. Alors comme personne ne s’en souciait, j’ai avancé, comme si je reprenais ma foulée. Parvenue à sa hauteur, je me suis accroupie pour nouer les lacets défaits de mes chaussures de sport et quand je me suis relevée, j’étais en possession de la clé. Il m’a ensuite suffi d’observer pour en comprendre le fonctionnement. Elle ouvre les portes entre les mondes et permet de multiples accès. Voilà, tu en sais presque autant que moi maintenant et il faudrait dormir.

– Que faisons-nous demain ?

– Nous déciderons au matin.

 

*

 

Elle ouvrit les yeux la dernière. Il la regardait. À nouveau ils se blottirent l’un contre l’autre pour s’aimer.

– Il est encore tôt, lui dit-elle, mais il ne faut pas traîner davantage. Les hommes en blanc ne s’éternisent jamais bien longtemps sur leur lieu de repos.

Ils s’habillèrent en vitesse, déposèrent les serviettes et les draps dans le stérilisateur et remirent la chambre exactement dans l’état où ils l’avaient trouvée.

– Voilà, il ne subsiste aucune trace de notre passage ici désormais.

– Et qu’allons-nous faire ? Je m’en remets entièrement à toi.

Elle plaqua la clé sur son front et ne répondit pas immédiatement à sa question.

– C’est encore une des capacités de la clé. On peut savoir ce qui se passe dehors. Je m’en suis aperçue un soir où j’avais la migraine et que la clé était froide. Je l’ai appliquée sur mon front et j’ai découvert cette particularité. Il n’y a personne dehors. Je te propose de sortir et de quitter le monde des déchets.

– Je suis entièrement d’accord mais pour aller où ?

– Je suggère de monter. Qu’en penses-tu ? Je préfère monter plutôt que descendre ou rester aux mêmes niveaux. C’est le résultat de mes lectures. Monter, c’est s’élever, progresser. Descendre c’est parvenir aux Enfers !

– Montons alors !

 

Ils sortirent, têtes baissées et marchèrent l’un éloigné de l’autre. Ils se rendirent à la salle des repas où ils prirent quelques fruits entamés, des tranches de pain déjà desséchées et un peu d’eau. Ils suivirent ensuite le flot de cette population de résignés et, comme la veille, ils se mirent à la tâche sans trop savoir quel monde ils purifiaient.

– Dès qu’il n’y a plus personne dans les parages, je te fais signe et on décampe ! affirma-t-elle.

– Par quel côté ?

– Je ne le sais pas encore ! J’attends, j’observe. Il ne faut pas se tromper.

Moins d’une heure plus tard, les lieux étaient redevenus parfaitement propres et utilisables pour ceux d’un monde qui ignoraient quelles mains avaient œuvré pour que tout soit parfait.

– Maintenant, lança-t-elle.

Ils foncèrent vers un mur devant lequel Alexandra présenta sa clé. Une porte de feu s’illumina, s’ouvrit. Ils passèrent.

 

*

 

– Je ne sais pas où on est mais ce que je sais c’est que tu dois faire semblant de ne pas me connaître. Dès que l’on se retrouve dans un nouveau monde, dans un de ces impressionnants couloirs, les caméras sont à même de repérer des comportements suspects et trop parler en est un. C’est aussi très étrange, il n’y a absolument personne.

– Certes mais plus loin il y a des escaliers.

– J’y vais, proposa-t-elle. Dans un moment tu me suis.

 

Elle s’éloigna de lui sans se retourner. Seul, il se sentit minuscule et surtout désœuvré. Il tourna sur lui-même comme un chat. Stupide ! Il leva les yeux au plafond sans rien y trouver. Il mit ses mains dans ses poches et se mit à siffloter. Quelle contenance se donner ?

Soudain la voix s’adressa à lui alors qu’Alexandra venait de disparaître.

– Cessez de siffler ! Vous devez impérativement regagner la salle de travail où sont les autres membres de la communauté. Merci de votre contribution. Veuillez vous presser. Si vous êtes souffrant, regagnez votre lit. Vous serez automatiquement acheminé vers l’unité de soins.

Des gouttes de sueur perlaient à son front. Il prit la direction des escaliers et quelques instants plus tard, il montait.

À chaque palier il espérait voir Alexandra qui l’attendait. Hélas, il devait monter, monter encore. Le souffle lui manquait. Et s’il se perdait ! Et s’il ne la retrouvait jamais ! Cette pensée le glaça. Elle seule avait la clé. Si elle l’abandonnait, les hommes en blanc ne tarderaient pas à le démasquer et se chargeraient de lui. Plus encore que cela c’était autre chose qui le troublait. Certes il ne trouverait jamais cet autre univers où il espérait recouvrer la liberté. Mais  il était désormais terrifié à l’idée d’être séparé d’elle. Il devait l’admettre. Il ressentait quelque chose d’indéfinissable. Était-ce cela aimer ?

 

Alors qu’il longeait la rampe d’escaliers, il entendit qu’on l’appelait. C’était elle enfin ! Elle le hélait six étages plus haut.

– Rejoins-moi ! Tu ne vas pas en croire tes oreilles.

Il lui fallut de longues minutes pour la rattraper.

– Mais que faisais-tu ?

– Je pensais à toi, rien qu’à toi lui déclara-t-il afin qu’elle pût sonder son cœur.

– Moi, moi aussi, balbutia-t-elle avant de se ressaisir. Ici on peut parler. Ce que tu vois, dans l’autre pièce, c’est un orchestre. C’est merveilleux. Les gens ont l’air heureux dans ce monde, enfin en apparence. Ils règlent leurs instruments de musique et vont probablement bientôt jouer.

– Oui mais ce que je redoute, c’est qu’ils nous demandent nous aussi de prendre place. Or je suis incapable de sortir le moindre son d’un instrument de musique pour la bonne raison que je n’en ai jamais eu un entre les mains.

– Moi non plus tu sais.

– Alors on va vite nous repérer !

– Je ne vous ai jamais vus vous deux. Vous ne prenez pas votre instrument ? Vous êtes nouveaux ? Vous jouez peut-être dans le deuxième orchestre ? fit une dame en les croisant.

– Oui, c’est cela même, nous jouerons tout à l’heure.

– Fort bien ! Je vous laisse, je vais regagner ma place. Nous allons bientôt commencer.

– Tu vois, qu’est-ce que je t’avais dit ? Après ce sera notre tour et nous serons vite démasqués.

On les invita à pénétrer plus loin dans l’auditorium, une pièce somptueuse aux qualités acoustiques inégalées.

– Ne restez pas là jeunes gens. Allez vous asseoir sur ces sièges là-bas. Personne ne doit demeurer debout quand l’orchestre commence à jouer.

Et une autre personne ajouta :

– Quand ce sera à votre tour alors vous pourrez descendre sur la scène. Les musiciens viendront vous remplacer et vous entendre jouer. Quel est votre instrument ?

– Le violon, le violon, répéta Thibault comme pour s’en convaincre lui-même.

– Parfait !

L’hémicycle était plein à craquer. Chacun attendait que l’orchestre commençât. La musique monta soudain envahissant l’espace, aussi magnifique qu’un lever de soleil. C’était la symphonie numéro 3, en fa majeur, opus 90 de Johannes Brahms. Mais ni Alexandra ni Thibault ne le savaient. En revanche, ils se délectaient de la mélodie, se laissaient emporter par son ampleur comme s’ils s’étaient trouvés sur une vague puissante de quelque océan qu’ils n’avaient jamais vu. Les envoûtant toujours, les sonorités enchanteresses du ballet Daphnis et Cloé puis du concerto pour piano en ré majeur, pour main gauche de Maurice Ravel retentirent, suscitant l’émotion parmi les auditeurs.

– Tu as remarqué, il y a de l’agitation plus bas, à droite, dit Alexandra.

– Oui, je me demande ce qui se passe. J’espère que nous n’avons pas attiré l’attention mais je ne crois pas. Regarde le trouble vient plutôt de ces trois personnes. Je les avais vues en entrant. Elles sont différentes des autres.

– Tu as raison. Elles sont très pâles et paraissent nerveuses.

– Les gens autour ont l’air inquiet.

Les mélodies s’enchaînaient. Le temps s’écoulait.

Soudain les parois de bois de l’auditorium furent découpées par trois immenses portes qui se matérialisèrent simultanément. Il en sortit des hommes en blanc.

– J’ai peur, dit Alexandra, en s’enfonçant dans son fauteuil. Il ne faut pas rester ici !

Les rôles venaient de s’inverser. Elle avait désormais besoin de son ami pour se rassurer. Un laps de temps, elle se rappela leur nuit et leur complicité.

– Ne bouge surtout pas. Nous ne sommes pas leur cible, ils descendent.

Effectivement, les membres de l’équipe de sécurité convergeaient vers une seule direction. Ils s’apprêtaient à fondre sur les trois individus.

– Il va falloir profiter du tumulte pour partir car quand l’orchestre aura fini de jouer, ce sera notre tour et nous serons démasqués.

Alexandra acquiesça, surprise par l’esprit d’initiative de son compagnon et par sa rapidité d’adaptation. Elle l’avait extirpé de son monde depuis peu et déjà, il se montrait capable de prendre les bonnes décisions au bon moment. Il poursuivit :

– Comme il se fait tard, dès que nous serons dehors, tu sortiras ta clé et tu trouveras une cellule pour la nuit. Tant pis pour le repas et puis mieux vaut ne pas redescendre.

Le tumulte grandissait. L’orchestre avait cessé de jouer. De chaque côté des trois individus, les auditeurs fuyaient et ceux qui étaient coincés enjambaient les sièges pour s’éloigner au plus vite. On entendait de petits cris partiellement couverts par le fracas de l’intervention des hommes en blanc. Ils étaient d’une efficacité redoutable même si leurs ennemis ne se laissaient pas faire pour autant. Ces derniers ripostaient à chaque coup porté avec une efficacité peu commune. Ils ressemblaient à trois prédateurs tandis que la sécurité semblait avoir dépêché des anges.

La salle de concert se vida peu à peu. Alexandra et Thibault en profitèrent pour se glisser parmi les fuyards. L’intervention touchait à sa fin. Jamais ils n’avaient vu cela. Les trois ennemis avaient été phagocytés, jetés sur des brancards et avaient ensuite franchi les portes en tentant vainement de résister jusqu’au bout. Leur agressivité les conduirait directement à la destruction et à leur élimination.

– Ces trois-là vont descendre. J’ai déjà vu un cas de ce genre et ce ne sont pas des portes qui les attendaient ni d’autres mondes comme celui des déchets mais de gigantesques toboggans vertigineux qui, à ce que j’ai pu voir, descendaient vers des abîmes impressionnants et sombres. Je crois que l’on nomme cela l’enfer !

Disparaissant dans les couloirs, le couple finit par se retrouver seul. Là Alexandra activa sa clé et ils se retrouvèrent à nouveau, comme la veille dans une chambre bien plus vaste qui abriterait leur amour pour une nuit. Quatre lits les attendaient. Ils en choisirent deux qu’ils rapprochèrent.

 

*

 

Au matin, ils avaient peu dormi. Ils avaient faim mais leur foi en l’avenir leur faisait oublier le repas manqué la veille.

Ils avaient conscience d’être monté très haut dans la tour des mondes. Ils caressaient la certitude de trouver bientôt une issue. Ils espéraient que rien ni personne ne les arrêterait dans leur entreprise de conquête de leurs propres vies.

– Si nous parvenons aujourd’hui à sortir, je n’aurai peut-être plus l’occasion de profiter de cette abondance d’eau. Je vais prendre une douche, lui dit-elle.

– Je te suis dans un instant.

Il resta allongé, plongé dans ses pensées. Lorsqu’il entendit qu’elle venait de couper l’eau, il comprit qu’il était resté là un long moment. Il la rejoignit alors qu’elle écartait les parois vitrées de la douche.

– Donne-moi tes vêtements ! Je vais les mettre avec les miens dans le stérilisateur. J’ai oublié de le faire tout à l’heure. Il regagna la chambre pour prendre sa tenue quand il entendit :

– C’est incroyable !

– Qu’y a-t-il ? fit-il en la rejoignant.

– Ils les ont oubliés, remarqua-t-elle en sortant de l’appareil deux uniformes blancs immaculés.

La providence venait de se pencher sur eux.

– Mais non réfléchis. Ces tenues sont neuves. Nous sommes dans un logement prévu pour quatre et je pense qu’ils n’y sont entrés qu’à deux. Il doit y avoir une fonction qui nous échappe, prévue pour leur délivrer des vêtements. Qu’importe de toute façon. C’est inespéré, c’est notre chance ! Avec cela on peut aller partout sans être inquiété.

– Mais ils s’apercevront vite que nous ne faisons pas partie des hommes en blanc malgré ces uniformes.

Sûr de lui, il ajouta :

– Nous sommes près du but. Nous n’en avons plus pour très longtemps. Et puis j’ai déjà vu les hommes en blanc aller et venir sans nécessairement frapper quelqu’un. Nous nous contenterons de nous déplacer.

À cet instant-là, elle comprit que sans lui elle ne serait jamais parvenue jusqu’à cet endroit, dans ces hautes sphères de l’immeuble ainsi qu’ils appelaient tous l’univers abritant les multiples mondes. Sans lui, elle aurait continué à errer. Sans lui elle aurait fini par renoncer un jour ou l’autre. Sans elle il ne serait peut-être jamais parti.

Ils enfilèrent les uniformes. Ils paraissaient redoutables à leur tour. Ils franchirent la porte avec cet espoir : ce serait probablement leur dernière nuit dans ce monde.

Déjà les musiciens accordaient leurs instruments en une cacophonie dont ils s’éloignèrent.

Trois couloirs.

Quatre salles.

Deux autres couloirs plus étroits.

Ne tournaient-ils pas en rond ?

Ils venaient de la droite et ils percevaient encore légèrement les tentatives pour accorder les violons, les pianos, les saxophones… Ils se dirigeaient vers la gauche quand ils entendirent que l’on se hâtait de la même façon pour tirer le meilleur son possible des mêmes instruments.

– Je crois que nous sommes perdus.

– Non, mais je crois que ce sont deux mondes parallèles. Ils doivent avoir la même fonction. Sans doute sont-ils importants ! À présent il faut absolument trouver des escaliers et monter.

Ainsi vêtus de blanc, personne ne les dévisageait. Personne ne leur demandait de prendre place pour jouer. On fuyait leur regard ou on les ignorait.

– Là-bas, on dirait un accès à des escaliers !

Elle désigna du doigt un endroit où deux couloirs se séparaient.

– On y va ! fit-il quelques instants après.

Ils gravirent à peine une dizaine de marches qu’ils furent arrêtés net.

Un mur immense, opaque, coupait brutalement la montée.

– Surprenant ce mur au milieu de nulle part !

Alexandra caressait les parois se demandant bien pourquoi un tel obstacle avait été construit au beau milieu des escaliers.

– Réfléchis, dit Thibault. S’il est là, c’est qu’il doit empêcher toute personne de passer et s’il a cette fonction, c’est que derrière lui il y a probablement une sortie. On y est Alexandre, on y est enfin. La clé !

La jeune femme s’exécuta.

La porte apparut, qu’ils franchirent sans plus attendre.

 

*

Ils furent accueillis par une luminosité exceptionnelle. Les murs blancs se paraient de reflets, d’ombres en mouvement. Curieusement, on les salua :

– Bonjour, vous semblez égarés. Que cherchez-vous ?

Toujours méfiant, Thibault qui brûlait de demander où se trouvait la sortie se surprit à dire :

– Nous avons faim. Nous avons manqué un repas.

– Ce n’est pas bien. Vous trouverez quelque chose à vous mettre sous la dent. La salle à manger est toujours ouverte.

Puis l’aimable personne tourna les talons. Elle se figea cependant voyant que les deux jeunes gens partaient dans la direction opposée au restaurant. Elle les appela et revint sur ses pas :

– Ohé ! Vous vous trompez. Le réfectoire est par là. Vous partez dans la mauvaise direction.

– Oui, bien sûr, fit Alexandra en riant pour donner le change.

– Vous n’êtes pas de ce monde n’est-ce pas !

Ils se regardèrent, inquiets.

– Vous ne faites pas partie de l’horizon. Cela se voit immédiatement. Il n’y a pas d’hommes en blanc ici. Il n’y en a jamais !

Alexandra serra la main de Thibault. Sa gorge se serra.

– Non, pas si près du but, pensa-t-elle.

– Ce n’est pas grave ! Ne soyez pas effrayé mes tourtereaux. Ici, personne ne viendra vous importuner d’où que vous veniez. L’horizon est le monde à la fois le plus ouvert et le plus clos. Allez vous restaurer tranquillement, vous semblez épuisés. Prenez votre temps ! Je reste dans les parages. Je vous retrouverai et si je peux vous aider, je le ferai. Surtout ne vous cachez pas et dites la vérité si l’on vous interroge. Vous n’avez rien à craindre, vraiment rien !

– Mais si…

– Pas de questions pour l’instant !

Thibault insista :

– Si la voix nous donne un ordre. Que devrons-nous faire ?

– La voix dites-vous ? Quelle voix ? De quoi parlez-vous ? Cessez de vous tourmenter. Vous trouverez le réfectoire de ce côté. Je vous retrouve d’ici, disons, deux heures. Cela vous convient-il ? Je vous amènerai aussi de quoi vous changer. Vous ne ressemblez vraiment à rien dans ces déguisements. Au fait, je m’appelle Donna.

– Oui, répondirent-ils ensemble.

Ils déjeunèrent copieusement tout en observant ceux qui les observaient. On ne leur posa cependant aucune question.

– J’espère que l’on peut lui faire confiance !

– Je l’espère aussi mais si elle nous avait menti, nous aurions déjà eu des problèmes. Tout le monde nous a repérés.

– Je n’avais jamais entendu parler de ce monde de l’horizon même si je vais d’un monde à l’autre depuis longtemps. Il a l’air agréable en tout cas et puis, tu as vu cette salle n’a pas de porte. On peut y venir quand on veut. C’est un peu aussi un monde sans faim, comme le tien !

– Certes mais ils doivent avoir des obligations aussi comme dans le monde des déchets, celui de l’énergie, etc. Mais retrouvons Donna maintenant. J’ai hâte d’en entendre davantage.

 

Elle les attendait devant la grande salle. Elle leur tendit des vêtements et leur indiqua un endroit où se changer. Ils revinrent quelques instants plus tard.

– Voilà, vous êtes plus présentables, plus conformes à ce lieu, déclara-t-elle satisfaite.

– Pouvez-vous nous dire ce qu’est ce monde Donna ?

– Bien entendu. Mais tout d’abord, veuillez me suivre. Nous pourrons nous asseoir et profiter de cette belle lumière de printemps tout en parlant.

Ils s’installèrent en face d’un mur qui semblait flamboyer.

– Qu’est-ce que c’est ? demanda Thibault admiratif.

– C’est la lumière naturelle. Les mondes d’en bas, d’où vous venez, n’en bénéficient pas. La nôtre est changeante, selon les saisons. Or par chance vous arrivez au moment où la lumière est la plus belle. Mais vous n’êtes pas ici pour admirer la lumière !

– Non. Nous cherchons une sortie.

– Une sortie ? Pour quoi faire ?

– Pour nous échapper de l’immeuble cité, de tous les mondes, même si le vôtre a l’air plus accueillant.

– Vous échapper mais que voulez-vous donc fuir et où voulez-vous aller ?

– Ailleurs ! Nous voulons être libres. Libres d’agir, de penser, libres de lire ce que nous voulons…

– Oui, ajouta Alexandra, et pour cela nous voulons sortir. Mais je crains que les sorties ne soient bien gardées.

– Je vous l’ai dit. Ici les hommes en blanc sont inutiles. Le travail qu’ils font en amont est suffisant. Aucune menace ne parvient jamais jusqu’ici… Vous voulez donc voir la sortie ?

– Elle existe ?

– Bien entendu qu’elle existe. Il y en a même deux mais…

– Mais quoi ? Vous en avez trop dit pour vous taire maintenant !

– Je crains mes tourtereaux que vous n’aimiez pas ce que vous allez trouver ou plutôt ce que vous allez voir. Toutefois, puisque vous insistez, les sorties sont par ici. Je vous accompagne. Il vaut mieux.

Elle les précéda, marchant d’un pas solennel.

Un instant plus tard, ils arrivèrent devant une cavité, masquée par un rideau léger mais opaque. Le pourtour de ce tissu était blanc, le centre bleu et pile au milieu, trônait un petit rond noir. Ils devinèrent qu’au-delà se trouvait la source de la luminosité.

Alexandra, la première, osa avancer. Elle voulait voir. Elle entraîna Thibault en lui prenant la main. Donna resta sur place. Elle les attendait. Elle savait qu’ils feraient marche arrière en dépit de leur volonté de s’échapper.

Ils avancèrent précautionneusement, animés à la fois par le désir de savoir et par la crainte de ce qu’ils allaient découvrir. De sa main gauche, la jeune femme écarta le voile qui masquait l’horizon. Ils se retrouvèrent sur une sorte de belvédère et au loin ils virent pour la première fois le soleil, autant qu’ils purent ressentir la caresse de ses rayons.

Par intermittence, une cloison s’abaissait avec la rapidité d’un éclair et remontait pour se loger en haut du balcon. Le panorama disparaissait alors aussitôt avant de réapparaître. Les pourtours de cette corniche étaient garnis de filaments qu’une légère brise agitait. Alexandra s’approcha du rebord.

– Fais attention. Je ne voudrais pas te perdre ! lui dit Thibault en lâchant sa main.

L’endroit était humide et par moments un liquide salé affluait.

Deux pas encore et ils se trouvèrent au bord d’un précipice. Un garde corps relativement haut empêchait toute chute.

– Mais où sommes-nous ? Je ne comprends pas ! demanda Alexandra à son compagnon.

– Je n’en sais rien !

De partout, ils voyaient des gens qui allaient et venaient, qui s’activaient, des gens par dizaines vaquant à leurs occupations. Eux-mêmes se déplaçaient à bord de leur immeuble cité. D’imposants gratte-ciel, dans lesquels tout se reflétait, montaient vers le ciel d’un bleu infini. On aurait dit des épées d’acier défiant les dieux.

– C’est cela le monde ? C’est cela la vie ?

Donna s’était approchée.

– Oui ma belle. Ce que vous voyez s’appelle une ville et les immeubles cités sont ses habitants. Ici se trouvent la fin de votre monde et l’ouverture vers la vie, la vraie.

– La fin de notre monde ! Mais que dites-vous ?

– Ce que vous imaginiez s’achève. C’est aussi l’une des deux portes qui mènent vers l’ailleurs. Cependant, si ce sont des accès vers l’extérieur, elles ne sont ni des entrées, ni des sorties. C’est la raison pour laquelle les hommes en blanc n’ont pas besoin de venir ici. On les voit parfois mais très rarement. Leurs interventions ne sont dues qu’à des agressions extérieures provenant des balcons. Cela arrive les jours de grand vent ou quand notre hôte est fatigué. Les ennemis venus de l’intérieur sont rares ou si inoffensifs. Aucune invasion n’est à craindre ici et il est impossible d’envisager de partir. De toute façon, partir ne rimerait à rien. Il faudrait sauter dans le vide et ce serait la mort assurée. Nous tous qui sommes ici nous ne sommes rien. Vous croyez exister mais vous n’êtes que des composants d’un être vivant et sur ce belvédère, vous vous trouvez dans ses yeux.

– Ce n’est pas possible, je sais ce que je suis, objecta Thibault terrassé par ces révélations. Moi je travaillais dans le monde sans faim. Alexandra dans celui de l’énergie et nous ressentons même ce qui, je crois, s’appelle de l’amour l’un pour l’autre désormais.

– Certes mais comme moi vous n’êtes que des cellules affectées par ce corps dont vous dépendez à des fonctions très précises. Le monde sans faim n’est pas limité car il doit sans cesse alimenter le cerveau et sa créativité. Une nourriture abondante et de qualité y est nécessaire. Il se trouve assez bas dans le monde pour profiter pleinement et immédiatement des aliments dès qu’ils sont disponibles. Il est aussi proche de l’échelle nerveuse, la colonne vertébrale, dont vous avez emprunté les escaliers. Ainsi, les transmissions sont parfaites ! Le monde de l’énergie quant à lui reçoit la mission de maintenir une activité musculaire nécessaire aux efforts demandés et ils sont nombreux, parfois très soutenus et prolongés. Cela dépend de l’hôte. Je ne vais pas évoquer tous les autres mondes mais par exemple celui que vous venez de quitter, celui de la musique correspond aux deux oreilles du maître des lieux. Les tympans interdisent toute intrusion et toute fuite. Ils sont cependant parfois sujets d’agressions que la sécurité endigue.

Les deux amants s’étaient assis plus par dépit que par fatigue. Ils avaient atteint leur but. Ils en étaient privés.

– Mes enfants, conclut Donna avec une infinie bonté dans la voix. Souriez à la vie ! Peu d’entre vous parviennent jusqu’ici pour ne pas dire qu’ils n’y arrivent jamais. Vous êtes là et bien là et si vous le désirez, vous pouvez rester. Deux de plus, deux de moins, qu’importe. Vous êtes plein de ressources, je vous trouverai une tâche. Il vous appartient maintenant de faire en sorte que l’être humain dans lequel nous vivons soit heureux. Le monde de l’horizon est le meilleur des mondes. Vous verrez que vous apprécierez de venir au bord de ses yeux admirer la lune et les étoiles chaque soir.

– Et cet être humain, est-il comme nous ? A-t-il un nom ?

– À ce que je sais, certaines cellules ont moins de chance. Nous ne sommes pas égaux dans la vie. Elles se retrouvent dans des corps inintéressants, passifs, aux cerveaux privés de toute curiosité. En général, elles dégénèrent et meurent rapidement. Leur hôte n’est pas plus à envier. Par chance notre immeuble cité comme vous l’appelez s’appelle Angelina. Elle appartient à un orchestre philharmonique, elle ne cesse d’étudier, elle adore voyager, elle est sportive et en parfaite santé. Elle vivra très longtemps et vous l’accompagnerez. Jamais vous ne vous lasserez des horizons lointains qu’elle vous fera découvrir. Je vous raconterai, un jour, tous ces endroits merveilleux où nous sommes allés, tous, avec elle. Mais attention, elle est émotive et parfois au bord des larmes ; dans ses yeux, vous risqueriez d’être emportés !

 

Un manteau de nuages habilla le ciel qui se découvrit quelques minutes après. Très loin, on devinait l’océan dont les vagues déchaînées jouaient avec les teintes de bleu. L’air marin était imprégné d’iode et de senteurs de pins.

– J’oubliais. Demain, nous partons, nous nous envolons avec Angelina pour le sud-ouest de Tokyo, au Japon. Nous nous rendons au mont Fuji pour l’éclipse totale du soleil qui sera visible là-bas.

Avant de les quitter, Donna les regarda. Thibault serrait amoureusement Alexandra dans ses bras.

AUDREY DEGAL extrait de « DESTINATIONS ETRANGES », éd BoD, pages 109 à 151

 

 

 

 

 


2 Commentaires

BONNE ANNEE 2020 !

Bonne Année, Nouvel An De L'Horloge

Nous sommes le 1er janvier 2020 et je tiens à vous souhaiter à toutes et à tous une très très bonne année 2020. 

Qu’elle vous apporte la santé, car sans elle tout devient difficile, mais aussi le bonheur, la joie, l’amour, de beaux projets, la concrétisation de vos voeux…

Que le soleil brille et réchauffe tant votre coeur que votre existence, que vos nuits soient étoilées et que ces étoiles soient vos meilleures conseillères pour guider chacun de vos pas, pour vous inspirer, pour permettre que demain soit un jour exceptionnel. 

Je vous souhaite également de belles lectures et j’espère que je contribuerai à vous divertir, voire à vous passionner encore et encore à travers les histoires que je publie sur ce site (j’essayerai de faire en sorte d’en publier davantage, pour vous !), à travers mes romans déjà publiés ou à venir, à travers les sentiments que je vous fais partager concernant mes propres lectures (tiens, j’ai fini de lire un roman ce matin, à trois heures… Je vous en parlerai), à travers aussi les films que je vais voir au cinéma… 

Enfin, je ne peux que vous remercier pour votre fidélité, pour vos commentaires, vos « j’aime » sur ce site, sur Facebook, sur Twitter… et pour l’engouement que vous manifestez pour mon dernier roman « Le Manuscrit venu d’ailleurs » qui vous séduit vraiment d’après ce que je peux  lire lorsque vous me livrez vos retours de lecture. Encore merci, merci et merci. 

Très bonne année 2020 et qu’il y en ait encore beaucoup d’autres, après, encore plus merveilleuses. 

Votre auteure : AUDREY DEGAL


Poster un commentaire

AD ASTRA, un film à savourer !

Je commencerai cet article en vous disant que c’est un beau film même si, d’après ce que j’ai pu lire, la critique est partagée. Moi, j’ai passé un très bon moment, qui plus est, reposant car l’atmosphère est d’un calme olympien ce qui s’associe remarquablement au thème de l’espace.

Pas de tirs, d’explosions à tout va, de course poursuite qui n’en finit pas. Les seuls moments d’accélération de l’action arrivent quand il le faut et ne s’éternisent pas. Ils mettent  du piquant à l’histoire.

Ad Astra, vous emporte aux confins de la voie lactée, sur la lune puis sur Mars et enfin sur Neptune. On s’y croirait ! Les images sont belles, apaisantes et quelques musiques choisies viennent jalonner le parcours de l’astronaute qui est joué par Brad Pitt, que l’on croise rarement dans de tels rôles.

Il incarne un personnage plutôt seul, en proie à des difficultés personnelles (un père lui-même astronaute parti pour une mission dont il n’est jamais revenu, une épouse (Liv Tyler) qui se sent délaissée, profession oblige… ). L’astronaute Roy McBride (Brad Pitt) gère ses difficultés existentielles et reste calme, serein, réfléchi, professionnel en toutes circonstances. C’est ce qui fait sa force. Il est envoyé dans l’espace car son père, contrairement à ce qu’il croit, ne serait pas mort et pire, la mission dont on l’avait chargé est devenue un risque majeur pour la Terre. Il faut y mettre fin. Roy accepte le défi que lui tend l’espace mais on ne lui dit pas tout et quand il veut prendre les choses en mains, il est mis de côté. Contre tous, il fera fi de l’ordre de regagner la Terre et tentera de rejoindre ce père, loin, très loin de la galaxie. Il y parvient mais les retrouvailles ne sont pas simples, inattendues et à la fois merveilleusement bouleversantes. Dans l’espace rien n’est aisé et la solitude subie difficile à gérer.

Pour ne pas tout vous révéler, je limite volontairement mon résumé, laissant à Brad Pitt, le loisir de vous subjuguer par son interprétation si douce. Oui, on retient son souffle parfois en regardant Ad Astra et cette quête du père, si apparemment elle en a gêné certains, m’a parue logique, belle, dotée d’un message qui dit combien nos parents ont compté, compte et compteront dans nos vies.

Un très bon moment donc que Ad Astra et j’espère que vous l’apprécierez comme moi !

Il n’est certes plus à l’affiche mais ne vous  en privez pas  en projection privée, blue ray, DVD, vous passerez un très agréable moment. 

Actualité : mon nouveau livre LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS, 420 pages, est  disponible.  Vous trouverez la4e de couverture ainsi que quelques extraits en cliquant sur la PAGE D’ACCUEIL de ce site. 5 bonnes raisons de vous le procurer : plaisir de lire, suspense, Moyen Âge, mystère, rebondissements… tous les ingrédients qui vous tiendront en haleine jusqu’au bout ! 

PENSEZ à cliquer sur j’aime, à commenter, à partager largement sur les réseaux sociaux, à vous abonner…

Merci de votre fidélité,

AUDREY DEGAL

 


2 Commentaires

PAR PITIÉ ! … FIN (Histoire à suspense)

PAR PITIÉ ! … FIN

Résumé de l’épisode précédent : Henri poursuit ses révélations et parle à Josef des chiffres et des noms repérés dans le couloir. Ce dernier comprend alors ce qu’il fait là. Il est prélevé par ses bourreaux. Il sait que cela ne s’arrêtera pas. Il voudrait mourir mais ne peut pas.

Cette fin est courte, certes,  mais elle vous permettra de savoir si vous aviez deviné qui étaient ces personnages prisonniers, subissant le pire. Bonne lecture ! Petite question : aviez-vous eu pitié d’eux avant de savoir qui ils étaient ? Et après lecture, avez-vous toujours pitié ?

A chaque fois qu’ils m’ont entraîné dans ce couloir, j’ai souhaité que ce soit le couloir de la mort. Mais non, je n’y ai pas droit. J’ai juste le droit de vivre, pas celui de mourir. La mort, voilà ce qu’on me refuse, ici. Elle serait trop douce à leurs yeux. 

Traîné comme un animal dans cet interminable couloir qui mène à la salle des supplices, j’ai parfois le temps de jeter un oeil à la grande plaque dont Henri m’a tant parlé. Il a raison. Il y a des noms, des milliers de noms et des nombres. Croyez-moi, il m’a fallu du temps et de nombreuses excursions dans ce couloir avant d’arriver à repérer le mien et ceux des malheureux qui partagent mon triste sort. Je crois qu’ils sont classés par dates, des plus anciens aux plus récents et je frémis lorsque je comprends que certains sont là, à subir ces tortures insoutenables depuis environ soixante-dix ans. Soixante-dix ans à supporter l’insupportable ! ce n’est pas humain !  C’est le cas d’Henri, du moins. je crois qu’il ne sait plus très bien depuis quand il est là-dedans, à croupir. Il ne cherche même plus à savoir. Voilà pourquoi je vous ai dit que je ne suis pas mort, non ! Ces sauvages, ces tortionnaires, ces brutes, nous cueillent juste avant comme on enlève un enfant à ses parents qu’il ne reverra jamais. 

Ces nombres me glacent non pas parce qu’il est clair qu’ils correspondent au nombre de victimes que chacun d’entre nous a fait périr mais parce que nos supplices sont proportionnels à nos exactions, à nos crimes, au plaisir que nous avons pu prendre, tous, à torturer les autres et à les faire périr. 

Henri Désiré Landru : 11 

Jack l’éventreur : 11 connues

Ted Bundy : 32 voire 100

Marcel Petitot : 30

Rudolf Hess : il y avait trop de zéros, je n’ai pas pu voir le chiffre devant.

Et aussi les miens :

Josef Mendele « L’ange de la mort » : et trop de zéros après !

 

Un soir, quand ils ont balancé ce qu’il reste de moi dans le trou qui est devenu notre maison, Henri s’est approché pour chuchoter à mon oreille :

— Tu voudrais mourir mais ici on ne meurt pas. On ne meurt jamais. Ils nous prélèvent indéfiniment dans ce laps de temps en suspension qui précède le trépas pour nous faire payer nos crimes. C’est pas le paradis, c’est évident. C’est pas l’enfer non plus. C’est autre chose. Un lieu, un temps qui nous est réservé, nous les VIP condamnés à la torture pour tous les meurtres dont nous nous sommes rendus coupables dans la vie, la vraie.

Il s’interrompt un instant avant de conclure :

— Ils ne veulent pas qu’on meure parce que quand on est mort, on ne souffre pas ! La mort serait trop douce. Ils nous détruisent tout doucement, éternellement, à très petit feu.

Je n’ai plus jamais reparlé à Henri, ni à personne d’ailleurs. Je me suis réfugié dans le mutisme non par choix mais parce que peu à peu, ma raison vacille et je comprends progressivement qu’il est impensable de pouvoir faire souffrir un être humain de la sorte. Mais on ne comprend cela que quand il est trop tard. D’ailleurs  l’aurais-je compris, admis, si je ne vivais pas quotidiennement le sort de mes anciennes victimes ? Je ne sais pas. je ne le saurai jamais et puis de toute façon à quoi bon ! Pour moi, il est trop tard car mon supplice durera le temps d’une éternité.

En m’endormant au milieux de mes propres excréments, si j’ose dire, deux citations que j’ai appris jadis me reviennent en mémoire. J’ai toujours été un homme cultivé : « Le corps est la prison de l’âme », Antoine Claude Gabriel Jobert,  et « Toutes les violences ont un lendemain », Victor Hugo. Je ferme les yeux?  C’est tellement vrai !

Je vous laisse, j’ai un rendez-vous ce soi :, les rats me guettent et m’attendent prêts à se délecter de l’un de mes deux yeux !

 

FIN

A bientôt pour une toute nouvelle histoire, des critiques de romans ou de films… et passez de belles fêtes !

VOICI MON 4E ROMAN, LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS, DISPONIBLE SUR COMMANDE EN LIBRAIRIES ET SUR INTERNET. Il est encore à prix promotionnel pour son lancement si vous l’achetez en ebook.

Vous pouvez  lire la 4e de couverture ainsi que quelques extraits en cliquant sur la PAGE D’ACCUEIL de ce site. Vous trouverez au moins 5 bonnes raisons de l’acheter : plaisir de lire, suspense, Moyen Âge, mystère, rebondissements… tous les ingrédients qui vous tiendront en haleine jusqu’au bout ! 

PENSEZ à cliquer sur j’aime, à commenter, à partager largement sur les réseaux sociaux, à vous abonner pour être sur de pouvoir lire la suite.

Merci de votre fidélité,

AUDREY DEGAL

 

 

 


2 Commentaires

PAR PITIÉ ! … SUITE 4 (Histoire à suspense)

PAR PITIÉ ! … suite 4

Résumé de l’épisode précédent : Ted est en piteux état, Jack se laisse prélever sans broncher, défiant presque les geôliers. Josef discute avec Henri qui lui révèle tout ce qu’il sait de cet endroit. Ses révélations glacent Josef qui a compris que son tour viendra où il sera prélevé pour endurer les pires souffrances. Pourquoi ?

Henri demeure intarissable. On dirait que ça lui fait plaisir de me révéler tout ce qu’il sait. Accumuler ce savoir c’est probablement ce qui lui a permis de tenir, de résister à ce cauchemar. Mais est-ce que ça vaut la peine de tenir, de résister ? Ne vaut-il pas mieux se laisser aller, glisser lentement vers la mort plutôt que de vivre comme des chiens ?

— Je ne sais pas si tu as bien vu Ted. Regarde bien son visage.

Je me concentre sur lui, toujours échoué au milieu de la pièce, comme un bateau à la dérive, coque transpercée qui n’atteindra plus jamais aucune rive. Il est inconscient.

J’ai bien remarqué les incisions sur son corps mais je n’ai pas prêté attention à sa figure. Enfin, figure est un grand mot. Je serais incapable de dire à quoi il ressemble tant elle est tuméfiée. Ils se sont défoulés sur sa tête comme s’ils s’étaient disputé un ballon pour gagner une partie de foot.

Naïvement, je demande à mon encyclopédie sur pattes pourquoi ils l’ont mis dans cet état.

— Ils s’efforcent de le rendre méconnaissable, d’effacer ses traits. Je me souviens qu’au début, quand il était lui aussi le petit nouveau, il était plutôt beau gosse. Mais maintenant… Je crois qu’il y a une raison derrière tout ça.

— Une raison ?

Je veux savoir, je veux comprendre pourquoi nous sommes tous enfermés là tels des rats parmi les rats. Mais connaître l’envers de ce décor lugubre me terrifie, me glace, me liquéfie sur place. Et si savoir était encore pire !

— Bien sûr qu’il y a une bonne raison. J’ai mis du temps avant de piger.

Les yeux exorbités, je l’écoute déballer son savoir :

— Quand ils s’emparent de Jack, ils s’occupent toujours de son cou et de son abdomen. Ted, c’est le visage et de jolies plaies soigneusement réalisées sur tout le corps. Marcel n’a jamais de blessures. Ils lui font avaler des trucs atroces ou respirer du gaz… Pour moi c’est surtout des brûlures et cetera. Il m’a fallu un sacré bout de temps avant de comprendre pourquoi ils faisaient ça, pourquoi les uns subissaient ceci, d’autres cela…

Outre les détails qu’Henri me donne, je remarque qu’il parle bien. Il a dû recevoir une certaine éducation et la perpétuité dont il semble s’être accommodé n’a pas réussi à entamer son éloquence. C’est un gars qui ne devait pas avoir son pareil pour parler aux femmes.

Je raccroche à son récit.

— Un jour – ne me demande pas quand, c’était il y a longtemps – alors qu’ils me traînaient dans le couloir comme un chien galeux au bout d’une laisse, j’ai vu une sorte de plaque en granit, comme une stèle, immense qui occupait tout le mur. Tu te doutes que je suis passé et repassé un bon nombre de fois devant, à chaque fois qu’ils me prélevaient. Et un jour, tout s’est éclairé.

— Tout quoi ? Mais bonté, parle !

J’ai envie de le secouer, pire, de le frapper pour qu’il avoue. 

— Tu ne vas pas aimer !

— Au point où j’en suis…

— Tu l’auras voulu. Sur cette plaque, il y a des noms classés par années, nos noms, parfois nos prénoms et des chiffres à côté.

— Des chiffres ?

— Des chiffres. À côté du mien j’ai pu lire 11, pour Ted il y avait 32, pour Marcel 30… Je n’ai pas pu voir tous les noms mais il y avait des nombres impressionnants : 147, 82, 73…

— Et à quoi ils correspondent selon toi.

— T’as pas encore compris ou tu le fais exprès ?

Je me creuse la tête et je beau réfléchir, je ne vois pas en quoi des nombres peuvent être associés à nos identités. Peut-être qu’inconsciemment mon esprit fait barrage à la vérité, une vérité qui me dépasse et que je refuse d’admettre. 

— Tu ne vas pas me faire croire que t’es un ange et que tu n’as rien à te reprocher. Moi, j’ai fini par élucider le mystère de ma présence. Quand je repense à toutes ces femmes que…

S’il n’achève pas sa phrase, il en a dit assez pour que je comprenne. Henri n’est pas qu’un beau parleur, un dandy, un charmeur. Non ! Et y voir clair me permet d’entrevoir ce qui m’attend. L’épouvante s’empare de moi.

Anéanti, abattu, totalement privé de forces, je m’affaisse d’abord contre le mur puis au sol, les yeux hagards. Je crois que je baigne dans ma propre urine tant je suis terrorisé par tout à l’heure, par demain, par mes futurs rendez-vous avec mes tortionnaires.

J’attendrai quelques jours peut-être, des semaines, comment savoir ? Mais le jour viendra où ils me prélèveront forcément !

Une jour, deux jours,…..douze jours passent et un matin c’est mon tour.

Cher lecteur, je vous en conjure, priez pour moi !

Ils reviennent le lendemain encore et encore, et encore…

Ça ne s’arrêtera donc jamais !

Je suis au-delà de la douleur, je ne suis plus qu’une ombre, je ne suis personne, je suis simplement là. Une odeur nauséabonde rôde autour de mes plaies, de mon corps. Les autres m’évitent. Je suis devenu le nouveau jouet de mes bourreaux et je peux vous dire qu’il s’amusent bien.

Je ne suis plus un homme.

Je ne suis plus rien.

Je suis, c’est tout.

J’existe, hélas.

Incapable de disparaître.

Mourir est un sort trop doux qu’ils ne me réservent pas.

A suivre… LA FIN LA PROCHAINE FOIS. Avez-vous trouvé pourquoi ils sont tous enfermés là ?

Lors de la dernière séance de dédicaces du 17/11/2019, dès l’ouverture, des lecteurs m’attendaient pour se procurer « Le Manuscrit venu d’ailleurs ». Ils ont adoré « La Muraille des âmes » et ne voulaient pas manquer mon dernier roman. Imaginez ma joie, surtout que 2 d’entre eux ont pris mes 3 autres livres aussi. Une dame m’a même dit « J’avais peur que vous ne veniez pas ». Il est vrai que j’étais un peu en retard…

Actualité : mon 4e roman est disponible, LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS, 420 pages.

Vous pouvez  lire la 4e de couverture ainsi que quelques extraits en cliquant sur la PAGE D’ACCUEIL de ce site. Vous trouverez au moins 5 bonnes raisons de l’acheter : plaisir de lire, suspense, Moyen Âge, mystère, rebondissements… tous les ingrédients qui vous tiendront en haleine jusqu’au bout ! 

PENSEZ à cliquer sur j’aime, à commenter, à partager largement sur les réseaux sociaux, à vous abonner pour être sur de pouvoir lire la suite.

Merci de votre fidélité,

AUDREY DEGAL


1 commentaire

PAR PITIÉ ! … SUITE 3 (Histoire à suspense)

PAR PITIÉ ! … suite 3

Résumé de l’épisode précédent : Huis-clos abominable et particulièrement inquiétant. Que leur veulent ces hommes, leurs bourreaux. Ted a été abominablement torturé. Discuter avec les détenus permet d’en savoir un peu plus mais aussi d’avoir encore plus peur, peur d’entendre appeler son nom : Josef. Les tortionnaires jouent à désigner Josef, terrorisé.

 Josef, tu as eu peur, hein. Mais ce n’est pas ton tour. Pas encore !

Et ils s’éloignent, m’abandonnant à mes questions, à mes futures angoisses, celles de la prochaine fois où ils viendront vraiment pour me cueillir, pour me mener à l’abattoir, vivant, pour me prélever, comme disent les autres, ces rats, enfermés-là, comme moi !

Puis le rituel de l’appel recommence. Il résonne :

— Jack, c’est à toi ! Où est-ce que tu te caches ? Allez, sors du noir !

C’est lui, l’élu du jour, le candidat au massacre.

Contrairement à Ted, il se lève, péniblement certes mais, à mon grand étonnement, il précède ses deux bourreaux et les invite même à le suivre. Est-ce de la grandeur d’âme, de l’inconscience, de la soumission, du suicide ? À vous de me le dire !

Il paraît ignorer ce qui l’attend. Je me surprends à m’agiter comme une feuille secouée par un vent invisible mais violent. C’est nerveux et je n’arrive pas à me contrôler. Même mes dents claquent et je me mords la lèvre inférieure. Mince, le sang va attirer les rats, les vrais rats, ceux qui se délectent de notre chair pendant qu’on dort !

J’entends qu’on me parle.

Une ombre est étendue non loin de moi. Je ne l’avais pas remarquée.

— Jack a pété un câble, me dit-elle. Il a totalement décroché.

— Il est devenu fou ?

— Ouais, complètement dingue, confirme l’inconnu. Il faut dire qu’il ne peut plus parler.

— Ah ! Et pourquoi ?

— La dernière fois qu’ils l’ont prélevé, il est revenu avec une balafre qui lui traversait la gorge et une autre qui lui remontait du bas de ventre, jusque-là.

D’un geste, il me montre l’étendue des dégâts.

— Depuis, il est à l’ouest. Mais c’est pas le seul.

— Ah, dis-je persuadé que je viens de tomber sur l’encyclopédie vivante de l’horreur.

Observer et expliquer aux autres ce qu’il remarque, c’est peut-être ce qui aide ce gars à tenir, à survivre dans cette fosse immonde.

— Mate un peu là-bas, le gars complètement à gauche.

Je fronce les sourcils pour essayer de le voir.

— Il s’appelle Anthony.

— Et alors, quelle importance ça a ?

— Aucune mais lui, il déguste à chaque fois qu’ils le prennent et…

Je n’en peux plus d’entendre ça.

— Arrête, tais-toi ! Je ne veux rien savoir. Ferme-la, par pitié ferme-la !

— Toi, tu n’as pas encore été prélevé mais ça viendra, crois-moi !

— Tu ne peux pas te taire !

— Dis-donc, c’est toi qui m’a posé des questions. Je ne suis pas à ta botte et je parle si je veux.

Il a raison. Et puis même si ses révélations sont insupportables, parler me fait du bien et comble le vide de ma détention.

— Je m’appelle Josef. Et toi ?

— Henri. Je suis le plus ancien ici, je crois. En fait c’est Henri Désiré mais tu peux m’appeler juste Henri.

Il me tend sa main pour que je la serre, comme on conclut un pacte avec le diable. Le contact de sa peau est curieux, trop lisse. Il le sait et s’explique aussitôt.

— Ils m’ont brûlé la main, un pied aussi et d’autres partie du corps mais ces temps-ci ils me fichent la paix. Ils ont assez de nouveaux à se mettre sous la dent.

Ce qu’il me dit ne me rassure pas et vous auriez ressenti la même chose à ma place. N’est-ce pas ! Savoir que vous compatissez à ma peine, à ma douleur, que vous priez intérieurement pour que je m’en sorte – car je reste convaincu que c’est le cas, que je sortirai un jour de ce trou à rats – me donne un peu de courage, le courage qui me manquera forcément quand ils me prendront.

— Comment peux-tu supporter ça depuis si longtemps ?

— Parce que je n’ai pas le choix. Et puis j’ai cru comprendre que je suis un cas moins lourd que les autres.

— Moins lourd ! Qu’est-ce que tu veux dire ?

Il prend appui sur ses deux mains, pour se déplacer un peu et s’installer dans une position plus confortable. Qu’est-ce que je dis ? Une position moins inconfortable.

— Ils m’appellent l’escroc et il paraît que je suis un élément de moindre importance pour eux. Je les ai entendus le dire. Par contre les autres sont des cas sérieux. Alors ils trinquent.

Je me surprends à l’envier pour qu’ils m’oublient aussi, qu’ils ne m’appellent jamais mais je suis un nouveau et ils ne me rateront pas. Je me serais bien passé de la réflexion d’Henri mais voilà, il l’a faite, remuant dans une plaie que je n’ai pas encore un couteau que mes bourreaux ne manqueront pas de me planter et de retourner encore et encore dans mes plaies pour que ça fasse bien mal.

— Mais toi, comme tu viens d’arriver…

Inutile de préciser. Je l’ai déduit tout seul, je suis prisonnier, pas idiot !

J’ai presque envie de lui sauter au cou. Non, pas pour l’embrasser ! Il n’est qu’un compagnon d’infortune. J’ai plutôt envie de le tuer pour ce qu’il vient de dire, envie de lui broyer la trachée sous mes doigts. Heureusement qu’il ne lit pas dans mes pensées et qu’il ne sait pas qui je suis vraiment sinon, il tremblerait. Oui, j’ai oublié de vous le dire mais à une époque de ma vie, les gens me craignaient. Epoque révolue !

La peur de souffrir, la peur de l’instant où ils viendront me prélever m’envahit. Un vent de panique me traverse et je voudrais qu’il m’étouffe sur place, que je ne puisse plus respirer et que je meure subitement, comme ça. Je n’aurais plus besoin de trembler, plus besoin de redouter le moment fatidique qui arrivera inexorablement.

La mort ! Ça doit avoir un côté rassurant !

Mais je ne m’étouffe pas. Je respire, je suis vivant, un être vivant qui sait que le moment viendra où ils s’acharneront sur moi. Je me demande si la plus odieuse des tortures ne consiste pas dans le fait de savoir ce qui adviendra. J’ai l’impression que mon cerveau bouillonne à force de ressasser cette peur !

Mon esprit s’efforce de réfléchir, de mettre bout à bout les morceaux d’un puzzle qui ne coïncident pas. Il force les pièces, les tord, pour qu’elles s’assemblent mais elles résistent. Je ne comprends pas pourquoi je suis là !

Je tue le temps. Que pourrais-je faire d’autre ? La faim secoue mes entrailles et la soif revient peu à peu. Je me rends compte que je ne suis qu’une machine qui se résume à peu de choses : manger, boire, dormir, sont des fonctions vitales, celles auxquelles je suis réduit aujourd’hui. Le reste c’est du fard, de la poudre aux yeux : l’amour, l’amitié, ce genre de chose… Dites-moi à quoi ça me servirait maintenant ? À rien ! Je ne suis qu’un organe programmé dès la naissance pour respirer, se maintenir en vie le plus longtemps possible quelles que soient les circonstances. Et dans ces conditions, si je suis résistant, ma vie peut s’éterniser ici, hélas. Comme un épileptique, je me remets à trembler à cette perspective effroyable.

Quelle horreur ! Je n’imagine pas un seul instant que cela soit possible. Rester dans cet endroit à jamais, à leur merci et devenir une plaie putride, comme tous les autres. C’est… c’est… c’est inconcevable et en tout cas au-dessus de mes forces. Je m’égare… Je vais devenir fou.

A suivre…

Actualité : mon 4e roman est disponible, LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS, 420 pages.  Vous pouvez  lire la 4e de couverture ainsi que quelques extraits en cliquant sur la PAGE D’ACCUEIL de ce site. Vous trouverez au moins 5 bonnes raisons de l’acheter : plaisir de lire, suspense, Moyen Âge, mystère, rebondissements… tous les ingrédients qui vous tiendront en haleine jusqu’au bout ! 

Et ce dimanche, je dédicace mes 4 romans à Sainte Foy les Lyon, dans le Rhône, salle ellipse (en face de Calicéo), parking gratuit, entrée gratuite. Pour me trouver, c’est simple. Cherchez AUREY DEGAL. 

Bon week-end et belles lectures !

PENSEZ à cliquer sur j’aime, à commenter, à partager largement sur les réseaux sociaux, à vous abonner pour être sur de pouvoir lire la suite.

Merci de votre fidélité,

AUDREY DEGAL


2 Commentaires

PAR PITIÉ !… SUITE 2 (histoire à suspense)

PAR PITIÉ ! … suite 2

Résumé de l’épisode précédent : Toujours enfermé, l’homme cherche à comprendre ce qui lui arrive. Les bourreaux  appellent les détenus les uns après les autres et quand leurs victimes reviennent, elles on subi le pire. Ted a été « prélevé », il revient avec d’atroces blessures. Comment des êtres humains peuvent-ils imposer ça à d’autres ? La soif, la faim, le froid, la nudité s’ajoutent à leurs effroyables conditions de détentions. Mais pourquoi ces hommes sont-ils retenus là ?

Je suis le dernier arrivé dans cette cellule pestilentielle. J’ai besoin de savoir ce qui se passe et pourquoi. C’est plus fort que moi mais je garde quelque part l’espoir de pouvoir m’échapper. Ne dit-on pas que l’espoir fait vivre ? Alors je m’y accroche comme à une bouée de sauvetage que je n’ai pas.

            Il faut absolument que j’en aie le cœur net. Alors je rampe au sol, doucement comme un serpent sauf que je ne pique pas. Je suis inoffensif ici. Je vous rappelle que je suis une victime. Je m’approche d’un gars que j’ai choisi au hasard. Lui, ou un autre, qu’importe ! Il me laisse m’installer à proximité, il ne me dispute pas son territoire. Je me lance :

            — Je n’y comprends rien. Qu’est-ce qu’ils lui ont fait ? Pourquoi ils l’on mis dans cet état ?

            Les yeux hagards, il me répond, agitant ses lèvres crevassées autour d’un puits tari et partiellement édenté.

            — T’es nouveau toi !

            — Oui !

            — Je t’avais repéré. Ils lui ont fait ce qu’ils ont voulu lui faire, exactement. Pas plus, pas moins. Il faut qu’il reste en vie, pour la prochaine fois. C’est ça la règle ici : qu’on ne meure surtout pas !

            Il me tourne le dos mais juste avant je l’entends dire :

            — Maintenant, tire-toi !

            Il ne veut pas m’en dire davantage alors je retourne d’où je viens.

           Quand je passe à proximité de Ted, je ne peux pas m’empêcher de scruter son corps.

           Comme moi, comme tous les autres, il est nu, si bien que je découvre les multiples incisions pratiquées sur lui. Je les qualifierais de parfaites. Si, si, parfaites ! Elles ont quelque chose d’esthétique. Elles semblent alignées les unes à côté des autres selon un plan judicieux qui pourrait faire penser à des arbres plantés dans une exploitation forestière. J’en compte approximativement une trentaine, avant que la lumière ne s’éteigne. Toutes de la même dimension, toutes réalisées avec la plus grande précision, une précision quasi chirurgicale. Mais les anesthésies, ici, ils ne connaissent pas.

            Mon dieu, la porte s’ouvre brutalement.

            Au secours, ils vont prendre quelqu’un !

            À l’aide, pitié, pas moi ! C’est ce que je hurle dans ma tête.

            Mais ils viennent simplement déposer un énorme seau en bois, plein d’eau, avant de disparaître.

            Aussitôt, c’est la ruée, la bousculade, comme au moment des soldes mais il n’y a rien à acheter.

            Les plus robustes d’entre nous se jettent alors en avant et plongent leurs visages crasseux dans le bassin qui, à ce moment-là ressemble davantage à une auge et eux à des porcs qui meurent d’envie de boire. C’est drôle d’employer cette expression car ils boivent pour rester vivants. Dans un instant, il ne restera plus rien alors je les imite et je me rue vers eux. Mais pour gagner, pour faire partie des heureux élus autorisés à étancher leur soif, il faut frapper les autres. C’est la guerre, un combat de coqs une lutte inégale à laquelle certains renoncent, faute de forces.

            J’arrive à engloutir quelques gorgées avant de recevoir moi aussi des coups de poings dans les côtes et d’être violemment éjecté en arrière. Je ne pourrai plus approcher. Autour, il s’est formé un cercle de chiens enragés qui grognent et mordent. Mieux vaut en rester là.

            Je retourne me caler contre mon pan de mur froid et sale en attendant que le calme revienne. Je viens de comprendre qu’ici on ne nous considère plus comme des hommes. Que sommes-nous alors ? Des amas de chair et d’os, pensants mais surtout souffrants et c’est ce que nos tortionnaires préfèrent.

            Ayez pitié de moi !

            Un rai de lumière passe sous la porte.

            Ils reviennent, déjà.

            Il leur faut une nouvelle marionnette. Ils ont envie de jouer.

            — Josef !

            Je déglutis avec peine. Josef, c’est moi !

            Vous qui me lisez, venez-moi en aide ! Trouvez un moyen, sortez-moi de là ! J’ai peur, je me sens mal, je vais m’évanouir avant même qu’ils m’emmènent.

            Je ferme les yeux d’effroi. Je sens soudain un coup de poing contenu appliqué sur mon épaule. Je sursaute et je les entends dire :

            — Joseph, c’est bien ton prénom !

            Je ne parviens pas à répondre tant ils rient. Bien sûr qu’ils me connaissent mais ils s’amusent avec mes craintes, mes doutes, mes nerfs… Je me mets à pleurer, à chialer comme un gosse terrifié.

          C’est mon tour, ils vont m’emmener !

A suivre…

Actualité : LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS, mon 4e roman de 420 pages est disponible sur commande dans toutes les librairies et sur internet.  Vous pouvez déjà lire la 4e de couverture ainsi que quelques extraits en cliquant sur la PAGE D’ACCUEIL de ce site. Vous trouverez au moins 5 bonnes raisons de l’acheter : plaisir de lire, suspense, Moyen Âge, mystère, rebondissements… tous les ingrédients qui vous tiendront en haleine jusqu’au bout ! 

PENSEZ à cliquer sur j’aime, à commenter, à partager largement sur les réseaux sociaux txeeter, facebook, instagram…,et à vous abonner pour être sur de pouvoir lire la suite.

Merci de votre fidélité,

AUDREY DEGAL

 


2 Commentaires

PAR PITIÉ !… SUITE 1 (histoire à suspense)

PAR PITIÉ ! … suite 1

Résumé de l’épisode précédent : un homme est maintenu prisonnier dans un endroit insalubre, infesté de rats. Il est le dernier arrivé, jeté dans une fosse avec des centaines d’autres. Il se rappelle son passé heureux et se demande comment il pourra fuir ce lieu cauchemardesque.

           Dans cet enfer, j’ai sympathisé avec certains – enfin sympathisé est un grand mot – disons que nous avons échangé quelques mots, vagues, histoire de discuter, de nous rassurer ou de nous faire encore plus peur. Parler aux autres m’aide un peu à supporter ma situation mais le plus souvent ça me terrifie, surtout quand ils reviennent et me racontent tout ce qu’ils leur ont fait.

            Ici, notre existence est rythmée par les appels de nos bourreaux, qui jettent leur dévolu sadique sur l’un d’entre nous. Ils le font sortir de cette prison, de force et s’il refuse ou s’il traîne, ils lui assènent des coups de matraque. Nos geôliers ne sont pas tendres ! Et quand l’infortuné revient, la porte s’ouvre et ils le jettent comme une ordure dans la pièce où nous sommes tous, sans ménagement et je peux vous dire que ça les amuse. Le pire, c’est que celui qui est « prélevé » comme on dit entre nous, revient toujours mais dans un sale état !

            Non, vous ne rêvez pas, moi non plus d’ailleurs, ceci c’est mon quotidien, c’est ma vie, c’est comme ça et je ne pense pas que je tiendrai très longtemps. Leurs supplices sont trop barbares. Ils ne m’ont pas encore prélevé, mais je sais que ça arrivera. Imaginez ma peur. Que dis-je ! Imaginez ma terreur !

            Tout à l’heure, c’est Ted qu’ils ont appelé. Ils ont dû répéter plusieurs fois son prénom car il ne bougeait pas. Comme nous tous, il s’est prostré dans son coin en espérant qu’ils ne le verraient pas. C’est ridicule, ils savent toujours où est leur cible, leur marionnette, leur souffre-douleur, la souris dans laquelle ils aiment planter leurs griffes acérées. Je l’ai regardé. On aurait dit un petit garçon réfugié au fond d’un placard pas assez profond et qui a peur de ses parents. Mais dans notre cas, ses parents sont deux colosses armés qui ne plaisantent pas !

            — Ted B…, ont-ils répété de plus en plus autoritaires.

            Je n’ai pas compris son nom. Je les ai juste entendu aboyer son prénom. Puis, comme il restait pelotonné dans son armoire, ils sont entrés plus en avant et l’ont agrippé avec leurs sales pattes, l’un par ce qui lui reste de cheveux, l’autre par un bras, pour l’entraîner hors de la pièce. Son épaule a craqué, un bruit sec, bref mais net. Je crois qu’il l’ont déboîtée. Et s’ils font pareil avec moi… Je tremble. Si vous pouvez m’aider, je vous en supplie, aidez-moi !

            Ted ne s’est même pas débattu. Telle une poupée de chiffon qui n’a pas rencontré de savon depuis des lustres et qui sent mauvais, il s’est laissé glisser sur le sol, entraîné par ses bourreaux, traîné comme un sac poubelle. Le blanc de ses deux yeux semblait tracer un sillon dans l’air au fur et à mesure de sa progression. Mais une fois dans le couloir, après que la porte s’est refermée, on l’a tous entendu crier :

            — Non, non, pas moi ! Pas ça ! Pitié !

            Nous, on savait qu’il ne pouvait pas leur échapper. Ils décident, on subit.

Puis les murs ont englouti sa voix et le silence est revenu comme un couvercle qui descend lentement sur un cercueil. 

            La torture est la bête malfaisante qui sévit au-delà des limites de cet endroit ou nous vivons – mais le mot vivre est excessif car nous survivons – si bien qu’on trouverait presque notre prison sympathique. C’est dingue non, alors que nous pataugeons dans l’innommable !

            Depuis combien de temps Ted est-il sorti ?

            J’ai soif.

            J’ai faim.

            J’ai froid.

            J’attends la suite, plongé dans une angoisse indescriptible ! La suite de quoi ? Je ne le sais même pas !

            C’est affreux ce que je vais vous dire. Mais ayez quand même pitié de moi, je vous en prie ! Je dois avouer que chaque fois que j’entends qu’ils appellent quelqu’un d’autre que moi, je suis presque content : content que ce soit lui, content que ce ne soit pas encore le moment pour moi. Ne me jugez pas ! C’est humain d’espérer ça et puis je parie que tous les autres pensent la même chose, à chaque fois, à chaque extraction : pourvu que ça ne soit pas moi ! Et puis c’est le soulagement lorsqu’un nom fend l’air, un nom qui n’est pas le nôtre. Oui, quand ça tombe sur un autre, ça soulage, ça nous donne un répit. C’est très égoïste de dire ça mais faites un effort pour comprendre et demandez-vous comment vous réagiriez à ma place, à notre place à tous ? La souffrance, la souffrance extrême est capable de changer les hommes, de les transformer en monstres – à moins qu’ils ne le soient déjà – et le pire c’est quand on sait qu’elle est à venir. D’ailleurs, nos bourreaux misent sur cette peur-là ! Serai-je le prochain ? C’est ce que nous nous demandons tous, c’est ce que vous vous demanderiez si vous étiez coincé là.

            J’humecte mes lèvres an passant et repassant ma langue râpeuse sur elles mais elle est désespérément sèche. J’ai encore plus soif, encore plus faim que tout à l’heure, je grelotte et finalement je m’endors, pour un instant au moins ! Mes rêves sont cauchemardesques mais ils m’apaisent car pendant que je dors, il ne se passe rien.

           Soudain, il y a de l’agitation autour de moi, comme à chaque fois que quelqu’un pénètre dans la prison. J’ouvre les yeux et je vois Ted propulsé par deux bras vigoureux qui le poussent violemment en avant, à l’intérieur de la pièce, tel un chien galeux dont on veut qu’il détale au plus vite. Ils ont fait exprès d’allumer la lumière, enfin l’ampoule crasseuse qui domine au plafond et qui semble nous observer insidieusement. Ils veulent que l’on voie, que l’on sache ce qu’ils ont fait de Ted.

           Leur victime ne peut résister à la poussée qu’ils lui infligent. Ted est trop maigre et ses jambes le portent à peine. Il fait deux trois enjambées maladroites, incontrôlées, il perd l’équilibre et s’effondre, presque devant moi. Je replie mes jambes sous moi, de crainte qu’il ne me touche. Ce n’est plus vraiment Ted que je regarde, c’est un corps, un corps à vif, un corps qui n’est qu’une plaie dont on se demande si elle pourra guérir. Je ne peux retenir mon dégoût. Je me retourne et je vomis de la bile dans un coin, derrière moi. Mon ventre est vide. Rien d’autre ne pourrait en sortir que ce liquide visqueux. Ensuite, je m’écarte un peu pour trouver un autre endroit plus… moins… enfin un autre endroit.

            Les autres semblent indifférents au triste sort de Ted. Il faut dire qu’ils ne sont pas en meilleur état. Maigres, décharnés, on dirait qu’ils sont sur le point de se casser. Mais ils résistent. Est-ce bien ? Je ne sais pas. Moi-même, je suis indifférent à son sort et je me contente de le regarder en me disant que j’y ai échappé pour cette fois encore. Après tout, chacun ses problèmes ! Vous me trouvez dur, insensible ? Peut-être, mais quand il s’agit de survivre on se métamorphose en…en je ne sais pas quoi.

A suivre…

Actualité : mon nouveau livre LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS, 420 pages, est  disponible. Vous pouvez déjà lire la 4e de couverture ainsi que quelques extraits en cliquant sur la PAGE D’ACCUEIL de ce site. Vous trouverez au moins 5 bonnes raisons de l’acheter : plaisir de lire, suspense, Moyen Âge, mystère, rebondissements… tous les ingrédients qui vous tiendront en haleine jusqu’au bout ! Vous pouvez le commander en librairie ou sur internet sous forme ebook ou papier. Bonne lecture.

PENSEZ à cliquer sur j’aime, à commenter, à partager largement sur les réseaux sociaux, à vous abonner pour être sur de pouvoir lire la suite.

A celles et ceux qui ont déjà lu mes livres, sachez que pour un auteur encore peu connu, les messages que vous laissez sur les sites d’achat en lignes sont essentiels. Aussi, je me permets de vous suggérer de laisser un avis sur AMAZON (même si vous n’avez pas acheté votre livre là) car le site opère un classement des auteurs en fonction des avis. Vous me permettrez ainsi d’avoir davantage de visibilité sur le Net. Merci d’avance.

Merci de votre fidélité,

AUDREY DEGAL

 


4 Commentaires

SORTIE DE MON 4E ROMAN : LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS

MON 4E ROMAN : LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS. Un livre haletant, comme toujours !

Il est enfin disponible !

Vous l’attendiez ! Certains d’entre vous, fidèles lecteurs, m’avez sollicitée à maintes reprises pour savoir quand il sortirait. Mes précédents livres vous ayant plu, vous avez eu envie de vous plonger dans le dernier et je vous en remercie. 

Disponible en libre papier ou ebook dans toutes les librairies et sur internet, il vous suffit de le commander en indiquant son titre, LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS, le nom de l’auteure, AUDREY DEGAL et l’éditeur, BoD. Je vous emporte pour 420 pages doucement au début, le temps que vous découvriez les personnages intrigants de ce roman et que tout se mette en place mais attention, le rythme s’accélère progressivement. Je vous invite, par moments,  au Moyen Âge, à d’autres dans le temps présent, à Lyon plus exactement. Vous descendrez dans un scriptorium mais les moines vous surveilleront ! De rebondissements en rebondissements, vous suivrez Annabelle, Jonathan, Marc et Raphaël qui doivent mener leur enquête pour espérer sortir du guêpier dans lequel ils se retrouvent bien malgré eux. Et puis, il y a cet homme, sans nom, qui est présent sans que l’on sache pourquoi, qui les précède, qui les suit par moments. D’où vient-il et que cherche-t-il ? Pour le savoir, tournez les 420 pages jusqu’au dénouement. Accrochez-vous bien, certains ne sont pas ce qu’ils paraissent être.

Vous trouverez ci-dessous le 1er chapitre et d’autres extraits choisis au hasard.

 4e de couverture :      

           Une abbaye perdue, sombre, inquiétante que même les cartes ne mentionnent pas. Quels secrets se cachent derrière ses murs imposants ? Pourquoi un parfait inconnu, qui s’éclipse ensuite, offrirait-il un manuscrit d’une valeur inestimable à Raphaël alors qu’il ne le connaît pas ?

            Ailleurs, pendant ce temps-là, un parc, un livre abandonné sur un banc. Quelqu’un l’a-t-il oublié ? Annabelle le prend et se plonge dans un récit étrangement trop captivant. Comprendra-t-elle, avant de s’envoler pour Miami, que celui qu’elle a déjà croisé trois fois, par hasard, va changer sa vie et la tournure de l’histoire ?

            Une intrigue tissée avec une efficacité remarquable où le Moyen Âge fait irruption dans le présent pour bousculer la vie de personnages étonnants. Une fin magistrale.

1er chapitre  :

1   LIBRE

       La pierre tombale glissa très lentement sur le soubassement qui la retenait depuis des siècles.

            Le bruit du frottement se répercuta en un écho lugubre dans la crypte sans déranger les hôtes endormis depuis longtemps en ce lieu.

            L’air vicié le prit aussitôt à la gorge. Il avait l’impression d’étouffer. Les moisissures, la poussière, les insectes et l’humidité s’étaient emparés de cet endroit de repos éternel pour l’envahir. Les petits vitraux censés laisser passer un peu de lumière étaient presque totalement occultés par le lierre qui s’y était accroché et avait prospéré.

            Tout autour de lui, le silence, le vide, la mort, l’éternité.

            Il s’assit quelques instants sur le rebord de la sépulture, histoire de reprendre ses esprits, de faire le point sur la mission à mener. Leurs vies en dépendaient, la vie de ceux qu’il avait appris à aimer et qui, prisonniers, ne pouvaient agir.

           Il regarda le gisant de la reine, qui souriait, celui du roi, impassible. Il se rappela le tribunal de l’Inquisition qui voulait l’exécuter. La cause ? Une simple difformité qui faisait de lui un être différent, trop grand pour l’époque donc ensorcelé. Un prétexte, un mensonge, des témoins achetés qui jurèrent qu’ils l’avaient vu adorer le diable et le bûcher était dressé. Alors que tout semblait perdu, le souverain était intervenu pour le sauver. Sa Majesté en personne jura sur la croix qu’elle était avec lui à la chasse ce jour-là et que ses accusateurs mystifiaient le tribunal. On ne conteste pas la parole du Christomimetes[1]. Il fut relâché et remercia son sauveur.

          Il mènerait à bien sa mission, avec d’autant plus de ferveur qu’il devait la vie à la famille royale.

        C’était écrit désormais.

        Sa promesse serait exaucée bien au-delà de ce qu’il imaginait.

        Mais il était seul dans cette chapelle et personne d’autre que lui ne pouvait infléchir leurs destinées.

       Il savait que là, dans le passé, ils attendaient, ils l’attendaient.

       Il savait que le moment de leur mort était en sommeil, qu’il pouvait encore intervenir mais que le temps était compté.

       Il savait qu’ici, dans ce présent, les autres ne se doutaient encore de rien, qu’ils ignoraient ce qui allait arriver. Comment auraient-ils pu imaginer ?

        Dehors le vent soufflait comme pour lui rappeler ce qu’était la vie.

        Il devait partir.

        Il s’étira pour réveiller son corps engourdi, regarda la lourde porte close de la crypte avant de se diriger vers un coin sombre et de sortir par une issue dérobée. Seuls les seigneurs du domaine et lui-même en connaissaient l’existence. L’air frais provenant de l’extérieur ne se laissa pas prier. Il s’engouffra en quelques secondes alors que lui s’éloignait.

            Il faisait nuit noire.

            Il était libre.

            Il est celui qui retient le temps.

        

[1] Christomimetès : personnification du Christ. Le roi était considéré comme le représentant du Christ sur Terre.

 

AUTRE EXTRAIT :  LES TREFONDS DE LA TERRE

          … Le guide poussa lentement la porte qui s’écarta dans un grincement tel que Jonathan associa le bruit à l’ouverture d’un sarcophage. Il était toujours aussi désireux de découvrir les trésors de cette abbaye mais ce n’était pas sans crainte. Il se demandait si sa soif de connaissances n’allait pas l’emmener dans un endroit interdit au commun des mortels duquel il ne reviendrait jamais. Au-delà, le noir absolu régnait en maître et un courant d’air frais provenant des profondeurs de la Terre, remonta, tourbillonna autour de lui, l’enveloppa tel un drap mortuaire, pour finalement le glacer. Le jeune homme s’efforçait, tant bien que mal, de masquer la frayeur qu’il éprouvait à l’idée de descendre dans cet abîme. Et s’il s’agissait d’un aller simple ! Mais pourquoi se débarrasserait-on de lui ? Pour continuer d’avancer, il devait chasser cette idée saugrenue de son esprit. Mais, tenace, elle s’y accrochait.

            — Suivez-moi ! ordonna encore une fois le guide comme si c’étaient les seuls mots qu’il connaissait.

            Et il s’engouffra dans l’obscurité.

            Frère Bastien introduisit sa main dans une sorte de niche, pressa un interrupteur invisible et le pâle faisceau lumineux d’une ampoule fendit le noir, permettant d’apercevoir un escalier qui s’enfonçait dans les tréfonds de l’abbaye. On aurait dit l’antre du diable, entité à laquelle il avait fait allusion en quittant sa cellule et qui avait profondément choqué le moine. Et si Lucifer existait ! Et si le moine s’apprêtait à guider ce blasphémateur jusqu’à lui, pour le punir !

            La peur faisait divaguer le chercheur.

          Les deux hommes se glissèrent dans le passage étroit, mal éclairé et commencèrent la descente. Elle parut durer, s’éterniser même, car l’escalier abrupte n’en finissait pas de s’enfoncer. Il semblait n’aboutir nulle part. Jonathan devinait les marches plus qu’il ne les voyait. Celles-ci d’abord larges, droites mais irrégulières, probablement taillées dans la roche, se rétrécissaient au fur et à mesure qu’ils progressaient.

            — Tenez-vous à la corde ! Certaines marches sont piégeuses et si vous en manquez une…

        Il s’interrompit avant de poursuivre :

           — La verticalité de l’escalier n’est guère propice à un sauvetage !

            Il parlait d’expérience mais sa réflexion tenait plus de l’ordre que du conseil, car sa voix n’avait rien d’agréable. Prisonnière de cet espace confiné, elle résonnait de façon rauque et ténébreuse. Elle n’était en aucun cas rassurante.

          Le niveau du cloître était déjà loin au-dessus de leur tête quand la pierre céda la place au bois et à un escalier en colimaçon cette fois qui craquait sous les pas des visiteurs. Il descendait lui aussi de façon raide en même temps qu’une odeur de cave montait et que la température baissait. Les rares ampoules censées l’éclairer se contentaient de projeter des ombres inquiétantes qui s’allongeaient puis diminuaient au rythme de la progression des deux hommes comme si deux spectres les précédaient ou les suivaient.

            — Où sommes-nous ? osa demander Jonathan en chuchotant.

           Ce lieu oppressant l’intimidait autant qu’il l’inquiétait.

            — Sous l’abbaye !…….

AUTRE EXTRAIT :  INTRUSION

            Étrange !

            Ne l’avait-elle pas fermée à clé en quittant son appartement ? Annabelle fouillait en vain dans sa mémoire. Elle se sentait si mal à ce moment-là qu’elle avait peut-être oublié de tirer la porte derrière elle ! Bizarre ! Plus elle tentait de se souvenir, plus elle était convaincue qu’elle n’avait pas pu la laisser ouverte à tous les vents.

            Et s’il y avait quelqu’un dans son appartement ! Les idées les plus noires inondaient son esprit, les scénarios les plus sombres l’envahissaient inexorablement.

            Avancer ? Faire demi-tour ? Appeler la police ?…

            Annabelle se rappela les conseils de prudence que Marc lui prodiguait souvent. Combien de fois lui avait-il suggéré d’installer une alarme dans son appartement ou de mettre un système de fermeture de meilleure qualité ? D’ailleurs où était-il, Marc, en ce moment ? Jamais là quand on avait besoin de lui finalement.

            Elle était inquiète, qui plus est amère.

            Alors que ces pensées se bousculaient dans sa tête, elle choisit de tendre une oreille avant de s’aventurer plus loin. C’était plus prudent ! Elle s’attendait à chaque instant à ce qu’un individu surgisse.

     La porte de l’ascenseur se referma totalement derrière elle dans un bruit sourd, ce qui la fit sursauter. Particulièrement attentive et sur ses gardes, elle fut à nouveau surprise lorsqu’elle entendit un claquement provenant des étages supérieurs. Soudain la lumière s’éteignit, plongeant les lieux dans l’obscurité. Les éléments semblaient se liguer contre elle. Angoissée, elle retint sa respiration, à l’affût, comme si quelque chose allait surgir de la pénombre. Au même moment, l’ascenseur redémarra, probablement appelé par un résident. Après être redescendu jusqu’au bas de l’immeuble, il remonta avant de s’immobiliser au quatrième étage. Annabelle prêta l’oreille mais personne ne sortait de la cabine. C’est alors qu’un flot de jurons provenant d’un appartement situé plus haut brisa le silence. Un couple se disputait violemment. Mais l’objet exact de leur discussion restait inaudible. Dans la montée d’escalier, les rares vasistas situés en hauteur diffusaient une légère lumière à laquelle la jeune femme s’était peu à peu accoutumée. Malgré cette semi-obscurité, elle s’approcha de la rambarde et se pencha précautionneusement dans la cage d’escalier pour tenter de voir ce qui se passait sur le palier du dessous. Elle entendait quelqu’un marcher et il ou elle devait farfouiller dans un sac pour prendre quelque chose. Et s’il cherchait un revolver ! Pourquoi n’allumait-il pas ? Peut-être voulait-il la surprendre ! Annabelle recula instinctivement, ne se sentant plus du tout en sécurité ni à son étage, ni à un autre. Ses mains étaient moites, sa respiration s’accélérait inconsciemment et son cœur frappait de façon inconsidérée dans sa poitrine.

            Finalement, elle entendit une porte s’ouvrir puis se refermer presque aussitôt. Un voisin venait sans doute de rentrer chez lui. Elle aurait pu lui demander de l’aide, lui dire qu’elle était inquiète, que quelqu’un avait pénétré par effraction chez elle en son absence… Mais elle était à nouveau seule et devait faire face à la situation.

          Elle allait se retourner quand elle sentit une main peser lourdement sur son épaule. Elle ne put s’empêcher de pousser un cri strident tandis que ses jambes se dérobaient sous elle.

            L’instinct de conservation prit les commandes et en un éclair, elle fit volte-face et se cramponna fermement à la rampe qui courait le long du mur, craignant que son agresseur ne veuille l’attraper pour la précipiter dans le vide. Et la lumière revint, presque éblouissante, clignota à plusieurs reprises avant de s’éteindre à nouveau dans un claquement sec. L’ampoule venait de griller. Durant le bref instant de clarté, elle eut le temps d’apercevoir un homme imposant, la mine peu avenante qui la fixait, le regard noir, les sourcils froncés. Il n’avait pas l’air commode du moins pour ce qu’elle avait pu en voir. Son visage, faiblement éclairé par la lumière verte du bloc lumineux qui signalait l’issue de secours, paraissait cadavérique…

********************************

 

 

 

 


2 Commentaires

PAR PITIÉ !… (Nouvelle histoire à suspense. Accrochez-vous !)

PAR PITIÉ ! …

 

            Soixante  ! Il me semble qu’il y en a soixante !

            Non, je ne parle pas des rats qui grouillent de partout et tentent, chaque nuit de nous grignoter une oreille, le nez ou le bout des doigts quand ce ne sont pas les paupières. Ça doit être tendre et bon une paupière ! C’est pour ça qu’ils courent sur nos visages. Ils ne renoncent jamais et reviennent à l’assaut, inlassablement. Si au moins j’arrivais à en tuer un, de temps en temps, je lui tordrais le cou ou alors je lui arracherais la tête, avec mes dents. Et je pourrais même le manger car j’ai faim, une faim tenace.

            Donc je ne parlais pas des rats mais de ceux qui sont là, avec moi, enfermés comme moi, ces compagnons de cellule – si je peux dire – qui croupissent aussi dans cette pièce sordide, crasseuse toujours plongée dans la pénombre. J’ai toujours eu peur du noir. Je les discerne à peine même si mes yeux se sont habitués à ces ténèbres. Les leurs aussi. Ils savent que je suis là, que je suis le nouveau, le dernier arrivé.

            Parfois, je les entends gémir ou se plaindre. Parfois ils hurlent comme des damnés. À croire que leurs cris leur permettront d’ouvrir grand la porte et de s’échapper. S’échapper ? Impossible ! Ils s’époumonent quand ils sont à bout, qu’ils n’en peuvent plus, c’est tout. Ce ne sont que des cris de rage, d’horreur…

            Et puis, il y a aussi l’odeur ou plutôt la puanteur… Car on ne sort jamais d’ici, vous vous en doutez ! Ça sent l’urine à plein nez, mêlée à toutes sortes d’excréments que je n’ai pas besoin d’énumérer. C’est infect mais c’est mon lieu de vie maintenant et moi aussi j’ai l’impression que je deviens un déchet.

 

            Depuis quand est-ce que je suis là, me demanderez-vous. Eh bien, je n’en sais rien, je ne me rappelle pas à quel moment tout a basculé. J’essaye de me souvenir mais quelque chose m’échappe. C’est le trou noir, le vide total. J’avais une vie avant ça, j’étais heureux.

 

            Je suis certain que j’avais une femme déjà âgée, comme moi d’ailleurs. Mais n’allez pas croire dans ce que je viens de vous dire que je suis simplement mort et que je ne connais pas la raison de mon décès. Non, je me sens bien vivant, et je suis convaincu que mes tortionnaires veulent que je le reste. Ils veulent que je souffre. Ils veulent se délecter de ces effroyables conditions de détention jusqu’à… La question est celle-ci : jusqu’à quand ? Bien aise celui qui pourrait répondre à cette question !

            Je disais donc que j’avais une famille et des enfants. Deux garçons, grands qui ont de bonnes professions et ont fait de beaux mariages. Il faut dire que je suis riche, enfin plus maintenant. J’étais riche.  J’ai toujours eu le sens des affaires. J’ai vécu en Argentine ou au Paraguay pendant longtemps mais je viens d’ailleurs. Ah, tout ça appartient au passé. C’était le bon temps !

 

            Justement, le temps : j’ai perdu sa notion. Les jours, les heures n’ont plus d’importance ou plus de sens pour moi. Pourquoi en auraient-ils puisque je suis constamment enfermé dans ce trou immonde. Tout se ressemble, tout est gris ou noir, à part le sang, seule couleur un peu plus vive dans ce dépotoir. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là. Trop longtemps à mon goût mais je suis convaincu que je vais y rester encore un sacré moment. Ça me fait peur, terriblement peur. Et puis j’ai froid, constamment froid. L’humidité me traverse la peau, la chair et me glace au plus profond de moi. C’est atroce ! mon corps me fait mal, meurtri par les conditions puisque tout le monde dort à même le sol, sans matelas, sans couverture, sans rien !

A suivre…

Actualité : mon nouveau livre LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS, 420 pages, est actuellement sous presse et devrait être très bientôt disponible. Je lui consacrerai un article mais vous pouvez déjà lire la 4e de couverture ainsi que quelques extraits en cliquant sur la PAGE D’ACCUEIL de ce site. Vous trouverez au moins 5 bonnes raisons de l’acheter : plaisir de lire, suspense, Moyen Âge, mystère, rebondissements… tous les ingrédients qui vous tiendront en haleine jusqu’au bout ! 

PENSEZ à cliquer sur j’aime, à commenter, à partager largement sur les réseaux sociaux, à vous abonner pour être sur de pouvoir lire la suite.

Merci de votre fidélité,

AUDREY DEGAL


2 Commentaires

FILM ANNA de LUC BESSON

Entrons dans le vif du sujet : j’ai adoré ce film et je ne me suis pas ennuyée une seconde !

Le rythme est bien pensé, qui commence doucement et qui contribue à faire d’Anna, le personnage principal, une jeune femme vulnérable, fragile, que la vie n’a pas favorisée. Enfin, apparemment ! Pourtant, bousculant avec la chronologie, Luc Besson, nous présente son personnage féminin comme une petite marchande sans avenir, sur un marché de Moscou, repérée par une agence qui cherche des top-modèles. Anna a tout pour briller, elle est vite un égérie qui se permet de surcroît de séduire un homme tout puissant que l’on croit inaccessible et, alors que l’on ne s’y attend pas, de le tuer. Mais qui est donc Anna ? Pourquoi rompt-elle avec cet avenir si prometteur qui semblait lui tendre les bras ? Est-elle un agent du KGB ? Oui, mais… c’est le mais qui est intéressant. Appartient-elle à une autre organisation ? Peut-être… c’est le peut-être qui est intéressant. Deux hommes sont proches d’elle, véritables amis ? Véritables amants ? Rivaux ? Qui tire les ficelles du destin d’Anna ? Eux ? D’autres ? Elle ?

A plusieurs reprises, on la sent prisonnière. Nombre de menaces pèsent sur elle même si elle excelle dans ce qu’elle entreprend. Chaque détail a son importance mais le spectateur ne le découvre pas nécessairement au moment où il voit la scène. Aussi, Besson se livre-t-il a des aller-retour judicieux qui expliquent ceci puis cela, précisions qui nous éclairent assurément au moment voulu et nous laissent deviner petit à petit qui est Anna. Jouet ou manipulatrice ? Le réalisateur se livre à un crescendo dans l’action et dans l’intrigue qui nous scotche à l’écran. 

Bref, vous l’aurez compris, Anna est « du grand Besson ». On y retrouve des accents de Nikita et dans la beauté du personnage principal, un peu du « Cinquième élément » mais les comparaisons s’arrêtent là. Besson a su concevoir, pour notre plus grand plaisir, un nouveau chef d’oeuvre et je dirais même que ce réalisateur se bonifie avec le temps : il excelle dans ce thriller. 

Bonne séance à celles et ceux qui le regarderont. 

Audrey Degal

Je sais que vous l’attendez, vos messages le prouvent. Mon 4e livre « LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS » est actuellement sous presse. Il devrait être disponible à la vente d’ici environ deux semaines (le temps d’être référencé). J’espère qu’il vous passionnera. En le relisant une dernière fois, je me suis prise à mon propre jeu, passionnée par ma propre histoire. J’espère qu’il en sera de même pour vous. 

Merci de votre fidélité.

 


Poster un commentaire

L’ENVIE, SUITE ET FIN

Résumé de l’épisode précédent : deux femmes, Bénédicte et Maryline, sont amies mais la première même si elle est jolie souffre de la comparaison avec la seconde qui excelle dans tous les domaines et la surpasse. Bénédicte aimerait vivre la vie de Maryline. Autour d’un verre elle suggère cette idée ridicule à son amie qui rit mais accepte de prendre sa place. Après tout, c’est impossible. Elles se séparent mais lorsque Bénédicte regagne sa voiture, elle fait un malaise et s’effondre sur le trottoir. 

Un passant accourt et m’aide à me relever.

— Ça va mademoiselle ?

Il sort un mouchoir pour éponger mon front ensanglanté. Comme je suis faible, il propose de me conduire aux urgences ou de me ramener chez moi. Je choisis de lui donner mon adresse. J’espère que je n’aurais pas à le regretter car après tout je ne connais pas cet homme.

Il me demande le code de l’alarme et nous entrons dans mon appartement. Il m’installe sur mon canapé, délicatement, cale un coussin sous ma tête, puis il s’éclipse, comme s’il était chez lui. J’entends la porte du réfrigérateur se refermer et il reparaît, deux verres de jus d’orange frais à la main. Je le remercie et j’en profite pour le regarder. Il est plutôt pas mal.

— Un antalgique peut-être ? propose-t-il.

— Dans l’armoire de la salle de bains.

Quand il revient, il me tend un comprimé de doliprane avant de me prodiguer des soins.

— Ce n’est rien ! dit-il. Comment vous sentez-vous ?

— Ça va, je me remets. Mais vous vous y connaissez ?

— Je suis médecin.

— Ah, je ne pouvais pas mieux tomber.

— Si on peut dire, mais je n’ai rien fait. Le cuir chevelu saigne facilement. N’importe qui aurait pu vous soigner. Vous avez toujours mal à la tête ?

— Non, plus vraiment. Mais j’abuse de votre gentillesse. Vous êtes peut-être pressé !

— Non, répond-il, en plongeant dans mes yeux un regard puissant qui en dit long. Je peux rester si vous voulez !

Au petit matin, pendant qu’il dort encore, je m’enroule dans un drap de bain en sortant de la douche. Mon crâne est encore douloureux et je n’ai pas les idées très claires. Tout me semble étrange. Pendant que nous faisions l’amour tout à l’heure, j’avais l’impression de flotter, de ne pas reconnaître mon lit ni ma chambre mais j’ai été secouée. D’un revers de la main, j’essuie la buée accumulée sur le miroir. Et là, je me regarde comme jamais je ne l’ai fait. J’oriente mon image vers la gauche, vers la droite comme pour vérifier… Mais je n’en ai pas besoin, Nolan qui vient de se lever pour me rejoindre exprime ce qui s’est passé mieux que moi à ma place :

— Bonjour Maryline. Ça a l’air d’aller mieux ce matin.

Eros en personne est appuyé nu contre le chambranle de la porte. Il admire mon corps alors que la serviette qui m’entourait vient de glisser au sol. Il s’approche, se plaque contre moi et m’enlace. Nos visages se frôlent dans le miroir avant que nos corps ne recommencent à s’aimer. Alors qu’il est en moi, mon esprit s’échappe, appelé par une obsession merveilleuse, inimaginable qui pourtant me paraît bien réelle : je suis devenue elle, je l’ai remplacée.

Il me laisse son adresse, son numéro de téléphone et prend le mien. Il me rappellera, c’est certain.

Un café chaud en main, de ma fenêtre, je le regarde s’éloigner. Il m’envoie déjà un SMS : « je n’ai jamais vu une femme si belle. Je crois que je t’aime ! »

Je ne rêve pas. Il fait gris dehors mais ma vie est ensoleillée. Je suis devenue Maryline, je suis chez elle, je m’y sens comme chez moi. Tout semble vrai !

Mon téléphone vibre. Je décroche. C’est elle.

— Je croyais que c’était impossible ! Qu’est-ce qui s’est passé ?

— Tu regrettes ? Tu es déçue ?

— Non, je suis plutôt perdue. Je suis toi, je suis chez toi, je ne sais pas comment j’y suis arrivée mais je me sens bien. Pour le reste, je n’y comprends rien.

— Moi non plus mais c’est arrivé.

— Et toi, qu’est-ce que ça te fait d’être Maryline ?

— Comme toi, je suis bien, je dirais même extrêmement bien et surtout heureuse.

— Parce que tu ne l’étais pas avant ?

— Si, mais moins.

— Moi, être Bénédicte, ça me convient. Je me sens plus forte, épanouie ! Mais tu crois que ça va durer ?

— Franchement, j’en sais rien. Mais c’est toi-même qui a suggéré hier que ce soit définitif.

— C’est vrai. Bon, je te laisse. Je vais me plonger dans tes dossiers. Enfin dans mes dossiers. On se rappelle !

J’aurais dû me demander pourquoi elle cet échange lui convenait mais je ne l’ai pas fait. J’aurais dû trouver étrange qu’elle soit heureuse d’être moi alors que je l’ai toujours enviée mais je n’y ai pas songé. Je suis retournée dans la salle de bains pour m’enivrer de mon image, de ce corps sublime. Comment aurais-je pu deviner ce que cachait la face polie du miroir ?

*

            Seule l’issue de la vie est incertaine. J’ai revu Nolan et me suis nourrie de bonheur le lendemain et les jours suivants. J’ai vécu un rêve, éveillée. Les week-ends improvisés à la montagne, les périples à moto, l’aventure sur son voilier, seule avec lui, et plus que tout l’intensité d’être aimée.

Lorsque je plaide dans des affaires délicates, je suis d’une redoutable efficacité. Tout me paraît plus clair qu’avant, je vais à l’essentiel, on me réclame, on me paye cher, je gagne mes procès. Je suis celle que j’ai toujours voulu être.

Je rencontre parfois Bénédicte étrangement heureuse dans une vie sympathique mais plus simple. Comment ne regrette-t-elle pas ce qu’elle était ? Puis nos rendez-vous se font plus rares jusqu’au jour où…

Un taxi me mène à la clinique car je ne me sens pas très bien. Cela fait des semaines que je suis fatiguée. J’ai l’estomac en vrac, des nausées. J’ai peur. Et si tout s’arrêtait… Si je redevenais celle que j’étais que je finalement je détestais. Je perdrais Nolan…

Je paye la course, je claque la portière, les doubles portes automatiques s’ouvrent devant moi, m’avalent.

La secrétaire me reconnaît. Elle prévient aussitôt Nolan qui termine sa consultation avant de m’examiner.

— Tu es peut-être enceinte ! Calme-toi !

— J’ai fait trois tests de grossesse. Tous négatifs !

Il me fait un prélèvement de sang pour en avoir le cœur net. Nous attendons. Négatif !

— Qu’est-ce que j’ai ?

— Il faut approfondir !

Une IRM, un scanner, de nouvelles analyses et son diagnostic tombe, inimaginable, comme le couperet d’une guillotine : cancer, métastases, plus que quelques mois à vivre.

Il pleure ! Je m’effondre ! Il n’y a rien à tenter.

*

            Je suis assise à une table en terrasse, rue de la Longe, au café Fred. Le soleil brille comme jamais. Je l’attends. Je la vois arriver. Bizarre, elle est vêtue du petit tailleur Chanel que je portais ce fameux jour, quand je lui ai parlé de l’échange. Tous les regards sont braqués sur moi. Je suis très pâle mais si belle. À croire que la maladie m’a momentanément sublimée. Elle ne s’assoit même pas, m’embrasse froidement.

— Qu’est-ce que tu veux ? attaque-t-elle.

— Je veux redevenir Bénédicte !

— Pourquoi ?

— Je crois que tu le sais !

— On ne peut pas faire marche arrière, dit-elle froidement.

Comme j’ai été bête !

— Tu le savais, tu aurais dû me le dire, j’aurais pu me soigner, j’aurais pu…

Elle m’interrompt :

— Rappelle-toi : je t’ai dit qu’on perd parfois au change. Maintenant, oublie-moi !

Elle tourne les talons, s’éloigne et me raye déjà de sa vie. Elle m’efface encore une fois.

Jusqu’aux derniers moments, Nolan me comble. Je m’éteins doucement. La vie me quitte.

*

            Quelqu’un me secoue légèrement l’épaule. Je suis assise à une table au café Fred, rue de la Longe.

— Bénédicte ! C’est moi, Maryline. Tu es sûre que ça va ? me dit-elle, penchée au-dessus de mon visage.

— Oh oui, ça va très bien. J’étais simplement perdue dans mes pensées ! En t’attendant j’imaginais des tas de choses.

— Et à quoi pensais-tu pour être si absorbée ?

— À rien et je ne veux pas parler de mon absence.

— OK. Pour savoir ce qui t’est arrivé il faudrait donc qu’on échange nos vies et que…

Je l’interromps comme apeurée :

— Non, surtout pas ! Restons-nous-mêmes !

 

FIN

Mon 4e roman, LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS sort enfin. Oui, j’ai tardé mais les bonnes choses se font généralement attendre, n’est-ce pas. Il est entre les mains de l’éditeurs qui finalise. je ne manquerai pas de vous indiquer sa date de disponibilité chez les libraires mais le référencement sur les plateformes de vente prend parfois du temps. Un peu de patience encore. 

Rappel : les titres et résumés de mes 3 premiers livres, LE LIEN, DESTINATIONS  ETRANGES, LA MURAILLE DES ÂMES, se trouvent en page d’accueil ou dans « mes thrillers publiés ». N’hésitez pas à vous les procurer en les commandant en librairie. Vous ne serez pas déçus, le suspense y règne en maître !

Prochain article : un film que j’ai adoré et un livre pas mal du tout ! Soyez au rendez-vous et partagez cet article. Vous pouvez cliquer sur « j’aime », laisser un commentaire, en parler à vos amis. Le bouche à oreille, c’est vous ! Mon succès dépend de vous et je vous en remercie. 

AUDREY DEGAL

 


9 Commentaires

NYMPHEAS NOIRS, BUSSI

Bonjour à toutes et à  tous, 

Avant de vous livrer la fin de la nouvelle « L’Envie », que vous avez trouvée haletante – je vous promets qu’elle ne va plus tarder – je voulais vous parler de certaines de mes lectures car j’ai tellement lu de livres…  Or, si j’ai constitué une petite pile des élus dont je veux vous parler, juste derrière moi et  le bureau d’où j’écris mes articles sur ce blog, je n’ai pas pu résister : il fallait que je vous présente NYMPHEAS NOIRS, de Bussi. 

Pourquoi me direz-vous ? Parce que je décerne la palme d’or des romans que j’ai lus (et ils sont extrêmement nombreux), oui, oui, la palme d’or ! Il est tout à la fois : captivant, intéressant, original, enrichissant culturellement parlant… Certes, j’ai deviné la fin ( aux 2/3 du livre environ) avant de la lire mais je crois que c’est à cause de mon imagination débordante et du fait que moi aussi je suis auteure à suspense. Cependant, cela n’a en rien gâché mon plaisir. Le récit alterne magnifiquement dialogues, descriptions ténues et utiles, rebondissements, analepses, narration… Donc, avant de vous dire de quoi il retourne – mais rassurez-vous, comme d’habitude je me limiterai à l’essentiel pour préserver votre plaisir de lecture – vous vous doutez que je recommande cette lecture, tout comme je vous invite à lire mes romans qui ne sont pas en reste côté suspense notamment « LA MURAILLE DES ÂMES » que mes fidèles lecteurs dévorent en 2 à 3 jours. 

Donc, NYMPHEAS NOIRS, de quoi s’agit-il ? 

Eh bien l’incipit est intrigant en ce qu’il vous présente 3 femmes qui n’ont, semble-t-il, rien à voir les unes avec les autres et qui cachent un secret. Avouez que je pique déjà votre curiosité. Nous découvrons ensuite la narratrice qui est l’une d’elle, une vieille femme puis une jeune et séduisante institutrice dont tombe amoureux le policier chargé de l’enquête et enfin une fillette. Un meurtre a été commis dans la petite bourgade de Giverny, haut lieu de la peinture des impressionnistes en son temps et lieu de pèlerinage des amoureux des arts de nos jours. Or dans le passé, un crime presque identique a eu lieu. Pourquoi une telle similitude dans ces morts suspectes alors que le temps a creusé une fossé entre elles ? C’est a priori inconcevable ! La vieille femme a vu et sait bien des choses et paraît presque machiavélique. L’institutrice, femme mariée, suscite la jalousie de son époux bien évidemment et la fillette qui semble douée pour la peinture, souhaite participer au grand concours annuel encouragée par un ami mais pas par tous. Elle côtoie un peintre qui l’encourage dans cette voie. La fillette et le peintre forment une étrange association qui ne plaît pas à tous. On les observe, on veut leur nuire. Qui et pourquoi ? Le policier de son côté piétine un peu en matière criminelle mais pas sentimentalement puisqu’il parvient à séduire la belle institutrice qui veut fuir avec lui loin de sa triste vie. Mais eux aussi sont sous surveillance et rien ne sera simple. Ah, j’oubliais de vous parler du chien, personnage à part entière, attachant, qui a son rôle à jouer ! 

Je ne vous en dirai pas davantage si ce n’est : lisez ce beau roman et laissez-vous bercer par l’intrigue. Vous pousserez aussi la porte des impressionnistes ce qui ajoutera à votre plaisir. 

Bonne lecture à toutes et à tous. La fin de « L’Envie » sera en ligne sur ce site très bientôt et les abonnés  en seront informés. Je vous glisserai aussi les premières pages de mon roman « LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS » qui arrive enfin et je vous ferai part de mes autres lectures parfois intéressantes, d’autres fois, un peu moins. 

Bel été ! 

Votre auteure : AUDREY DEGAL

 


10 Commentaires

L’ENVIE

L’ENVIE

 

J’ai toujours aimé le prénom de mon grand-père : Emmanuel. C’est moderne, avec un côté séducteur. Ma grand-mère s’appelait Marie. Joli prénom, divin, oserai-je dire !

Mais moi je m’appelle Bénédicte. Je déteste, vous vous en doutez ! Ça fait banal, ça fait vieux, ça fait… enfin, j’ai toujours exécré ce prénom. Pourtant j’ai fait avec, du moins pendant un certain temps. N’allez pas vous imaginer que j’ai changé de prénom en chemin ! Non, ce serait trop simple. Quel manque d’originalité ! Non, vous dis-je. J’ai eu une autre idée, un autre plan qui allait changer mon destin, qui l’a changé mais pas comme je l’imaginais !

 

            Je devais avoir deux ans. J’étais assise dans un bac à sable et mon seau a rencontré Maryline. Ou plutôt c’est elle qui s’en est emparé. Elle a aussi pris ma pelle et a fait des pâtés, de beaux pâtés, parfaitement moulés, mieux que les miens.

            Nos mamans s’appréciaient et nous nous sommes revues régulièrement. Maryline était gentille et nous sommes devenues comme deux sœurs. Elle partageait ses jouets avec moi, ses goûters avec moi, elle se privait même parfois, juste pour moi. Déjà, elle avait le cœur sur la main.

            Sur les bancs de l’école – enfin, il s’agit de chaises maintenant – nous étions assises à côté l’une de l’autre. Toujours ensemble aux récréations, mêmes jeux, mêmes copains mais pour célébrer les anniversaires c’était elle qu’on invitait la première. Moi aussi j’avais droit à mon carton mais parce que j’étais la meilleure amie de Maryline. Pas parce que j’étais moi.

            Au lycée rien n’a pas changé, pas plus qu’à la faculté et aujourd’hui, à 30 ans et des poussières ni elle ni moi ne sommes mariées. Pas le temps ! Nous sommes avocates. Je ne vous ferai pas l’offense de vous dire laquelle a le plus brillé à l’examen du barreau !

            Nous n’avons jamais habité très loin l’une de l’autre et quand nous nous donnions rendez-vous, j’arrivais systématiquement la première, juste pour voir approcher sa longue silhouette fendant l’air comme s’il la caressait. Elle avançait d’un pas à la fois assuré et nonchalant, accompagné d’un savant balancement des hanches qui la rendait encore plus désirable. Je l’étais moi aussi mais pas autant.

            Quand nous sortions le soir, ses mini-jupes mettaient en valeur ses jambes interminables, sculptées par la pratique du sport et tous les garçons la dévoraient du regard. Moi aussi, mais moins. Elle m’effaçait, comme si je n’étais qu’une esquisse sur la planche d’un dessinateur de B.D. Une gomme entre ses doigts et mes formes les plus voluptueuses disparaissaient tandis que de l’autre main il accentuait les siennes, à l’excès. Même Lara Croft aurait nourri des complexes à côté de Maryline, Maryline la femme bien réelle, Maryline qui jouait avec dextérité de l’adjectif « parfaite ».

            J’aurais pu être jalouse, vous vous en doutez ! Avouez que j’avais l’embarras du choix quant aux raisons. Eh bien non, cela ne m’a jamais effleurée. Je l’ai toujours trouvée belle, bien plus belle que moi, intelligente, bien plus intelligente que moi, brillante, bien plus brillante que moi jusqu’au moment où, sans me l’expliquer, je me suis sentie meurtrie, déchirée, dépossédée de moi-même.

            J’ai refusé de la voir pendant des jours, des semaines, des mois. Elle ne comprenait pas pourquoi, ni ce qui se passait. Comment lui dire que je souffrais de la voir si parfaite ? Oui, moi aussi je suis belle ! Oui, j’ai un QI au-dessus de la moyenne ! Non, je n’ai pas à me plaindre. Et pourtant ! Je suffoquais sous sa supériorité, sous sa beauté, sous elle.

            Alors comme on prend un train, un avion pour disparaître, pour tourner une page qui est restée trop longtemps figée, je me suis engouffrée dans une brèche et quelle brèche ! Un abîme insondable, l’antre d’un univers dont on peut ne jamais revenir.

*

            — Maryline, c’est Bénédicte !

            — Bénédicte ! Qu’est-ce qui t’est arrivé ?

            — Rien. On peut se voir ?

            — Évidemment. Mais avant promets-moi que tu ne me referas jamais une peur pareille. Je me suis fait un sang d’encre !

— J’avais simplement besoin de couper, de faire le point mais je vais bien !

            — Bon, tant mieux. Ce serait bien qu’on se voie pour en parler. Dis-moi où et quand, je m’arrangerai. Je suis tellement contente de t’avoir au téléphone !

            — Dans une heure si tu veux, rue de la Longe, au café Fred. J’ai quelque chose d’important à te dire.

            — J’y serai. À tout à l’heure. Bisous.

            Bien sûr j’arrive avant elle. Elle approche. Elle est vêtue d’un jean et d’un tee-shirt banal et pourtant elle ressemble à un top-modèle en plus charnel. Encore une fois, elle rayonne. Moi, je porte un petit tailleur cintré de la marque Chanel qui, c’est vrai, me met en valeur. Enfin, ce serait le cas si elle n’était pas à mes côtés.

            Elle se penche vers moi pour m’embrasser et aussitôt elle capte tous les regards. À cet instant précis, je n’existe plus, je disparais. Un garçon prend la commande. La sienne d’abord, la mienne après et dès qu’il s’éloigne elle me dit :

            — Si tu savais ! Comme tu ne répondais plus, je me suis fait plein de scénarios.

            Elle croise, décroise ses jambes, passe sa main dans ses longs cheveux ondulés. Je me demande si elle n’est pas encore plus belle que la dernière fois. Je lui dis qu’on parlera plus tard de mon absence, que j’ai quelque chose d’important à lui demander. Elle n’insiste pas, me regarde droit dans les yeux et ajoute :

            — Pas de problème !

            — Ce que j’ai à te dire est particulier, tu sais !

            Elle fronce les sourcils mais même cette expression la sublime. Je me lance. Je dois le lui demander, je suis venue pour ça.

            — Si tu pouvais devenir moi et que moi je pouvais prendre ta place, tu accepterais ?

            Elle sourit, amusée. Elle ne s’attendait probablement à ce que je lui dise cela.

            — Oui, on est toutes les deux avocates même si tu gagnes un peu moins que moi, ironise-t-elle.

            — Je ne parle pas de ça ! Si je pouvais me glisser dans ta peau, vivre ta vie, être toi tandis que tu vivrais la mienne…

            — Ah, je comprends. Mais c’est impossible !

            Elle rit, à la fois sincère et perplexe. J’insiste.

            — Machiavel a dit : « Rien n’est impossible à qui veut fermement. » Alors, tu accepterais ?

            — Machiavel c’était en 1515 et ceci ne peut pas arriver. En plus, je ne vois pas pourquoi tu voudrais changer ta vie pour la mienne ! On sait ce que l’on perd mais pas toujours ce que l’on gagne ! Je trouve que tu es bizarre.

            — Drôle d’idée ou pas, c’est oui ou c’est non ?

            Elle réfléchit et finit par dire :

            — Oui, pourquoi pas mais je ne suis pas sûre que tu gagnerais au change.

            Le garçon dépose son verre de whisky sur la table, devant elle, avec un biscuit, un carré de chocolat noir à 90 % et une petite serviette. Il laisse pour moi une vodka orange, sans rien d’autre. Je crois qu’il a oublié l’accompagnement. Ah si, il me tend quelque chose : la note. Je ne dis rien. J’ai l’habitude.

            Maryline ne s’est pas aperçue de la joie qui s’est emparée de moi quand elle a dit oui. J’ai vaguement souri, j’ai prié intérieurement mais elle ne peut pas le savoir. Lorsque nous nous sommes quittées, elle a ajouté :

            — Et ce serait pour toujours bien sûr !

            C’est curieux qu’elle en ait reparlé ! Elle m’a embrassée avec la promesse de me revoir très vite puis elle a disparu dans son coupé bleu avant de tourner à l’angle de la rue en faisant légèrement crisser ses pneus sur le bitume.

            Je repense à tout ça : et si c’était possible ! C’est ridicule, inutile de me torturer. Je sors un billet que je pose sur la table, je me lève et je pars sans attendre la monnaie.

            Je cherche ma voiture des yeux. Elle n’est nulle part. Pourtant je suis certaine de m’être garée devant cet hôtel dont l’enseigne abimée clignote. Je me rappelle aussi l’employé qui fumait sur le pas de la porte, enfin je crois. Ou alors c’était ailleurs. Mon esprit se brouille, ma tête tourne, je crois que je vais tomber, je chancelle et je finis par m’effondrer sur le trottoir.

 

La suite de cette nouvelle à suspense très bientôt. En attendant je vous prépare aussi quelques résumés des nombreux livres que j’ai lu et certains étaient passionnants. 

N’hésitez pas non plus à partager cet article et ce site et à lire mes romans déjà publiés (voir en page d’accueil) car le prochain, LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS ARRIVE très bientôt. Si vous êtes abonnés à ce site vous en serez informés. Avant sa sortie, je vous glisserai les premières pages, celles du premier chapitre, qui ne manqueront pas de vous intéresser. 

Merci de votre fidélité.

PASSEZ UN TRES BEL ETE.

AUDREY DEGAL

 


2 Commentaires

J’ai lu « Purgatoire des innocents »

J’ai terminé ce roman de Karine Giebel depuis quelques mois déjà et je saute aujourd’hui sur mon clavier pour vous en parler. 

C’est un livre très noir qui porte par conséquent fort bien son titre. 

Il m’a intriguée au début. L’histoire : Raphaël, un braqueur, son jeune frère William et 2 complices se réfugient chez Sandra, une jeune femme vétérinaire car l’un d’eux est grièvement blessé. Leur plan a mal tourné. Toutefois, et c’est là que je trouve l’écrivain très imaginative et brillante, la « belle » Sandra est étrange, presque inquiétante. Prise en otage, malmenée, elle craque parfois mais se reprend et ne semble pas vraiment avoir peur ou craindre les intrus qui ont envahi sa vie. Elle est mariée, à un gendarme, dit-elle, qui devrait rentrer d’un jour à l’autre. Cela n’arrange pas les voleurs, vous vous en doutez. Et ce qui devait arriver arrive : le mari rentre, peu troublé pas ces étrangers chez lui. Que cache-t-il ? Personnellement j’ai immédiatement su quel était son secret. L’intérêt de l’histoire ne réside pas là mais plutôt dans la façon dont les 4 braqueurs, qui ne sont plus que 3 d’ailleurs, et le couple vont se comporter. Quand des êtres malsains en côtoient d’autres, comment cela peut-il s’achever ? Eh bien lisez car c’est intéressant et bien tourné. Le lecteur se prend finalement de sympathie pour Raphaël et William, des bandits. Pourquoi ? La réponse se trouve entre les lignes. 

Cependant, une histoire parallèle se développe, qui intéresse probablement beaucoup de lecteurs friands de choses terribles mais j’avoue que personnellement j’ai du mal avec les récits de torture et de pédophilie. Du coup, j’ai laissé tombé le livre  quelques semaines, car cela me retournait. Le suspense reste toutefois là et l’intrigue est palpitante jusqu’au bout. Oui, Karine Giebel conçoit des récits extraordinaires mais il faut aimer lire des récits dérangeants, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Donc vous êtes prévenus : Récit palpitant : oui. Intrigue intéressante : oui. dénouement apprécié : oui. je vous recommande cette lecture . MAIS : âmes sensibles s’abstenir ! 

Prochainement un autre résumé d’un roman que je viens de finir en attendant la sortie du mien LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS qui vous passionnera, j’en suis sûre ! Et pour ceux qui ne l’ont pas lu, procurez-vous mon roman policier LA MURAILLE DES ÂMES, au suspense inouï garanti.

 

Merci pour votre fidélité

AUDREY DEGAL


4 Commentaires

LARME DU CRIME

Voici la fin de la nouvelle à suspense « Larme du crime ». 

Résumé de l’épisode précédent : L’employé d’une morgue remarque une étrange coïncidence entre les cadavres dont s’occupe le légiste. Il tente d’interpeller ce dernier mais, hautain et prétentieux, le médecin-chef de la morgue se contente de l’humilier, lui faisant remarquer qu’il n’y connaît strictement rien. Mais pour Max, quelque chose cloche vraiment. Il ne compte pas renoncer à découvrir la vérité. 

***

Comme tous les matins depuis des années, une Bentley grise, intérieur cuir, déposa le légiste devant l’institut médico-légal. Il adressa un signe familier au chauffeur. L’homme assis derrière le volant, mains gantées, tempes grisonnantes, allure fière, ne démarra que lorsque le légiste disparut dans les locaux. Mais ce jour-là, contrairement aux autres, des officiers de police attendaient le directeur de la morgue dans son bureau. Lorsqu’il les vit, il marqua un léger temps d’arrêt avant d’entrer d’un pas décidé en leur offrant une poignée de main virile. Il prit soin de repousser la porte derrière lui. Max prêta l’oreille mais rien de leur conversation ne filtra. Ils sortirent finalement et l’entretien s’acheva devant l’alignement des huit corps livrés au petit matin, réceptionnés par Sergueï.

            Max s’avança mais ne saisit que quelques bribes de la discussion :

            — … tout le côté droit ! … par derrière et il a… Un autre, peut-être le plus bizarre, était encore assis au…

            Difficile de comprendre quelque chose à ce charabia !

            Déjà la conversation s’achevait et le légiste entraînait les deux hommes vers la sortie.

            — Nous attendons donc vos rapports d’autopsie, docteur. Le juge Grangeon compte sur votre expertise pour tirer cette affaire au clair. Sur ce, au revoir !

            — Attendez ! osa Max, je voudrais vous parler.

            Les deux officiers regardèrent le jeune homme revêtu de son long tablier en plastique encore maculé du sang de la veille.

            — Oui ! Vous êtes ? demandèrent-ils suspicieux.

            Max n’eut pas l’occasion de répondre, coupé dans son audace par son patron.

            — Laissez messieurs, ce n’est qu’un de mes préparateurs de corps. Il n’a aucune qualification, aucun diplôme, il n’est rien ! Je me mets immédiatement au travail pour livrer au juge mes remarques dans les meilleurs délais.

            Quand les policiers se retirèrent, Max essuya une pluie de remontrances et une humiliation de plus contre laquelle il n’osa pas s’indigner. Mais il n’avait pas dit son dernier mot. Une intuition, une obsession voire une quasi-certitude commençait à germer dans son esprit. Il l’ajouta sur son précieux carnet de notes. Pour mener à bien ses recherches, il prévoyait de simuler une maladie quelconque dès le lendemain matin. Ainsi, il serait libre d’approfondir ses investigations.

            Même scénario que la veille : le légiste quitta la Bentley qui redémarra suivie cette fois par la petite Panda de Max. Où cette piste allait-elle le mener ?

Vingt minutes plus tard, la voiture de luxe s’engageait sur un parking privé. L’homme chaussé de lunettes noires en descendit tandis que Max immobilisait son véhicule sur un trottoir. La filature commençait. L’inconnu fit une halte dans un café pour prendre un petit noir, debout au comptoir. L’enquêteur improvisé l’attendit dehors. Il grelottait. La filature reprit ensuite sur une centaine de mètres avant l’arrivée. Max s’arrêta en voyant l’homme pénétrer dans un bâtiment imposant. Sur la façade, en grosses lettres, le nom d’un organisme bien connu.

— Bon Dieu ! jura le préparateur de cadavres dont les hypothèses commençaient à se vérifier.

Malgré ses doigts gelés, il griffonna sur son calepin quelques mots importants sans savoir encore comment il pourrait les exploiter. Il devait en apprendre davantage et pour cela il fallait entrer. À l’accueil, une femme plutôt revêche lui demanda ce qu’il voulait.

— Le monsieur qui vient d’entrer a perdu ceci et je voulais le lui rendre.

Max extirpa de sa poche son propre carnet pour appuyer ce qu’il disait.

— Très bien, donnez-moi le document, je le lui remettrai.

— Je préfère le faire moi-même ! Comment s’appelle ce monsieur ?

— C’est le directeur, monsieur Delepain. Asseyez-vous, je vais voir s’il peut voir recevoir ! annonça-t-elle froidement en quittant sa place.

— Non, non, je repasserai, je suis un peu pressé, fit Max en s’éloignant.

La secrétaire sceptique resta bouche bée quand son interlocuteur disparut. Dans la précipitation, Max n’entendit pas qu’elle l’appelait :

— Monsieur, monsieur, vous avez fait tomber votre carnet !

Que faire de cette découverte ? Personne ne le croirait lui, le petit employé de la morgue. Il devait apporter des preuves et une seule option se présentait.

Planté en observation proche de l’institut médico-légal, le préparateur de cadavres attendait. Son estomac vide depuis le petit-déjeuner semblait désapprouver son entêtement. À 17 heures, le légiste grimpa dans un taxi. Pourquoi l’inconnu ne venait-il pas le chercher comme c’était le cas d’habitude ? Pourquoi le légiste ne prenait-il jamais sa propre voiture ?

À 20 heures, alors qu’il faisait nuit noire, Sergueï ferma la porte de la morgue et saisit le code de l’alarme. Il s’éloigna d’un pas rapide pour rejoindre des amis russes quelque part. Max attendit encore, sans raison, et aux alentours de 20 heures trente, il se décida. Il composa les chiffres qu’il connaissait par cœur. Un double Bip retentit. Il inséra la clé dans la serrure et un instant plus tard, il pénétrait dans les lieux noirs et froids. De jour ce n’était pas facile d’être là mais de nuit c’était morbide. La lueur de la sortie de secours renvoyait une ombre pâle, verte et difforme sur un mur gris : la sienne. L’espace d’un instant il se demanda ce qu’il faisait là. Par où commencer ? Si seulement il savait ce qu’il cherchait. La salle d’autopsie, voilà ce qu’il devait voir.

Il y restait encore une dizaine de cadavres, bien rangés dans leurs tiroirs. Max devait les examiner, tous. Il alluma la torche électrique qu’il avait amenée et commença son inspection macabre : Tiroir n°1 : Rosemonde Marin. La fiche indiquait un choc frontal lors d’une collision inconnue… Tiroir n°2 : Gustave Darebout, circulait à vélo, choc latéral ayant entraîné la mort après hémorragie interne… Tiroir n°3 : Gary Philibert : arrêt cardiaque suite à un accident… Max marqua une pause, ses jambes flageolaient. Il n’avait pratiquement rien bu ni mangé de toute la journée. Les corps qu’il observait étaient méconnaissables. Tous autopsiés, ils n’avaient pas été préparés à la demande expresse du directeur qui semblait vouloir s’en occuper personnellement. Le spectacle était effrayant : yeux excavés, membres sectionnés, entrailles pantelantes, poitrines ouvertes, troncs séparés du reste du corps… Le jeune homme pourtant habitué ne put se retenir. Il s’empara d’une poubelle et, plié en deux, il ne rendit que de la bile. Il se ressaisit et poursuivit ses recherches. Tiroir n°4, corps non identifié, visage défoncé… Le tiroir n°9 le conforta dans ses idées. Il devait consulter les rapports d’autopsie.

            Une fois dans le bureau du légiste, il força un tiroir puis un autre avant de s’installer pour la première fois dans le fauteuil du chef. Il se plongea dans la lecture des rapports et comprit l’horreur de la situation.

            — Je m’en doutais ! dit Max tenant dans ses mains les nombreuses preuves.

            — Petit malin ! Je savais que tu fouinerais et que tu poserais problème !

            Derrière l’employé une voix glaciale venait de s’élever qui le fit sursauter. Le légiste menaçant tenait un pistolet FN five-seven braqué sur le jeune homme.

            — J’étais sûr de te trouver ici. Oui, je fournis des rapports d’autopsie pour la science ! Vois-tu, je fais cela pour le progrès. Mon compagnon, Hervé Delepain, est chercheur à la sécurité routière et tant que son expertise ne portait que sur des mannequins, ses résultats n’étaient guère concluants. Difficile pour lui de faire progresser la sécurité des véhicules. Pour être efficace il faut travailler sur de la chair humaine, pas sur des pantins ! Moi, je suis bien placé pour lui apporter le fruit de mes observations cadavériques. Ma voiture est équipée pour cela et je provoque des accidents. Tu trouves peut-être ça horrible mais grâce à moi des vies seront sauvées !

            Max l’écoutait, effaré, tremblant !

            — Que de larmes pour les familles détruites ! Vous êtes un criminel !

            — Non, un scientifique mais comme tu es intelligent, tu comprends bien que je ne peux pas te laisser en vie ! Tu en sais trop.

            Répondre ! Gagner du temps ! Repousser le moment où le légiste tirerait !

            — Si vous tirez, vous ne pourrez pas expliquer ma mort !

            Le légiste éclata de rire, un rire sordide.

            — Rien d’impossible à un expert comme moi ! Ton cœur va exploser et ta poitrine ne sera plus qu’un amas de chairs disloquées. Je n’aurais qu’à extraire la balle et à m’en débarrasser. Ensuite je percuterai ton corps avec ma voiture-bélier avant d’établir un beau rapport d’autopsie. Si ça peut te consoler, tu serviras à la science. Tu as quelque chose à dire petit ?

            L’expert leva son arme, visa et face au silence de Max s’apprêta à faire feu.

            Bang ! Le légiste s’affala sur le sol de la morgue, mort. Hervé Delepain venait de tirer. Dans sa main, il tenait un revolver et un petit carnet celui de Max.

            — Si j’avais su ! soupira l’expert de la sécurité routière en laissant échapper le revolver qu’il venait d’utiliser.

FIN

Songez à vous abonner, c’est gratuit et permet à ce site de vivre. 

Pour vous procurer mes romans (sous forme papier ou e-book) suivez les liens en vous rendant en page d’accueil ou commandez-les dans n’importe quelle librairie

Bonne lecture, merci de votre fidélité et à bientôt pour un  résumé de mes dernières lectures, avant la publication de mon 4ème livre « LE MANUSCRIT VENU D’AILLEURS ». Eh oui, il a encore changé de titre mais que voulez-vous c’est cela la création et la vie d’un livre.

AUDREY DEGAL


Poster un commentaire

LARME DU CRIME

 

Avant que vous ne lisiez cette histoire policière que je vous offre, je voudrais vous souhaiter à toutes et à tous une TRES BELLE ANNEE 2019. Qu’elle vous apporte tout ce dont vous pouvez rêver et des rêves nous en avons tous tant ! 

Comme vous l’avez remarqué, j’ai moins publié en 2018. Je n’ai pas moins écrit mais je me suis attelée à la tâche avec mon dernier roman dont j’ai dû repousser la date de sortie car il a grossi, grossi, grossi… pour plus d’intrigues bien sûr ! N’hésitez pas à me donner votre avis sur le titre que j’envisage avant qu’il ne sorte en librairies. C’est une thriller dans lequel Moyen Age et temps présent se rencontrent, au grand étonnement des personnages principaux. J’ai pensé à l’intituler « Le Manuscrit venu d’ailleurs ». Qu’en pensez-vous ? 

En attendant, je vous laisse découvrir la nouvelle policière que j’ai écrite, spécialement pour vous et pour vous accueillir de la meilleure façon dans cette année 2019. 

 

LARME DU CRIME

 

          — Max, viens voir, celui-là. Ça vaut le coup, il est gratiné !

            L’homme abandonna sa tâche, approcha et jeta un œil par-dessus l’épaule de son collègue qui venait de l’appeler.

            — Eh ben ! remarqua-t-il. On n’en voit pas souvent d’aussi amochés. Et qu’est-ce qui lui est arrivé ?

            — J’en sais rien. Je n’ai pas encore regardé sa fiche. Bon, je le prépare !

            — C’est pas peu dire ! Difficile de savoir à quoi il ressemblait. C’est plus un corps, c’est un puzzle ! Il va pas être facile à reconstituer !

            Plus tard dans la journée, les deux hommes abaissaient le couvercle du cercueil de chêne en présence de la famille, posaient les scellées avant de le glisser à l’arrière d’un corbillard à destination de l’église de la sainte Charité.

*

        — In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti ! Amen ! furent les derniers mots du prêtre pour clore l’oraison funèbre tandis qu’il se dirigeait vers la veuve.

Sincère, l’homme d’église lui dit combien son époux était un homme exceptionnel. Elle l’écouta émue, tout en serrant les mains de ses deux fillettes blondes qui ne comprenaient rien à cette cérémonie. Une rivière de larmes baignais ses joues emportant le mascara noir qui avait coulé.

 

            Quelques jours plus tard.

            Un coup de sifflet. Un deuxième. Un homme impatient et agacé.

            — Morbius, allez on rentre !

            Mais l’animal trop occupé ne l’entendait pas de cette oreille. Il se tenait par moment sur trois pattes, près d’un réverbère puis d’un autre pour marquer son territoire. De l’autre côté de la rue, son maître l’observait. Babines retroussées, le mâtin de Naples flairait chaque recoin, se retournait comme s’il cherchait quelque chose d’invisible. Il n’y a pas plus têtu qu’un chien qui ne veut pas rentrer ! Malgré son impatience, le propriétaire de l’animal prit le temps d’admirer son chien. Il était beau, massif et très impressionnant. Le plus impressionnant du quartier certes mais mal dressé. Depuis son acquisition, il ne cessait de penser que s’il lui sautait à la gorge, dans un accès de démence, il lui broierait la trachée aussi facilement qu’on écrase une mûre entre ses doigts. Crac ! D’un coup de gueule ! Et s’en serait fini de lui. Il serait capable de le démembrer pour le dévorer ensuite. Cet animal se battait contre des lions dans l’Antiquité ! Mais Morbius était encore jeune et pour l’instant irrésistiblement attiré par les odeurs laissées par ses congénères.

       — Si je viens te chercher, tu vas voir ce que tu vas prendre !

            Cause toujours ! serait l’expression la plus adaptée aux pensées de la bête.

            Finalement exaspéré, transi de la tête aux pieds, Jules se résigna à traverser la rue pour ramener son molosse à la raison. La longue laisse solidement entourée autour de sa main droite dépassait de la poche de son manteau gris. Il descendit du trottoir, hors de lui, manquant au passage de glisser sur une plaque d’égout gelée  :

            — Ça suffit ! Il est tard. Au pied, tout de suite…

            Les yeux rivés sur Morbius, il n’eut pas le temps de réagir au crissement de pneus sur l’asphalte, juste derrière lui. Une voiture noire le faucha violemment comme s’il n’était qu’un fétu de paille. Il voltigea dans les airs avant de retomber, tête la première, sur l’arête du trottoir qu’il venait de quitter. À l’impact, son crâne éclata. Une salve de sang chargé d’oxygène s’éleva en une gerbe rouge accompagnée de fragments de cervelle encore chaude avant de souiller le bitume. Dans la rue déserte, personne à part Morbius qui regardait bêtement la scène. Il trottina sur ses puissantes pattes et lorsqu’il rejoignit son maître il s’arrêta. L’instant d’après, il semblait se régaler en léchant avidement le trottoir comme s’il voulait nettoyer les lieux. Le véhicule n’avait pas ralenti et déjà, il n’était plus visible. Seuls le chauffeur du véhicule fou et Morbius savaient que la grande faucheuse venait de perpétrer l’irréparable, sans se retourner.

*

            Les deux hommes détestaient leur lieu de travail. Une morgue, on pouvait rêver mieux, ce n’était pas la place des vivants ! Max voulait être vétérinaire. Mais faute de bons résultats scolaires, il s’était rabattu sur des études d’infirmiers. L’intelligence s’accommodant mal de la paresse, il s’était résigné à faire partie de ceux qui obéissent et désormais il faisait ce que le légiste lui ordonnait : peser un foie par ci, mesurer un intestin par-là, recoudre les cadavres… Il s’efforçait cependant de trouver quelque intérêt à son quotidien, quelque grandeur à chacun de ses gestes même s’il n’était en contact qu’avec de la chair morte. Sa profession ne tenait pas du boucher mais il n’en était pas loin. Il n’emballait pas de viande mais il était chargé de redonner une apparence convenable aux défunts qu’on lui confiait. Il avait pris l’habitude de ce contact froid, de ces yeux vides, du moins quand les morts en avaient encore, de ces membres raides qui doivent absolument entrer dans le cercueil, leur dernière demeure en fait !

            — Voilà les gars, fit le légiste en désignant plusieurs tables métalliques juxtaposées. Il y a cinq corps à préparer. Rien de spécial. Par contre, il y en aura un sixième en fin de journée mais l’autopsie risque d’être un peu plus longue. Leur identité et tout le reste sont déjà accrochées à leur gros orteil. Au boulot !

            Max et Sergueï, un jeune Russe récemment arrivé en France, regardèrent les dépouilles alignées, partiellement recouvertes de draps blancs. À côté, dans le bureau, le légiste complétait ses comptes-rendus, à moitié caché derrière une volumineuse pile de papiers et de dossiers qu’il devrait gérer dans la journée. Contrairement à ce que l’on peut penser, la mort n’attend pas !

        Lors de leur embauche, le légiste avait promis à ses deux futurs employés de leur payer la formation de thanatopracteur. Il repoussait sans cesse ce moment, préférant les exploiter. Alors comme d’habitude, ils enfilèrent de longs gants de latex, apposèrent des masques sur leur visage et se mirent à la tâche. Max aspira les liquides physiologiques propices à la décomposition puis injecta à la place une substance à base de formol. Les bras, les jambes, les têtes parfois avaient retrouvé leur place et leur apparence colorée. Sergueï avait encore du mal à s’habituer à ces contacts morbides. Au début, il s’éclipsait pour aller vomir et revenait ensuite en baragouinant un « Eto seychas » qui signifiait « ça va maintenant », même s’il parlait assez bien le français. Travailler à la morgue était glauque.

            À 16 heures, ils n’étaient plus que tous les deux et sur la table d’autopsie, le dernier cadavre les attendait. Sa poitrine était encore ouverte en V. Max devrait remettre les côtes du malheureux en place, ainsi que les pectoraux et recoudre le tout, grossièrement. Sergueï, lui, commençait à nettoyer la salle.

            — Regarde un peu, fit Max en observant attentivement le corps, sa fiche en mains. C’est le cinquième gars d’une quarantaine d’années qui nous arrive en provenance du même secteur !

            — Et alors !

            — Et alors, c’est bizarre. Et puis les deux femmes qu’on a déjà stockées dans les tiroirs là-bas, c’est pareil.

            — Pareil ? Non, elles viennent d’ailleurs. La blonde est morte en banlieue nord, pas la vieille. Je sais pas à quoi tu penses mais laisse tomber !

            — Un truc me dérange mais je sais pas quoi ! Il y a 6 mois, on a déjà eu une vague de cadavres du même genre.

            — C’est peut-être une épidémie ! ironisa Sergueï en riant.

            — J’en sais rien mais ce macchabée me rappelle les autres que…

            — Arrête ton cirque, t’es pas légiste. Laisse tomber ! J’ai envie de rentrer. Recouds celui-là et qu’on en finisse !

            — T’as raison après tout !

            Le lendemain matin, Max fit part de ses remarques au légiste :

            — Voyez-vous, Max, devenir légiste est une véritable vocation et il faut faire de très longues études pour y parvenir, études que j’ai menées brillamment. Quant à vous, je crois que vous avez une vague formation dont j’ai oublié le nom.

            Max baissa la tête, se contentant de regarder l’extrémité de ses baskets. Il savait qu’il devait laisser parler ce vaniteux comme on attend patiemment qu’un orage finisse en restant bien à l’abri. Il pensait que le soir il ressasserait ce sale moment qu’il vivait comme une humiliation. Mais non, il n’y penserait pas, l’esprit totalement accaparé par son idée. Quelque chose clochait dans les corps morts dont il s’occupait depuis quelques temps. Il passa la nuit à mettre par écrit ses constats et le lendemain, il était aussi blême que les dépouilles qui l’attendaient à la morgue.

A SUIVRE !

La suite et fin très prochainement sur ce site auquel vous êtes invité à vous abonner.

Sachez que vous trouverez les références de mes livres en page d’accueil. Vous pouvez les commander chez tous les libraires.

Merci de votre fidélité et à bientôt.

Audrey Degal.


2 Commentaires

Salon du livre d’Attignat

Bonjour à toutes et à tous,

Le soleil est toujours là bien que nous soyons presque fin octobre. J’espère que vous profitez de cet été indien qui, s’il fait souffrir la nature, réchauffe le coeur des hommes et donne bon moral. J’espère aussi que vous lisez toujours autant, qu’il s’agisse de mes histoires, de mes romans ou d’autres lectures.

Les histoires que je publie sur ce site se font plus rares( et j’en suis désolée) car il est difficile de concilier vie professionnelle, vie d’auteure et vie familiale. Il faut aussi savoir respirer et souffler un peu. Je n’ai pourtant pas délaissé ce site et très bientôt je vous ferai profiter d’un nouvelle policière que je viens d’achever, juste pour vous, en même temps que je terminais le dernier chapitre de mon prochain roman dont le titre est enfin arrêté : « Le Livre inachevé » Il s’agit d’un thriller fantastique où le Moyen Âge fait irruption dans le présent, malmenant au passage les deux personnages principaux aux vies bien étonnantes. 

Très rapidement un cinquième livre sortira, déjà prêt, « Rencontre avec l’impossible ». Il a pris du retard ( je l’annonçais début 2018) mais c’est parce que « Le Livre inachevé » a pris sa place et l’a un peu bousculé.

Maintenant que vous savez tout, voici l’actualité toute chaude : je serai au salon du livre d’Attignat (où j’ai gagné le 1er prix du policier l’an dernier), dans l’Ain, dimanche 14/10/2018 toute la journée. N’hésitez pas à venir me rencontrer. L’entrée est gratuite, le parking facile et il y a beaucoup d’auteurs (environ 90). Je pourrai vous dédicacer mes livres («  La Muraille des âmes », « Destinations étranges » et « Le Lien ») en attendant de vous montrer la couverture mystérieuse du tout dernier qui sera bientôt sous presse : « Le Livre inachevé ».

Bon week-end à toutes et à tous, merci pour votre fidélité et à très bientôt sur ce site pour lire en ligne la dernière nouvelle policière que je publierai. 

Amitiés,

Audrey Degal.

 


4 Commentaires

J’ai lu : Maman a tort de Michel Bussi

Bonjour à toutes et à tous, 

Je commencerai cet article en m’excusant pour le peu de publications que je fais en ce moment sur mon site. Si je vous ai manqué, c’est bon signe ! Hélas, vous le savez, on ne fait pas toujours ce que l’on veut et en ce qui me concerne, entre le travail, les salons littéraires le week-end, les parents vieillissants dont il faut s’occuper… je n’ai plus le temps de m’occuper de moi et donc la parution de mon livre, pourtant fini, « Rencontre avec l’impossible » est en retard. Même si les idées d’écriture sont là, les histoire savoureuses que je voudrais bien vous offrir en lecture sur ce blog sont bloquées car je n’ai pas 1 minute à leur consacrer. Mon clavier s’ennuie, moi je trépigne d’impatience de me remettre à écrire, écrire, écrire… Je m’efforce donc de me dire que ça ira mieux demain ou après demain… Voici donc la raison de mon silence sur mon blog mais j’espère bien, courant mai avoir un peu de ce temps après lequel nous courons tous, pour vous proposer un nouveau récit à suspense. Merci de votre patience et de votre compréhension.

J’ai tout de même lu, beaucoup lu, (ça fait tant de bien) et en ce moment je suis dans ma période Bussi. Je vais donc vous parler de « Maman a tort ». 

Je vous dirai tout d’abord que je l’ai aimé et que je le conseille à la lecture. L’écriture de Bussi, fluide et intuitive est agréable et l’histoire se laisse lire jusqu’à son dénouement. 

Un petit garçon, Malone,  est à l’aéroport et doit embarquer mais il a le sentiment que la maman avec laquelle il se trouve n’est pas la sienne. Ce n’est pas véritablement le début du roman puisque c’est un moment que l’on retrouve en fin de livre. Pourquoi pense-t-il cela ? Faut-il le croire ?

Nous rencontrons aussi la commandante Augresse, enquêtrice, chargée d’une affaire qui lui donne du fil à retordre. Seule dans la vie, elle a une amie, véritable confidente (pion essentiel de l’intrigue) et ressent quelque attirance pour un psy. qui s’intéresse au cas de Malone et voudrait bien qu’elle enquête à propos de ce petit garçon. Lui est convaincu que l’enfant n’invente pas le fait que celle qui se présente comme sa mère ne l’est pas. Il lui faut une preuve. Problème, la mémoire d’un si jeune bambin s’efface vite et il risque progressivement d’oublier les rares souvenirs qu’il a et qu’il livre au psy. Mais les souvenirs d’un enfant de cet âge sont à décoder : de quel endroit parle-t-il vraiment quand il évoque des ogres et des paysages qui tiennent davantage des contes. Marianne Augresse accepte l’enquête concernant l’enfant, d’autant qu’il y a un lien entre celle-ci et l’autre dont elle a la charge. Mais quel est ce lien ? Comment un enfant pourrait-il être lié à une affaire aussi importante que celle sur laquelle elle enquête depuis longtemps, alors que le bandit lui file inlassablement entre les doigts… 

Je ne peux et ne veux vous révéler la fin mais je vous assure que l’histoire est prenante. Je l’ai devinée bien avant de la lire mais c’est ainsi, je la devine souvent. Peut-être parce que je suis aussi auteure et que je vois où on veut en arriver. 
Aussi je vous invite à ouvrir ce roman qui doit, sauf erreur de ma part, être adapté à l’écran, sous forme de feuilleton. Mais rien ne vaut un bon livre n’est-ce pas !

A titre indicatif, comme j’ai tendance à choisir un auteur et à lire tout ce qu’il a écrit, jusqu’à épuisement du stock, je lis actuellement « Un Avion sans elle » dont l’intrigue est originale et la narration très différente des autres livres de Bussi que j’ai lus jusqu’ici. Je vous en parlerai plus tard !

Je vous souhaite de belles journées, de belles lectures et vous promets de revenir au plus vite vers vous pour que vous puissiez vous plonger dans mes récits voire dans mon prochain livre. 

Amités, 

AUDREY DEGAL 

Anticipez vos lectures estivales ou celles des nombreux ponts de mai que nous allons avoir et procurez-vous un de mes 3 livres dont vous trouverez les références en page d’accueil. Vous pouvez les commander dans toutes les librairies. A très bientôt !


Poster un commentaire

DATES DE SALONS DU LIVRE

Si vous avez envie de sortir ce week-end ou à d’autres moments du mois de mars, pensez à faire un tour dans les différents salons du livre qui fleurissent actuellement. C’est l’occasion dé dénicher de nouvelles lectures, originales, de vous évader et d’obtenir des livres dédicacés.

En ce qui me concerne, vous pourrez faire dédicacer les livres que vous avez déjà achetés ou vous procurer des exemplaires de mes 3 livres, disponibles sur place :

  • LE LIEN, thriller atypique
  • DESTINATIONS ETRANGES, recueil de 12 nouvelles à suspense
  • LA MURAILLE DES ÂMES, thriller policier qui vous entraînera en Chine et où vous tremblerez aux côtés de l’héroïne

Voici où me retrouver :

  • samedi 3 mars 2018, de 10h à 18h sans interruption, , au Salon de Villefranche sur Saône 69400, l’Atelier 109 rue des Jardiniers, entrée gratuite
  • dimanche 4 mars 2018, de 10h à 18h sans interruption, au Salon de Brindas 69126, grande salle des fêtes de Brindas, entrée gratuite
  • dimanche 18 mars 2018, de 10h à 18h, au Salon du livre de Beauchastel 07800, Salle de l’Ile Blaud (en face de la piscine municipale), entrée gratuite. Beauchastel est de surcroît un magnifique village médiéval qui vaut le détour.

Il y aura bien sûr d’autres dates que je vous communiquerai ultérieurement. 

Je serai ravie de parler avec vous de mes livres, de la façon dont je les ai écrits, de la provenance de mes idées, de mon prochain livre dont la parution est quelque peu retardée mais qui arrive bientôt, de votre ressenti au sein de mes intrigues…

Bientôt sur ci site, je vous livrerai une critique des derniers livres que j’ai lus, en attendant de vous offrir une prochaine histoire. 

Merci de faire vivre ce site, merci de votre fidélité et de votre confiance. 

Amitiés, 

AUDREY DEGAL 

 


Poster un commentaire

ASSASSINAT A LA CARTE, fin

Chers lecteurs, voici la fin de la nouvelle policière qui a obtenu le 1er prix du policier au salon d’Attignat. Puisque j’en suis l’auteure je vous l’offre sur mon site. Sachez que dans mes livres vous trouverez encore plus de suspense. Bonne lecture à tous ! AUDREY DEGAL

Résumé de l’épisode précédent : Barbara est le témoin d’un meurtre atroce. A cette occasion elle rencontre l’inspecteur Tissier chargé de l’enquête. Ce dernier reste en contact avec elle mais ne lui dit pas que cet assassinat est probablement lié à un autre qui vient d’avoir lieu. Les rues du vieux Lyon sont sous surveillance mais l’assassin qui aime faire souffrir ses victimes est aussi habile que malin. 

Tôt le matin, sur le bureau de Tissier, un ordre griffonné par le commissaire lui demandait de se rendre chez le fromager de la rue du Bœuf. Son échoppe demeurait fermée sans raison depuis plusieurs jours. Des clients inquiets l’avaient signalé.

            Un serrurier vint à bout de la porte mais pas de l’odeur pestilentielle qui se dégagea à l’ouverture. Un homme d’une cinquantaine d’années gisait au sol.

            — Étranglé avec un fil d’acier, fit Tissier en observant le corps et l’arme qui pendait encore autour du cou.

            Le visage bleui, la langue pendante, les yeux révulsés, la victime était tombée de tout son poids au sol. Ses poignets étaient attachés dans le dos et son crâne ouvert avait dû heurter le rebord d’un comptoir.

            — Le tueur lui a patiemment coupé les doigts les uns après les autres et il était encore vivant, précisa le légiste.

            Plus tard, salle de débriefing, rue des anges.

            — Bon sang, hurla Tissier devant ses hommes. Ҫa fait trois meurtres ! Après les deux femmes, c’est un homme maintenant. Merde ! Le tueur nous nargue et a encore frappé malgré notre surveillance !

            Il planta nerveusement un picot rouge de plus sur la carte. Il récapitula ensuite scrupuleusement les faits à ses hommes ce qui permit de faire émerger un nouvel indice jusque-là inaperçu :

            — Six et rue du Bœuf : voilà ce qui lie ces meurtres. Tous tués à six jours d’intervalle. Donc dans six jours, je veux toute l’équipe dans le secteur, prête à arrêter ce malade. Entre temps, interrogez les voisins, les passants, tout le monde. Il y a bien quelqu’un qui a vu ou entendu quelque chose !

            La piste du serial killer se précisait mais le mobile échappait toujours à la sagacité de l’inspecteur. Le tueur connaissait parfaitement son territoire de chasse et n’assassinait pas au hasard. Les lieux étaient sous étroite surveillance mais, six nuits plus tard, dans le commissariat, le téléphone sonna à plusieurs reprises pour signaler des cris, rue de la Bombarde.

            Quand Tissier arriva à l’endroit indiqué, il était trop tard. Le cadavre encore chaud d’un homme l’attendait.

            — Je ne souhaite pas une telle mort même à mon pire ennemi, fit le légiste après les contrôles d’usage.

            La victime, était assise dans un fauteuil, légèrement basculé en arrière. Elle serrait encore entre ses dents un entonnoir à piston dans lequel l’assassin avait fait couler du chocolat brûlant.

            — Il est mort asphyxié après avoir été ébouillanté de l’intérieur ! Une mort atroce !

            Tissier imprima violemment son poing dans un mur. Les autres le regardaient. L’assassin mettait ses nerfs à rude épreuve.

            — Je suppose qu’il n’a laissé aucune empreinte ! déclara-t-il.

            — Aucune inspecteur, fit l’officier de la police scientifique.

            Le cadavre évacué, Tissier resta un instant sur les lieux du crime. Il réfléchissait, observait. Encore une fois, le tueur avait pénétré sans effraction. Ses victimes le connaissaient. Il en avait la certitude.

            Six jours plus tard, l’enquête n’avait pas progressé. La police se contentait de surveiller les rues du secteur. Tissier se décida à raser sa barbe de trois jours. Il voulait être présentable. Il avait rendez-vous avec Barbara dans un bouchon lyonnais. Entre eux, le courant passait.

            Comme le soir de leur rencontre, le froid et le brouillard régnaient en maître. Quand il sonna à l’interphone, elle répondit aussitôt et une minute plus tard, sa robe de soie bleue apparut dans le hall. Un petit foulard jaune porté autour du cou masquait la courbe naissante de ses seins. Elle n’était pas seulement belle, elle était désirable.

            Ils avaient réservé une table et leurs mains s’étaient frôlées au moment de prendre la carte que le restaurateur leur tendait. Léo ajusta ses lunettes. Barbara semblait sous le charme et inspirée par le menu.

            — Et votre enquête, elle avance ? demanda-t-elle.

            — Pas vraiment. Mais je n’ai pas envie d’en parler. Vous avez choisi ?

            — Ce soir, je dérogerai à mes habitudes : entrée avec salade et présentation charcutière, andouillette beaujolaise au vin blanc accompagnée de cardons, une cervelle de canut pour le fromage et en dessert je prendrai une tarte à la praline sur coulis chocolaté. Un bon repas s’accompagne d’un bon vin. J’hésite entre un pot de Beaujolais ou de Côte du Rhône.

            — Je prendrai la même chose que vous !

            — Je sais, c’est un peu gras mais on doit tous mourir un jour !

            — Merde ! Je crois que vous venez de me donner la solution !

            Tissier se leva brutalement, renversant sa chaise sous les yeux étonnés de Barbara. Il héla le restaurateur et deux minutes après il s’installait devant l’ordinateur du bouchon. Tout en tapant frénétiquement sur le clavier, il expliqua à la jeune femme :

            — Je viens de comprendre que tous les crimes correspondent à l’ordre d’un repas sur une carte de restaurant ! La maraîchère, retrouvée noyée, fournit les restaurants. La femme pendue par un croc de boucher est traiteur, elle les approvisionne en viande. L’homme étranglé avec un fil d’acier est fromager et le dernier, maître pâtissier chocolatier. On a aussi retrouvé un homme noyé dans un tonneau de vin et jusqu’à ce soir je n’avais pas fait le lien. Il manquait du vin à cette carte sanglante !

            L’inspecteur se retourna vers Barbara postée derrière lui et déposa un baiser furtif sur sa joue. Au même instant, une photo s’afficha, celle d’un concours de cuisine qui avait eu lieu des années avant. Toutes les victimes étaient là, souriantes, membres du jury. Une seule était encore vivante : la présidente, restauratrice de renom. Tissier s’empara de son téléphone.

            En un instant, il ameuta ses équipes. Il leur révéla sa découverte. Un candidat avait été recalé à un concours avec une note infamante de 6/20 attribuée par la présidente, note unanimement relayée par les autres. Soudoyés ? La Table renommée que tenaient ses parents fut discréditée. Ruinés, ils s’étaient suicidés tandis que le restaurant de la présidente, concurrente directe, gagnait parallèlement en notoriété. Il fallait agir vite ! Le tueur allait sévir pendant la nuit ! Le dernier crime remontait à six jours. Or on était le 30 novembre, date de promulgation des résultats du concours cinq ans auparavant et il était 21h30. Rapidement les policiers se déployèrent au restaurant de Madame Defoe, la présidente. Elle était sans doute la prochaine cible, brebis destinée à un prédateur sans pitié.

            Une heure plus tard, le brouillard dense et la nuit noire, complices du tueur, enveloppaient tout. Le restaurant était désert. Soudain, un bruit sourd : l’homme venait de s’infiltrer dans les locaux. Des pas feutrés : il progressait avec précaution. Sa silhouette noire sortit peu à peu de la pénombre. Madame Defoe ne bougeait pas mais ses mains tremblaient. Les policiers, tapis dans l’ombre, se ruèrent sur le tueur lorsqu’il alluma un briquet. Dans l’autre main, un bidon d’essence. Le liquide coulait.

            — Putain, il veut foutre le feu ! hurla Tissier.

            L’inspecteur avait l’habitude des arrestations musclées. Le pyromane s’était débattu, tentant d’enflammer ce qui se trouvait autour de lui. Bilan : deux hommes légèrement brûlés mais le tueur était maîtrisé.

            Fin décembre Tissier le rencontra pour la dernière fois.

            — Toujours pas de regrets Monsieur Bourgin ?

            — Non, aucun !

            — Même pas celui d’avoir manqué votre dernière victime ?

            — Manquée ? Vous croyez ?

            Ce furent leurs dernières paroles. Ils ne se reverraient jamais.

            L’enquête diligentée pour vérifier la fraude du jury lors du concours, jeta l’opprobre sur la présidente, Madame Defoe. Traînée dans la boue par la presse, sa ruine était assurée. On retrouva son corps, un mois plus tard, flottant dans la Saône. Le brouillard s’était levé.               FIN

N’hésitez pas à vous abonner au site pour lire de nouvelles histoires, des critiques de livres et de films…

En page d’accueil vous trouverez aussi les références de tous mes livres publiés que vous pouvez commander dans n’importe quelle librairie ou sur internet. Des liens directs sont repris en page d’accueil. Et pensez à partager cette publication pour que d’autres puissent en profiter. 

A très bientôt pour un résumé d’un des livres que je viens de terminer. Je vous donnerai aussi les prochaines dates des salons du livres auxquels je vais participer prochainement. 

Audrey Degal


3 Commentaires

ASSASSINAT A LA CARTE, 1ère partie

Bonjour,

Vous aimez avoir peur ? Vous aimez le genre policier ? Je vous offre ici ma nouvelle « Assassinat à la carte » qui a obtenu le 1er prix lors du salon d’Attignat dans l’Ain, parmi plus de 90 auteurs, prix remis par le conseil départemental. Régalez-vous avec cette 1ère partie (la suite paraîtra très vite), pensez à vous abonner, à en parler autour de vous, à cliquer sur j’aime, à partager sur les réseaux, à laisser un commentaire… et si vous voulez lire davantage, rendez-vous en page d’accueil ou vous trouverez les liens pour vous procurer mes livres. En attendant bonne lecture !

Assassinats à la carte, 1ère partie.

 

Il était très tard lorsque Barbara quitta le restaurant. Le froid était piquant. La porte se referma derrière elle et, à travers les baies vitrées donnant sur la rue, elle fit signe à ses amis encore attablés. Ils savouraient un dernier verre. Sur leurs lèvres elle put lire « sois prudente, à demain ! ». Mais ce genre de remarque néglige l’importance du destin !

La nuit, particulièrement noire, pactisait depuis des jours avec un épais brouillard que le plus affûté des couteaux n’aurait pu couper. La morsure glaciale du vent s’amusait à griffer les visages des rares passants qui osaient encore s’aventurer dans les ruelles. Les lampadaires, rangés au garde à vous, même s’ils ne surveillaient rien, renvoyaient de sordides lumières d’un orange blafard rongé par la brume ambiante. On n’y voyait pas à trois mètres.

La jeune femme glissa les mains dans ses poches, serra la ceinture de son manteau de cachemire et accéléra le pas pour regagner sa voiture. La rue était déserte. Elle avait l’impression de traverser un cimetière à la nuit tombée même s’il n’y avait pas de tombes. Le parking Saint Jean, situé sur les quais de Saône, n’était pas loin mais elle n’aimait pas s’éterniser dans le vieux Lyon si inquiétant à cette heure-là. L’œil aux aguets, l’oreille attentive, elle avait hâte de rentrer.

Barbara marchait précautionneusement, s’efforçant de ne pas faire claquer ses hauts talons sur les pavés que l’humidité rampante rendait glissants. Des myriades de volets fermés semblaient l’épier, comme autant d’yeux malveillants. Encore quelques mètres et elle tournerait à gauche, quelques mètres qui lui paraissaient une éternité !

Soudain un bruit. Une lutte. Des voix étouffées. Barbara n’avait pas encore bifurqué mais elle s’arrêta net. Elle allait détaler quand elle aperçut une forme s’effondrer sur le trottoir. Elle voulut crier mais ses mains, comme des entités autonomes, se plaquèrent sur sa bouche. Elle recula et se terrera sous une porte cochère. Faire silence ! Attendre ! L’être tombé au sol rampa, laissant derrière lui une large traînée brunâtre. Barbara le discernait à peine mais elle l’entendit gémir. Inconsciemment, elle retenait sa respiration tandis que son sang battait la chamade dans ses tempes. Une silhouette inquiétante s’avança, déchirant l’épais brouillard qui enveloppait la scène. Elle s’immobilisa auprès de l’individu à terre qui redressa la tête. Il implora la pitié de son bourreau avant de s’effondrer dans l’eau croupie du caniveau. En guise de réponse, l’autre l’empoigna et le traîna sur le trottoir jusqu’à l’angle d’une bâtisse derrière laquelle tous deux disparurent.

Terrorisée, Barbara, n’osait pas sortir de sa cachette. Finalement, comme aucun bruit ne lui parvenait plus, elle ôta ses chaussures et se mit à courir, pieds nus, pour s’éloigner de la scène. Elle s’empara de son téléphone pour appeler de l’aide.

— Arthur ? C’est Barbara. C’est horrible ! Je viens d’assister à un meurtre.

— Un meurtre ? Dis-moi où tu es, j’appelle la police !

Quand l’inspecteur Léo Tissier arriva au croisement des rues du Bœuf et de la Bombarde, les amis de la jeune femme étaient déjà sur place, essayant de la réconforter.

— Barbara Torin ? Est-ce que je peux vous parler ?

Elle posa sur le blouson de cuir du policier puis sur son visage, des yeux hagards qui espéraient plus de réponses qu’ils n’avaient à en donner. Un café chaud la réconforta et peu à peu, rassurée, elle recouvra ses esprits :

— C’est un homme ou une femme ? demanda-t-elle.

— C’est vrai que d’ici c’est difficile à voir avec ce fichu brouillard mais c’est une femme. Enfin c’était. Elle est morte !

Un brigadier trop zélé se permit d’ajouter :

— On l’a éventrée puis pendue à la façade d’une boutique avec un croc de boucher. Elle était encore vivante quand l’assassin lui a sorti les tripes.

Sous l’assaut de ces précisions macabres, la jeune femme crut défaillir. Tissier dut l’agripper par le bras pour la retenir. Il plongea son regard dans ses yeux noirs et fut aussitôt subjugué. Elle ressemblait à s’y méprendre à Monica Bellucci, l’accent en moins. Il résista à la tentation de lui demander un autographe mais il se retrancha derrière d’autres mots :

— Désolé, il n’aurait pas dû vous dire tout ça. Oubliez ! Dites-moi…

À sa demande, Barbara lui décrivit ce qu’elle avait vu et peu après, elle confiait les clés de sa voiture à Arthur tandis qu’elle s’engouffrait dans le véhicule de la police.

— Je suis obligé de vous garder encore un moment, « Monica », faillit dire Tissier assis au volant. J’ai d’autres questions. Je vous reconduirai moi-même chez vous ensuite.

Quelques heures plus tard, lorsqu’il la laissa devant la porte de son appartement, l’inspecteur se voulut rassurant :

— Je sais à quel point être le témoin d’un meurtre peut être difficile mais dites-vous que vous avez eu beaucoup de chance ce soir. Un instant plus tôt, ça aurait pu être vous ! Prenez ma carte et si vous avez peur ou si vous pensez avoir oublié quelque chose, n’hésitez pas, appelez-moi !

Barbara prit la carte et verrouilla sa porte. Elle ne fermerait pas l’œil du reste de la nuit.

Au commissariat, 15 rue des anges, dans le 5ème arrondissement, comme chaque matin, les enquêteurs faisaient le point sur l’avancée des investigations en matière criminelle.

— Bon, nous avons deux meurtres sur les bras, résuma Tissier. Deux femmes retrouvées rue du Bœuf : une éventrée il y a deux jours et l’autre noyée la semaine dernière dans le local d’un maraîcher, aux halles, puis déplacée. Questions : Y a-t-il un lien entre ces meurtres ? Si oui, quel est le mobile du tueur ?

— Deux femmes, c’est un point commun mais ça peut être aussi le fait du hasard ! Et ta Monica Bellucci ne t’a rien appris de plus ?

Tissier avait évoqué avec ses collègues la ressemblance de son témoin. Il avait revu Barbara au cours des deux jours écoulés et ils avaient pris un café ensemble. Elle lui plaisait.

— Elle a vu le tueur traîner sa victime après l’avoir frappée sauvagement, à plusieurs reprises. Le sang sur le trottoir et les bouts d’intestins disséminés l’attestent. Tuer semble secondaire pour l’assassin. Faire souffrir ses victimes est primordial. Il est déterminé !

— Ouais, remarqua un collègue mais pourquoi a-t-il changé de mode opératoire et pourquoi a-t-il déplacé le corps de celle qu’il a noyée ?

— Noyée qui a aussi agonisé pendant des heures d’après le légiste, souligna Tissier. Le dispositif laissé aux halles, par le tueur, le prouve : la planche inclinée, l’entonnoir… Si les procédés sont différents, j’ai le sentiment que ces meurtres sont liés. Le tueur va encore frapper !

— Oui mais où ?

— Où et quand ? ajouta l’inspecteur. Je parierai pour la rue du Bœuf mais où exactement ? Je ne sais pas. Par contre quand ? J’ai ma petite idée. Il agit la nuit et le légiste affirme que la noyée est morte entre 23 heures et deux heures du matin, comme la seconde victime.

Tissier assis au bord de son bureau se frottait le menton, l’air dubitatif. Il fixait la carte de Lyon affichée au mur. Les homicides étaient matérialisés à l’aide de petits pics différenciés par des chapeaux de couleur différente. Deux picots rouges correspondaient aux crimes qu’il avait en charge. Les autres couleurs relevaient d’affaires plus anciennes, non résolues ou suivies par d’autres enquêteurs.

— Je veux donc qu’on surveille le quartier et plus particulièrement les femmes, discrètement, pour ne pas affoler les habitants.

Les nuits suivantes, des hommes en civil arpentèrent les pavés. Chaque soir le froid et le brouillard frappaient mais pas le tueur. Compression de budget et absence de récidive : le commissaire finit par relâcher la surveillance. La dernière nuit, ils n’étaient plus que deux policiers, postés aux extrémités de la rue du Bœuf. La visibilité était particulièrement réduite : des ampoules des réverbères avaient claqué.

L’officier de police Marc Dantin brûlait d’envie d’allumer une cigarette. Il était transi. Depuis des heures, le manque de tabac et l’immobilité due à la planque le rendaient nerveux. Au loin, un clocher égrena les douze coups de minuit. Une porte claqua. Un couvercle tomba et roula au sol avant de s’arrêter. Des plaintes rauques ressemblant à des cris d’enfants s’élevèrent dans l’obscurité. Des chats se battaient pour des résidus de poubelles et leurs feulements inquiétants déchiraient le silence. Puis le calme revint, plus pesant que jamais. À cinq heures, Dantin et son collègue abandonnèrent leur poste. Le tueur devait se méfier.

Le suite et fin très prochainement. 

Merci de votre fidélité et de votre confiance.

Audrey Degal


5 Commentaires

Downsizing, le film

Bonjour chers lecteurs, 

Le week-end approche et comme un temps maussade est encore annoncé, vous irez peut-être au cinéma pour oublier les nuages et passer une bonne soirée. Eh bien c’est exactement ce que j’ai fait samedi dernier et comme j’avais vu la bande annonce du film DOWNSIZING, je me suis laissée tenter car la sélection d’extraits opérés avant la diffusion du film que j’allais voir, voici 3 semaines, m’avait mis l’eau à la bouche. Drôle, original m’étais-je dit !

En route pour Downsizing !

L’histoire :

Les hommes produisent trop de déchets. Il faut les réduire de toute urgence. Un laboratoire de recherches fait cette découverte extraordinaire : il est désormais possible de réduire la taille des Hommes. Ainsi, ils consomment poins, produisent moins de déchets… Comme tout doit être adapté à leur échelle, construire une maison, une voiture… ne coûte désormais presque rien car il faut peu de matériaux. Mais attention, le processus est irréversible ! 

Les premiers à avoir tenté l’aventure sont heureux d’autant que le luxe devient désormais accessible : bijoux, maisons luxueuses, soirées, bateaux… Le rêve ! Apparemment. 

Après mûre réflexion et puisque son monde ne lui permet pas d’acquérir ce qu’il désire, un couple (dont Matt Damon) choisit cette option. Après les adieux aux proches, le couple est prêt en entamer le processus de réduction. Sauf que, et c’est ce qui est drôle, au dernier moment la femme fait machine arrière tandis que Matt Damon, déjà version modèle réduit, ne peut rien faire d’autre qu’accepter s petite taille. Le divorce est inévitable comme vous vous en doutez. 

Il s’ennuie d’abord dans sa nouvelle vie, fait la connaissance de voisins qui ne pensent qu’à profiter et part finalement  pour la Norvège à bord d’un bateau, en leur compagnie et celle d’une jeune femme vietnamienne réduite contrainte et forcée suite à un litige. Là, ils rencontrent l’inventeur du downsizing qui leur apprend que la fin du monde est proche. On invite Matt Damon et la jeune femme à se joindre à d’autres qui ont choisi de contourner l’extinction en pénétrant au coeur de la montagne où une ville, des champs, bref, tout ce qu’il faut pour survivre, a été réalisé. Il hésite et renonce finalement, préférant se consacrer à son prochain aux côtés de la jeune femme dont il est désormais épris. 

Mon avis :

Euh, comment dire ? 

L’idée de rétrécissement, est sympathique et le volte-face de la femme de Matt Damon devant le downsizing est inéluctablement source de comique. L’ennui c’est que ce problème lié à la taille des partenaires du couple n’est pas du tout exploité. On passe d’une situation à une autre, sans véritable lien et le héros se trouve au coeur de scénettes qui auraient pu être cocasses mais ne le sont pas vraiment. Oh, j’exagère : elles le sont parfois mais si peu ! Et puis l’irruption de cette annonce, la fin du monde, arrive comme le cheveux sur la soupe. On dirait que les producteurs étaient à court d’idées, alors ils sont tombés dans la facilité, les clichés… Et puis que viennent faire les deux chercheurs sur le même bateau que les principaux protagonistes ? On dirait qu’ils tombent du ciel ! Absence d’explication, absence de cohérence ! Certes aux côtés de Matt Damon, acteur que j’apprécie particulièrement ( rappelez-vous « Seul sur Mars », MAGNIFIQUE !!! quel suspense !) on retrouve une autre belle pointure souvent choisie par Tarentino (et son génie), Christoph Waltz que l’on a vu dans des rôles aussi magnifiques qu’inoubliables avec « Inglorious Basterds » ou encore « Django Unchained ». Dans Downsizing le jeu de ces deux acteurs est assurément bon mais il prend place dans un scénario trop pauvre. Et que dire du personnage de la jeune vietnamienne, qui hurle sans cesse, ce qui devient lassant, agaçant… Certes, le scénariste a sans doute voulu  nous faire comprendre par là qu’elle avait de la personnalité mais cela frise parfois le ridicule. Elle donne des ordres à tout bout de champ, aboie presque et Matt exécute, ce qui affaiblit son personnage. 

Je pense que la bande annonce de ce film a vocation d’allécher le spectateur en montrant les rares bons moments du film et j’avoue que 2h 16mn  c’est long quand on s’ennuie. 

Certains vont me haïr parce qu’ils ont aimé le film ! Je respecte votre position, faites-en de même sans me fustiger ! Je ne vous livre que mon humble avis, à vous de voir si vous le partagez ou non, à vous de décider si vous irez voir ce film ou non. Tous les goûts sont dans la nature. Je n’ai fait que vous dévoiler le mien. 

Je n’achèterai pas non plus le DVD quand il sortira et j’espère que je retrouverai Matt Damon ou Chritoph Walts dans d’autres films à la hauteur de leur incontestable talent de comédiens, de leur talent qui jusqu’à présent crevait l’écran en ce qui me concerne, de leur talent dont nous voulons profiter sur les écrans de cinéma.

*****

La semaine prochaine, je publierai la nouvelle pour laquelle j’ai été primée, c’est promis. En attendant, je vous souhaite un bon week-end, d’agréables lectures et de beaux moments au coeur de mes romans. 

Amitiés, 

Audrey Degal.

 


Poster un commentaire

Star Wars, les derniers jedi

Bonjour à toutes et à tous, 

 

Il m’a fallu du temps mais je suis allé le voir : Star Wars, Les derniers jedi.  J’avais bien entendu vu et revu les précédents et, même si j’apprécie l’histoire, les images, les scénarios, je ne suis pas une fan inconditionnelle de la série. 

Pourtant, j’ai passé un bon moment. En fait, je n’ai pas vu le temps passer. Les ingrédients de la réussite visuelle sont là, l’espace, on s’y croirait, les ingrédients de l’intrigue sont présents, on se demande comment les « gentils » vont s’en sortir. D’ailleurs s’en sortent-ils tous ? Pas vraiment !

Entre les petits moments d’humour, bien choisis, qui m’ont fait agréablement sourire, j’en ai pris plein les yeux et j’avoue qu’en ce qui me concerne je vais au cinéma pour cela. Les films d’atmosphère, les films à textes…, je préfère largement les regarder chez moi ! 

On retrouve avec joie ceux qu’on a toujours aimés et notamment Chewbacca qui, bien entendu n’a pas pris une ride et pour cause !!! Leia Organa et  Luke Skywalker sont voués à se retrouver même si ce dernier s’est retiré, qu’il a perdu contact avec les autres et qu’il ne veut renouer aucun lien. La légende autour des jedi persiste dans la galaxie qui a besoin de leur aide pour venir à bout de la force laquelle les menace à nouveau. La résistance s’est affaiblie et la lutte devient complexe. Aussi, la ravissante et intrépide Rey, que l’on a déjà rencontrée lors de l’épisode précédent, se rend auprès de Luke, à bord du Faucon Millenium dont elle a hérité à la mort de Solo. Le convaincre de revenir est complexe d’autant que le jedi cache un secret. Finalement, grâce à Rey et à Luke, la lutte s’engage contre les forces du mal et si les victimes sont nombreuses, Rey n’a pas froid aux yeux. Elle devient redoutable voire redoutée. Quelques surprises jalonnent l’intrigue, qui ne sont pas sans déplaire au public car ce sont autant de subtilités qui tiennent en haleine. 

*

Je n’en révèle pas davantage. Tant de résumés intéressant figurent sur le net, que je vous invite à consulter si vous voulez en savoir plus sur ce dernier Star Wars. Je ne vous livre ici que mon humble avis, l’avis de celle qui a passé un bon moment au cinéma alors qu’à priori elle était en curieuse plus qu’en spectatrice convaincue. Allez voir Star wars sur grand écran avant qu’il n’en disparaisse et passez une très bonne soirée.

Prochainement, je mettrai en ligne une histoire policière (que j’ai écrite) et non des moindres, celle qui m’a permis d’obtenir le 1er prix lors d’un salon littéraire en octobre dernier parmi 90 auteurs. Je vous livrerai aussi mes commentaires sur des séries que j’ai adorées et deux livres que j’ai lus. A côté de tout ceci, je suis en train d’achever mon 4ème livre « Rencontre avec l’impossible » et je ne manquerai pas de vous tenir au courant de sa parution. 

A très bientôt chers lecteurs de tous horizons et merci de votre fidélité. et si ce n’est pas encore fait, pensez à partager cet article et à vous abonner au site.

Audrey Degal.


Poster un commentaire

LA DEMOISELLE INACHEVEE, suite et fin

Résumé de l’épisode précédent : C’est l’anniversaire de Mathilde et ses amis lui offrent l’annexe immobilière qu’elle voulait acheter pour ouvrir sa pâtisserie chocolaterie. Mathilde a réussi dans la vie et elle se double d’une bonne vivante qui aime bien manger. Mais elle est seule, dans sa grande propriété et si elle le cache aux autres, elle souffre intérieurement d’un mal qui la ronge : elle se déteste. Elle déteste ses rondeurs, son corps qui s’est alourdi au fil des années car elle ne parvient pas à se maîtriser : elle aime les bonnes tables et ne se prive de rien. Ce goût irrépressible pour la nourriture la poursuit même dans ses rêves où elle se voit éclater à cause de ses excès. Sourire à la vie devient très difficile pour elle désormais !

          Un klaxon de type italien résonna à deux reprises, réveillant Mathilde en sursaut. La Cucaracha annonçait Denis et ses plaisanteries. Il était 15 heures. Il coupa l’alarme de la grande bâtisse qui s’activait automatiquement chaque nuit. Il ouvrit avec sa clé et entra comme s’il était chez lui. Mathilde l’adorait : gentil, toujours là quand il fallait, doué et réputé en cuisine, l’ami parfait !

            — Encore au lit ! Allez, debout. On a une dure journée.

            Mathilde, couchée à plat ventre, saisit l’oreiller et le rabattit sur sa tête tandis que le visiteur ouvrait les rideaux de taffetas et qu’un soleil sans-gêne pénétrait dans la pièce.

            — Oh non, protesta la jeune femme aux paroles étouffées par le matelas. Pas déjà !

            Denis repéra des traces et des résidus de maquillage dans les plis de l’oreiller.

            — Tu as encore pleuré !

            — Ne m’embête pas avec ça ! C’est mon problème !

            — Je refuse que tu te laisses aller. Tu ne peux rien changer à ce qui s’est passé. Tu dois tourner la page et aller de l’avant, Mathilde. À quoi bon te torturer ?

            Toujours cachée par le coussin, elle l’écoutait mais refusait de répondre. Il reprit :

            — Tu es la meilleure pâtissière qui soit, ta notoriété monte en flèche et ta réputation commence à te précéder. Pourquoi cherches-tu encore à te punir face au succès.

            Il la connaissait parfaitement et savait comment elle réagirait. Elle émergea, le teint brouillé, pour lui dire :

            — Je n’arrive plus à me maîtriser. J’avale tout ce qui me tombe sous la main et dans mon métier, c’est pire encore ! La nourriture m’entoure : les épices, les fumets, le thym, la coriandre, le gibier. Entre le piquant et l’acidité, mes papilles ne balancent pas, elles prennent tout. Les fromages m’appellent, les fruits, les lasagnes au safran, les tiramisus à la pistache, les vins, les champagnes… Je ne peux plus résister.

            Il s’approcha pour la consoler. Il plaqua la longue chevelure emmêlée de Mathilde contre lui et se mit à la caresser.

            — Ne pleure pas. Je suis là, avec toi. Je sais que ce que tu traverses est difficile et je ne t’abandonnerai jamais. Personne n’aurait imaginé ce qui t’est arrivé il y a huit mois, quand tes…

            Mathilde posa sa main sur la bouche de Denis pour l’empêcher de parler.

            — Tais-toi ! Je ne veux pas en entendre davantage. Cela me fait souffrir et tu le sais. Mais regarde-moi, Denis ! Je ne suis plus moi-même. Je suis devenue un monstre de gourmandise qui ne sait même plus ce que signifie déguster ou apprécier.

            — Chut, intervint-il avec douceur. Écoute-moi ! Tu vas te reconstruire mais il faut du temps et de la patience pour cela. Tous tes amis sont là pour toi. Nous ne te laisserons pas tomber, Mathilde. Tu détestes les miroirs, couvre-les au lieu de les briser. N’ajoute pas du malheur au malheur ! Tu as besoin d’aide. Je vais t’aider !

*

            — Bonjour mademoiselle Delacour. Avez-vous passé une bonne nuit ? demanda l’infirmier.

            — Où suis-je ? interrogea-t-elle en se redressant sur un lit étroit aux draps blancs immaculés.

            — Je crois qu’il va falloir réduire les somnifères que vous prenez ! Vous avez toujours du mal à émerger, le matin.

          — Des somnifères ? Mais de quoi parlez-vous ? Et qu’est-ce que j’ai au bras ?

          L’infirmier la fixa de ses yeux noirs. Il émanait de sa personne autant de charisme que de douceur.

            — Une perfusion, depuis votre arrivée, ajouta-t-il. Mais comme vous allez mieux je suis venu l’enlever.

            — Une perfusion, pourquoi ? Où sont mes amis ? Où est Denis ?

            — Vous ne vous en souvenez pas ?

            — Non. Je suis totalement perdue. Que se passe-t-il ?

            Le soignant se posa un instant au bord du lit. Il prit la main de Mathilde dans la sienne et commença à lui expliquer :

            — Voilà. Depuis la mort de vos parents, dans un accident de voiture, vous avez déclenché une forme d’amnésie partielle et heureusement momentanée ainsi qu’un trouble prononcé de l’alimentation.

            — Ҫa, je le sais. Je ne cesse de manger, ironisa-t-elle tandis qu’elle se rappelait l’accident qui l’avait traumatisée.

            — Ne m’interrompez pas, s’il vous plaît. Vous allez comprendre.

            Et il poursuivit :

          — Contrairement à ce que vous croyez, vous n’êtes pas devenue boulimique et la gourmandise vous écoeure particulièrement. Vous la fuyez.

            — Qu’est-ce que vous me chantez-là ?

            — Vos amis ont craint pour votre santé car suite au traumatisme subi, vous êtes devenue anorexique. Regardez vos bras !

            — Justement, ils sont bien potelés !

            — C’est un des problèmes de cette maladie. Vous vous voyez ronde alors que votre maigreur vous met en danger. Vous avez l’impression d’être inachevée !

            — Mais…

            — …laissez-moi finir ! Dans ce centre spécialisé, vous ne rencontrerez aucun de vos proches avant d’être rétablie. Cela fait partie du protocole et c’est un gage de réussite. Or, depuis votre admission, vous avez repris du poids, six kilos. C’est considérable et bon signe !

            Mathilde ouvrit de grands yeux et resta bouche bée. Elle aurait voulu crier, protester, nier ce que cet homme venait de lui dire mais en regardant à nouveau son corps, elle finit par voir qu’elle était maigre. Une autre version d’elle non pas ronde mais longiligne !

            — Et la pâtisserie chocolaterie que mes amis m’ont offerte, je l’ai aussi inventée ?

            — Oui, vous avez été admise peu après l’accident et chaque nuit vous faites le même rêve que vous me racontez : une soirée d’anniversaire bien arrosée, plaisanta l’infirmier. Bon et maintenant, qu’est-ce que je vous sers ?

            — Je crois que j’ai faim. J’aimerais bien tirer un trait sur le passé et créer  un dessert qui me ressemblerait.

            —Très bien et comment appellerez-vous cette création ?

            — La demoiselle inachevée !

FIN.

En ce début 2018, faites- moi aussi un  petit plaisir, votre bonne action de tout début d’année : pensez à vous abonner à ce site puisque vous l’appréciez. Vous ne recevrez aucune publicité, je vous l’assure ! Faites le connaître autour de vous, faites aussi connaître mes romans. Vous êtes ma meilleure publicité. Je compte sur vous comme vous comptez sur moi pour vous écrire encore de nouvelles histoires gratuites. Encore une fois bonne année !

Référence des livres ici : cliquez ci-après pour « La Muraille des âmes », thriller policier se procurer La Muraille des âmes

cliquez ci-après pour « Destinations étranges », 12 nouvelles mystérieuses se procurer « Destinations étranges »

cliquez ci-après pour « Le Lien », thriller original, se procurer « Le Lien »

Enfin MERCI à CELLES ET CEUX qui ont lu ces livres et qui ont posté des commentaires sur Amazon notamment, sur Decitre, sur d’autres plateformes (GOODREADS) ou qui en recommandent la lecture sur les réseaux sociaux. C’est fondamental pour moi et permet de me faire connaître. 


4 Commentaires

BONNE ANNEE 2018

Elle est là, elle pointe son nez, la nouvelle année 2018 et le temps que vous ouvriez cette publication elle a peut-être déjà commencé.

Eh bien sachez que je pense très fort à vous, oui, VOUS, 660 abonnés fidèles de deshistoirespourvous.com, lecteurs de mes histoires en ligne, lecteurs de mes romans, de mes recueils de nouvelles… Merci de venir me rencontrer lors des salons. C’est toujours une joie de discuter avec vous, de vos lectures, de vos attentes, de mes prochains livres. Votre présence me comble ! Votre assiduité sur mon site est un délice, vos visites, vos clics « j’aime », vos commentaires, vos partages… sont pour mi un véritable bonheur. Et le bonheur est précieux. il faut le préserver !

Alors en ce 31 décembre 2017, je tiens à vous souhaiter une très très très… belle année 2018. Que la santé, le bonheur de vivre rayonnent et tiennent loin de vous les difficultés de la vie. Aussi, avant de vous quitter aujourd’hui et de vous retrouver pour la suite de mes histoires et bien d’autres choses, prenez le temps de lire le petit message ci-dessous, plein de bon sens, plein de vie. 

ENCORE BELLE ANNEE 2018 !

A bientôt pour la fin de « La Demoiselle inachevée » en ligne, pour l’annonce de mon prochain livre, pour des avis sur des livres que j’ai lu… 

AUDREY 


4 Commentaires

LA DEMOISELLE INACHEVEE, 1ère partie

La Demoiselle inachevée

— Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaire Mathilde, joyeux anniversaire !

Dès les dernières notes fredonnées, elle avait soufflé les bougies érigées comme des tourelles sur un château de la Renaissance. Les trente flèches dressées fièrement vers le plafond de la salle louée pour l’occasion s’étaient éteintes au même moment et on avait rallumé les lumières pour apporter les cadeaux.

Mathilde souriait. Elle ne s’attendait pas à tant d’attention de la part de ses amis surtout depuis… Non ! Elle refusait d’y penser. C’était un jour de joie à savourer auprès de ceux qui la chérissaient.

Devant elle, des montagnes de paquets colorés, des grands, des petits. Elle s’en approcha et releva les pans de sa robe de cocktail pour mieux avancer. Le sol était glissant, ses talons trop hauts et elle avait l’impression de marcher sur des œufs.

— Je ne sais par lequel commencer, lança-t-elle tandis que tous les regards se braquaient sur sa personne.

— Prends n’importe lequel ! suggéra Noé.

La jeune femme en souleva un dans ses mains. Il paraissait léger. Elle en soupesa un second. Il aurait rivalisé avec une plume. Elle se fraya un passage parmi les paquets empilés pour en attraper un autre, bien plus gros. Son poids était infime.

— À quoi est-ce que vous jouez ? Je parie qu’il y a anguille sous roche !

— Et tu vas nous la cuisiner ! renchérit Denis selon son habitude.

Mathilde se doutait que cette mise en scène cachait un stratagème élaboré. Elle soupesa encore quelques paquets. Ils paraissaient tout aussi vides. Doucement, elle se mit à les écarter et, au bout de quelques minutes, elle repéra une minuscule boîte qui attendait, docilement, sous une cloche transparente. Elle s’en empara cérémonieusement comme d’un objet mystique. Elle l’ouvrit et sortit un papier plié, déposé dans un écrin de velours bordeaux. Elle le déplia et lut :

« Mathilde Delacour, à ce jour, vous êtes l’heureuse propriétaire de l’annexe située 12 place de la République où vous pourrez ouvrir votre pâtisserie chocolaterie ».

Émue aux larmes, elle faillit vaciller mais se surprit à sourire à ceux qui l’entouraient et qui lui offraient ce local.

— Le gâteau ! réclamèrent les convives à l’unisson.

 Mathilde remercia ses amis puis, d’un revers de la main, elle essuya les perles d’eau salée qui glissaient le long de ses joues. Elle prit le couteau et la pelle qu’on lui tendait et découpa précautionneusement la pièce montée.

 Elle avait toujours été d’une gourmandise absolue et tout en s’interrogeant à propos des cadeaux, elle n’avait pu s’empêcher de dévorer des yeux ce dessert qui l’attendait. Ses proches l’avaient choisi en fonction de son goût immodéré pour le chocolat, la ganache, les macarons, les calissons et le nougat. Ils voulaient la combler. Elle en avait besoin. Tous le savaient. Elle avait servi les autres et s’était servie, resservie, copieusement, trop peut-être. Il était cinq heures du matin quand Noé la raccompagna chez elle, dans sa grande maison vide.

— Des projets pour demain ? lui demanda-t-il.

— Pour l’instant, prendre un bon bain et dormir. Le reste, je verrai après.

 La voiture de sport l’abandonna sur le perron, fit demi-tour sur le gravier de la cour intérieure et disparut dans la nuit.

 Dix minutes plus tard, Mathilde se posta devant sa chaîne hi-fi pour la programmer. Si elle appréciait à l’excès la bonne chair, la jeune femme était aussi friande de musique. Des mélodies classiques en passant par le rock, elle aimait tout. Il était impensable pour elle d’entendre un air sans se le procurer aussitôt. Elle ne comptait plus ses soirées passées dans les auditoriums à se délecter des plus célèbres symphonies ni celles consacrées à scruter la toile pour dénicher le dernier concert des groupes qu’elle adorait. De Rome en Italie en passant par Reykjavik en Islande, Oslo en Norvège ou encore Los Angeles aux États-Unis, elle voulait s’imprégner, jusque dans ses gênes, de ces ambiances dont elle raffolait, de ces notes suaves, revigorantes et exceptionnelles qui flattaient son esprit autant que le chocolat son palais. Dans la vie, Mathilde se régalait de tout !

 Et cela se voyait. Elle avait fait installer son jacuzzi dans une pièce totalement dédiée à la détente. Sur les murs, des miroirs, témoins muets, lui donnaient l’impression qu’elle était entourée du monde qui lui manquait. Mais ce n’était pas le seul message silencieux qu’ils délivraient. Incapables de mentir, lorsqu’elle s’y reflétait, ils lui assénaient toujours le même leitmotiv : « gourmande que tu es ! Tu as encore grossi ! ».

 Ce soir-là, plus encore que les autres, ces surfaces froides et insensibles ne cessaient de lui répéter qu’elle avait trop profité de ce copieux repas comme des précédents. Ses joues chantaient sa gourmandise. Ses épaules moelleuses racontaient la richesse des entrées qu’elle avait appréciées. Sa taille lui répétait que la sauce forestière qui accompagnait la viande était une réussite tandis que ses hanches, pourvues de poignées d’amour inutilisées, fredonnaient une litanie faite de magrets de canards, de pommes de terre rissolées et de délicates bouchées au foie gras. Enfin, ses cuisses rondes grignotées par des îlots de cellulite étaient à elles seules un hommage aux métiers de bouche, à leur savoir-faire inépuisable et à leurs secrets.

 Mathilde prit un des objets qui reposait, parmi d’autres, sur les rebords du SPA et le lança violemment en direction des miroirs. Plusieurs se brisèrent, démultipliant désormais au sol sa silhouette qui s’y reflétait désespérément.

 — Je vous hais ! lança Mathilde.

 Je me hais ! pensa-t-elle, le regard mauvais.

Qu’y pouvait-elle ? À la tête de la plus prestigieuse table de la ville, elle se donnait corps et âme à ce qui se mangeait. Et ce soir-là, ses proches venaient de lui offrir une extension de son activité.

Elle avait menti en prétendant qu’elle ne pouvait se l’offrir, prétextant qu’il lui manquait toujours quelques deniers, qu’elle avait fait de mauvais placements en bourse… En fait, elle tentait de résister. Et voilà que ceux qui l’avaient toujours soutenue, lui apportaient sur un plateau l’annexe tant espérée, l’annexe tant redoutée. Ils avaient probablement emprunté pour elle. Ils voulaient la combler, lui permettre d’oublier, lui ouvrir de nouvelles perspectives…

  Plongée dans le bain chaud, dont les bulles masquaient son corps, elle s’imaginait concoctant ses plus prodigieux entremets : son 2000-feuilles souvent copié, jamais égalé, son Absolu citron meringué qui lui avait permis d’être remarquée, sa Banquise au caramel et beurre salé qui l’avait consacrée… Pour réussir, pour innover, pour créer il lui fallait impérativement être gourmande. Et elle l’était. Seul un « hélas » était venu s’ajouter, lancinant, impoli, agressif mais tu par nécessité.

 Un lit immense l’accueillit finalement au petit matin. Elle s’y réfugia, enveloppée dans son peignoir encore humide qu’elle avait refusé de quitter. Le visage poupin immergé dans son oreiller de soie, elle avait pleuré avant de sombrer dans des rêves sombres et peut-être prémonitoires. Elle se voyait à la tête de sa nouvelle enseigne « Mathilde Delacour, pâtissier-chocolatier », rivalisant avec les plus grands : Fauchon, Peltier ou Larher. En devanture, une queue sans fin de gourmands, jamais rassasiés, tenait davantage du boa constrictor. Le serpent, crocs sortis, voulait l’avaler. Puis cette vision cauchemardesque déboucha sur une nouvelle, encore plus angoissante. Les clients, qui entraient dans sa pâtisserie, étaient des gloutons qui se goinfraient de façon anarchique et n’appréciaient rien. Comme ils souffraient d’agueusie, ils saccageaient sa boutique et avant de partir, ils l’obligeaient à finir leurs restes. Aucune trace de leur passage ne devait subsister. Elle se mettait ensuite à grossir et à gonfler à tel point qu’elle était obligée de sortir. Une fois dehors, elle s’envolait, comme un ballon de baudruche rempli d’hélium et finissait par éclater.

Elle se réveilla en sueur, persuadée que ces songes étaient des présages et qu’ils contenaient implicitement des conseils avisés : elle devait maîtriser sa gourmandise ! Facile à dire mais difficile à appliquer !

A suivre…

Merci pour votre fidélité. 

Vous trouverez en page d’accueil toutes les références de mes livres que vous pouvez vous procurer en ebook ou en livre papier. 

Audrey Degal


2 Commentaires

VERTIGE, Franck Thilliez

Chers lecteurs,

Comme je le fais souvent et parce que les écrivains sont très souvent des lecteurs assidus, j’ai lu pour moi et donc pour vous VERTIGE de F. Thilliez.

En fait j’ai découvert cet auteur à cette occasion et ce qui a fait que je me suis tournée vers lui, c’est l’engouement que manifestaient certains lecteurs devant son oeuvre. J’ai donc acheté VERTIGE et d’autres titres puisqu’en général je parcours toutes les oeuvres d’un auteur afin de me faire une idée plus précise sur ses écrits.

J’avoue avoir été happée par l’incipit du livre ( je l’étais déjà par la 4ème de couverture) et je savais à quoi m’attendre.

Des hommes se retrouvent enfermés dans une grotte gelée pour une raison qu’ils ignorent. Ils se réveillent l’un après l’autre et s’interrogent sur leur conditions de détention car ils sont prisonniers. Aucun d’eux ne sait qui les a conduits là ni pourquoi. Apparemment, ils n’ont aucun lien. Auprès d’eux, une tente, deux paires de chaussures et de chaussettes, deux couvertures… Quand on est 3 cela pose bien évidemment problème et le partage s’impose tandis que la lutte contre soi-même, face à l’intensité du froid, les pousserait plutôt vers l’égoïsme et la préservation. Un chien est également présent, compagnon d’un des détenus. Un réchaud, une flamme, quelques provisions  mais ils comprennent très vite qu’ils ne tiendront pas longtemps ainsi. La violence s’impose à eux comme moyen de survivre, la compassion aussi parfois.

Les 3 individus ne sont pas soumis au même sort. L’un est attaché à une chaîne par la cheville, l’autre par le poignet et le troisième est libre mais porteur d’un masque de fer  et d’un système susceptible d’exploser s’il décidait de s’éloigner de la grotte. Dès lors, il s’agit pour eux de survivre !

Une inscription les interpelle aussi : « Qui sera le menteur ? Qui sera le voleur ? Qui sera le tueur ? » Mystère et suspense sont présents qui poussent à lire la suite.

Petit à petit, on en sait plus sur eux : qui ils sont dans la « vraie » vie, quelles étaient leurs passions, quels problèmes ils rencontraient ? Certains cachent aux autres la vérité et le lecteur comprend inéluctablement qu’ils ne sont pas ici ensemble par hasard, qu’ils ont quelque chose en commun et le chien n’y est pas étranger.

Je ne veux pas vous gâcher la lecture de ce livre, aussi je n’en dirais pas plus si ce n’est que :

  • j’ai rapidement compris, trop vite à mon goût, qui était sous ce stratagème et la fin m’a démontré que j’avais vu juste. Je suis donc un peu déçue surtout quand je vois que certains éditeurs recalent des livres pour ce même motif. J’avoue que je ne comprends pas  mais tant mieux si le succès était au rendez-vous pour l’auteur;
  • le livre est prenant, c’est vrai, à cause de l’intrigue et des nombreux rebondissements qui jalonnent le livre. Mais… je m’en suis lassée avec un sentiment que l’intrigue traînait ;
  • J’ai donc posé le livre plusieurs semaines avant de me décider à le terminer ;
  • La violence, parfois gratuite, voire la torture évoquée m’a dérangée. Je trouve en effet facile de faire trembler le lecteur avec l’hémoglobine, plus difficile de piquer sa curiosité par la seule intrigue. Mais c’est la griffe de cet auteur. Certains apprécient, je n’ai pas à juger. Par contre je me suis sentie mal à l’aise tandis que l’histoire piétinait.
  • La fin m’a déçue, je vous l’ai dit, je m’y attendais et puis je l’ai trouvé bâclée. Une sorte de « il fallait terminer le livre » et qu’importe si la banalité est évoquée. Je me répète, si le livre vous plaît ou vous a plu, tant mieux, je ne donne que mon avis.

Par conséquent, à vous de voir si vous voulez lire VERTIGE. Mais en ce qui me concerne, je m’arrêterai là pour les oeuvres de THilliez. Toutefois, je le répète, vous pouvez très bien trouver votre bonheur à la lecture de ce livre. Tout dépend ce que vous cherchez.

Bonne lecture,

Lisez en page d’accueil les résumés de mes livres et laissez-vous séduire § Enfin je vous prépare une nouvelle histoire courte qui sera bientôt publiée.

Audrey Degal qui vous remercie de votre fidélité.


Poster un commentaire

Et si vous sortiez ! Voici les dates des salons du livre

Je commence par ce beau tableau dont vous découvrirez le nom de l’artiste au bas, à gauche. 

Il pleut sur cette toile, il pleut en ce dimanche de novembre. Je vous propose de sortir et de venir me rencontrer, ainsi que de nombreux auteurs, aux divers salons du livre où je serai présente pour dédicacer mes 3 livres. 

Venez lire mon dernier roman, LA MURAILLE DES ÂMES, un thriller policier haletant et songez, pour ceux ou celles qui hésitent encore, que j’ai eu la joie de me voir décerner, le mois dernier, le prix de l’enquête policière lors du prestigieux salon du livre d’Attignat, parmi plus de 90 auteurs présents !

Ne prenez pas de retard dans la lecture car je finalise actuellement la sortie de mon 4ème livre, RENCONTRE AVEC L’IMPOSSIBLE.

Je serai donc présente au :

  • salon du livre de  Mornant 69440 de 14heures  à 18 h place Truphémus, dimanche 12 novembre 2017 ; entrée gratuite
  • salon du livre de Sainte foy les lyon 69110, de 10 h à 18 h, dimanche 19 novembre 2017 (face à Calicéo, rue Sye Barbe) ; entrée gratuite
  • salon du livre de Chazay d’Azergues 69380, de 10h à 18 h,  samedi 25 novembre 2017, salle Maurice baquet ; entrée gratuite

Il y aura d’autres dates et d’autres lieux que je vous communiquerai plus tard. 

Merci à toutes et à tous pour votre fidélité. 

A bientôt pour de nouvelles histoires en ligne,

Votre auteure, 

AUDREY DEGAL


Poster un commentaire

La Presse en parle !

Bonjour à toutes et à tous,

Je vous transmets ci-dessous deux articles que la presse a consacrés à mon dernier roman LA MURAILLE DES ÂMES, qui vous permettront de vous faire une idée plus précise de ce thriller policier. Vous pouvez les consulter en cliquant sur les liens ci-dessous ou en vous rendant dans le MENU, à la page que j’ai créée spécialement pour cela intitulée « LA PRESSE PARLE DE MES LIVRES ».

Bientôt vous pourrez lire sur le site une critique de livre puis une nouvelle histoire courte et je vous communiquerai les dates des prochains salons su livre auxquels je participe et où vous pourrez me rencontrer. Soyez patientes et patients  et merci pour votre fidélité.

http://www.noeontheroad.com/la-muraille-des-ames/

ET

http://omagazine.fr/la-muraille-des-ames-par-audrey-degal/

Audrey Degal