Des histoires pour vous

La lecture nous permet de voyager, alors bon voyage


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LA DEMOISELLE INACHEVEE, 1ère partie

La Demoiselle inachevée

— Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaire Mathilde, joyeux anniversaire !

Dès les dernières notes fredonnées, elle avait soufflé les bougies érigées comme des tourelles sur un château de la Renaissance. Les trente flèches dressées fièrement vers le plafond de la salle louée pour l’occasion s’étaient éteintes au même moment et on avait rallumé les lumières pour apporter les cadeaux.

Mathilde souriait. Elle ne s’attendait pas à tant d’attention de la part de ses amis surtout depuis… Non ! Elle refusait d’y penser. C’était un jour de joie à savourer auprès de ceux qui la chérissaient.

Devant elle, des montagnes de paquets colorés, des grands, des petits. Elle s’en approcha et releva les pans de sa robe de cocktail pour mieux avancer. Le sol était glissant, ses talons trop hauts et elle avait l’impression de marcher sur des œufs.

— Je ne sais par lequel commencer, lança-t-elle tandis que tous les regards se braquaient sur sa personne.

— Prends n’importe lequel ! suggéra Noé.

La jeune femme en souleva un dans ses mains. Il paraissait léger. Elle en soupesa un second. Il aurait rivalisé avec une plume. Elle se fraya un passage parmi les paquets empilés pour en attraper un autre, bien plus gros. Son poids était infime.

— À quoi est-ce que vous jouez ? Je parie qu’il y a anguille sous roche !

— Et tu vas nous la cuisiner ! renchérit Denis selon son habitude.

Mathilde se doutait que cette mise en scène cachait un stratagème élaboré. Elle soupesa encore quelques paquets. Ils paraissaient tout aussi vides. Doucement, elle se mit à les écarter et, au bout de quelques minutes, elle repéra une minuscule boîte qui attendait, docilement, sous une cloche transparente. Elle s’en empara cérémonieusement comme d’un objet mystique. Elle l’ouvrit et sortit un papier plié, déposé dans un écrin de velours bordeaux. Elle le déplia et lut :

« Mathilde Delacour, à ce jour, vous êtes l’heureuse propriétaire de l’annexe située 12 place de la République où vous pourrez ouvrir votre pâtisserie chocolaterie ».

Émue aux larmes, elle faillit vaciller mais se surprit à sourire à ceux qui l’entouraient et qui lui offraient ce local.

— Le gâteau ! réclamèrent les convives à l’unisson.

 Mathilde remercia ses amis puis, d’un revers de la main, elle essuya les perles d’eau salée qui glissaient le long de ses joues. Elle prit le couteau et la pelle qu’on lui tendait et découpa précautionneusement la pièce montée.

 Elle avait toujours été d’une gourmandise absolue et tout en s’interrogeant à propos des cadeaux, elle n’avait pu s’empêcher de dévorer des yeux ce dessert qui l’attendait. Ses proches l’avaient choisi en fonction de son goût immodéré pour le chocolat, la ganache, les macarons, les calissons et le nougat. Ils voulaient la combler. Elle en avait besoin. Tous le savaient. Elle avait servi les autres et s’était servie, resservie, copieusement, trop peut-être. Il était cinq heures du matin quand Noé la raccompagna chez elle, dans sa grande maison vide.

— Des projets pour demain ? lui demanda-t-il.

— Pour l’instant, prendre un bon bain et dormir. Le reste, je verrai après.

 La voiture de sport l’abandonna sur le perron, fit demi-tour sur le gravier de la cour intérieure et disparut dans la nuit.

 Dix minutes plus tard, Mathilde se posta devant sa chaîne hi-fi pour la programmer. Si elle appréciait à l’excès la bonne chair, la jeune femme était aussi friande de musique. Des mélodies classiques en passant par le rock, elle aimait tout. Il était impensable pour elle d’entendre un air sans se le procurer aussitôt. Elle ne comptait plus ses soirées passées dans les auditoriums à se délecter des plus célèbres symphonies ni celles consacrées à scruter la toile pour dénicher le dernier concert des groupes qu’elle adorait. De Rome en Italie en passant par Reykjavik en Islande, Oslo en Norvège ou encore Los Angeles aux États-Unis, elle voulait s’imprégner, jusque dans ses gênes, de ces ambiances dont elle raffolait, de ces notes suaves, revigorantes et exceptionnelles qui flattaient son esprit autant que le chocolat son palais. Dans la vie, Mathilde se régalait de tout !

 Et cela se voyait. Elle avait fait installer son jacuzzi dans une pièce totalement dédiée à la détente. Sur les murs, des miroirs, témoins muets, lui donnaient l’impression qu’elle était entourée du monde qui lui manquait. Mais ce n’était pas le seul message silencieux qu’ils délivraient. Incapables de mentir, lorsqu’elle s’y reflétait, ils lui assénaient toujours le même leitmotiv : « gourmande que tu es ! Tu as encore grossi ! ».

 Ce soir-là, plus encore que les autres, ces surfaces froides et insensibles ne cessaient de lui répéter qu’elle avait trop profité de ce copieux repas comme des précédents. Ses joues chantaient sa gourmandise. Ses épaules moelleuses racontaient la richesse des entrées qu’elle avait appréciées. Sa taille lui répétait que la sauce forestière qui accompagnait la viande était une réussite tandis que ses hanches, pourvues de poignées d’amour inutilisées, fredonnaient une litanie faite de magrets de canards, de pommes de terre rissolées et de délicates bouchées au foie gras. Enfin, ses cuisses rondes grignotées par des îlots de cellulite étaient à elles seules un hommage aux métiers de bouche, à leur savoir-faire inépuisable et à leurs secrets.

 Mathilde prit un qui reposait, parmi d’autres, sur les rebords du SPA et le lança violemment en direction des miroirs. Plusieurs se brisèrent, démultipliant désormais au sol sa silhouette qui s’y reflétait désespérément.

 — Je vous hais ! lança Mathilde.

 Je me hais ! pensa-t-elle, le regard mauvais.

Qu’y pouvait-elle ? À la tête de la plus prestigieuse table de la ville, elle se donnait corps et âme à ce qui se mangeait. Et ce soir-là, ses proches venaient de lui offrir une extension de son activité.

Elle avait menti en prétendant qu’elle ne pouvait se l’offrir, prétextant qu’il lui manquait toujours quelques deniers, qu’elle avait fait de mauvais placements en bourse… En fait, elle tentait de résister. Et voilà que ceux qui l’avaient toujours soutenue, lui apportaient sur un plateau l’annexe tant espérée, l’annexe tant redoutée. Ils avaient probablement emprunté pour elle. Ils voulaient la combler, lui permettre d’oublier, lui ouvrir de nouvelles perspectives…

  Plongée dans le bain chaud, dont les bulles masquaient son corps, elle s’imaginait concoctant ses plus prodigieux entremets : son 2000-feuilles souvent copié, jamais égalé, son Absolu citron meringué qui lui avait permis d’être remarquée, sa Banquise au caramel et beurre salé qui l’avait consacrée… Pour réussir, pour innover, pour créer il lui fallait impérativement être gourmande. Et elle l’était. Seul un « hélas » était venu s’ajouter, lancinant, impoli, agressif mais tu par nécessité.

 Un lit immense l’accueillit finalement au petit matin. Elle s’y réfugia, enveloppée dans son peignoir encore humide qu’elle avait refusé de quitter. Le visage poupin immergé dans son oreiller de soie, elle avait pleuré avant de sombrer dans des rêves sombres et peut-être prémonitoires. Elle se voyait à la tête de sa nouvelle enseigne « Mathilde Delacour, pâtissier-chocolatier », rivalisant avec les plus grands : Fauchon, Peltier ou Larher. En devanture, une queue sans fin de gourmands, jamais rassasiés, tenait davantage du boa constrictor. Le serpent, crocs sortis, voulait l’avaler. Puis cette vision cauchemardesque déboucha sur une nouvelle, encore plus angoissante. Les clients, qui entraient dans sa pâtisserie, étaient des gloutons qui se goinfraient de façon anarchique et n’appréciaient rien. Comme ils souffraient d’agueusie, ils saccageaient sa boutique et avant de partir, ils l’obligeaient à finir leurs restes. Aucune trace de leur passage ne devait subsister. Elle se mettait ensuite à grossir et à gonfler à tel point qu’elle était obligée de sortir. Une fois dehors, elle s’envolait, comme un ballon de baudruche rempli d’hélium et finissait par éclater.

Elle se réveilla en sueur, persuadée que ces songes étaient des présages et qu’ils contenaient implicitement des conseils avisés : elle devait maîtriser sa gourmandise ! Facile à dire mais difficile à appliquer !

A suivre…

Merci pour votre fidélité. 

Vous trouverez en page d’accueil toutes les références de mes livres que vous pouvez vous procurer en ebook ou en livre papier. 

Audrey Degal

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VERTIGE, Franck Thilliez

Chers lecteurs,

Comme je le fais souvent et parce que les écrivains sont très souvent des lecteurs assidus, j’ai lu pour moi et donc pour vous VERTIGE de F. Thilliez.

En fait j’ai découvert cet auteur à cette occasion et ce qui a fait que je me suis tournée vers lui, c’est l’engouement que manifestaient certains lecteurs devant son oeuvre. J’ai donc acheté VERTIGE et d’autres titres puisqu’en général je parcours toutes les oeuvres d’un auteur afin de me faire une idée plus précise sur ses écrits.

J’avoue avoir été happée par l’incipit du livre ( je l’étais déjà par la 4ème de couverture) et je savais à quoi m’attendre.

Des hommes se retrouvent enfermés dans une grotte gelée pour une raison qu’ils ignorent. Ils se réveillent l’un après l’autre et s’interrogent sur leur conditions de détention car ils sont prisonniers. Aucun d’eux ne sait qui les a conduits là ni pourquoi. Apparemment, ils n’ont aucun lien. Auprès d’eux, une tente, deux paires de chaussures et de chaussettes, deux couvertures… Quand on est 3 cela pose bien évidemment problème et le partage s’impose tandis que la lutte contre soi-même, face à l’intensité du froid, les pousserait plutôt vers l’égoïsme et la préservation. Un chien est également présent, compagnon d’un des détenus. Un réchaud, une flamme, quelques provisions  mais ils comprennent très vite qu’ils ne tiendront pas longtemps ainsi. La violence s’impose à eux comme moyen de survivre, la compassion aussi parfois.

Les 3 individus ne sont pas soumis au même sort. L’un est attaché à une chaîne par la cheville, l’autre par le poignet et le troisième est libre mais porteur d’un masque de fer  et d’un système susceptible d’exploser s’il décidait de s’éloigner de la grotte. Dès lors, il s’agit pour eux de survivre !

Une inscription les interpelle aussi : « Qui sera le menteur ? Qui sera le voleur ? Qui sera le tueur ? » Mystère et suspense sont présents qui poussent à lire la suite.

Petit à petit, on en sait plus sur eux : qui ils sont dans la « vraie » vie, quelles étaient leurs passions, quels problèmes ils rencontraient ? Certains cachent aux autres la vérité et le lecteur comprend inéluctablement qu’ils ne sont pas ici ensemble par hasard, qu’ils ont quelque chose en commun et le chien n’y est pas étranger.

Je ne veux pas vous gâcher la lecture de ce livre, aussi je n’en dirais pas plus si ce n’est que :

  • j’ai rapidement compris, trop vite à mon goût, qui était sous ce stratagème et la fin m’a démontré que j’avais vu juste. Je suis donc un peu déçue surtout quand je vois que certains éditeurs recalent des livres pour ce même motif. J’avoue que je ne comprends pas  mais tant mieux si le succès était au rendez-vous pour l’auteur;
  • le livre est prenant, c’est vrai, à cause de l’intrigue et des nombreux rebondissements qui jalonnent le livre. Mais… je m’en suis lassée avec un sentiment que l’intrigue traînait ;
  • J’ai donc posé le livre plusieurs semaines avant de me décider à le terminer ;
  • La violence, parfois gratuite, voire la torture évoquée m’a dérangée. Je trouve en effet facile de faire trembler le lecteur avec l’hémoglobine, plus difficile de piquer sa curiosité par la seule intrigue. Mais c’est la griffe de cet auteur. Certains apprécient, je n’ai pas à juger. Par contre je me suis sentie mal à l’aise tandis que l’histoire piétinait.
  • La fin m’a déçue, je vous l’ai dit, je m’y attendais et puis je l’ai trouvé bâclée. Une sorte de « il fallait terminer le livre » et qu’importe si la banalité est évoquée. Je me répète, si le livre vous plaît ou vous a plu, tant mieux, je ne donne que mon avis.

Par conséquent, à vous de voir si vous voulez lire VERTIGE. Mais en ce qui me concerne, je m’arrêterai là pour les oeuvres de THilliez. Toutefois, je le répète, vous pouvez très bien trouver votre bonheur à la lecture de ce livre. Tout dépend ce que vous cherchez.

Bonne lecture,

Lisez en page d’accueil les résumés de mes livres et laissez-vous séduire § Enfin je vous prépare une nouvelle histoire courte qui sera bientôt publiée.

Audrey Degal qui vous remercie de votre fidélité.


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Et si vous sortiez ! Voici les dates des salons du livre

Je commence par ce beau tableau dont vous découvrirez le nom de l’artiste au bas, à gauche. 

Il pleut sur cette toile, il pleut en ce dimanche de novembre. Je vous propose de sortir et de venir me rencontrer, ainsi que de nombreux auteurs, aux divers salons du livre où je serai présente pour dédicacer mes 3 livres. 

Venez lire mon dernier roman, LA MURAILLE DES ÂMES, un thriller policier haletant et songez, pour ceux ou celles qui hésitent encore, que j’ai eu la joie de me voir décerner, le mois dernier, le prix de l’enquête policière lors du prestigieux salon du livre d’Attignat, parmi plus de 90 auteurs présents !

Ne prenez pas de retard dans la lecture car je finalise actuellement la sortie de mon 4ème livre, RENCONTRE AVEC L’IMPOSSIBLE.

Je serai donc présente au :

  • salon du livre de  Mornant 69440 de 14heures  à 18 h place Truphémus, dimanche 12 novembre 2017 ; entrée gratuite
  • salon du livre de Sainte foy les lyon 69110, de 10 h à 18 h, dimanche 19 novembre 2017 (face à Calicéo, rue Sye Barbe) ; entrée gratuite
  • salon du livre de Chazay d’Azergues 69380, de 10h à 18 h,  samedi 25 novembre 2017, salle Maurice baquet ; entrée gratuite

Il y aura d’autres dates et d’autres lieux que je vous communiquerai plus tard. 

Merci à toutes et à tous pour votre fidélité. 

A bientôt pour de nouvelles histoires en ligne,

Votre auteure, 

AUDREY DEGAL


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La Presse en parle !

Bonjour à toutes et à tous,

Je vous transmets ci-dessous deux articles que la presse a consacrés à mon dernier roman LA MURAILLE DES ÂMES, qui vous permettront de vous faire une idée plus précise de ce thriller policier. Vous pouvez les consulter en cliquant sur les liens ci-dessous ou en vous rendant dans le MENU, à la page que j’ai créée spécialement pour cela intitulée « LA PRESSE PARLE DE MES LIVRES ».

Bientôt vous pourrez lire sur le site une critique de livre puis une nouvelle histoire courte et je vous communiquerai les dates des prochains salons su livre auxquels je participe et où vous pourrez me rencontrer. Soyez patientes et patients  et merci pour votre fidélité.

http://www.noeontheroad.com/la-muraille-des-ames/

ET

http://omagazine.fr/la-muraille-des-ames-par-audrey-degal/

Audrey Degal


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SEANCE DE DEDICACES, venez me rencontrer !

Dimanche 8 octobre 2017, je serai présente au salon du livre d’Attignat dans l’Ain, espace Salvert, de 9h à 18h.

Là, aux côtés de plus de 90 auteurs, ce qui en fait un salon réputé, j’aurai le plaisir de retrouver mes lecteurs, ceux qui viennent me revoir pour me parler des livres qu’ils ont lu et qui attendent impatiemment le prochain. J’y travaille, rassurez-vous mais un livre ne s’écrit pas en un jour, surtout quand on travaille à côté. Je vous demande donc un peu de patience.

Mes 3 titres seront disponibles à l’occasion de ce salon : LA MURAILLE DES ÂMES, mon dernier thriller policier qui se lit, selon mes lecteurs, vite tant il est prenant. Il faut dire que je l’ai écrit ainsi. J’en suis donc ravie ; DESTINATIONS ÉTRANGES, le recueil de 12 nouvelles dont la chute est très surprenante. Bien que les nouvelles ne soient pas très aimées en France, j’avoue que ce livre rencontre un certains succès. Il est probablement dû au suspens dont il s’entoure ; LE LIEN, un thriller original comme on en lit peu, déconcertant, dont l’intrigue s’emboîte progressivement puisque c’est au lecteur d’établir le lien qui existe entre des personnages qui n’ont rien à voir dans la vie et qui sont issus de milieux sociaux très différents. Quel est leur point commun ? A vous de le découvrir.

Si vous ne pouvez pas venir à Attignat, dommage mais sachez qu’il y aura d’autres salons du livres auxquels je participerai bientôt (Mornant  et Sainte Foy les Lyon dans le Rhône, pour ne citer qu’eux, en octobre, novembre…). Sachez aussi que mes 3 titres sont disponibles sur commande dans toutes les librairies ou sur internet en version papier ou ebook.

Il ne tient qu’à vous de propulser un auteur au rang des écrivains connus et reconnus. Merci d’être de ceux qui y contribuent. 

Enfin, je profite de cette publication pour souligner l’importance fondamentale de vos avis à propos de mes livres sur facebook, twitter, google +, babelio, la fnac, instagram… Moi-même je ne mesurais pas l’importance des commentaires  sur les sites quand je lisais (je lis toujours, je vous rassure !). Quand on est un nouvel écrivain, on est « TRANSPARENT », personne ne sait ce que vous écrivez et le Web, les commentaires, sont les seules façons de briser ce silence, cette chape de plomb que les éditeurs de renom font peser, souvent à tort, sur des auteurs peu connus. Paradoxe : pour eux, il faut être déjà connu pour être reconnus ! Allez comprendre ! Pourtant bien des auteurs boudés par les grandes maisons d’éditions ont réussi à CREVER LA TOILE grâce aux lecteurs qui ont cru en eux. Je vous fais confiance et je vous en remercie d’avance. 

Justement, cerise sur le gâteau, pour celles et ceux qui auront lu cet article jusqu’au bout, je vous annonce qu’à l’occasion du salon d’Attignat, qui regroupe comme je l’ai déjà dit plus haut plus de 90 auteurs dont certains sont très connus,

j’ai envoyé une nouvelle policière (type polar noir) et que… J’AI GAGNÉ… oui, J’AI GAGNÉ LE PREMIER PRIX

et je me verrai remettre dimanche, la récompense par le Conseil Départemental de l’Ain, laquelle sera assortie d’une publication à 50000 exemplaires. Alors pour ceux qui doutaient… qu’en dites-vous ???  Ma nouvelle lauréate s’intitule « Assassinat à la carte », Audrey Degal

Chers lecteurs, je vous associe à ma joie ! ♥♥♥

Bonne lecture à tous, belles semaines et au plaisir d’une prochaine rencontre avec vous !

Audrey Degal


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SEVEN SISTERS

Je vous avais promis de publier rapidement la suite de mon histoire à suspens « Paroles de pierre » mais j’ai dû m’emparer de mon clavier pour vous parler du dernier film que je suis allée voir au cinéma. Pourquoi ? Parce que je vous recommande plus que vivement d’aller le voir et que, comme il est déjà à l’affiche depuis un moment, il risque de disparaître des écrans, et vous de le rater. Ce serait vraiment dommag. ! En effet, si la critique ne lui a pas réservé un accueil des plus chaleureux, le public souvent bien plus éclairé que cette dernière, a su reconnaître dans ce thriller de science-fiction un excellent film car c’est le cas.

En résumé, je vous dirais volontiers que j’aurais aimé avoir eu cette idée et en écrire  l’histoire qui est d’une originalité folle. Le film progresse en un crescendo brillamment orchestré et joue parfois avec l’humour, souvent avec le mystère, les fausses pistes… pour atteindre un paroxysme que je n’ai pas su anticipé tant je n’ai pas vu passer les 2 heures dans mon fauteuil. Bravo à Tommy Wirkola pour tant de virtuosité.

Les acteurs, notamment l’actrice principale, Noomi Rapace campe magnifiquement bien les 7 personnages qu’elle joue et pour certains d’entre eux, je me suis demandé s’il ne s’agissait pas de quelqu’un lui ressemblant tant la différence était bluffante (différence quant à la corpulence, le maintien, l’interprétation, le jeu…). J’avais eu l’occasion de la voir jouer dans la célèbre série « Millénium », tirée du livre du même nom (mais les livres sont meilleurs, comme souvent et je vous recommande la lecture de la trilogie !). J’ai pu apprécier son jeu d’actrice car elle est juste, percutante, efficace, sensuelle… Bref elle s’adapte somptueusement aux exigences de son personnage, ce qui n’est pas donné à tous les acteurs. Belle prestation donc. Glenn Close, dans le rôle de la méchante est moins surprenante. Il est vrai que lorsqu’on l’a déjà vue dans « Liaison fatale » (si je ne me trompe pas de titre), on est un peu habitué à ce qu’elle campe ce type de personnage.

L’histoire : 

Dans un futur proche, la Terre est surpeuplée , situation qui oblige les autorités à prendre des dispositions. On autorise un seul enfant par couple. En cas de naissances multiples, les autres enfants sont placés en hibernation dans le but d’être éventuellement réveillés lorsque la vie sera plus propice. Or, une jeune femme accouche de 7 enfants, 7 filles et meurt aussitôt après, confiant sa progéniture à son père qui a anticipé ces naissances multiples en ayant recours à une clinique privée. Il souhaite garder les 7 filles et se propose de les élever. 

Bien entendu leur existence doit rester secrète. Il les éduque et puisqu’elles se ressemblent, il décide de leur octroyer un prénom correspondant aux 7 jours de la semaine. Ainsi, devenues plus grandes, lundi sortira le jour correspondant à son prénom, mardi aussi… ainsi de suite. Mais ce qui arrive à l’une d’entre elle a des répercussions sur toutes les autres. Aussi, quand l’une désobéit et se blesse, perdant un doigt, le grand-père est contraint de mutiler les 6 autres. Décidément, la vie ne leur fait pas de cadeaux !

Le temps passe, le grand-père n’est plus et les jeunes femmes travaillent dans une banque. Chaque soir, elles prennent soin de dévoiler aux autres ce qu’a été leur journée pour éviter toute erreur et palier aux difficultés liées aux multiples contrôles d’identité quotidiens. Seulement voilà : Lundi sort travailler comme d’habitude, rencontre des problèmes avec un de ses collègues au sujet d’une promotion que tous les deux convoitent et le soir-même, elle ne rentre pas chez elle. Pourquoi ? Que lui est-il arrivé ? Comment les 6 autres soeurs vont-elles procéder pour la retrouver et à quoi vont-elles se heurter ? Tout l’intérêt du film réside dans ces questions que je me garde bien d’éclaircir afin de ne pas vous priver du plaisir de voir ce film, ce bijou comme il y en a peu. 

Voilà pour cet article, je vous laisse à présent et je ne vais pas tarder à publier la suite de « Paroles de pierre ». Elle est déjà écrite mais je la corrige inlassablement. 

Pensez aussi à mes livres, notamment le dernier, un thriller policier de 384 pages que vous pouvez commander sur internet ou en librairie, « LA MURAILLE DES ÂMES« , que les lecteurs disent dévorer en à peine 2 jours tant il est prenant ! Merci de votre fidélité et de votre confiance et à très bientôt !

Audrey Degal


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LA MOMIE

Hier, soirée cinéma. Au programme, le dernier film dans lequel apparaît Tom Cruise que j’ai pu apprécier dans « Oblivion » que je vous recommande de voir, les « Mission impossible » si connus… « La Momie » était diffusée hier et disparaissait ensuite des écrans. Donc,direction le cinéma, d’autant que l’acteur Russel Crowe (« Gladiator », « Robin des bois », « Master and Commander »… faisait aussi partie du le générique. 

Amers regrets et comment expliquer qu’il soit resté à l’affiche plus d’un mois  quand  « Cloud atlas » par exemple, sorti il y a de cela quelques années, a été boudé par la critique et les spectateurs alors qu’il s’agit d’un film d’une grande qualité même s’il faut réfléchir tant les rebondissements sont enchâssés mais savoureux.

L’histoire : y en a-t-il vraiment une ? Classique et tirée directement des films qui l’ont précédé et qui portent le même titre au cours desquels une personnalité de l’Egypte ancienne a pactisé avec le Mal pour arriver à ce qu’elle désirait. Malédiction bien entendu et l’individu, ici une femme, se retrouve momifiée vivante et emprisonnée dans un tombeau que, des siècles plus tard, nos contemporains ouvriront. Où est l’originalité du scénario ? Je la cherche encore ! 

Certes le metteur en scène a eu recours a des effets spéciaux, modernité oblige et c’est d’ailleurs réussi. A côté de cela, j’ai noté une tentative de greffer un peu d’humour… Il y en a trop peu et on s’en amuse moins que dans les films précédents intitulés eux aussi « La Momie », qualitativement bien meilleurs car les personnages sont plus attachants, moins stéréotypés. 

Bref, Tom Cruise, commet l’irréparable et fait en sorte de libérer cette force maléfique qui déferle alors sur notre civilisation. Une histoire d’amour surplombe le tout, soit ! Mais quand les vilains morts-vivants arrivent et surgissent de toutes part, on tombe dans le grotesque. 

Quand Russel Crowe surgit-il ? Presque au milieu du film, responsable d’une haute mission. Mais quel diable a piqué le metteur en scène en l’affublant d’un rôle ridicule de monstre dont on se demande bien d’ailleurs à quoi il sert. 

 

Où une telle profusion d’effets spéciaux réussis, de monstres, d’amourettes, de pharaons… mènent-ils le spectateur ? Vers une fin prévisible qui suggère de surcroît une suite que je n’irai surtout pas voir. 

Bien entendu, vous avez peut-être vu ce film et l’avez apprécié, ce que je respecte car heureusement, tous les goûts sont dans la nature ! En ce qui me concerne, je ne vous livre-là que mon humble avis au sujet d’un film au cours duquel je me suis ennuyée, malgré de belles images ! Mon conseil : s’il sort en DVD, évitez une dépense inutile !

******

Je vous promets de reprendre rapidement la suite des mes histoires et des publications de ce blog, notamment de  » Paroles de pierres » mais j’avais besoin de souffler un peu. Entre profession et écriture de mes romans, j’avoue avoir un emploi du temps à faire pâlir certains. Sur ma chaîne YouTube « Audrey Degal », je vous emmènerai bientôt en Grèce et sur un paquebot magnifique, le Queen Victoria » pour vous faire rêver et vous permettre de vous évader vous aussi. Bien sûr vous pouvez vous y abonner et cliquer sur « j’aime ». J’adore partager avec vous mes évasions, mes voyages…

Merci à toutes et à tous de votre fidélité, de me faire part de vos commentaires quant à mon dernier thriller « La Muraille des âmes » que vous avouez souvent avoir (je vous cite) « dévoré ». C’est le cas de la journaliste de Ô Magazine qui a eu la gentillesse de me consacrer un article que vous pouvez lire en cliquant ici http://omagazine.fr/la-muraille-des-ames-par-audrey-degal/ lorsque mon éditeur lui a adressé mon roman. Si après l’avoir lu vous hésitez encore à vous le procurer… 

Bel été ! 

Audrey Degal

 


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RENCONTRE DEDICACE du THRILLER « LA MURAILLE DES ÂMES »

Installation pour la dédicace avant l’arrivée des lecteurs. 

Bonjour à toutes et à tous,

J’ai peu de temps pour écrire actuellement car les séances de dédicaces se multiplient. Je ne vous oublie pas pour autant et je vais m’employer à mettre en ligne, pour VOUS, la suite de l’histoire à suspens que vous attendez impatiemment : « Paroles de pierre ». Je vous demande un peu de patience !

Pour ceux qui n’ont pas pu venir me rencontrer lors de la séance de dédicace de mon dernier thriller, « LA MURAILLE DES ÂMES », le 20 mai à la librairie Decitre, sachez que je vous consacre une journée entière SAMEDI 27 MAI 2017, de 10 h à 18 h à la librairie CULTURA  de Givors  (69700) 2 vallées. (prochain salon, en Ardèche, à Chalencon, le 23 juillet, toute la journée)

Pour vous-même ou pour l’offrir à l’occasion de la fête des mères ou de la fête des pères, ne manquez pas l’occasion d’un présent personnalisé. 

Lors de mes séances de dédicaces, les lecteurs de mes 2 premiers livres sont au rendez-vous car ils savent désormais qu’ils trouveront du suspens dans mes romans et une écriture qui les emportent jusqu’à un dénouement toujours surprenant. D’autres viennent me voir parce qu’on leur a recommandé mes livres. Imaginez le bonheur que c’est, pour moi, quand les lecteurs en redemandent ou qu’ils conseillent mes livres à leurs connaissances ! Certains me demandent s’ils peuvent faire une photographie avec moi… Joie indicible pour un auteur que ces moments-là !

Je vous adresse un grand merci à toutes et à tous car les lecteurs font les auteurs. Sans vous, rien ne serait possible.

Alors je vous donne rendez-vous samedi 27 mai à CULTURA. Mes 3 lires seront disponibles et je fixe un second rendez-vous qui ne saurait tarder (car la prochaine dédicace est au mois de juillet. Je vais pouvoir souffler et surtout écrire !) pour lire la suite de « Paroles de pierres » et bien d’autres récits, gratuits, en ligne.

Et pour celles et ceux qui résident trop loin des lieux de dédicace où je me trouve, souhaitons qu’un jour prochain, je repousse les lieux de rencontre avec mes lecteurs. Ce sera avec joie. En attendant, vous trouverez mes livres dans toutes les librairies en papier ou ebook.

Merci pour votre fidélité ! 

AUDREY DEGAL

 

 


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La série : VIKINGS

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Quelle série extraordinaire, pour ceux qui ne craignent pas la violence car, s’agissant du peuple Viking, il ne saurait en être autrement !

Cette série, dont je n’ai vu que deux saisons, pour l’instant, est addictive et belle. Entre conquêtes, navigation, défis lancés à la mer, croyance en des dieux absents, sacrifices, chrétienté, combats, amour, trahison, fratrie, loyauté, crainte, péril, horreur… Tout y est.

Les personnages sont attachants ou haïssables. Ragnar, le héros historique, plus intelligent qu’il n’y paraît au début de la saison, s’avère être un conquérant hors normes, doté d’un raisonnement fin. Comme il a véritablement existé vous en saurez un peu plus sur les Vikings même si la version télévisée est probablement très romancée. Oui, si la série s’écarte quelque peu de l’Histoire, elle la visite souvent et en respecte bien des aspects ce qui, à mon sens, la rend encore plus intéressante. Je me suis intéressée à divers documentaires au sujet de ce peuple et des chercheurs se sont  penchés sur leurs façons de vivre, de conquérir… Force est de constater que la série puise largement dans la réalité, ajoutant ici ou là des personnages, notamment féminins dont je doute qu’ils aient existé mais qui pimentent bien l’intrigue par rapport à nos exigences contemporaines. 

Cependant, si vous craignez le sang, passez votre chemin ! Les Vikings ont bâti leur monde sur la force et la cruauté. On ne peut, malgré tout, que les admirer car ils s’appliquent à eux-mêmes tout ce qu’ils prônent et on en reste souvent bouche bée. « Ils jouent au jeu difficile des hommes » (on retrouve cette expression chez Anouilh, dans Antigone, quand Oreste tente de convaincre Antigone d’abandonner ce pour quoi elle lutte)  qui luttent pour exister, jeu difficile qui a parcouru nombre de nos tragédies classiques, jeu qui se nourrit aussi de contemporanéité. 

Il me tarde de découvrir les saisons suivantes et je ne manquerai pas de vous faire part de mon expérience afin de vous éclairer quant à l’évolution des personnages et à leur insatiable esprit de conquête. 

Je publierai bientôt la fin de « Paroles de pierres » ainsi qu’une critique sur une autre série : Le trône de fer, autrement dit« Game of thrones ». Tout un programme !

Pensez que LA MURAILLE DES ÂMES, mon 3ème roman (un thriller policier) est actuellement disponible dans toutes les librairies et que l’histoire est aussi passionnante que celle des Vikings ou d’autres livres. Merci pour vos lectures sur ce site, merci d’être les acteurs de mon succès d’auteur. Vous êtes bientôt 600 abonnés, fidèles à mes rendez-vous de lecture et lecteurs de mes livres. Je vous souhaite une belle journée. 

Audrey Degal.


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SEANCE DE DEDICACES

      

Mon dernier livre, un thriller policier de 384 pages, suscite l’intérêt de journalistes qui me contactent pour rédiger un article concernant mon écriture, mes sources d’inspiration, la particularité de ce roman… et des libraires, dont la librairie DECITRE  de Saint Genis Laval (69230 St Genis 2) qui vient de placer

LA MURAILLE DES ÂMES 

en tête de gondole, parmi les nouveautés, à côté de THILLIEZ, BUSSI, MUSSO et bien d’autres. Je suis aux anges et je remercie l’équipe DECITRE ST Genis pour cette reconnaissance à laquelle je vous invite à participer et pour leur accueil incomparable !

Oui, ce livre est différent de mes précédents, écrit de façon plus dynamique, plus fluide et chaque chapitre appelle le suivant tant tous sont énigmatiques. Vous serez entraînés jusqu’au dénouement  (dont vous me direz des nouvelles) et, de l’avis de ceux qui l’ont déjà lu, CE LIVRE SE DEVORE !

La fête des mères approche ! Quoi de mieux qu’un cadeau personnalisé : un livre dédicacé. 

Je serai heureuse de retrouver mes fidèles lecteurs mais aussi les nouveaux à la librairie Decitre de Saint Genis Laval (galerie marchande Auchan St Genis Laval)

samedi 20 mai 2017, dès 16 Heures.

Vous pourrez me parler de vous, de ce que vous aimez lire, de ce que vous avez lu, je vous parlerai de mon livre, des prochains en cours d’écriture…

Si vous ne pouvez pas venir, ce ne sera que partie remise car d’autres dédicaces se profilent (environ 6 d’ici la fin de l’année). Et puis mes livres  (papier ou ebook) sont disponibles dans toutes les librairies en France, au Canada, en Belgique… sur commande, parfois en rayon. Renseignez-vous !

Pour commander « La Muraille des âmes » CLIQUEZ ICI

Précision importante : pendant 28 jours, il est en vente en version ebook au prix de 4.49 euros au lieu de 5.99 euros. Profitez-en (Amazon, Fnac…)

Bientôt je publierai la fin de l’histoire « Paroles de pierres ».

Soyez à tous mes rendez-vous  et pensez à partager ! 

Je vous remercie. Vous êtes plus de 582 abonnés c’est-à-dire qu’entre janvier et mai 2017, les nouveaux inscrits sont presque aussi nombreux que ceux qui se sont abonnés en 2016 sur toute l’année. Ce succès est le vôtre !

Audrey Degal 


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PAROLES DE PIERRES

PAROLES DE PIERRES

        Je rappelle enfin la sortie de mon dernier roman, un thriller policier, LA MURAILLE DES ÂMES, Audrey Degal, que vous pouvez vous procurer partout, même à l’étanger ou en cliquant ici :                                                                                                                                Pour commander « La Muraille des âmes » CLIQUEZ ICI

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   « Tous les silences ne font pas le même bruit », Baptiste Beaulieu.

           

          Il était tôt, ce matin-là, quand un camion de chantier s’arrêta sur le parking de la toute nouvelle piscine implantée sur la ville de Brignais. Il s’agissait du centre aquatique intercommunal concernant aussi les villes de Chaponost, Millery, Montagny et Vourles, baptisé « Aquagaron ». Il avait pour vocation de créer un espace de détente privilégié.

          Ce serait un espace de détente mais pas au sens où la population l’entendait, pas au sens premier du mot, pas au sens de la quiétude. Le centre aquatique allait se révéler dans une dimension que nul n’aurait jamais imaginée.

          Deux ouvriers descendirent du véhicule et l’un d’eux commença à décharger des matériaux : sacs de ciment, parpaings, truelles… L’autre se dirigea vers le bâtiment moderne récemment inauguré mais déjà en activité. Une fois à l’intérieur, il héla un employé qui se trouvait là.

            — Bonjour ! Nous venons pour les travaux au niveau des vestiaires.

            — Bonjour ! On m’avait prévenu de votre arrivée

            — Très bien. Je vais aider mon collègue à approcher le diable. C’est assez lourd !

            — Le diable dites-vous ?

            Le visage de l’employé venait de se liquéfier.

            — Oui, le diable, répéta l’ouvrier surpris de la réaction de son interlocuteur. Enfin le diable, ce chariot à deux roues qui sert à tout, notamment à transporter les chargements très lourds sans se casser le dos. Le diable. Vous comprenez ?

            — Oui, oui, je comprends, répondit le néophyte remis de sa frayeur. Allez-y ! Je vous attends.

            L’ouvrier s’amusa intérieurement de sa réaction excessive. D’autant que l’homme parut rester absorbé dans ses réflexions.

            Il sortit finalement et fit signe au jeune homme d’avancer mais ce dernier ne bougeait pas. Il s’était assis sur le repose pied du camion. Il attendait.

            — Qu’est-ce que fait ? Tu n’as pas vu que je t’appelais. Bouge-toi ! On a du boulot !

            — Je te rappelle que je ne devais pas être là aujourd’hui. Je ne fais que remplacer Manu.

            — Je sais mais tu ne crois pas que je vais faire le travail tout seul. Remplacer Manu signifie que tu dois m’aider. Lève-toi !

            L’autre paraissait embarrassé. Il ne bougeait pas, les coudes sur les genoux, la tête baissée comme une élève puni, pris sur le fait.

            — Bonté Loris, l’heure tourne et on a d’autres chantiers. Tire le diable, je vais t’aider, fit-il repensant toujours à l’attitude surprenante de l’employé.

            — Apparemment tu n’es pas au courant !

            — Mais de quoi tu parles ?

            Le jeune homme leva les yeux vers lui et, le regard inquiet il ajouta :

            — Tu ne sais pas !

            — Je ne sais qu’une chose : tu m’énerves ! Nous devrions déjà être en train de travailler !

            — Tu n’as pas entendu parler des…

            L’employé de mairie qui s’impatientait venait de sortir du bâtiment. Il interrompit leur conversation.

            — Messieurs !

            Deux visages se tournèrent aussitôt vers lui. Alfred bascula le diable sur ses puissantes roues et commença à le pousser. Il jeta un œil noir à Loris qui comprit qu’il n’avait pas le choix. Il se redressa pour aider son collègue, contraint et forcé.

            Un instant plus tard, le réceptionniste invita les deux ouvriers à le suivre. Ils laissèrent les matériaux devant une rampe d’accès extérieure. Ils reviendraient les chercher plus tard.

            Par la grande baie vitrée qui donnait sur les bassins, les deux visiteurs purent admirer le complexe sportif. Ils étaient fascinés par l’endroit, presque envoûtés. Il était lumineux, végétalisé et particulièrement agréable. L’infrastructure était une réussite. Les eaux bleues, qui capturaient par endroits la lumière du ciel, étaient une invitation au bien-être.

          Mais pour les deux compères, la semaine de travail commençait à peine. Elle serait longue et particulièrement laborieuse.

          Ils quittèrent donc le hall d’entrée. Leur hôte les guida à l’étage inférieur, jusque devant une série de portes. Plusieurs vestiaires collectifs réservés aux clubs de natation et aux élèves des établissements scolaires environnants se succédaient. Pour les distinguer on avait octroyé à chacun des couleurs différentes, jaune, vert, bleu, qui correspondaient aux tons du totem de la ville.

            — Voilà, nous y sommes ! Quelque chose ne va pas ? ajouta-t-il remarquant que l’un d’eux semblait soucieux.

            — Non, s’empressa de rétorquer Alfred. Quelle est la porte concernée ? Ah, il nous faudra aussi une arrivée d’eau.

            — Ce n’est pas ce qui manque, ironisa l’employé, mais je vais vous indiquer un point où vous pourrez vous brancher. Tenez, regardez ! Vous voyez là-bas, derrière le poteau orange ? Eh bien vous trouverez un robinet.

            Loris, légèrement en retrait, se contentait d’écouter.

            — Je vous laisse à présent ! Appelez-moi dès que ce sera fini.

            Leur guide tourna les talons et commença à s’éloigner.

            — Attendez, vous êtes bien pressé ! Et pour la porte ? demanda Alfred.

            L’autre s’arrêta immédiatement, sans songer un instant à revenir sur ses pas. Il semblait à nouveau inquiet et sur le point de prendre la fuite. De loin, il se décida enfin à répondre :

          — La porte, oui, bien sûr ! Il s’agit de celle qui porte le numéro 7.

            Il la désigna du doigt, sans oser s’avancer.

            — On peut entrer pour voir ?

            — Voir quoi ? se durcit-il soudain. Il n’y a rien à voir.

            — Ne vous fâchez pas monsieur. C’est juste qu’avant de commencer les travaux, nous devons tout de même vérifier la stabilité de l’encadrement, du support et nous avons besoin d’accéder aux deux côtés de la cloison.

            — Oui, bien sûr, répondit l’employé toujours à bonne distance..

          — Et puis il ne faudrait pas emmurer quelqu’un là-dedans ! plaisanta Alfred afin de détendre l’atmosphère.

          À sa mine, l’ouvrier comprit que le réceptionniste n’avait pas apprécié sa remarque. L’homme croisa les bras, tapota du pied le sol carrelé et dit :

          — Est-ce que ce sera tout ? Parce que j’ai du travail moi ! Je dois remonter à l’accueil.

Sa réponse cinglante clôtura le débat.

          — Dans deux heures le mur sera terminé, affirma Alfred.

            — Bon ! À tout à l’heure !

            Il fit demi-tour, pressé de remonter. Mais arrivé au bas des marches d’escaliers, il comprit qu’il n’en avait pas fini avec les deux ouvriers.

            — Avant de vous sauver, pourriez-vous ouvrir la porte s’il vous plaît ? Elle est fermée à clé.

            L’employé de la municipalité s’immobilisa pour la seconde fois, visiblement très agacé. Il sortit un trousseau de la poche de son pantalon, passa en revue plusieurs sésames, sortit la clé concernée de l’anneau qui la retenait. Elle portait le numéro 7.

            — Vous n’avez qu’à venir la chercher. Je la laisse là, déclara-t-il avant de gravir les quelques marches à la hâte et de disparaître.

            Alfred ne comprenait pas pourquoi son interlocuteur n’avait pas rebroussé chemin pour la leur donner. La clé les attendait sur un petit rebord. Elle brillait légèrement.

            — Quel drôle d’hurluberlu ce gars ! Allez zou, va la chercher !

            Loris obtempéra et, les mains dans les poches, il revint quelques secondes après avec l’objet.

            — Ouvre !

            — Pourquoi moi ? intervint le jeune homme.

            — Écoute mon p’tit gars. On a déjà perdu suffisamment de temps alors ou tu ouvres cette porte ou je signale au patron ton refus de travailler. Choisis !

          Loris regarda la clé qui dormait dans le creux de sa main. Il fixa le petit panneau collé au beau milieu de la porte : vestiaire 7. Il considéra longuement Alfred qui s’imagina un instant qu’il allait lui dire : « C’est toi qui l’auras voulu ! ». Il inséra avec la plus grande délicatesse la clé dans la serrure et, presque solennellement, il la tourna, les yeux rivés sur chaque geste qu’il faisait.

          — Allons, dépêche-toi ! On n’a pas que ça à faire !

          Lorsqu’il entendit le petit « clic » Loris lâcha la clé et recula précipitamment de plusieurs pas sous les yeux ébahis de son collègue.

            — Voilà, c’est fait ! dit-il, en s’écartant davantage, comme si une bête sauvage allait surgir de la pièce.

            Dans son for intérieur, Loris aurait voulu détaler mais toute fuite était impossible. Alfred n’avait pas la moindre idée de la peur qu’il ressentait.

La suite de cette histoire, sous peu. 

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  • Précision importante : pour remercier mes fidèles abonnés, la fin de cette histoire leur sera réservée. En effet, lorsqu’elle sera mise en ligne, elle sera aussitôt supprimée du site mais accessible pour vous grâce au message que vous recevez à chaque publication. Par conséquent, pensez à ne surtout pas l’effacer quand vous le recevrez. Vous pourrez lire la fin du récit alors que le lien sera inactif pour toute autre personne !
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  • Je rappelle enfin la sortie de mon dernier roman, un thriller policier, LA MURAILLE DES ÂMES, que vous pouvez vous procurer partout, même à l’étanger ou en cliquant ici :                                                                                                                                Pour commander « La Muraille des âmes » CLIQUEZ ICI
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Bonne lecture à toutes et à tous et à très bientôt !

Audrey Degal

 


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LA GRANDE MURAILLE

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Film à grand spectacle, LA GRANDE MURAILLE, avec en acteur vedette Matt Damon, avait bien des promesses à tenir.

Alors je dirais aujourd’hui, pour l’avoir vu : promesses partiellement tenues.

L’histoire :

Deux hommes sont poursuivis dans une contrée désertique chinoise et arrivent subitement au pied d’une gigantesque muraille. Ils n’ont pas le choix et y entrent. Là, on voudrait les exécuter mais l’un d’entre eux a un objet qui intrigue les résidents de la muraille (car la muraille n’est pas un mur mais un lieu d’habitation pour les soldats). La nuit précédente, il a été attaqué par une créature étrange à laquelle il a coupé une patte. On comprend dès lors que l’objectif auquel répond cette Muraille est la protection contre les attaques des ennemis et notamment de créatures effrayantes. Lors du premier assaut de celles-ci, le héros, Matt Damon, parvient à se délivrer et, au lieu de fuir, il prête main forte aux Chinois engagés dans une lutte terrible et sans merci. La femme qui commande le bataillon de cette partie de la muraille, apprécie son art du combat. De son côté, lui est ébloui par les techniques de défense qui sont déployées et surtout par la « poudre noire » qu’il est venue chercher en Chine. Tandis que son compagnon cherche par tous les moyens à voler cette poudre et à quitter la Muraille, le héros est tiraillé entre deux pôles : cette poudre explosive et la bataille. Finalement, il choisit de rester. Grandeur d’âme du personnage principal oblige. 

Comme d’habitude, je ne vous dévoilerai pas la fin pour ne pas vous priver de l’intérêt du film. 

J’ai particulièrement aimé la Muraille (mon dernier roman LA MURAILLE DES ÂMES déroule son action là-bas mais en un autre temps, au XXe siècle. J’avais donc un regard particulier envers ce film). Ainsi filmée, elle est grandiose et spectaculaire. Spectaculaires aussi sont les attaques et plus particulièrement le système de défense chinois. Fort bien imaginé ! 

L’intrigue quant à elle est banale mais le film se laisse voir. 

La fin m’a en revanche déçue. Non qu’elle soit inintéressante mais je l’ai trouvée facile. Pour ne pas trop vous en révéler, je dirais simplement que se débarrasser de l’élément principal pour que tout cesse, j’aurais aimé quelque chose de plus déroutant, de moins convenu. Cela résonne comme du déjà vu.

En conclusion, l’intérêt de ce film réside dans ses images, dans cette muraille impressionnante, et de ce côté on ne peut pas être déçu. C’est grandiose, les images sont parfaites. 

Ce film a déjà quitté les écrans de certaines salles, mais vous pourrez le voir en DVD. Privilégiez dans ce cas un grand écran. 

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Vous aimez lire, procurez-vous mes livres et notamment le dernier, un thriller policier de 384 pages, « LA MURAILLE DES ÂMES ». En librairie, même à l’étranger, donnez le titre, mon nom d’auteur, AUDREY DEGAL, éditions BoD, pour le commander en livre papier. Il est également disponible en ebook. à prix cassé pendant 4 semaines seulement. Résumé et extrait en page d’accueil du site.

 

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 Là encore, abonnez-vous à ma chaîne !

Merci, bonne lecture et bon films,

Le prochain article sera une nouvelle histoire. Un peu de patience !

Audrey Degal.


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SORTIE DU THRILLER POLICIER : LA MURAILLE DES ÂMES, Audrey Degal

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LA MURAILLE DES ÂMES

UN TRHILLER POLICIER DE 384 PAGES sorti en mars 2017

disponible en France et à l’étranger sur internet ou en librairies

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Résumé : 

Shany vient de vivre un drame qui a bouleversé sa vie. Désormais à la tête d’une importante entreprise, elle se réfugie dans le travail et décide finalement de partir en Chine avec son amie de toujours, Anna. Ce devait être la plus fabuleuse des destinations. Ce sera la plus imprévisible et la plus dangereuse. Et si elle n’avait pas fait ce voyage par hasard ! Et si on l’avait guidée jusque-là, sans qu’elle s’en aperçoive ! Qui et pourquoi ? Le guide qui les accompagne est-il vraiment ce que l’on croit ? Que cache-t-il ? Dans les rues animées de Pékin, quelqu’un les suit. Leur veut-il du bien ou du mal ? La perspicacité de l’inspecteur Zhao permettra-t-elle à Shany et à Anna d’échapper au sombre destin que d’autres ont tracé pour elles et tiennent entre leurs mains.

Les arcanes de ce thriller emmènent le lecteur dans la Chine actuelle et plongent l’héroïne au coeur d’une intrigue où les superstitions côtoient le monde moderne. Et si l’explication de tout ce qui arrive était liée au passé de ce vaste pays mystérieux, aussi appelé l’Empire du Milieu. De la grande Muraille à la province du Sichuan, en passant par Pékin et la Cité Interdite, les 384 pages de ce roman vous tiendront en haleine. Vous serez happé, dès le premier chapitre par une lecture haletante et addictive. Les rebondissements vous emporteront jusqu’à un dénouement renversant !

 THRILLER

Texte intégral

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EXTRAIT  du chapitre 21, page 247 à 250

« LA PÈGRE »

Dans le restaurant, tout le monde était sur ses gardes, quand le colosse s’agitait ou qu’il reposait ses baguettes sur la table. Si le dîner lui avait plu – en l’occurrence, ce soir-là, il s’agissait de canard laqué – il pouvait se montrer agréable. Mais à la fin du repas, il grimaça, se frotta le ventre et jeta sa serviette dans son assiette.

Rènhé xīn de dōngxī ? Tā yǐjīng jiāofù bèi zuò huò dāng liǎng gè xiǎohuǒzi zài běnzhí shàng yùnxíng ? aboya le boss.

Les murs se retinrent de trembler alors que chacun savait qu’un séisme commençait.

— Nous les cherchons activement.

Wan Lu Su dévisagea son interlocuteur. Ce dernier se mordait les lèvres et n’en menait pas large.

— Où sont-ils ?

— Il semble qu’ils aient quitté l’appartement de Qiang, rue Wangfujing, en fin de journée, il y a quelques jours, et qu’ils aient disparu.

— Qu’est-ce que vous voulez que ça me fasse ! Ce qui compte, c’est qu’ils ne sont jamais arrivés à Sanlitun ni à Wanchai !

— Personne ne les a revus.

— Et mes paquets, hein, où sont mes paquets ? hurla-t-il en se levant. Il y en a pour une somme colossale !

Il arpentait la salle de long en large et devant sa stature impressionnante, les autres, qu’il dépassait de plus d’une tête, étaient contraints de reculer. On aurait dit une cérémonie funèbre où chacun se recueillait. Tous baissaient la tête, les yeux et avaient l’air de prier. Ce n’était pas vraiment faux, puisque les plus proches redoutaient que la foudre ne s’abattît sur eux.

Cela n’arriva pas. Un bruit de moteur sourd et puissant résonna, quand deux Hayabusa se garèrent dans la cour intérieure attenante au restaurant. La silhouette des motos, à la fois sportive et imposante, faisait penser à deux boxeurs affûtés pour s’affronter en catégorie poids lourds. Les pilotes coupèrent les gaz et un silence pesant remplaça instantanément le feulement des quatre cylindres. Deux gaillards, à la carrure de catcheurs, entrèrent d’un pas assuré et athlétique en se délestant de leurs blousons de cuir noir. Il s’agissait de deux hommes connus sous les sobriquets redoutés de la main droite et de la main gauche de Wan Lu Su. L’un portait un jean Rick Owens, l’autre un Rehnsen, des blazers légers gris et bleu marine de chez Melinda Gloss, sous lesquels on devinait des chemises à la coupe ajustée et des tablettes de chocolat assorties à leur gabarit. Sur leur passage, tous s’écartèrent comme si le diable venait d’entrer. Le diable, non mais au moins deux de ses suppôts ! Dépassant de leurs vestes, deux fusils M16, canons sciés, qu’ils ne cherchaient pas à dissimuler bien au contraire. Le blond décoloré, ce qui lui donnait un air d’ange, se pointa devant Wan Lu Su. Il avait l’air apparemment satisfait. Le boss avait repris sa place et ses doigts, qui ne cessaient de pianoter, marquaient sa nervosité.

— Alors, vous avez retrouvé Qiang ?

— C’est fait !

— Où est-il ce moins que rien ?

D’un geste violent, Wan Lu Su balaya la table de son avant-bras. Le contenu d’une coupe de fruits se répandit devant lui. Il saisit une pomme verte qui roulait et la broya dans sa main, sans aucune difficulté. Il donna ensuite un coup de pied dans la vasque de cristal de Bohème qui était tombée au sol, sans se briser. Devant cette rage, tout le monde se figea.

— Nous avons suivi sa trace jusqu’à la route tortueuse qui s’éloigne de Beijing. Il a eu un accident avec sa Maserati.

— Et ensuite ?

— Ensuite, il a été emmené à Xiehe où on a appris que Qiang s’en était tiré mais pas l’autre. Tu ne devineras jamais qui était l’autre !

— Tu me prends pour qui ? C’était certainement Kuan Ti. Et mon argent dans tout ça ?

— Il n’était pas dans la voiture qui est partie à la casse, ça c’est sûr !

— Si Qiang est vivant, je veux qu’on me l’amène et qu’il me dise où est ma marchandise. C’était soi-disant sa dernière livraison mais je pense qu’il a voulu me doubler. J’aurais dû me méfier de ce paysan trop intelligent pour un petit larbin chinois. Sortez-le de cet hôpital et amenez-le, même à genoux ! Il doit cracher le morceau !

Le rouquin, aux cheveux longs tressés à l’arrière du crâne, s’installa à califourchon sur une chaise, en face du chef. Il paraissait très sûr de lui.

— Il va falloir attendre un peu. Un policier est en faction devant sa chambre, depuis qu’un toubib de l’hosto est passé par la fenêtre.

— Qiang a tué un toubib ! fit le boss éberlué.

Il éclata d’un rire forcé et tonitruant.

— Il paraît qu’il dormait au moment où l’autre est tombé. Il ne devrait donc pas avoir de problèmes !

— Avec la police peut-être mais moi, je vais lui faire regretter d’être né !

 Le début et la suite, dans le roman.

Livre disponible partout sur commande (France et étranger) (papier et ebook). Bientôt directement en rayon chez Cultura Givors 2 vallées et Decitre Saint Genis Laval (+ Destinations Etranges et le Lien, mes 2 premiers livres)

Merci de votre fidélité et de votre confiance, 

Amitiés, 

Audrey Degal


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QUELLE BELLE JOURNEE ! (fin)

Quelle belle journée ! fin

Résumé de l’épisode précédent : Claire a vécu une journée parfaite, comme il en existe peu ou pas, une journée comme nous voudirons tous en vivre, où tout se déroule extraordinairement bien. 

 

            Quand vous vous levez, parfois, en pleine nuit, les idées encore ensommeillées, vous ne parvenez pas toujours à faire la part des choses. Il est alors difficile de savoir si vous êtes encore dans votre lit, au coeur d’un rêve ou si vous errez dans votre propre réalité.

            C’est exactement ce qui est arrivé à Claire, ce matin-là !

            La veille, elle s’est couchée trop tard car il lui fallait absolument finir de corriger deux paquets de copies afin de les rendre. Les conseils de classes trimestriels approchent ! Pas le choix ! Lorsqu’elle inscrit sa dernière note, un 6/20, il est plus de minuit. Elle va se coucher mais le sommeil ne vient pas. Elle tourne encore et encore dans son lit, assaillie pas des idées noires et tous les tracas de la vie professionnelle qui semblent s’être donné rendez-vous ce soir-là, à la même heure, au même endroit. Elle pense pêle-mêle aux exercices qu’elle n’a pas eu le temps de préparer, aux deux réunions qu’elle a enfin de journée, à l’organisation de la sortie pédagogique qui dévore son temps…

            Il est trois heures quand elle s’endort, et six heures quand la radio du réveil, trop forte se met à hurler. Ce sont les informations :

            — … la course à la présidentielle continue et les candidats ne ménagent pas leurs adversaires. L’affaire des emplois fictifs agite les deux camps qui…

            Claire sort le bras de la couette pour tenter d’atteindre le bouton d’arrêt. Sa main heurte l’appareil qui décolle et atterrit sur le parquet. La voix du commentateur devient nasillarde, monocorde et une seconde plus tard elle agonise.

            — Eh merde ! fait Claire. Mais quelle heure il est ?

            Le jour pointe à travers les persiennes. La chambre est partiellement éclairée. Claire ouvre les yeux et s’interroge.

            — Il fait jour… à six heures… au mois de février !

            — Oh non !

            La jeune femme se jette sur sa montre et lit :

            — 7h35 ! Bonté divine ! J’ai mal dû programmer mon réveil. Je vais être en retard. Dire que ça ne m’est jamais arrivé !

            C’est le branle-bas de combat !

            Elle saute du lit et son pied droit propulse une de ses pantoufles sous le sommier. Tant pis, pas le temps de l’attraper. Elle saute dans le premier jean qu’elle trouve et enfile un chemisier pris, au hasard, sur le dessus d’une pile de linge. Sur un pied, afin de mettre sa dernière chaussette, elle se dirige vers la fenêtre et ouvre les volets, sans les accrocher. Elle veut juste voir le temps qu’il fait.

            — J’irai en moto, se dit-elle, pensant ainsi gagner un peu de temps.

            Mais dehors il fait gris et une pluie mêlée de neige vient contredire ses projets. Elle a toujours détesté l’hiver, le froid et plus particulièrement le mois de février. Dans la salle de bains, elle se donne un coup de brosse, boit une gorgée d’eau et se regarde dans le miroir. S’il avait pu parler, elle n’aurait pas aimé ce qu’il lui aurait dit. Elle surgit dans son bureau, boucle son cartable à la volée, s’empare des clés de la voiture dans le couloir et tire la porte de son appartement derrière elle. 10 minutes se sont écoulées.

            — J’ai cours à 8 heures, marmonne-t-elle. Je n’y arriverai jamais !

            Dans son village, elle roule un peu trop vite et dépasse la vitesse autorisée. Soudain, elle est légèrement éblouie. Comme elle n’est pas une star et qu’aucun paparazzi ne la suit, elle sait qu’elle vient d’être flashée. Dans un ou deux jours, elle recevra un P.V.

            Elle arrive au stop où, tous les matins, c’est la croix et la bannière pour passer. Eh bien ce matin-là c’est pire ! D’ordinaire, elle franchit ce lieu stratégique bien plus tôt mais à cette heure de la journée, tous les automobilistes ont décidé de converger sur cette route alors qu’elle est déjà chargée. Impossible de s’infiltrer. Claire abaisse sa vitre, laissant le froid la piquer, et elle adresse un signe puis un sourire aux uns et aux autres éventuellement prêts à oublier qu’ils ont priorité. Rien à faire ! Alors, tout doucement, elle avance et force le passage, gratifiée de noms qu’il convient ici de ne pas répéter.

            Sur la nationale, elle roule au pas. Elle n’est pas prête d’arriver ! Qu’à cela ne tienne, dans 300 mètres elle quitte cette route pour prendre l’autre qu’elle connaît, bien plus dégagée.

            Elle met son clignotant pour tourner puis se ravise.

         « ROUTE BARRÉE »

            — Je crois que ce n’est pas ma journée !

            Elle garde son calme et joue sur le levier de vitesses, alternant entre la 1ère et la 2ème. Passer la 3ème relève du luxe. Il est 8h25 quand elle arrive devant son établissement scolaire. Le parking est plein à craquer !

            Elle marque un temps d’arrêt devant la barrière, renonçant à la franchir. Elle laisse aller son front sur le volant quelques secondes puis enclenche la marche arrière. Elle descend la côte et va se garer à 400 mètres, dans la cité.

*

            Quand elle surgit, essoufflée en salle des professeurs, elle lance tout de même un bonjour. Sept ombres matinales sont attablées et tentent désespérément de travailler dans ce lieu que tous ont rebaptisé le « hall de gare ». Tentant vainement de se concentrer dans cette salle des pas perdus, ils lui décrochent un petit « bonjour » et mobilisent leurs efforts pour se concentrer à nouveau sur leur travail.

            Sur le tableau d’affichage, Claire constate qu’elle est notée absente. Elle se rend, en courant, à la vie scolaire pour signaler qu’elle vient d’arriver et qu’elle prend sa classe en charge. Elle jette un œil dans la cour, et remarque que des dizaines d’élèves attendent dehors surveillés par le pion récemment embauché.

            — Salut Johan ! Il y a beaucoup d’élèves ! Qu’est-ce qui se passe ?

            — Amandine n’est toujours pas remplacée. Ҫa fait pourtant un mois qu’on a signalé qu’elle serait absente parce qu’elle devait être hospitalisée. Que veux-tu y faire ? Léo a appelé, il ne viendra pas. Son fils s’est fait accroché à vélo ce matin. Rassure-toi, rien de grave !

            — Tant mieux ! réagit Claire. Mais certains diront quand même qu’on est toujours absents !

            — Tu es devin ! C’est déjà fait !

            Lorsque Claire arrive devant les 3ème 4, ils font comme s’ils ne l’avaient pas remarquée.

            — Bonjour à tous ! Mettez-vous en rang, s’il vous plaît !

            Une dizaine d’entre eux obtempère. Pour les autres, c’est comme si elle n’était pas encore arrivée. Claire a l’impression d’être transparente, l’impression de ne pas exister. Elle s’approche de quelques récalcitrants et les prie de se ranger.

            — Bien entendu madame, tout de suite. Veuillez nous excuser !

            Ils auraient pu répondre ainsi. Du moins, Claire aurait aimé les entendre s’exprimer de cette façon. Mais au lieu de ces paroles, éloignées de la réalité, voici ce qu’elle entend, qui ne lui est pas directement adressé :

            — Rien à foutre ! Pourquoi elle est pas restée chez elle. Et puis on n’a pas envie de s’ranger !

            Au même instant, un mot que Claire ne comprend pas fuse et une bagarre naît. Elle s’interpose pour séparer deux élèves qui ne cessent de s’insulter et qui, dans un second temps, en viennent aux menaces. Autour, les autres rient. Expérimentée, elle parvient à les calmer et une minute après, la classe part à l’assaut des deux étages. La cage d’escaliers résonne. On se croirait dans une ruche. Certains s’interpellent comme s’ils étaient à côté l’un de l’autre. Claire a l’impression d’être au marché à la criée. Puis elle entend un grand boum, des rires et une plainte. Comme d’habitude, ils se sont fait des croche pieds ou se sont bousculés. Pour eux, c’est un jeu. Manuel est tombé. Son tibia gauche vient de rencontrer l’arête d’une marche. Il saigne. Claire envoie les délégués chercher l’infirmière, tandis que dans le couloir on dirait qu’une émeute est née. Elle s’époumonne pour leur expliquer le danger de leur comportement. Demain ils auront oublié !

            Lorsqu’elle ouvre la porte de la salle, Claire compte un élève blessé et deux exclus, soupçonnés d’être responsables de la chute. Elle complète la fiche d’appel et y porte d’emblée le nom de quatre absents qui ne viennent en cours qu’occasionnellement.

            — Non, madame, objecte Samia. Esteban est là !

            Claire doit rayer son nom. Il est bien présent, sans cartable, sans cahier mais il a en mains son téléphone portable qu’elle lui demande d’éteindre et de ranger. Il râle, proteste et fait perdre du temps à tous. Que faire ! Mais il fait acte de présence, au moins la moitié de l’année. Elle ne peut rien dire, cette déviance a déjà été signalée.

            La classe est mal chauffée. Il faut faire des économies. Dans la précipitation, le matin, elle a enfilé un chemisier trop fin. Elle est gelée. D’ordinaire, même vêtue d’un gros pull, elle a froid et les élèves, statiques, ont souvent les mains glacées. Pour se réconforter, elle pense à cet été quand dans cette même salle il fera 35 degrés et qu’il sera impossible de les mettre au travail tant ils auront l’impression d’étouffer.

            La seconde heure de cours se passe comme beaucoup d’autres : trop d’élèves n’ont pas fait le travail demandé et les leçons n’ont pas été apprises. Pourquoi auraient-ils étudié quand généralement celui qui collectionne le plus de zéro est celui qui a gagné. Elle n’est même pas étonnée. Se faire exclure d’un cours est un privilège, un moment où en leur fiche la paix. Comment lutter ? Et puis c’est bien connu, si les élèves n’ont pas le niveau, c’est que l’enseignant ne sait pas les intéresser. Il faudrait organiser des jeux, des voyages, des sorties en bateau… Tous ceux qui n’enseignent jamais ont tous la solution ! Comment n’y a-t-on pas songé avant ? Pourquoi ne l’a-t-on jamais appliqué ? Mais Claire se trouve dans une salle de classe et elle a un programme à respecter ! Bien sûr, il y a l’informatique pour rêver un peu et étudier autrement. Seulement, il faut réserver la seule salle un mois à l’avance, placer deux élèves par poste et prier très très très fort pour que le matériel vétuste veuille bien fonctionner. Comme prévu, elle leur distribue un sujet pour une évaluation. Elle en fera deux autres avec d’autres classes, dans la matinée.

            Claire ne se drogue pas et se sent pourtant en overdose. Elle ne supporte plus les incivilités, les insultes quotidiennes et l’impunité. Mais, si elle est dans cet établissement scolaire depuis des années, elle risque d’y enseigner encore longtemps. Enfin enseigner… si on peut dire ! Sa huitième demande de mutation a été refusée l’année dernière. Elle va devoir patienter. Encore ! Plus longtemps !

*

            Elle ne déjeunera pas à la cantine. C’est trop bruyant. Il est 14 heures quand elle rejoint la salle des professeurs pour saisir les notes des copies corrigées la veille. Tous les postes sont occupés. Mission impossible ! Depuis le temps que tous exigent des ordinateurs en nombre, modernes et fiables ! Elle consulte le tableau d’information en salle des professeurs et constate que les réunions du soir sont reportées au lendemain, aux mêmes heures. Elle a un rendez-vous, programmé depuis six mois, chez une ophtalmologue. Elle devra appeler et le modifier la date.

            — Mince ! Il y a des jours où le sort s’acharne.

           Elle décide donc de rentrer.

            — Ah, c’est vrai je suis garée loin.

            Devant le portail, elle voit des jeunes attendre. Traîner en fait. Ils n’aiment pas aller au collège mais ils ne peuvent s’empêcher de flâner à proximité, voire de se tenir devant. Il leur fait à la fois peur et représente un lieu rassurant, un lieu où on les respecte. Les règles qui s’appliquent à l’intérieur les contraignent mais les rassurent aussi. Même s’ils s’en défendent, il est l’ultime barrière entre l’ignorance et le savoir. Il est une chance mais tous n’en ont pas conscience.

            Et elle descend la côte en tenant son col fourré à deux mains. Elle se retient de claquer des dents. Sa main droite, qui tient son lourd cartable, est gelée. Elle n’a pas pris ses gants. De loin, elle discerne un papier blanc sur le pare-brise. Dans la précipitation, le matin, elle s’est garée là où elle a trouvé une place. Malheureusement même sans panneau, l’endroit est frappé d’une interdiction de stationner.

            — Deux P.V ! Vivement que la journée s’achève.

            Le moteur peine à démarrer. Lui non plus n’apprécie pas le froid. Finalement, il démarre et Claire se sent soulagée. À cette heure-ci, la route est relativement dégagée et 20 minutes plus tard, elle traverse son village, adressant au passage un regard à l’appareil qui, le matin, l’a flashée. Des automobilistes récalcitrants l’ont empaqueté, si bien qu’il est, depuis peu, l’incapacité d’immortaliser les plaques des contrevenants. En beaucoup lui font un pied de nez.

            Tout à coup, la voiture se met à donner des à-coups et, en face de la pharmacie, elle semble rendre l’âme.

            — Alors là, c’est le bouquet !

            Un passant lui vient en aide et, fier de lui autant que railleur, deux minutes plus tard il lui dit :

            — Je ne sais pas si vous le savez mais pour avancer, il faut mettre de l’essence !

            Obligation sans cesse repoussée par manque de temps ! Esprit trop absorbé par d’autres choses ! Et voilà comment on se retrouve sur le bord de la route, en panne sèche, l’air ridicule et penaud !

            — Je vous remercie monsieur, mais ce matin j’étais en retard et ensuite, je n’y ai plus pensé.

            — C’est votre jour de chance, il y a une station, juste après l’angle.

            — Oui, je suis du coin, je le sais ! Merci et bonne fin de journée.

            Claire ferme sa voiture à clé. La station n’est qu’à 100 mètres. Une chance !

           « Fermée pour travaux »

            Elle s’approche ! Il y a une date de réouverture :

            — À un jour prêt ! bougonne-t-elle.

            Elle repart bredouille, récupère son cartable et prend la direction de son domicile, 1 kilomètre plus loin. Avec le poids des copies, elle a l’impression de porter une enclume et sa main, engourdie par le froid semble rivée à la poignée.

            Enfin, elle arrive.

           L’appartement est partiellement plongé dans le noir. Ce matin, elle n’a ouvert qu’un volet. Ragnar est excité comme une puce et il saute, lui lèche les mains et involontairement l’empêche d’accéder à l’interrupteur. Soudain, elle se sent partir, glisser. Le sol de dérobe sous ses pieds. Elle s’affale douloureusement sur le carrelage tandis que sa tête rencontre l’angle d’un meuble. Une odeur acide s’immisce dans ses narines.

         — Mon pauvre Ragnar, ce matin je t’ai complètement oublié. Je ne t’ai pas sorti.

         Elle se redresse, allume et voit que dans le couloir, une flaque d’urine juste derrière la porte d’entrée.

*

             Certains auraient perdu leur calme, d’autres auraient renoncé. Il y a les grincheux, les jamais contents, les impolis. Il y a ceux qui ont le sourire en toutes circonstances, qui vous écoutent et vous sourient. Et puis il y a ceux et celles qui se maîtrisent et, quoi qu’il arrive, se battent pour ne pas être vaincus pas la vie !

            Claire adore son métier. Elle y souffre mais elle résiste !

*

            Claire soigne sa blessure au front, se change et prend la laisse de son chien. Elle part avec lui, marcher. Tous deux rentrent une heure plus tard et dans la soirée, ils dînent, séparément. Puis, la jeune femme sort les copies de son cartable. Elle s’aperçoit qu’elle a oublié un paquet. Elle pourra dormir plus tôt ce soir, se lèvera plus reposée et demain sera probablement une belle journée ! Qui sait ? Une journée qui pourrait commencer par une douce lumière et un chant d’oiseaux. Une journée qui sentirait, dès le matin, le café et le bon pain chaud. Une journée où il ferait tout simplement très beau. Une journée que chacun peut vivre en ne voyant que le bon côté des choses. Une journée que l’on peut provoquer en souriant aux autres. Une journée où, en arrivant au travail on lui dirait :

            — Bonjour, madame ! Comment allez-vous ce matin ?

            Et elle répondrait :

            — Belle journée n’est-ce pas. Je vais vraiment très bien. Merci !

*******

Ici s’achève ce récit qui se veut sympathique et optimiste. La prochaine histoire sera un récit à suspense. En attendant, je vous rappelle la sortie de mon 3ème livre 

LA MURAILLE DES ÂMES

UN THRILLER POLICIER DE 384 PAGES

DISPONIBLE DE PARTOUT (même à l’étanger)

bientôt et pendant 1 mois à prix promotionnel en ebook sur amazon ou la fnac

voir en page d’accueil la quatrième de couverture et un extrait

Pensez aussi à vous abonner au site pour continuer à lire. Merci et … BONNE JOURNEE A TOUTES ET A TOUS !

Audrey Degal

 

 


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VENEZ ME RENCONTRER ET DECOUVRIR MON DERNIER THRILLER

DECOUVREZ EN AVANT PREMIERE MON DERNIER ROMAN

UN THRILLER POLICIER DE 384 PAGES

« LA MURAILLE DES ÂMES », AUDREY DEGAL

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que j’aurai le plaisir de vous le dédicacer au salon du livre de BRINDAS (69) , montée de la Bernade, entrée gratuite,

de 10 à 18h.

« LA MURAILLE DES ÂMES »  ne sera disponible en librairie que d’ici environ 3 semaines. Alors profitez-en !

Je ne disposerai, à cette occasion que des 10 premiers exemplaires imprimés !

Voici la 4ème de couverture. 

Shany vient de vivre un drame qui a bouleversé sa vie. Désormais à la tête d’une importante entreprise, elle se réfugie dans le travail et décide finalement de partir en Chine avec son amie de toujours, Anna. Ce devait être la plus fabuleuse des destinations. Ce sera la plus imprévisible et la plus dangereuse. Et si elle n’avait pas fait ce voyage par hasard ! Et si on l’avait guidée jusque-là,  sans qu’elle s’en aperçoive ! Qui et pourquoi ? Le guide qui les accompagne est-il vraiment ce que l’on croit ? Que cache-t-il ? Dans les rues animées de Pékin, quelqu’un les suit. Leur veut-il du bien ou du mal ? La perspicacité de l’inspecteur Zhao permettra-t-elle à Shany et à Anna d’échapper au sombre destin que d’autres ont tracé pour elles et tiennent entre leurs mains.

Les arcanes de ce thriller emmènent le lecteur dans la Chine actuelle et plongent l’héroïne au coeur d’une intrigue où les superstitions côtoient le monde moderne. Et si l’explication de tout ce qui arrive était liée au passé de ce vaste pays mystérieux, aussi appelé l’Empire du Milieu. De la grande Muraille à la province du Sichuan, en passant par Pékin et la Cité Interdite, les 384 pages de ce roman vous tiendront en haleine. Vous serez happé, dès les premières pages par une lecture haletante et addictive. Les rebondissements vous emporteront jusqu’à un dénouement renversant !

SAUREZ-VOUS RESISTER A L’ENVIE DE LE LIRE ?

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Bien sûr mes deux autres livres, « LE LIEN  » et DESTINATIONS ETRANGES » seront aussi disponibles à cette occasion.

Un salon est toujours un grand moment pour un auteur. Ce face à face avec les lecteurs est l’occasion d’un échange de point de vue que j’apprécie particulièrement.

Je vous attends donc au salon du livre de Brindas,

A bientôt,

AUDREY DEGAL


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Quelle belle journée !

Quelle belle journée !

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            Le jour n’est pas encore levé mais le réveil de Claire sonne. Il est l’heure.

            Contrairement à d’habitude, elle ne se sent pas agressée. Une douce lumière a progressivement gagné en intensité et elle inonde maintenant la chambre, lui permettant de se réveiller en douceur. Un gazouillement d’oiseaux prend ensuite le relais. On dirait une journée de printemps. Un long bâillement, quelques étirements et Claire se lève. Elle glisse ses pieds dans ses pantoufles et se lève.

            Une odeur de café chaud et de pain l’attire à la cuisine. La veille, elle a pris son de programmer les appareils, qui se sont déclenchés, comme par magie. Elle n’a plus qu’à s’attabler. Elle a du temps devant elle et pourra même prendre une longue douche et profiter plus longtemps de ce moment.

            Un peu plus tard, elle retourne dans sa chambre pour s’habiller.

            — Je mettrai bien ce jean avec ce chemisier Agnès B. J’ai rarement l’occasion de les mettre !

            Elle dépose ses vêtements sur le lit avant de les enfiler. Elle jette un œil par la fenêtre. Les premiers rayons de soleil pointent. Il fera beau !

            — Tu vois Ragnar, dit-elle au beauceron qui dort encore et dresse juste une oreille en entendant sa maîtresse lui parler. Je crois que je vais aller travailler en moto. Ҫa fait un moment que je ne l’ai pas sortie ! On a rarement de pareilles journées au moi de février. Je dois en profiter !

            Le chien se lève, tourne dans sa caisse, une fois, deux fois, trois fois et se recouche exactement au même endroit. Claire le regarde amusée puis elle se penche au-dessus de lui et le caresse. Le chien semble apprécier.

            Avant de quitter son domicile, elle se regarde dans le miroir et, malgré le blouson et le casque intégral qu’elle porte à la main, elle se trouve plutôt à son avantage. Elle a une allure incomparable, presque racée. Le célèbre félin de son cuir, représentatif de la marque Furygan, qui trône dans son dos, ne la contredit en rien. Elle s’empare de son cartable et d’un lainage, au cas où il ferait frais et elle prend soin de refermer la porte à clé, derrière elle.

            La Kawasaki démarre au quart de tour et quelques minutes après, Claire prend le chemin du lycée, comme tous les jours. La route est dégagée mais quelques kilomètres plus loin, elle rejoint une nationale où les véhicules roulent pare-chocs contre pare-chocs. Elle marque le stop et s’apprête à se faufiler doucement mais un automobiliste s’arrête et lui fait signe de s’infiltrer dans le flot de circulation. Claire le remercie d’un signe de la main et passe devant lui. Elle parcourt 300 mètres et tourne à droite, pour emprunter un itinéraire parallèle plus dégagé. Un quart d’heure plus tard, elle arrive devant son établissement.

Quand elle arrive au travail en moto, elle déteste béquiller devant la barrière afin de l’ouvrir. Ce jour-là, par chance, un collègue l’a précédé et elle peut entrer dans s’arrêter. Le parking est déjà bondé mais à l’emplacement où se garent les motos il n’y a personne. C’est parfait.

— Bonjour, lance-t-elle en pénétrant en salle des professeurs. Certains lui répondent avec un sourire, d’autres lui renvoient son salut.

Elle prépare les photocopies nécessaires pour assurer ses cours de la matinée et se dirige vers sa classe, au quatrième étage. Des élèves la reconnaissent. Claire est appréciée dans son lycée. Elle échange quelques paroles avec certains de ses anciens élèves, histoire de savoir comment se passe leur scolarité, cette année. Ils aiment discuter avec elle et savent qu’elle se soucie d’eux même si elle ne les a plus en responsabilité.

La matinée se déroule agréablement. Chacun a fait les devoirs qu’elle a demandés et lorsqu’elle interroge quelque uns, elle s’aperçoit que la leçon est sue.

— Je suis agréablement surprise et je vous remercie. Nous allons pouvoir aller plus loin. C’est parfait. De ce fait, je ne vous donne pas de devoirs pour demain mais pensez tout de même à réviser.

— Oui, madame, lancent-ils comme s’ils n’étaient qu’une seule personne.

— Le cours était vraiment intéressant, lui dit Ivan en quittant la salle.

            — Je suis ravie qu’il t’ait plu.

            — Soyez prudente en rentrant, ajoute Marianne. Il faut être prudent en moto madame !

La sonnerie qui marque la fin des cours de la matinée vient de retenir et tous souhaitent à leur professeur une excellente journée. Claire est ravie. Ces jeunes gens sont à la fois intéressés, travailleurs et bienveillants. Que demander de plus ?

*

Il est midi. Claire se rend à la cantine mais elle a oublié d’acheter de nouveaux tickets repas. Elle s’apprête à faire demi-tour, quand elle sent, au fond d’une de ses poches un bout de papier : un ticket de déjeuner.

            — Formidable ! Je l’avais oublié celui-là.

Elle déjeune en compagnie de collègues, gère les formalités administratives qui lui incombent, saisit les notes des évaluations sur un ordinateur libre parmi les 8 autres anciens PC qui se trouvent dans la salle commune. À 14 heures, elle a un rendez-vous avec un parent pour faire le point.

Elle devrait quitter le lycée vers 15 heures. Elle rentrerait ensuite chez elle, jouerait avec le chien et s’installerait à son bureau pour préparer les cours du lendemain et corriger des copies.

Aux alentours de 18 heures, elle irait dans son club de karaté et elle rentrerait le soir, vers 21 heures pour dîner.

— Vraiment, une journée comme celle-ci est une belle journée ! dit-elle en savourant une tasse de thé. Il est 23 heures. Claire va se coucher.

Devra-t-elle attendre le lendemain matin pour vivre des moments aussi agréables ? Pas nécessairement ! Il existe parfois une autre réalité !

*

La fin de cette histoire prochainement.

*

Pensez à partager, à vous abonner, c’est gratuit et à vous procurer mes livres : LE LIEN et DESTINATIONS ETRANGES (voir en page d’accueil). Ils sont disponibles partout, même à l’étranger. Les acheter est aussi une façon de m’inviter à écrire, pour vous, sur ce blog.

Et puis, ça y est, La Muraille des âmes mon thriller policier est en cours de publication. Il sera disponible à l’achat dans quelques semaines, le temps que l’éditeur ait fini son référencement. Bien sûr je vous tiendrai au courant et mettrai, en ligne un résumé, un extrait et la photo de la couverture.

Merci de votre fidélité,

Audrey Degal.

 


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PASSENGERS

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J’ai vu ce film la semaine dernière, et j’avoue que j’étais dubitative quant à la qualité de l’intrigue et à l’intérêt de cette histoire spatiale. J’avais lu, comme beaucoup d’entre nous, quelques critiques parfois peu enthousiastes pour ce nouveau film où l’on retrouve notamment l’actrice, Jennifer Lawrence que j’ai personnellement découverte dans la trilogie « Hunger Games « . Ceci m’amène à dire : ne vous fiez pas nécessairement aux critiques ! Voici pourquoi :

Je lisais qu’il s’agissait d’une aventure spatiale au cours de laquelle deux personnes se réveillent, alors que ce n’était pas prévu, à bord d’un vaisseau. Elle ne devaient être réanimées qu’une fois arrivées à destination. Hasard ? Quelle pouvait être l’autre hypothèse ? Je m’attendais donc à ce qu’une entité, une force… ait réveillé les protagonistes qui se retrouvent contraints de lutter pour leur survie.

Finalement, j’ai découvert un film bien différent et finalement passionnant. En effet, la virtuosité de ce coup de maître réside dans le crescendo incontestable qui accompagne ce film  et vous rend perplexe, curieux, à l’écoute… Ce n’est pas « La Guerre des étoiles » : pas de multiples vaisseaux, de méchants, pas de combats inter-stellaires… Rien de tout cela ! En revanche, le spectateur est immergé dans un huis-clos  d’autant plus inquiétant qu’il est vaste, car le vaisseau est aussi immense que magnifique, vaisseau lui-même perdu dans l’infini déconcertant et fascinant de l’univers.

Contrairement à ce à quoi je m’attendais et qui était annoncé, ce ne sont pas 2 passagers qui se réveillent par hasard mais 1 seul. Belle différence, signifiante de surcroît ! Eh oui, car se retrouver seul, à bord d’un vaisseau hors normes, quand les autres 5000 passagers et plus de 200 membres d’équipage dorment, avouez qu’il y a vraiment de quoi être dérouté dans un premier temps, inquiet dans un second, tenté par le suicide lié à la solitude en fin de compte. Or, c’est ce qui arrive à Jim, qui sombre peu à peu dans une détresse qu’il estime sans retour. Seul parmi nombre d’humains endormis, alors que l’ordinateur lui annonce une arrivée sur la planète prévue 90 ans plus tard, comment ne pas craquer et souhaiter mourir. Car, être seul et disposer de presque tout à bord de ce lieu étonnant, ce n’est drôle qu’un très court moment.

Mais voilà, il croise le caisson d’hibernation où dort la belle Aurora. Cas de conscience : s’il la réveille, il ne sera plus seul mais il la condamnera inéluctablement à vieillir et à mourir avant l’arrivée sur la Terre promise. S’il choisit de la laisser dormir, il ne supportera jamais cette condamnation à la solitude. Dilemme cornélien, vous en conviendrez ! Que fera-t-il ? Eh bien, je ne vous le dirai pas. 

Vous croyez détenir la solution ? Pas nécessairement, car nous croisons 4 personnages dans ce film : Jim, Aurora, Arthur et Gus. 

Le mystère ne repose pas, comme pourraient le laisser croire les critiques ou le résumé, sur l’origine du réveil de certains mais plutôt sur la façon dont l’homme peut survivre, confronté à la même perspective que ce personnage, la condamnation à la solitude. La vie est parsemée de choix qui façonnent le destin de chacun. Jim fera l’un de ces choix, Aurora en fera un autre. Lesquels ? 

La tension montre progressivement dans ce film et de très belles images de l’espace font rêver le spectateur, comme celles de rupture d’apesanteur. Et la piscine… vous voudrez forcément vous y baigner.  Pour cela, poussez la porte du cinéma le plus proche avant que le film ne disparaisse des écrans, sinon vous pourrez vous le procurer en DVD, pour passer un bon moment. Il n’a pas fait un tabac au niveau des critiques et ne restera plus très longtemps à l’affiche. Il sera vite oublié, au profit d’autres productions plus médiatisées mais pas forcément plus intéressantes. A vous de voir ! 

Passez d’agréables moments sur ce site. N’hésitez pas à commenter, à lire mes récits voire à acheter mes livres, référencés en page d’accueil. 

Songez à vous abonner et merci de votre visite.

Audrey Degal


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DONNE-MOI LA MAIN, fin

4ème partie (fin)

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Résumé des épisodes précédents : Lola est seule avec ses deux garçons depuis que son mari l’a quittée. Elle finit par rencontrer Gabriel qui se montre doux avec elle et se projette dans l’avenir. Alors qu’ils viennent de s’installer ensemble, il lui révèle la vérité : il est toujours en relation avec une autre femme, il a acheté une maison avec elle et il envisage de laisser Lola pour retourner à ses côtés. Lola s’en relèvera-t-elle ?

*

— Maman, c’est Lola.

Dans sa voix, on sent tout le poids des derniers jours passés à espérer.

— Maman, c’est fini, on se sépare, il retourne avec l’autre. Il va vivre avec elle, il veut avoir des enfants… Maman, c’est horrible ! Pourquoi est-ce qu’il m’a fait ça ? Je l’aime ! Il dit qu’il m’aime encore mais qu’il préfère retourner avec elle. C’est insupportable, je souffre. J’ai mal, maman !

Autour de Lola, tout s’écroule, tout s’effondre, l’apocalypse est de retour, tout a un goût de fin du monde, tout est amer, tout est douleur. Jamais elle ne pourra se relever. Elle est au bord du précipice, cet abîme qu’elle connaît. Gabriel vient de l’y pousser à coups de mensonges, de promesses, d’inconscience. Lola doit tout recommencer !

Grand seigneur, il l’aide à s’installer dans un petit appartement, avec les deux garçons. Il paye la caution, histoire de racheter sa conduite déplorable sans parvenir à voir que Lola est échouée, quelque part dans une vie, prisonnière d’une existence fracassée. Elle a croisé la route d’un monstre et ce monstre s’est bien amusé.

Elle se sent détruite, salie, souillée, transparente, indésirable. Et si l’abîme l’attendait. Tout dans sa vie la ramène sans cesse à ce vide. Et si c’était sa destinée. Comment croire en des lendemains meilleurs ? Comment croire qu’un autre pourrait la désirer ? Comment ne pas devenir méfiante à l’excès ?

Gabriel portait un masque. Gabriel venait de l’ôter.

*

Quatre ans plus tard.

            — Au revoir madame, à bientôt !

            Lola sort d’un laboratoire lyonnais. Ses deux garçons sont à ses côtés. Elle s’apprête à monter dans sa voiture quand un homme l’interpelle.

            — Veuillez m’excuser madame, vous partez ? Je tourne depuis 20 minutes sans parvenir à trouver une place pour me garer.

            Lola lève les yeux et répond :

            — Oui, je m’en vais !

            L’homme, arrêté en double file, sort de son véhicule, lentement. Hésitant, il s’avance vers elle.

            — Lola ? Lola, c’est toi.

            La jeune femme s’apprête à claquer les portières arrières de son véhicule. Elle vient de vérifier que les garçons ont correctement bouclé leurs ceintures de sécurité. Elle relève la tête et dévisage l’individu.

            — Gabriel ?

            — Oui, c’est moi. Tu es ravissante ! Comment vas-tu ?

            Elle aurait pu lui répondre avec la gentillesse qui la caractérisait, mais soudain, le coup de poignard qu’il lui avait asséné le dernier soir lui revient en mémoire. Toute la souffrance passée rejaillit : toutes les années de galères quand il est parti, les fins de mois difficiles le temps de réactiver les allocations supprimées lorsqu’elle était avec lui, les week-ends seule, le concert dont ils avaient réservé les places auquel elle était allée avec une amie, toute la solitude des nuits froides dans un lit vide…

            — Parce que ça t’intéresse ? fit-elle sarcastique.

            — Bien sûr, répond-t-il sûr de lui. Je suis si heureux de te retrouver !

            Lola n’a qu’une seule envie : partir et s’éloigner de lui. Pourtant, la curiosité la pousse à lui parler :

            — Elle va bien ?

            — Qui ? demande-t-il étonné.

            — Ne fais pas l’idiot, tu m’as très bien comprise. Celle pour qui tu m’as lâchement et brutalement abandonnée avec mes fils après m’avoir juré que tu m’aimais.

            Il glisse ses mains dans ses poches et baisse la tête.

            — On est séparés.

            Lola jubile. Elle sent, du plus profond d’elle-même, une douce chaleur monter et l’envahir.

            — Ah, tu l’as plaquée elle aussi, pour une autre peut-être.

            — Non, elle m’a trompé, je suis parti et après je t’ai cherché. Je suis si heureux de te revoir ! Et toi, qu’est-ce que tu fais ?

            — Eh bien, comme tu peux le voir, je m’apprête à entrer dans ma voiture, à démarrer et à partir.

            Elle lui tourne le dos pour se glisser à l’intérieur de son véhicule. À travers les vitres, les deux garçons ont reconnu Gabriel. Même si, pour les épargner, Lola ne leur a jamais dit la vérité, ils sentent qu’ils doivent se tenir à l’écart de la partie engagée sur le trottoir.

            — Mais on vient juste de se retrouver ! Dis-moi ce que tu deviens. On pourrait peut-être aller boire quelque chose ? Je ne veux pas te perdre à nouveau. Tu m’as tant manqué Lola. Si tu savais !

            Le regard de la jeune femme, éteint pendant de longues années, se pare soudain d’une nouvelle lueur. Ses yeux semblent pétiller. Ce n’est pas une discussion entre cet homme et elle, c’est un combat qui est engagé. Elle compte bien le gagner.

            — Alors écoute-moi bien : boire quelque chose avec moi, fais-le dans tes rêves, dans ton grand lit où tu resteras probablement seul pendant de très nombreuses années. Quant au fait de me perdre, mais mon pauvre Gabriel, tu m’as définitivement perdue il y a quatre ans. C’est irrévocable. Lorsque j’étais enfant, je ne croyais pas que les monstres pouvaient exister. Grâce à toi j’y crois maintenant mais l’avantage c’est que je suis prête à les affronter.

            — Mais Lola, souviens-toi, nous parlions d’avoir un enfant tous les deux ! intervient-il éberlué.

            — Justement, regarde donc où je suis garée : « Laboratoire d’Analyses Médicales ». Je viens de découvrir mes résultats. Ils sont positifs. Je vais avoir un bébé dans environ 8 mois et pour mon plus grand bonheur, il n’est pas de toi. Mon compagnon va très bien et je vais lui annoncer la nouvelle. Ce soir, lui, les garçons et moi, nous allons fêter la nouvelle. Quant à toi Gabriel je ne sais pas ce que tu deviendras et je m’en moque totalement. Tu vois, je parle comme toi à présent car j’ai beau te regarder, tu ne m’inspires que cette phrase que tu répétais sans cesse : je ne sais pas. Eh bien moi, je sais désormais où aller, qui aimer et qui m’aime. Dans ton cas, c’est désespéré !

            — Lola, tu ne peux pas me laisser ! Donne-moi la main, nous sommes faits l’un pour l’autre, je te jure que…

            Lola s’installe au volant de sa voiture, met le contact, le regarde, lui adresse un de ses plus beaux sourire et disparaît. Gabriel reste bouche bée sur le trottoir. Il vient de recevoir le coup de grâce. Il fait demi-tour pour regagner son véhicule et se garer. Mais lorsqu’il se retourne, la place qu’il convoitait est occupée.

            Il faut toujours garder un oeil derrière soi. Quelqu’un peut vouloir prendre votre place sans que vous vous en doutiez !

***

Pensez à vous abonner au site, à consulter, dans la rubrique « Accueil », mes deux livres en vente. 

Bientôt, je vous annoncerai : 1) la date de sortie de mon thriller policier ;

                                                     2) les dates du prochain salon littéraire auquel je vais participer ;

                                                     3) le résumé d’un film qui m’a passionnée, en dépit des critiques ;

                                                   4) le début d’une nouvelle histoire à suspense, qui s’inscrira davantage que « Donne-moi la main » dans la veine de ce que j’écris d’habitude : mystère, suspense et fin surprenante. 

MERCI POUR VOTRE FIDELITE

AUDREY DEGAL

 


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DONNE-MOI LA MAIN, 3e partie

Donne-moi la main, 3ème partie

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Résumé des épisodes précédents : Lola vit seule avec ses deux garçons depuis que son mari l’a quittée. Elle vient enfin de rencontrer un homme et nourrit des espoirs d’avenir avec lui. Il semble parfait. Est-il ce vraiment ce qu’il paraît être ?

Je suis désolée d’avoir mis tant de temps à publier cette suite mais la grippe m’a bien éprouvée. J’espère que de votre côté, lectrices et lecteurs, vous êtes en pleine santé.

*

            Deux mois ont passé. C’est vrai que l’argent n’est pas un problème. Il partage tout avec Lola qui doit se l’avouer : ils s’entendent vraiment bien. Il est sérieux, prévenant, gentil avec les enfants. Il les conduit à l’école quand il le peut, ils partent tous les quatre en week-end ensemble… La vie est belle ! Le soleil brille à nouveau. C’est si bon d’être à nouveau deux. Gabriel. Ce prénom résonne agréablement aux oreilles de Lola. Quand elle le prononce, il a une certaine saveur, celle des lendemains heureux.

            Lola vit toujours dans la maison qu’elle occupait avec son mari. Gabriel en a louée une six mois plus tôt, quand lui aussi s’est séparé. Ils passent des soirées chez l’un, ou chez l’autre. C’est si bon d’avoir quelqu’un à ses côtés. Et puis il le lui a dit : Je t’aime !

            Lola est heureuse. Elle rayonne. Fini de glisser, de tomber. Elle vit et il lui propose de vivre avec lui. Il faut réfléchir. C’est une décision importante. Qu’importe, il l’attendra !

Les vacances approchent et comme le temps a passé ils sont allés voir leurs parents respectifs. Ceux de Gabriel sont divorcés et Lola ne rencontre que la mère. La mère et son chat. Drôle de duo ! Elle est un peu bizarre, hypocondriaque en fait. C’est curieux, avec un fils médecin, d’autant plus qu’elle est dermatologue. Comme quoi l’inquiétude face à la santé n’épargne personne.

— Tu as enfin trouvé quelqu’un qui t’aime, dit la mère de Gabriel.

La remarque est étrange mais Lola aime Gabriel et cela se voit. Il se rendent dans les Alpes. Là, il la présente à ses amis. Eux aussi sont heureux de rencontrer celle pour qui le cœur du médecin s’enflamme. Ils l’apprécient aussitôt et trouvent qu’il a de la chance. Ils la comparent à la précédente et la trouvent mieux : plus gentille, plus attentionnée, plus stable. C’est bon signe !

Au retour de cette escapade, tous deux sont plus liés que jamais. Ils commencent alors à faire des projets. Le premier vient de lui.

— Je vais donner la dédite de mon appartement et m’installer avec toi.

Les yeux de Lola brillent. Elle accepte. Ils seront bien chez elle avec les enfants et puis outre le fait que ce sera plus simple, ils feront des économies.

Deux mois plus tard, avec l’aide des parents de la jeune femme, c’est le déménagement. Lola a fait de la place dans le garage pour caser ses meubles à lui, en attendant.

— En attendant quoi ? lui demande-t-elle.

— Tu as vécu ici avec ton ex. C’est notre chez nous provisoire. Nous allons nous trouver une location en attendant d’acheter une maison à nous. Et puis j’ai 37 ans. Un enfant de toit, après, ça me tente tu sais.

Une maison à elle, à eux ! Lola en a toujours rêvé mais cela ne s’est jamais concrétisé. Et voilà que lui y pense déjà. Un enfant, ce serait merveilleux  !Il est parfait ! C’est aussi l’impression qu’ont ses parents à qui elle l’a présenté.

— Il est gentil, doux, affectueux, il semble aimer notre fille.

— Et il a un bon métier, ajoute le père. C’est important. Manque d’argent, manque d’amour, c’est bien connu. Quelque chose semble te chagriner.

La mère de Lola semble effectivement perplexe.

— Je ne sais pas. Tout est trop beau, tout est allé vite et puis il est trop gentil, trop attentionné, trop un peu tout. Je lui cherche un défaut mais je n’en trouve pas.

— Il est peut-être parfait !

— La perfection en ce monde n’existe pas. Mais je m’inquiète peut-être à tort, ils ont l’air plutôt bien dans la maison qu’ils louent, les enfants aussi.

Un mois plus tard, Lola invite ses parents à se joindre à des collègues de travail, histoire de passer une belle journée au bord de la piscine. Gabriel s’occupe du barbecue et de ses invités. Lola l’aide et fait circuler les plats qu’ils ont préparé. Ambiance décontractée.

Dans la maison, des cartons de l’emménagement sont encore empilés et il y a du tri à faire. Comme ils ont beaucoup de matériel en double, il faudra se débarrasser d’un peu de vaisselle et de mobilier. Gabriel, qui n’est par du tout bricoleur, a quand même monté des armoires pour ranger le linge des enfants. Lola a apprécié.

Il est trois heures de l’après-midi quand la mère de Lola quitte la table et entre dans la maison. Elle a envie de s’isoler avant d’enfiler son maillot de bain pour aller se rafraîchir dans la piscine. Elle franchit le seuil et là, à la porte de la cuisine, elle trouve Lola en larmes.

— Mais que t’arrive-t-il, demande-t-elle inquiète.

— Rien !

La réponse est classique. Il est difficile de se confier. Mais finalement, à force d’insister, la mère parvient à lui faire exprimer la raison de son mal-être.

— J’ai peur, dit-elle.

— Peur de quoi ?

— Peur qu’il me quitte. Je ne m’en remettrai pas !

— Alors, fais tout pour le garder !

— Mais il y a autre chose !

— Quoi ? demande la mère.

— Il m’a appris qu’il n’avait pas rompu le PACS avec celle qu’il a quitté il y a quelques mois, qu’ils avaient acheté une maison ensemble, qu’elle n’est pas vendue et qu’il va entretenir régulièrement la propriété.

La nouvelle tombe comme un couperet. Ce que la mère de Lola craint est là : ce gars n’est pas parfait. Il cachait bien quelque chose. Elle se souvient de discussion qu’elle a eu avec lui, quand elle lui a demandé ce qu’il pensait de ceci, comment il envisageait cela. Sa réponse était souvent la même : un haussement d’épaules suivi de :

— Je ne sais pas !

Sa fâcheuse tendance à ne jamais se positionner lui revient tout à coup à l’esprit, comme celle de repousser au lendemain les choses, de n’avoir aucune opinion précise sur certains sujets. Ce gars, apparemment bien sous tous rapport, est en fait inconsistant, quelqu’un incapable de s’engager, un homme qui hésite en permanence. Elle voudrait que le temps lui donne tort, hélas, quinze jours plus tard, Lola en pleurs l’appelle :

— Maman, je crois qu’entre Gabriel et moi c’est fini !

— Mais ce n’est pas possible, vous avez emménagé ensemble il y a à peine un mois. Qu’est-ce qui te permet de dire ça ? demande la mère.

— Il dit qu’il m’aime mais qu’il ne sait plus où il en est, qu’il n’a pas ses repères dans cette nouvelle maison, qu’il est perdu dans ses idées.

— C’est normal, il faut du temps pour s’habituer à une nouvelle demeure, comme à tout changement de situation.

— Oui, mais il dit qu’il ne sait plus s’il veut rester avec moi ou s’il doit retourner avec elle, l’autre qu’il a quittée !

La mère croit défaillir. Lola a quitté son logement il y a à peine un mois et voilà qu’il lui faudrait tout recommencer. La situation, ubuesque, lui paraît impossible.

— Il veut réfléchir, continue Lola.

— Qu’il le fasse vite alors ! Tu ne vas pas rester là à attendre que monsieur ait décidé.

Pendant les jours qui suivent, Lola ne cesse de pleurer. Elle choisit de vivre momentanément chez ses parents avec ses deux fils. Rester dans cette maison, louée avec lui, est une torture. Chaque pièce, chaque meuble lui rappelle les bons moments qu’ils ont passé entre ces murs, moments éphémères.

Elle attend. Il l’appelle, la rassure parfois. Elle espère alors, certaine qu’il la choisira elle. L’autre, il l’a déjà quittée une fois. Elle le faisait souffrir et l’avait trompé, considérant que dans un couple, chacun doit être libre.

— Ne t’en fais pas Lola, il ne peut pas retourner avec elle ou alors il est fou ! Elle l’a déjà trompé une fois, elle recommencera. En plus elle ne l’aimait pas. À ce que tu dis et il ne supportait pas ses deux filles. Seul un malade retournerait entre les bras de cette prédatrice.

Lola acquiesce. Elle sait tout cela, mais l’attente est une plaie ouverte. Ses yeux bleus se baignent en permanence dans d’innombrables larmes comme une rivière que l’on ne peut assécher. Elle croit revivre le moment où son mari l’a quittée. Ce gouffre de l’existence, elle le connaît, elle y est déjà tombée. Elle glisse, elle essaye de s’accrocher mais les parois sont lisses et la chute, lente, ne peut être freinée. Elle regarde vers le haut et croit voir de la lumière. Tout n’est pas perdu. Il n’a pas encore choisi. Elle doit espérer. Elle repense aux paroles de la mère de Gabriel « Enfin quelqu’un qui t’aime ! ». Cela signifie que sa rivale ne l’a jamais aimé. Il va s’en apercevoir, il va comprendre, il va tirer un trait sur ce passé, une fois pour toutes ! Il rompra le PACS, vendra la maison et l’oubliera. C’est ce qu’il a de mieux à faire !

Il est tard, Lola est avec Gabriel, dans la maison. Ils doivent parler ! Il a réfléchi, pesé le pour et le contre. Le téléphone sonne.

Vous pourrez lire la fin de ce récit la semaine prochaine. En attendant abonnez-vous en quelques clics et n’hésitez pas à vous plonger dans mes deux livres déjà publiés disponibles ici, https://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&url=search-alias%3Daps&field-keywords=audrey+degal ou sur internet ou dans n’importe quelle librairie, même à l’étranger. 

Mon 3e roman,« La Muraille des âmes », un thriller policier de 400 pages sort en février 2017. En avant première, je vous dévoilerai la couverture, je vous ferai parvenir un résumé et les premières pages. Pour bénéficier de cela il faut être abonné au site. C’est gratuit ! Allez-y. 

Audrey Degal.

 


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BONNE ANNEE 2017 !

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Je vous présente à toutes et à tous mes voeux les plus sincères d’une bonne année 2017. Qu’elle vous apporte le bonheur dans votre vie, la santé si primordiale, la réalisation de vos projets… Bref qu’elle soit meilleure que toutes les autres années que vous avez vécues jusqu’ici. 

J’espère que vous ne m’en voudrez pas de ne pas avoir encore publié la suite de « Donne-moi la main », mais, vous savez ce que c’est, les fêtes nous accaparent toujours trop et nous laissent peu de temps disponible. Pourtant je travaille tant à la finalisation de mon roman « La Muraille des âmes » (cela me prend plus de temps que prévu mais je vous garantis qu’il sera dense en suspense et qu’il sortira d’ici peu) qu’aux prochaines histoires que je mettrai en ligne pour vous. 

Je tiens aussi à vous remercier pour l’enthousiasme que vous manifestez sur ce site de lecture. Merci pour vos 40743 pages lues et de vous compter parmi  mes 500 abonnés dont la fidélité me porte, me ravit et me pousse à écrire toujours plus. 

Seuls les lecteurs font les auteurs alors encore une fois merci et BONNE ANNEE 2017.

Audrey Degal.


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JOYEUX NOËL A TOUS !

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J’écris des histoires pour vous mais je désire aussi entretenir un lien privilégié avec TOUS mes lecteurs où qu’ils soient  et je sais que vous me lisez partout dans le monde.

Je veux donc, à travers cet article, vous souhaiter un JOYEUX NOËL à toutes et à tous et vous remercier pour ces deux ans de lecture que nous partageons.

Très chaleureusement,

Audrey Degal.


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PREMIER CONTACT

PREMIER CONTACT

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Tout d’abord chers lecteurs et chères lectrices je n’oublie pas que vous attendez la suite de l’histoire « Donne-moi la main ». Elle va arriver. Mais avant, je me devais de vous parler de ce film PREMIER CONTACT que je viens de voir au cinéma.

Voilà je sors à peine du cinéma et j’allume mon ordinateur pour vous en parler. C’est dire si j’ai été impressionnée. Je l’ai adoré ! Et je n’étais pas la seule si je me fie aux commentaires de ceux avec lesquels je quittais la salle.

Tout d’abord, l’affiche me semble mal choisie car on a plutôt l’impression, puisque c’est un film de science fiction, que l’aventure se passe dans l’espace. Or ce n’est pas le cas. L’action se déroule sur Terre où des engins extraterrestres, que je ne vous décrirai pas pour vous laisser le plaisir d’en découvrir l’originalité, viennent de se poser… ou presque. C’est la panique !

Les unités tactiques des gouvernements contactent alors une spécialiste en langues afin de tenter de comprendre le message que ces êtres venus d’ailleurs semblent vouloir faire passer. Elles joignent aussi un scientifique avec lequel elle devra collaborer. Leur mission est extrêmement complexe et les fenêtres de contact avec ces êtres sont limitées. En d’autres points du globe terrestre d’autres analyses sont menées en parallèle mais certains états dont la Chine se sentent progressivement menacés tandis que les Etats-Unis trouvent que les spécialistes qu’elle a missionnés n’avancent pas assez vite même si la femme linguiste progresse.

Les images de l’intérieur des engins sont originales tout comme l’atmosphère qui y règne. L’idée de la langue dans laquelle les heptapodes (êtres extraterrestres) s’expriment est très intéressante et le spectateur cherche lui-même à comprendre.

Je ne peux pas vous en révéler davantage car ce serait vous révéler l’ingéniosité de la construction du film. PREMIER CONTACT est un film mystérieux, prenant du début à la fin. Un calme remarquable règne dans la salle car tout le monde est captivé, happé par l’écran et par le suspense. De plus, la musique (que je ne connais pas) est particulièrement agréable et parfaitement adaptée aux scènes, aux images, au film. On quitte la salle avec l’impression d’un excellent livre que  l’on vient de finir et que l’on regrette déjà. On flotte car on repense indubitablement à ce que l’on vient de voir car, cerise sur le gâteau -et quelle cerise !- la fin est DIVINE, BELLE, ORIGINALE, INATTENDUE, SUBLIME. Si ce film existe en livre, je cours l’acheter !

PREMIER CONTACT est donc un film que je vous recommande. PREMIER CONTACT, c’est du grand art, de quoi vous réconcilier avec le cinéma si vous étiez fâchés. Allez le voir, allez le savourer !

Comme promis, je ne tarde pas à publier la suite de « Donne-moi la main », je vous recommande bien entendu de vous procurer mes deux livres, LE LIEN et DESTINATIONS ETRANGES en cliquant notamment ici : http://www.decitre.fr/rechercher/result?q=audrey+degal ou en vous rendant dans n’importe quelle librairie. Ce sont de supers cadeaux pour Noël ou pour  le 1er de l’an. 

Bonnes fêtes à toutes et à tous, 

AUDREY DEGAL


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DONNE-MOI LA MAIN, 2ème partie

Donne-moi la main, 2ème partie

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Résumé de l’épisode précédent : Lola voit sa vie chavirer quand son mari la quitte. Elle lutte pour remonter la pente, elle se sent seule, elle souffre. Elle espère refaire sa vie et pour cela elle se dit qu’elle finira bien, elle aussi, par trouver celui qui l’attend. Viendra-t-il ? Ange ou démon ?

*

         Qu’importaient leurs prénoms : Serge, Jean, Gabriel… derrière eux se cachaient des hommes, des amants, des aventures mais pour Lola impossible d’envisager la vie avec l’un d’eux. Ils étaient trop ceci, pas assez cela. On ne s’invente pas une vie à deux.

            Il y avait eu Jim, plus sérieux que les précédents. Il avait envie de bâtir un avenir. L’espoir ! La sortie de ce tunnel trop obscur dans lequel elle avançait à tâtons. Peut-être ! Un mois, deux, quatre… Puis la désillusion. Que construire avec lui ? Il était trop terre à terre, trop à côté de ce qu’elle attendait de la vie. Il était parti, lui aussi. Tant mieux !

            Tant mieux ! Facile à dire, difficile à vivre.

            Lola replongea. Où ? Nulle part ! Tomber, descendre, tenter de se retenir à tout mais il n’y avait pas grand-chose autour d’elle. Et cette impression de glisser sans fin, sans but, sans arrêt, sans personne et toute la signification de ce mot de quatre petites lettres : « sans ». Elle se sentait s’éloigner d’une rive, seule, tandis que les autres regardaient le bateau disparaître sans s’inquiéter de savoir s’il risquait ou non de sombrer. Elle était à bord, incapable de le diriger vers la côte pourtant si proche. Si proche mais inatteignable !

            Comment en suis-je arrivée là ?

            Éternelle question mais la réponse ne tant désirée restait hors de portée. Attendre, espérer, encore et encore, encore et toujours. Elle aussi aurait sa chance un jour ! Un jour elle aussi aurait droit au bonheur et ne se contenterait pas de regarder les autres le vivre. Un jour elle rencontrerait quelqu’un qui l’aimerait à nouveau, avec qui elle partirait en vacances, avec qui elle rirait, avec qui elle passerait ses nuits, quelqu’un qui la consolerait. Quelqu’un, tout simplement. Et cette roue qui tournait mais sans elle. Elle n’en pouvait plus d’attendre et, alors qu’elle n’y croyait plus, enfin, il arriva. Il n’avait pas de cheval blanc, pas de château mais elle n’était pas une princesse. Elle voulait juste vivre une histoire d’amour.

            Elle ne savait rien de lui. Elle l’avait connu sur la toile mais il n’y avait pas exposé son visage. Était-ce de la pudeur ? Était-ce de la modestie ? Il préférait rester cacher à l’époque où tant d’autres déballent leur vie entière à la vue et au su de tous.

           Lola le repoussa dans un premier temps. Son profil l’attirait mais elle ne voulait pas d’un homme qui avançait masqué. Lui la voyait. Elle était belle, pétillante, elle le captivait. Il n’avait aucun doute : elle représentait celle qu’il cherchait. Il le lui écrivait. Lola refoula tout d’abord ses messages. Ne jamais répondre à quelqu’un qui n’affichait pas sa photo ! C’était une règle qu’elle s’était fixée, règle à laquelle elle allait déroger devant son insistance.

           Un message, deux, trois… Comment lutter devant tant d’empressement qui lui disait que quelqu’un l’attendait, que quelqu’un l’espérait. Elle résista. Ne pas céder ! Puis ce fut il lui proposa un rendez-vous, pour la convaincre. Elle s’y rendrait si elle voulait. Elle pourrait l’observer, de loin et décider de ce qu’elle ferait. Et si finalement ils étaient destinés l’un à l’autre ? Elle devait en avoir le cœur net, ce cœur à moitié amputé. Elle irait, le jour J, là où il suggérait de le rencontrer. Il s’y trouverait. Le reste dépendait d’elle.

            Une place, un homme seul qui attend, qui guette, qui semble chercher des yeux, hésite… Il correspondait exactement à la description qu’il lui avait faite. Il n’avait donc pas menti. Il était là, il l’attendait. Il était grand, mince, vêtu de façon assez sobre mais décontractée. Elle l’observa. J’ose, je n’ose pas !

            Un instant, elle voulut repartir, s’enfuir, quitter les lieux. Elle ne voulait plus souffrir. Elle n’en aurait plus la force. À quoi bon ! Comme un chômeur croit qu’il ne retrouvera jamais du travail, qu’il n’est plus à la hauteur, Lola était convaincue qu’aimer ou être aimée ce n’était pas pour elle. Elle faillit tourner les talons quand elle croisa un couple tendrement enlacé. Et si elle laissait passer sa chance, l’unique chance d’être peut-être elle aussi heureuse ? Après tout… Allez !

            Elle sortit de son recoin, traversa la place déserte et s’avança vers lui, cet homme brun qui aussitôt la reconnut. Lola faillit défaillir. Elle ne pouvait plus renoncer. Il affichait un beau sourire et lorsqu’elle fut assez prêt de lui, il lui tendit une fleur qu’il tenait à la main et qu’il lui offrit. Elle l’avait pourtant observé de loin mais elle ne l’avait pas remarquée. Il avait dû la  cacher dans son dos. Elle l’accepta, s’imprégna de son parfum et le remercia pour cette attention. Il avait ce sourire irrésistible des promesses du lendemain, cette douceur dans sa voix.  Elle n’en avait pas l’habitude. Elle fut séduite par tout cela. Elle se sentit revivre. Elle revenait dans le monde des vivants ! Il était là, devant elle, lui confiant la joie de la voir enfin. La roue avait tournée mais cette fois, Lola était montée en marche.

*

            Un restaurant sympathique, histoire de se découvrir l’un l’autre. Il confirme ce qu’elle sait déjà : il est médecin, il travaille en milieu hospitalier, ses parents sont divorcés, il a un frère à qui il la présentera plus tard, il y tient particulièrement, car il en est certain : il se sent bien avec elle. Il vit seul à quelques kilomètres à peine de chez elle. La vie est étrange : pourquoi est-ce qu’elle ne l’a jamais croisée avant ? Lola est vendeuse dans une boutique spécialisée dans les produits biologiques et lui aime tout ce qui est naturel. C’est parfait !  Ils ont ceci en commun mais aussitôt elle s’inquiète : il a un bon salaire, pas elle. Elle hésite. Elle ne pourra jamais suivre son train de vie. Elle lui en parle, il la rassure. Décidément il est prêt à tout pour la garder près de lui.

            Oui, c’est un homme qui est vraiment prêt à tout ! À tout !

A suivre…

La suite paraîtra très vite mais pour être certain de ne pas la manquer, abonnez-vous à mon site. C’est totalement gratuit !

Et si vous êtes en manque d’inspiration pour les fêtes, pensez à offrir un de mes livres. Un livre, cela fait toujours plaisir. 

DESTINATION ETRANGES est disponible ici http://www.decitre.fr/livres/destinations-etranges-9782322034383.htmlen livre papier mais vous le trouverez aussi chez Amazon  en format kindle à 5,49 euros.

LE LIEN est disponible en  cliquant ICI (Decitre, livre papier) ou chez Amazon, fnac…  en format kindle à 5,49 euros.

Merci et à bientôt pour de nouvelles histoires. 

Audrey Degal

 


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DONNE-MOI LA MAIN !

Donne-moi la main !

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         Voici un récit très différent de ce que j’écris d’habitude. Il n’en sera pas moins étonnant à la fin. Vous pourrez lire ci-dessous la 1ère partie. La suite suivra très rapidement. 

          Je profite aussi de cette publication pour vous remercier, lecteurs fidèles, qui contribuez aussi au succès de mes livres déjà disponibles. Sachez enfin que si actuellement j’alimente moins souvent ce site, c’est parce que mon prochain roman, « La Muraille des âmes » thriller policier, engloutit tout mon temps. La phase de relecture des 400 pages prend beaucoup de temps et je veux que ce livre, mon troisième soit « parfait », pour votre plus grand plaisir je l’espère. Patience donc, je l’améliore, je le relis… pour VOUS  !

*

         C’était comme si elle avait raté la première marche ! Lola s’était sentie déséquilibrée. Autour d’elle, tout se mit à vaciller. La chute était inévitable et toute tentative de s’agripper vaine. Le gouffre l’attendait !

            Elle revit – il paraît que c’est souvent le cas en ces moments-là – sa vie défiler, vite, trop vite. Un tourbillon. Que s’était-il passé pendant toutes ces années réduites à quelques secondes dans sa tête ? Son corps lourd était irrémédiablement entraîné vers l’abîme, vers le noir, vers le néant. Elle commençait à ressentir une douleur, comme un élancement dans la poitrine qui lui disait : « C’est la fin ! ». Elle avait mal, horriblement mal. Elle tombait, certaine qu’à l’arrivée elle serait en morceaux. Toutes ces parties éparses d’elle-même seraient à reconstituer. Ce ne serait pas simple. Il y en aurait de partout, à des mètres à la ronde tant elle était tombée de très haut. Encore un instant… la fin approchait… 5…4…3…2…1…

            — Lola, c’est fini. Je te quitte !

            Et il était parti, et elle s’était cassée, poupée meurtrie qui peinait à sourire désormais.

*

            Lola regardait sa montre. Elle indiquait 15h30. Elle l’avait déjà consultée 5 minutes avant mais chaque instant lui paraissait si long depuis quelques temps. Le plus souvent, une minute correspondait à une heure. C’était un combat perdu d’avance : on ne tue pas le temps !

            Heureusement, il ne pleuvait pas mais il faisait froid. Froid, pour un mois d’avril mais surtout froid dans son cœur. Elle sentait un mal y progresser insidieusement, qu’elle ne pouvait chasser. L’ennemi était en elle qui portait un nom pourtant simple : solitude. Il faut te secouer ! pensa-t-elle à défaut de trouver mieux. C’était ce que tout le monde lui répétait en boucle comme si c’était simple, comme si cela allait résoudre tous ses problèmes, comme des mots magiques susceptibles de mettre fin à la douleur. Elle remonta son col fourré, ferma la pression juste sous son joli menton et glissa les mains dans ses poches. Debout, les chevilles croisées pour mieux se refermer sur elle, comme une huître qui contient une perle bien dissimulée, elle se donnait une attitude. Il y avait bien un joyau en elle mais elle était si perdue, si étrangère à tout ce qui l’entourait qu’elle ne le voyait plus briller, croyant que son éclat s’était éteint en elle. Elle se trompait !

            Dring ! Dring ! Une sonnerie. La sortie de l’école primaire. Ses deux enfants arriveraient dans un instant et lui diraient :

            — Ҫa va maman ?

            Elle répondrait que oui, avec un sourire, par habitude. Mais elle pensait tout le contraire. Elle avait d’ailleurs fait la même réponse aux autres parents qui inlassablement lui posaient la même question :

            — Comment ça va Lola, aujourd’hui ?

            — Bien, bien ! disait-elle sans aucune conviction.

            Pas du tout en fait, pensait-elle. Que répondre d’autre sans s’apitoyer sur elle-même, sans avoir à s’étendre sur sa situation ?

            Et elle rentrait avec ses deux petits bonhommes qui lui donnaient tant de baume au cœur, à ce cœur en perdition. Elle puisait en eux la force de résister.

*

            Andrew, celui qu’elle avait épousé voilà 10 ans, était parti. Version officielle : cela n’allait plus entre eux. Autre version : il y avait tant de scénarios possibles entre l’habitude, la routine, les difficultés quotidiennes, le poids de la vie de famille… Passons !

            Lola était forte. Avait-elle le choix de ne pas l’être ? Entre abattement et espoir, entre déchirement et confiance en l’avenir, entre larmes et rires, elle se battait. Elle remonterait la pente, même si elle était tombée de haut, même si l’ascension lui semblait vertigineuse. C’était tout un rythme à retrouver, toute une vie à reconstruire, tout un univers à repenser. La roue tournerait. La roue tourne toujours. Il suffisait d’attendre et de croire que tout pouvait changer même si parfois les roues donnent le tournis.

            Et puis un jour, il y avait eu les autres, ceux qui pourraient peut-être l’aider à rassembler ses morceaux, ceux qui pouvaient combler ce vide qui la faisait trop souffrir. Ceux qui aussi parfois ne sont pas nécessairement ce qu’ils paraissent. Le diable est protéiforme !

La suite de cette histoire ne tardera pas ! Pensez à vous abonner pour ne pas la manquer.

Vous pouvez vous procurez mes livres (cliquez dans ACCUEIL), tout y est. Que vous résidiez en France ou à l’étranger, tous mes titres sont disponibles. 

Bonne lecture !

Audrey DEGAL.


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OBTENIR UNE DEDICACE PERSONNALISEE

OBTENIR UNE DEDICACE

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Vous avez acheté un ou plusieurs de mes livres !

Vous comptez en acheter pour offrir !

Je vous en remercie et je vous propose d’obtenir une dédicace personnalisée. 

J’ai pensé à toutes celles et tous ceux qui ne peuvent pas venir me rencontrer lors des salons du livre.

Comment procéder ?  Cliquez ci-dessous.

https://deshistoirespourvous.com/obtenir-une-dedicace/

Remplissez le formulaire de la manière suivante :

  • Complétez les cases obligatoires (Nom, adresse email) ;
  • Dans la partie commentaire :

1) répondez obligatoirement à la question correspondant au livre acheté  (ni votre commentaire ni votre adresse n’apparaîtront sur le site)

2)  indiquez le nom et/ou le prénom de la personne concernée par la dédicace et, éventuellement, les précisions que vous souhaitez voir apparaître, qui me permettront de la personnaliser ;

  • Très rapidement vous recevrez par courriel votre dédicace personnalisée que vous pourrez imprimer et joindre au livre.

Les questions : 

  • Vous avez acheté le livre LE LIEN : QUEL EST LE PREMIER MOT DE LA PAGE 106 ?                                                                         
  • Vous avez acheté le livre DESTINATIONS ETRANGES : QUEL EST LE DERNIER MOT DE LA PAGE 127 ?

Comme vous le voyez c’est extrêmement facile. Il suffit d’avoir le livre concerné entre les mains.

A très bientôt donc pour une dédicace et bien sûr pour de nouvelles histoires !

Audrey Degal


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A SAVOURER SANS MODERATION !

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Aujourd’hui, chers lecteurs, j’ai choisi de vous faire goûter un délice et je me mets exceptionnellement en retrait en tant qu’auteure. En effet, je me dois de vous faire profiter de quelques bonheurs de la langue française ou de la littérature et c’est sur Jean D’Ormesson et cette perle que mon choix s’est porté. 

Bien entendu, je reviens très prochainement auprès de vous pour vous proposer de nouvelles histoires (dans une registre un peu différent, pour mieux vous étonner) mais je suis très prise par la sortie imminente de mon 3ième roman, actuellement en phase de correction avant édition. Il s’appellera finalement La Muraille des âmes. Un thriller policier de plus de 350 pages pour vous que vous reteniez votre souffle jusqu’au dernier moment.  

Si vous souffrez d’un manque de lecture, vous pouvez, en attendant vous procurer mes deux précédents livres disponibles partout (Fnac, Amazon, librairies… livre papier ou ebook) ou en cliquant  sur l’un des deux liens ci-dessous :

http://www.decitre.fr/livres/destinations-etranges-9782322034383.htmlen

OU

cliquant ICI

Bonne lecture !

AUDREY DEGAL

Que vous soyez fier comme un coq,

Fort comme un boeuf,

Têtu comme un âne,

Malin comme un singe ou simplement un chaud lapin,

Vous êtes tous, un jour ou l’autre,

Devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.

Vous arrivez à votre premier rendez-vous

Fier comme un paon

Et frais comme un gardon

Et là, … pas un chat !

Vous faites le pied de grue,

Vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin.

Il y a anguille sous roche

Et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard,

La tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon,

Vous l’a certifié : cette poule a du chien, une vraie panthère !

C’est sûr, vous serez un crapaud mort d’amour.

Mais tout de même, elle vous traite comme un chien.

Vous êtes prêt à gueuler comme un putois

Quand finalement la fine Mouche arrive.

Bon, vous vous dites que dix minutes de retard,

Il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard.

Sauf que la fameuse souris,

Malgré son cou de cygne et sa crinière de lion

Est en fait aussi plate qu’une limande,

Myope comme une taupe,

Elle souffle comme un phoque

Et rit comme une baleine.

Une vraie peau de vache, quoi !

Et vous, vous êtes fait comme un rat.

Vous roulez des yeux de merlan frit,

Vous êtes rouge comme une écrevisse,

Mais vous restez muet comme une carpe.

Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez,

Mais vous sautez du coq à l’âne

Et finissez par noyer le poisson.

Vous avez le cafard,

L’envie vous prend de pleurer comme un veau

Ou de verser des larmes de crocodile, c’est selon.

Vous finissez par prendre le taureau par les cornes

Et vous inventer une fièvre de cheval

Qui vous permet de filer comme un lièvre.

Ce n’est pas que vous êtes une poule mouillée,

Vous ne voulez pas être le dindon de la farce.

Vous avez beau être doux comme un agneau

Sous vos airs d’ours mal léché,

Il ne faut pas vous prendre pour un pigeon

Car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.

Et puis, ça aurait servi à quoi

De se regarder comme des chiens de faïence.

Après tout, revenons à nos moutons :

Vous avez maintenant une faim de loup,

L’envie de dormir comme un Loir

Et surtout vous avez d’autres chats à fouetter.

Texte de Jean d’Ormesson

 


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Audrey Degal, auteure de Thriller, invitée chez DECITRE

La librairie DECITRE du centre commercial de Saint-Genis-Laval (69230) m’invite pour la 3ème fois à une séance « Entretien et dédicace » de mes deux livres déjà publiés :

LE LIEN

et

DESTINATIONS ÉTRANGES

J’aurai le plaisir, dans un premier temps, de vous révéler comment me sont venues les idées de ces livres, comment j’écris, ce qui m’inspire… Puis, ce sera le moment privilégié des dédicaces.

Mes livres ont déjà séduit de nombreux lecteurs, lesquels attendent la sortie de mon 3ème roman, un thriller policier intitulé

LA MURAILLE AUX DEUX VISAGES 

dont la sortie est prévue pour Noël. (Deux autres romans, déjà bien avancés, arrivent derrière).

Aussi, je vous invite à me rencontrer, à découvrir mes romans que je me ferai une joie de vous dédicacer personnellement.

Venez nombreux à cet événement :

samedi 15 octobre 2016 de 16H à 18H

 

Librairie DECITRE de Saint-Genis  2 (Rhône) (centre commercial Basses Barolles)

Je vous attends !

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Audrey Degal

Et très bientôt, sur mon site, la fin de l’histoire « L’Envers du décor » !


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L’ENVERS DU DECOR, 1ère partie.

L’ENVERS DU DECOR, 1ère partie

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            Dissimulée derrière le mur de sa chambre, Marie Rose observait chaque mouvement de cet homme, cet intrus. Il était là, assis à quelques mètres d’elle, à fouiller dans les tiroirs, à consulter des dossiers, à regarder des photos, à s’imprégner de sa vie à elle… Ses tiroirs à elle, ses dossiers personnels à elle, les photos de son passé, tout y passait. Que cherchait-il ? Pourquoi ? Comment était-il entré chez elle ?

            Il n’avait pas bougé depuis une heure et, sous le faisceau de la lampe qu’il avait éclairée puis orientée pour la diriger vers une zone limitée, il examinait tout ce qui lui paraissait intéressant. Mais que pouvait-il bien vouloir ? Pour elle, c’était une irruption dans sa vie privée, une violation de son intimité. Que faire ? Devait-elle lui dire de s’en aller ? Devait-elle le chasser ? Oserait-elle avancer vers lui pour lui parler ?

        Quand elle était dans sa chambre, elle se regardait par intermittences dans le miroir qui semblait lui dire qu’elle n’était pas assez forte pour lutter. Elle mesurait à peine un mètre cinquante-huit mais ce petit bout de femme désormais âgé de quatre vingt-deux ans avait été une créature terriblement belle. Si les rides qui creusaient désormais son visage avaient progressivement atténué l’éclat et la pétillance de son regard bleu, jamais elles n’avaient évincé sa beauté. Personne ne s’y trompait : elle avait été ravissante et bien des cœurs avaient dû se briser sur les récifs de l’amour qu’elle avait voulu ou non leur porter.

            Tenant fermement le chambranle de la porte comme s’il pouvait la protéger, c’était à peine si elle osait respirer. Elle ne craignait pourtant pas d’être débusquée puisqu’elle savait pertinemment qu’il la voyait. Il était dans sa maison à elle, ce parfait étranger, il s’y déplaçait, faisait ce qu’il voulait et à cet instant-là, il était dans son fauteuil personnel à s’imprégner de la vie de son hôtesse forcée.

            Par moments, il lui jetait un regard, en biais. Parfois, il lui adressait un sourire, narquois. Mais il continuait ce qu’il entreprenait, ne redoutant jamais l’intervention de Marie Rose qui l’épiait comme si c’était elle qui profanait l’espace privé de cet homme.

            – Il est chez moi ! se répétait-elle comme pour s’en convaincre. Il doit avoir une clé sinon comment ferait-il pour entrer sans faire de bruit !

            Comme à chaque fois qu’elle le découvrait, il s’était glissé dans sa maison en silence, sans effraction et sans porter atteinte à la paix du foyer. Cela faisait déjà deux mois qu’il naviguait dans sa demeure à elle, deux mois qu’il se l’appropriait sans vraiment y habiter. Certes il s’installait parfois dans le bureau, parfois dans la cuisine, d’autres fois au grenier où elle l’entendait marcher. Peut-être faisait-il les cents pas dans cette pièce du second étage de la maison ! Dans quel but ?

            Dans une autre pièce, le mari de Marie Rose, Sigi, dormait, paisiblement. Rien ne l’avait alerté. Il n’avait jamais croisé l’intrus et n’en soupçonnait même pas l’existence. Même si elle avait repéré le manège de l’individu depuis le début, Marie Rose n’en avait jamais parlé. Et si on la croyait folle ! Elle avait choisi de l’observer et de se taire jusqu’à ce jour où il avait voulu la chasser !

*

            Contre toute attente, il s’était adressé à elle, il lui avait parlé :

            – Tu dois partir Marie Rose. Ici c’est chez moi désormais. Tu ne peux pas rester !

            Jamais, auparavant il ne l’avait interpellée. Il était loin d’elle, il faisait nuit, il était trois heures du matin et Sigi dormait. L’intrus était dans le bureau, encore une fois, et il avait allumé l’ordinateur. Comme à l’accoutumée, elle l’avait entendu et s’était levée. Elle dormait souvent mal. Elle avait entrebâillé la porte et l’avait espionné. Mais il s’était adressé à elle, la tutoyant de façon effrontée.

            Sous l’emprise de la panique, elle s’était mise à suffoquer avait fait demi-tour puis avait refermé sa chambre et dans son lit, sous les draps avait tenté d’oublier qu’il lui avait parlé.

            – Et s’il est encore là au petit jour ! pensa-t-elle. Que devrai-je faire ?

            Cette nuit-là, elle prit une décision, la décision qui allait tout faire basculer : elle ne pouvait plus se taire. Il lui fallait partager ce secret. Mais comment avouer qu’un étranger s’est installé chez vous et qu’il tente de vous chasser surtout quand on est la seule, nuit après nuit, à s’en apercevoir et à s’en inquiéter ?

            Il faut dire qu’au début, il surgissait toujours dès que la maison était plongée dans l’obscurité, alors qu’elle et son mari dormaient. Puis vint le moment qu’elle avait toujours redouté où, au beau milieu de la journée, alors qu’elle rentrait du jardin, elle le trouva attablé, à savourer le saucisson qu’elle avait acheté et à émietter le pain que Sigi avait fait. Ensuite, il s’était levé et avait quitté la cuisine sans même débarrasser, laissant tout en place et la surface carrelée de la table souillée de salissures. Il était passé devant elle, la toisant d’un regard fier puis il s’était retiré au grenier. Elle le soupçonnait de s’être établi là. D’ailleurs elle n’osait plus y monter.

            La scène s’était reproduite maintes fois, tandis que Sigi était occupé à la cave, à bricoler. Qui était cet individu qui s’invitait de plus en plus souvent chez elle ? Il utilisait tout ce qui s’y trouvait : toutes les pièces, la machine à café, le téléphone même si elle ne l’avait jamais entendu appeler. Il déplaçait sans cesse les objets et elle passait ensuite des heures à tenter de les retrouver, quand il ne les avait pas jetés à la poubelle, cherchant probablement à la défier. Bien entendu, Marie Rose portait des lunettes qu’il prenait un malin plaisir à cacher. Elle s’en agaçait. Elle les retrouvait tantôt avec les couverts, tantôt dans le réfrigérateur, tantôt dans l’armoire à linge… Elle allait bientôt craquer. Plus qu’une intrusion, c’était une véritable guerre des nerfs et elle n’était pas de taille à lutter.

            Un jour, comme Sigi l’attendait dans la voiture dont le moteur tournait, elle arpentait la maison, cherchant son sac à main qu’il lui fallait emporter. Hélas, il avait été déplacé. Un coup de klaxon lui rappela que son mari s’impatientait. Cinq minutes plus tard, ce dernier la rejoignit quelque peu irrité :

            – Mais qu’est-ce que tu fais ? Cela fait une heure que je t’attends !

            – Une heure, se moqua-t-elle, tu as le don d’exagérer !

            – Pourquoi fouilles-tu de partout ?

            – Je cherche mon sac !

            – Je l’ai vu, là, tout à l’heure, dans la niche du living où tu l’avais posé. Regarde bien, il doit y être.

            – Il y a peut-être été mais il n’y est plus.

            – Où l’as-tu mis alors ?

            – Si je le savais, je ne serais pas en train de le chercher.

            Dix minutes plus tard, le sac réapparaissait, tiré de la corbeille à linge sale.

            – Et tu peux me dire ce qu’il faisait là dedans ? remarqua Sigi exaspéré.

            Marie Rose éluda la question, trop profondément ébranlée. Elle s’engouffra dans la voiture et fit tout le trajet en mode muet.

*

            Pendant la soirée, elle se décida à parler ou du moins à suggérer délicatement à Sigi qu’elle était quotidiennement confrontée à quelque chose d’étrange qui la dépassait. Elle ne pouvait plus se taire et la peur l’étreignait, de plus en plus terrible.

            – Sigi, je peux te parler ?

            – Quoi ? fit-il, absorbé par le western qu’il connaissait par cœur mais qu’il adorait. Tu vois Mimie, des acteurs comme John Wayne, on n’en fait plus !

            – Sigi, à propos du sac tout à l’heure…

            – Oui, eh bien ?

            – Je l’avais bien rangé dans la niche du living, comme d’habitude.

            – Il ne s’est pas envolé tout seul tout de même !

            – Non, bien sûr, mais il a été déplacé.

            – J’adore ce passage où il retrouve sa fille enlevée par les Indiens.

            – Quelqu’un l’a déplacé. Il y a quelqu’un avec nous dans la maison.

            – Tu vois, au moins ça bouge. Ce n’est pas comme dans les films d’aujourd’hui où ils ne font que discuter et discuter pour ne rien dire d’ailleurs.

            – Tu as entendu ce que je viens de te dire ? s’inquiéta-t-elle.

            – Oui, bien sûr, ton sac a été déplacé. Mais je t’assure que ce n’est pas moi. Tu as dû le poser ailleurs sans t’en rendre compte. Ce n’est pas grave, ça peut arriver ! Laisse-moi regarder la fin de mon film.

            Marie Rose tourna les talons, dépitée. Soudain elle sursauta.

            – Tu vois, Marie Rose, il vaut mieux t’en aller, lui murmura à l’oreille l’étranger en la frôlant aussi légèrement que s’il l’eût caressée.

            Elle voulut le suivre mais parvenue dans la cage d’escaliers elle dut se rendre à l’évidence : il s’était déjà retiré. Débordée par l’émotion, elle se mit à pleurer. Elle se sentit plus seule que jamais, coincée entre un époux qui ne l’avait pas entendue et cet intrus qui l’importunait de plus en plus. Elle redouterait la prochaine nuit, de crainte qu’il ne vînt encore la peupler de sa présence indésirable, de son pas pesant au grenier.

            À 22 heures elle partit se coucher après voir avalé deux comprimés qui l’aideraient à oublier, pour quelques heures seulement, les douleurs lancinantes de ses hanches. Il était deux heures du matin lorsqu’elle sentit un souffle sur son visage puis sur sa nuque. Elle ouvrit les yeux et le vit penché au-dessus d’elle, plus près que jamais et elle plus vulnérable encore. Elle se redressa tandis qu’il se retirait. Elle le suivit. Il s’était arrêté, là, au milieu du couloir de l’étage. Elle ne voyait que son dos. Elle se demandait ce qu’il allait faire. Elle était partagée entre le terreur et le désir ardent de savoir ce qu’il lui voulait vraiment. S’il avait voulu l’agresser, ce serait déjà fait depuis longtemps ! Soudain, là, dans le mur, une porte s’ouvrit, que l’étranger franchit et qui disparut aussitôt pour à nouveau laisser apparaître la tapisserie qu’elle avait toujours connue. Alors, elle poussa un cri.

            – Mimie ? s’inquiéta Sigi qui dormait dans l’autre chambre.

            Un instant plus tard, il était auprès d’elle.

            – Qu’est-ce que tu as ?

            Elle tendit le bras et désigna le mur.

            – Il y a une porte ici, assura-t-elle, la voix chevrotante.

            – Une porte ? Ce n’est qu’un rêve ! Touche, c’est le mur, le mur du couloir, le même que d’habitude.

            Et il lui prit la main, comme à une enfant et lui faisait tâter la surface dure et tapissée.

            – Non ! Il y avait une porte et il est passé de l’autre côté.

            – Qui ? Enfin Mimie, il est deux heures et je suis fatigué. Tu vois bien qu’il n’y a pas de porte. Tu as fait un mauvais rêve, c’est tout. Allez, va te recoucher. Tout ira mieux demain.

            Et il la reconduisit dans sa chambre. Elle se coucha et Sigi l’imita quelques instants après s’être assuré qu’elle était apaisée. Elle avait fermé les yeux sans parvenir à trouver le sommeil, se rappelant des nuits de son enfance au cours desquelles elle redoutait la venue de monstres issus de ses lectures ou de son imagination fertile. Peu de temps avant le lever du jour, elle était à nouveau debout à observer l’intrus qui, dans sa salle de bains, était en train de se raser. Il la fixa dans le miroir avant de répéter :

            – Je te l’avais dit, tu ne dois pas rester ici ! Il faut partir ! Tu ne peux pas lutter !

            Elle n’avait plus de larmes à verser. Elle le regarda, impassible, fatiguée et tout à coup elle pensa au fusil que Sigi avait acheté et qui attendait, dans l’armoire de la chambre, entouré d’un linge. Elle se sentait prête à commettre un crime !

La suite très bientôt. Partagez avec vos amis ! 

Pensez à vous abonner au site, ça ne mord pas et c’est gratuit, aucune publicité…

Vous aimez mes histoires, vous adorerez 2 mes livres : (résumés et extraits disponibles en cliquant dans le menu « Accueil »)

DESTINATION ETRANGES est disponible ici http://www.decitre.fr/livres/destinations-etranges-9782322034383.htmlen livre papier mais vous le trouverez aussi chez Amazon  en format kindle à 5,49 euros.

LE LIEN est disponible en  cliquant ICI (decitre, livre papier) ou chez Amazon  en format kindle à 5,49 euros.

Le roman (THRILLER) « LA MURAILLE AUX DEUX VISAGES » a pris un peu de retard mais il devrait sortir avant Noël. Et bientôt, le 15 octobre de 16 H à 18 H, une nouvelle séance « rencontre et dédicace » chez Decitre à Saint Genis Laval. 

Merci de votre fidélité !

Audrey Degal


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La Nuit des temps, Barjavel

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Il y a bien longtemps que je ne vous avais pas parlé de mes lectures. Pourtant je lis beaucoup, jamais trop mais comme j’écris parallèlement mes romans, j’ai moins de temps pour vous faire part de mes remarques.

D’accord, certains ont probablement lu ce livre au lycée… Qu’importe, moi je l’ai relu cet été et je l’ai apprécié. j’ai donc envie de vous le faire partager.

L’auteur, Barjavel, grand maître de la science fiction a su écrire, avec La Nuit des temps, un roman captivant. J’avais déjà lu de lui (il y a longtemps) Le Grand secret, dont il  ne me reste que de vagues souvenirs, un seul à vrai dire, le thème : la quête de l’immortalité (à relire donc car il m’avait passionnée).

La Nuit des temps me semble relever un autre défi, celui de l’utopie car il porte un regard critique sur notre monde à travers la découverte d’une ancienne civilisation.

L’histoire : Le 1er chapitre pose astucieusement une énigme : qui est donc celle dont il est question, connue, aimée, perdue ? On a nécessairement envie de poursuivre la lecture pour le savoir. Dans L’Antarctique, on vient de découvrir une sphère et à l’intérieur deux êtres « congelés ». Les réanimer pose problème : il ne faut pas qu’ils meurent ! On réveille la femme en premier. Elle se nomme Eléa. D’où vient-elle ? De la Terre mais elle y a vécu il y a 900 000 ans ! Elle peut alors évoquer sa civilisation, son mode de vie… Mais que s’est-il passé pour que cette civilisation ait disparu. Pourquoi  avoir choisi de faire hiberner deux spécimens ? Et qui est donc l’homme qui l’accompagne encore endormi ?  Eléa était amoureuse de Païkan. Tous deux s’adoraient. La guerre est venue bouleverser leur destinée. Il faut réveiller l’homme, Coban. Eléa dit que c’est le plus grand scientifique du peuple au sein duquel elle vivait. Il a créé l’équation de Zoran que tous les Terriens contemporains veulent décrypter et dont ils veulent s’emparer. En effet, elle est source d’énergie et permet de produire tout ce dont l’homme a besoin.  La cupidité, le vol, les mensonges jaillissent alors chez ceux qui convoitent les connaissances que pourraient apporter ces deux êtres. Il faut donc réveiller Coban afin qu’il puisse révéler ce qu’il sait. Cela ne s’avérera pas aussi simple qu’il y paraît et bien des rebondissements de l’intrigue surgissent pour entraîner le lecteur jusqu’au dénouement… surprenant !

Mon avis : oui, j’ai aimé ce livre mystérieux. On se laisse emporter pas les personnages dans leur quête. Certains passages sont néanmoins longuets mais ils se situent davantage vers la fin. De longues descriptions pourraient, à mon sens, êtres supprimées et la « course » effrénée des protagonistes serait ainsi plus intéressante d’autant que j’ai pu repérer quelques incohérences avec des personnages qui descendent alors que l’auteur fait référence à ce qu’ils voient à la surface !!! Personne n’est parfait, pas même Barjavel, ce qui rassure aussi la romancière que je suis.

Alors si vous voulez lire, n’hésitez pas, plongez-vous dans La Nuit des temps, et puis vous pouvez aussi lire mes livres Le Lien, ou Destinations étranges, suspense garanti en cliquant ci-dessous. 

http://www.decitre.fr/livres/destinations-etranges-9782322034383.html

http://www.decitre.fr/livres/le-lien-9782322012701.html?v=2

Je termine actuellement mon 3ème livre qui sortira avant NOËL 2016 : « LA MURAILLE AUX DEUX VISAGES ». 

Merci de votre fidélité et à bientôt pour lire sur ce site une toute nouvelle histoire !

Audrey Degal.