Des histoires pour vous

La lecture nous permet de voyager, alors bon voyage


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DATES DE SALONS DU LIVRE

Si vous avez envie de sortir ce week-end ou à d’autres moments du mois de mars, pensez à faire un tour dans les différents salons du livre qui fleurissent actuellement. C’est l’occasion dé dénicher de nouvelles lectures, originales, de vous évader et d’obtenir des livres dédicacés.

En ce qui me concerne, vous pourrez faire dédicacer les livres que vous avez déjà achetés ou vous procurer des exemplaires de mes 3 livres, disponibles sur place :

  • LE LIEN, thriller atypique
  • DESTINATIONS ETRANGES, recueil de 12 nouvelles à suspense
  • LA MURAILLE DES ÂMES, thriller policier qui vous entraînera en Chine et où vous tremblerez aux côtés de l’héroïne

Voici où me retrouver :

  • samedi 3 mars 2018, de 10h à 18h sans interruption, , au Salon de Villefranche sur Saône 69400, l’Atelier 109 rue des Jardiniers, entrée gratuite
  • dimanche 4 mars 2018, de 10h à 18h sans interruption, au Salon de Brindas 69126, grande salle des fêtes de Brindas, entrée gratuite
  • dimanche 18 mars 2018, de 10h à 18h, au Salon du livre de Beauchastel 07800, Salle de l’Ile Blaud (en face de la piscine municipale), entrée gratuite. Beauchastel est de surcroît un magnifique village médiéval qui vaut le détour.

Il y aura bien sûr d’autres dates que je vous communiquerai ultérieurement. 

Je serai ravie de parler avec vous de mes livres, de la façon dont je les ai écrits, de la provenance de mes idées, de mon prochain livre dont la parution est quelque peu retardée mais qui arrive bientôt, de votre ressenti au sein de mes intrigues…

Bientôt sur ci site, je vous livrerai une critique des derniers livres que j’ai lus, en attendant de vous offrir une prochaine histoire. 

Merci de faire vivre ce site, merci de votre fidélité et de votre confiance. 

Amitiés, 

AUDREY DEGAL 

 

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ASSASSINAT A LA CARTE, fin

Chers lecteurs, voici la fin de la nouvelle policière qui a obtenu le 1er prix du policier au salon d’Attignat. Puisque j’en suis l’auteure je vous l’offre sur mon site. Sachez que dans mes livres vous trouverez encore plus de suspense. Bonne lecture à tous ! AUDREY DEGAL

Résumé de l’épisode précédent : Barbara est le témoin d’un meurtre atroce. A cette occasion elle rencontre l’inspecteur Tissier chargé de l’enquête. Ce dernier reste en contact avec elle mais ne lui dit pas que cet assassinat est probablement lié à un autre qui vient d’avoir lieu. Les rues du vieux Lyon sont sous surveillance mais l’assassin qui aime faire souffrir ses victimes est aussi habile que malin. 

Tôt le matin, sur le bureau de Tissier, un ordre griffonné par le commissaire lui demandait de se rendre chez le fromager de la rue du Bœuf. Son échoppe demeurait fermée sans raison depuis plusieurs jours. Des clients inquiets l’avaient signalé.

            Un serrurier vint à bout de la porte mais pas de l’odeur pestilentielle qui se dégagea à l’ouverture. Un homme d’une cinquantaine d’années gisait au sol.

            — Étranglé avec un fil d’acier, fit Tissier en observant le corps et l’arme qui pendait encore autour du cou.

            Le visage bleui, la langue pendante, les yeux révulsés, la victime était tombée de tout son poids au sol. Ses poignets étaient attachés dans le dos et son crâne ouvert avait dû heurter le rebord d’un comptoir.

            — Le tueur lui a patiemment coupé les doigts les uns après les autres et il était encore vivant, précisa le légiste.

            Plus tard, salle de débriefing, rue des anges.

            — Bon sang, hurla Tissier devant ses hommes. Ҫa fait trois meurtres ! Après les deux femmes, c’est un homme maintenant. Merde ! Le tueur nous nargue et a encore frappé malgré notre surveillance !

            Il planta nerveusement un picot rouge de plus sur la carte. Il récapitula ensuite scrupuleusement les faits à ses hommes ce qui permit de faire émerger un nouvel indice jusque-là inaperçu :

            — Six et rue du Bœuf : voilà ce qui lie ces meurtres. Tous tués à six jours d’intervalle. Donc dans six jours, je veux toute l’équipe dans le secteur, prête à arrêter ce malade. Entre temps, interrogez les voisins, les passants, tout le monde. Il y a bien quelqu’un qui a vu ou entendu quelque chose !

            La piste du serial killer se précisait mais le mobile échappait toujours à la sagacité de l’inspecteur. Le tueur connaissait parfaitement son territoire de chasse et n’assassinait pas au hasard. Les lieux étaient sous étroite surveillance mais, six nuits plus tard, dans le commissariat, le téléphone sonna à plusieurs reprises pour signaler des cris, rue de la Bombarde.

            Quand Tissier arriva à l’endroit indiqué, il était trop tard. Le cadavre encore chaud d’un homme l’attendait.

            — Je ne souhaite pas une telle mort même à mon pire ennemi, fit le légiste après les contrôles d’usage.

            La victime, était assise dans un fauteuil, légèrement basculé en arrière. Elle serrait encore entre ses dents un entonnoir à piston dans lequel l’assassin avait fait couler du chocolat brûlant.

            — Il est mort asphyxié après avoir été ébouillanté de l’intérieur ! Une mort atroce !

            Tissier imprima violemment son poing dans un mur. Les autres le regardaient. L’assassin mettait ses nerfs à rude épreuve.

            — Je suppose qu’il n’a laissé aucune empreinte ! déclara-t-il.

            — Aucune inspecteur, fit l’officier de la police scientifique.

            Le cadavre évacué, Tissier resta un instant sur les lieux du crime. Il réfléchissait, observait. Encore une fois, le tueur avait pénétré sans effraction. Ses victimes le connaissaient. Il en avait la certitude.

            Six jours plus tard, l’enquête n’avait pas progressé. La police se contentait de surveiller les rues du secteur. Tissier se décida à raser sa barbe de trois jours. Il voulait être présentable. Il avait rendez-vous avec Barbara dans un bouchon lyonnais. Entre eux, le courant passait.

            Comme le soir de leur rencontre, le froid et le brouillard régnaient en maître. Quand il sonna à l’interphone, elle répondit aussitôt et une minute plus tard, sa robe de soie bleue apparut dans le hall. Un petit foulard jaune porté autour du cou masquait la courbe naissante de ses seins. Elle n’était pas seulement belle, elle était désirable.

            Ils avaient réservé une table et leurs mains s’étaient frôlées au moment de prendre la carte que le restaurateur leur tendait. Léo ajusta ses lunettes. Barbara semblait sous le charme et inspirée par le menu.

            — Et votre enquête, elle avance ? demanda-t-elle.

            — Pas vraiment. Mais je n’ai pas envie d’en parler. Vous avez choisi ?

            — Ce soir, je dérogerai à mes habitudes : entrée avec salade et présentation charcutière, andouillette beaujolaise au vin blanc accompagnée de cardons, une cervelle de canut pour le fromage et en dessert je prendrai une tarte à la praline sur coulis chocolaté. Un bon repas s’accompagne d’un bon vin. J’hésite entre un pot de Beaujolais ou de Côte du Rhône.

            — Je prendrai la même chose que vous !

            — Je sais, c’est un peu gras mais on doit tous mourir un jour !

            — Merde ! Je crois que vous venez de me donner la solution !

            Tissier se leva brutalement, renversant sa chaise sous les yeux étonnés de Barbara. Il héla le restaurateur et deux minutes après il s’installait devant l’ordinateur du bouchon. Tout en tapant frénétiquement sur le clavier, il expliqua à la jeune femme :

            — Je viens de comprendre que tous les crimes correspondent à l’ordre d’un repas sur une carte de restaurant ! La maraîchère, retrouvée noyée, fournit les restaurants. La femme pendue par un croc de boucher est traiteur, elle les approvisionne en viande. L’homme étranglé avec un fil d’acier est fromager et le dernier, maître pâtissier chocolatier. On a aussi retrouvé un homme noyé dans un tonneau de vin et jusqu’à ce soir je n’avais pas fait le lien. Il manquait du vin à cette carte sanglante !

            L’inspecteur se retourna vers Barbara postée derrière lui et déposa un baiser furtif sur sa joue. Au même instant, une photo s’afficha, celle d’un concours de cuisine qui avait eu lieu des années avant. Toutes les victimes étaient là, souriantes, membres du jury. Une seule était encore vivante : la présidente, restauratrice de renom. Tissier s’empara de son téléphone.

            En un instant, il ameuta ses équipes. Il leur révéla sa découverte. Un candidat avait été recalé à un concours avec une note infamante de 6/20 attribuée par la présidente, note unanimement relayée par les autres. Soudoyés ? La Table renommée que tenaient ses parents fut discréditée. Ruinés, ils s’étaient suicidés tandis que le restaurant de la présidente, concurrente directe, gagnait parallèlement en notoriété. Il fallait agir vite ! Le tueur allait sévir pendant la nuit ! Le dernier crime remontait à six jours. Or on était le 30 novembre, date de promulgation des résultats du concours cinq ans auparavant et il était 21h30. Rapidement les policiers se déployèrent au restaurant de Madame Defoe, la présidente. Elle était sans doute la prochaine cible, brebis destinée à un prédateur sans pitié.

            Une heure plus tard, le brouillard dense et la nuit noire, complices du tueur, enveloppaient tout. Le restaurant était désert. Soudain, un bruit sourd : l’homme venait de s’infiltrer dans les locaux. Des pas feutrés : il progressait avec précaution. Sa silhouette noire sortit peu à peu de la pénombre. Madame Defoe ne bougeait pas mais ses mains tremblaient. Les policiers, tapis dans l’ombre, se ruèrent sur le tueur lorsqu’il alluma un briquet. Dans l’autre main, un bidon d’essence. Le liquide coulait.

            — Putain, il veut foutre le feu ! hurla Tissier.

            L’inspecteur avait l’habitude des arrestations musclées. Le pyromane s’était débattu, tentant d’enflammer ce qui se trouvait autour de lui. Bilan : deux hommes légèrement brûlés mais le tueur était maîtrisé.

            Fin décembre Tissier le rencontra pour la dernière fois.

            — Toujours pas de regrets Monsieur Bourgin ?

            — Non, aucun !

            — Même pas celui d’avoir manqué votre dernière victime ?

            — Manquée ? Vous croyez ?

            Ce furent leurs dernières paroles. Ils ne se reverraient jamais.

            L’enquête diligentée pour vérifier la fraude du jury lors du concours, jeta l’opprobre sur la présidente, Madame Defoe. Traînée dans la boue par la presse, sa ruine était assurée. On retrouva son corps, un mois plus tard, flottant dans la Saône. Le brouillard s’était levé.               FIN

N’hésitez pas à vous abonner au site pour lire de nouvelles histoires, des critiques de livres et de films…

En page d’accueil vous trouverez aussi les références de tous mes livres publiés que vous pouvez commander dans n’importe quelle librairie ou sur internet. Des liens directs sont repris en page d’accueil. Et pensez à partager cette publication pour que d’autres puissent en profiter. 

A très bientôt pour un résumé d’un des livres que je viens de terminer. Je vous donnerai aussi les prochaines dates des salons du livres auxquels je vais participer prochainement. 

Audrey Degal


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ASSASSINAT A LA CARTE, 1ère partie

Bonjour,

Vous aimez avoir peur ? Vous aimez le genre policier ? Je vous offre ici ma nouvelle « Assassinat à la carte » qui a obtenu le 1er prix lors du salon d’Attignat dans l’Ain, parmi plus de 90 auteurs, prix remis par le conseil départemental. Régalez-vous avec cette 1ère partie (la suite paraîtra très vite), pensez à vous abonner, à en parler autour de vous, à cliquer sur j’aime, à partager sur les réseaux, à laisser un commentaire… et si vous voulez lire davantage, rendez-vous en page d’accueil ou vous trouverez les liens pour vous procurer mes livres. En attendant bonne lecture !

Assassinats à la carte, 1ère partie.

 

Il était très tard lorsque Barbara quitta le restaurant. Le froid était piquant. La porte se referma derrière elle et, à travers les baies vitrées donnant sur la rue, elle fit signe à ses amis encore attablés. Ils savouraient un dernier verre. Sur leurs lèvres elle put lire « sois prudente, à demain ! ». Mais ce genre de remarque néglige l’importance du destin !

La nuit, particulièrement noire, pactisait depuis des jours avec un épais brouillard que le plus affûté des couteaux n’aurait pu couper. La morsure glaciale du vent s’amusait à griffer les visages des rares passants qui osaient encore s’aventurer dans les ruelles. Les lampadaires, rangés au garde à vous, même s’ils ne surveillaient rien, renvoyaient de sordides lumières d’un orange blafard rongé par la brume ambiante. On n’y voyait pas à trois mètres.

La jeune femme glissa les mains dans ses poches, serra la ceinture de son manteau de cachemire et accéléra le pas pour regagner sa voiture. La rue était déserte. Elle avait l’impression de traverser un cimetière à la nuit tombée même s’il n’y avait pas de tombes. Le parking Saint Jean, situé sur les quais de Saône, n’était pas loin mais elle n’aimait pas s’éterniser dans le vieux Lyon si inquiétant à cette heure-là. L’œil aux aguets, l’oreille attentive, elle avait hâte de rentrer.

Barbara marchait précautionneusement, s’efforçant de ne pas faire claquer ses hauts talons sur les pavés que l’humidité rampante rendait glissants. Des myriades de volets fermés semblaient l’épier, comme autant d’yeux malveillants. Encore quelques mètres et elle tournerait à gauche, quelques mètres qui lui paraissaient une éternité !

Soudain un bruit. Une lutte. Des voix étouffées. Barbara n’avait pas encore bifurqué mais elle s’arrêta net. Elle allait détaler quand elle aperçut une forme s’effondrer sur le trottoir. Elle voulut crier mais ses mains, comme des entités autonomes, se plaquèrent sur sa bouche. Elle recula et se terrera sous une porte cochère. Faire silence ! Attendre ! L’être tombé au sol rampa, laissant derrière lui une large traînée brunâtre. Barbara le discernait à peine mais elle l’entendit gémir. Inconsciemment, elle retenait sa respiration tandis que son sang battait la chamade dans ses tempes. Une silhouette inquiétante s’avança, déchirant l’épais brouillard qui enveloppait la scène. Elle s’immobilisa auprès de l’individu à terre qui redressa la tête. Il implora la pitié de son bourreau avant de s’effondrer dans l’eau croupie du caniveau. En guise de réponse, l’autre l’empoigna et le traîna sur le trottoir jusqu’à l’angle d’une bâtisse derrière laquelle tous deux disparurent.

Terrorisée, Barbara, n’osait pas sortir de sa cachette. Finalement, comme aucun bruit ne lui parvenait plus, elle ôta ses chaussures et se mit à courir, pieds nus, pour s’éloigner de la scène. Elle s’empara de son téléphone pour appeler de l’aide.

— Arthur ? C’est Barbara. C’est horrible ! Je viens d’assister à un meurtre.

— Un meurtre ? Dis-moi où tu es, j’appelle la police !

Quand l’inspecteur Léo Tissier arriva au croisement des rues du Bœuf et de la Bombarde, les amis de la jeune femme étaient déjà sur place, essayant de la réconforter.

— Barbara Torin ? Est-ce que je peux vous parler ?

Elle posa sur le blouson de cuir du policier puis sur son visage, des yeux hagards qui espéraient plus de réponses qu’ils n’avaient à en donner. Un café chaud la réconforta et peu à peu, rassurée, elle recouvra ses esprits :

— C’est un homme ou une femme ? demanda-t-elle.

— C’est vrai que d’ici c’est difficile à voir avec ce fichu brouillard mais c’est une femme. Enfin c’était. Elle est morte !

Un brigadier trop zélé se permit d’ajouter :

— On l’a éventrée puis pendue à la façade d’une boutique avec un croc de boucher. Elle était encore vivante quand l’assassin lui a sorti les tripes.

Sous l’assaut de ces précisions macabres, la jeune femme crut défaillir. Tissier dut l’agripper par le bras pour la retenir. Il plongea son regard dans ses yeux noirs et fut aussitôt subjugué. Elle ressemblait à s’y méprendre à Monica Bellucci, l’accent en moins. Il résista à la tentation de lui demander un autographe mais il se retrancha derrière d’autres mots :

— Désolé, il n’aurait pas dû vous dire tout ça. Oubliez ! Dites-moi…

À sa demande, Barbara lui décrivit ce qu’elle avait vu et peu après, elle confiait les clés de sa voiture à Arthur tandis qu’elle s’engouffrait dans le véhicule de la police.

— Je suis obligé de vous garder encore un moment, « Monica », faillit dire Tissier assis au volant. J’ai d’autres questions. Je vous reconduirai moi-même chez vous ensuite.

Quelques heures plus tard, lorsqu’il la laissa devant la porte de son appartement, l’inspecteur se voulut rassurant :

— Je sais à quel point être le témoin d’un meurtre peut être difficile mais dites-vous que vous avez eu beaucoup de chance ce soir. Un instant plus tôt, ça aurait pu être vous ! Prenez ma carte et si vous avez peur ou si vous pensez avoir oublié quelque chose, n’hésitez pas, appelez-moi !

Barbara prit la carte et verrouilla sa porte. Elle ne fermerait pas l’œil du reste de la nuit.

Au commissariat, 15 rue des anges, dans le 5ème arrondissement, comme chaque matin, les enquêteurs faisaient le point sur l’avancée des investigations en matière criminelle.

— Bon, nous avons deux meurtres sur les bras, résuma Tissier. Deux femmes retrouvées rue du Bœuf : une éventrée il y a deux jours et l’autre noyée la semaine dernière dans le local d’un maraîcher, aux halles, puis déplacée. Questions : Y a-t-il un lien entre ces meurtres ? Si oui, quel est le mobile du tueur ?

— Deux femmes, c’est un point commun mais ça peut être aussi le fait du hasard ! Et ta Monica Bellucci ne t’a rien appris de plus ?

Tissier avait évoqué avec ses collègues la ressemblance de son témoin. Il avait revu Barbara au cours des deux jours écoulés et ils avaient pris un café ensemble. Elle lui plaisait.

— Elle a vu le tueur traîner sa victime après l’avoir frappée sauvagement, à plusieurs reprises. Le sang sur le trottoir et les bouts d’intestins disséminés l’attestent. Tuer semble secondaire pour l’assassin. Faire souffrir ses victimes est primordial. Il est déterminé !

— Ouais, remarqua un collègue mais pourquoi a-t-il changé de mode opératoire et pourquoi a-t-il déplacé le corps de celle qu’il a noyée ?

— Noyée qui a aussi agonisé pendant des heures d’après le légiste, souligna Tissier. Le dispositif laissé aux halles, par le tueur, le prouve : la planche inclinée, l’entonnoir… Si les procédés sont différents, j’ai le sentiment que ces meurtres sont liés. Le tueur va encore frapper !

— Oui mais où ?

— Où et quand ? ajouta l’inspecteur. Je parierai pour la rue du Bœuf mais où exactement ? Je ne sais pas. Par contre quand ? J’ai ma petite idée. Il agit la nuit et le légiste affirme que la noyée est morte entre 23 heures et deux heures du matin, comme la seconde victime.

Tissier assis au bord de son bureau se frottait le menton, l’air dubitatif. Il fixait la carte de Lyon affichée au mur. Les homicides étaient matérialisés à l’aide de petits pics différenciés par des chapeaux de couleur différente. Deux picots rouges correspondaient aux crimes qu’il avait en charge. Les autres couleurs relevaient d’affaires plus anciennes, non résolues ou suivies par d’autres enquêteurs.

— Je veux donc qu’on surveille le quartier et plus particulièrement les femmes, discrètement, pour ne pas affoler les habitants.

Les nuits suivantes, des hommes en civil arpentèrent les pavés. Chaque soir le froid et le brouillard frappaient mais pas le tueur. Compression de budget et absence de récidive : le commissaire finit par relâcher la surveillance. La dernière nuit, ils n’étaient plus que deux policiers, postés aux extrémités de la rue du Bœuf. La visibilité était particulièrement réduite : des ampoules des réverbères avaient claqué.

L’officier de police Marc Dantin brûlait d’envie d’allumer une cigarette. Il était transi. Depuis des heures, le manque de tabac et l’immobilité due à la planque le rendaient nerveux. Au loin, un clocher égrena les douze coups de minuit. Une porte claqua. Un couvercle tomba et roula au sol avant de s’arrêter. Des plaintes rauques ressemblant à des cris d’enfants s’élevèrent dans l’obscurité. Des chats se battaient pour des résidus de poubelles et leurs feulements inquiétants déchiraient le silence. Puis le calme revint, plus pesant que jamais. À cinq heures, Dantin et son collègue abandonnèrent leur poste. Le tueur devait se méfier.

Le suite et fin très prochainement. 

Merci de votre fidélité et de votre confiance.

Audrey Degal


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LA DEMOISELLE INACHEVEE, suite et fin

Résumé de l’épisode précédent : C’est l’anniversaire de Mathilde et ses amis lui offrent l’annexe immobilière qu’elle voulait acheter pour ouvrir sa pâtisserie chocolaterie. Mathilde a réussi dans la vie et elle se double d’une bonne vivante qui aime bien manger. Mais elle est seule, dans sa grande propriété et si elle le cache aux autres, elle souffre intérieurement d’un mal qui la ronge : elle se déteste. Elle déteste ses rondeurs, son corps qui s’est alourdi au fil des années car elle ne parvient pas à se maîtriser : elle aime les bonnes tables et ne se prive de rien. Ce goût irrépressible pour la nourriture la poursuit même dans ses rêves où elle se voit éclater à cause de ses excès. Sourire à la vie devient très difficile pour elle désormais !

          Un klaxon de type italien résonna à deux reprises, réveillant Mathilde en sursaut. La Cucaracha annonçait Denis et ses plaisanteries. Il était 15 heures. Il coupa l’alarme de la grande bâtisse qui s’activait automatiquement chaque nuit. Il ouvrit avec sa clé et entra comme s’il était chez lui. Mathilde l’adorait : gentil, toujours là quand il fallait, doué et réputé en cuisine, l’ami parfait !

            — Encore au lit ! Allez, debout. On a une dure journée.

            Mathilde, couchée à plat ventre, saisit l’oreiller et le rabattit sur sa tête tandis que le visiteur ouvrait les rideaux de taffetas et qu’un soleil sans-gêne pénétrait dans la pièce.

            — Oh non, protesta la jeune femme aux paroles étouffées par le matelas. Pas déjà !

            Denis repéra des traces et des résidus de maquillage dans les plis de l’oreiller.

            — Tu as encore pleuré !

            — Ne m’embête pas avec ça ! C’est mon problème !

            — Je refuse que tu te laisses aller. Tu ne peux rien changer à ce qui s’est passé. Tu dois tourner la page et aller de l’avant, Mathilde. À quoi bon te torturer ?

            Toujours cachée par le coussin, elle l’écoutait mais refusait de répondre. Il reprit :

            — Tu es la meilleure pâtissière qui soit, ta notoriété monte en flèche et ta réputation commence à te précéder. Pourquoi cherches-tu encore à te punir face au succès.

            Il la connaissait parfaitement et savait comment elle réagirait. Elle émergea, le teint brouillé, pour lui dire :

            — Je n’arrive plus à me maîtriser. J’avale tout ce qui me tombe sous la main et dans mon métier, c’est pire encore ! La nourriture m’entoure : les épices, les fumets, le thym, la coriandre, le gibier. Entre le piquant et l’acidité, mes papilles ne balancent pas, elles prennent tout. Les fromages m’appellent, les fruits, les lasagnes au safran, les tiramisus à la pistache, les vins, les champagnes… Je ne peux plus résister.

            Il s’approcha pour la consoler. Il plaqua la longue chevelure emmêlée de Mathilde contre lui et se mit à la caresser.

            — Ne pleure pas. Je suis là, avec toi. Je sais que ce que tu traverses est difficile et je ne t’abandonnerai jamais. Personne n’aurait imaginé ce qui t’est arrivé il y a huit mois, quand tes…

            Mathilde posa sa main sur la bouche de Denis pour l’empêcher de parler.

            — Tais-toi ! Je ne veux pas en entendre davantage. Cela me fait souffrir et tu le sais. Mais regarde-moi, Denis ! Je ne suis plus moi-même. Je suis devenue un monstre de gourmandise qui ne sait même plus ce que signifie déguster ou apprécier.

            — Chut, intervint-il avec douceur. Écoute-moi ! Tu vas te reconstruire mais il faut du temps et de la patience pour cela. Tous tes amis sont là pour toi. Nous ne te laisserons pas tomber, Mathilde. Tu détestes les miroirs, couvre-les au lieu de les briser. N’ajoute pas du malheur au malheur ! Tu as besoin d’aide. Je vais t’aider !

*

            — Bonjour mademoiselle Delacour. Avez-vous passé une bonne nuit ? demanda l’infirmier.

            — Où suis-je ? interrogea-t-elle en se redressant sur un lit étroit aux draps blancs immaculés.

            — Je crois qu’il va falloir réduire les somnifères que vous prenez ! Vous avez toujours du mal à émerger, le matin.

          — Des somnifères ? Mais de quoi parlez-vous ? Et qu’est-ce que j’ai au bras ?

          L’infirmier la fixa de ses yeux noirs. Il émanait de sa personne autant de charisme que de douceur.

            — Une perfusion, depuis votre arrivée, ajouta-t-il. Mais comme vous allez mieux je suis venu l’enlever.

            — Une perfusion, pourquoi ? Où sont mes amis ? Où est Denis ?

            — Vous ne vous en souvenez pas ?

            — Non. Je suis totalement perdue. Que se passe-t-il ?

            Le soignant se posa un instant au bord du lit. Il prit la main de Mathilde dans la sienne et commença à lui expliquer :

            — Voilà. Depuis la mort de vos parents, dans un accident de voiture, vous avez déclenché une forme d’amnésie partielle et heureusement momentanée ainsi qu’un trouble prononcé de l’alimentation.

            — Ҫa, je le sais. Je ne cesse de manger, ironisa-t-elle tandis qu’elle se rappelait l’accident qui l’avait traumatisée.

            — Ne m’interrompez pas, s’il vous plaît. Vous allez comprendre.

            Et il poursuivit :

          — Contrairement à ce que vous croyez, vous n’êtes pas devenue boulimique et la gourmandise vous écoeure particulièrement. Vous la fuyez.

            — Qu’est-ce que vous me chantez-là ?

            — Vos amis ont craint pour votre santé car suite au traumatisme subi, vous êtes devenue anorexique. Regardez vos bras !

            — Justement, ils sont bien potelés !

            — C’est un des problèmes de cette maladie. Vous vous voyez ronde alors que votre maigreur vous met en danger. Vous avez l’impression d’être inachevée !

            — Mais…

            — …laissez-moi finir ! Dans ce centre spécialisé, vous ne rencontrerez aucun de vos proches avant d’être rétablie. Cela fait partie du protocole et c’est un gage de réussite. Or, depuis votre admission, vous avez repris du poids, six kilos. C’est considérable et bon signe !

            Mathilde ouvrit de grands yeux et resta bouche bée. Elle aurait voulu crier, protester, nier ce que cet homme venait de lui dire mais en regardant à nouveau son corps, elle finit par voir qu’elle était maigre. Une autre version d’elle non pas ronde mais longiligne !

            — Et la pâtisserie chocolaterie que mes amis m’ont offerte, je l’ai aussi inventée ?

            — Oui, vous avez été admise peu après l’accident et chaque nuit vous faites le même rêve que vous me racontez : une soirée d’anniversaire bien arrosée, plaisanta l’infirmier. Bon et maintenant, qu’est-ce que je vous sers ?

            — Je crois que j’ai faim. J’aimerais bien tirer un trait sur le passé et créer  un dessert qui me ressemblerait.

            —Très bien et comment appellerez-vous cette création ?

            — La demoiselle inachevée !

FIN.

En ce début 2018, faites- moi aussi un  petit plaisir, votre bonne action de tout début d’année : pensez à vous abonner à ce site puisque vous l’appréciez. Vous ne recevrez aucune publicité, je vous l’assure ! Faites le connaître autour de vous, faites aussi connaître mes romans. Vous êtes ma meilleure publicité. Je compte sur vous comme vous comptez sur moi pour vous écrire encore de nouvelles histoires gratuites. Encore une fois bonne année !

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Enfin MERCI à CELLES ET CEUX qui ont lu ces livres et qui ont posté des commentaires sur Amazon notamment, sur Decitre, sur d’autres plateformes (GOODREADS) ou qui en recommandent la lecture sur les réseaux sociaux. C’est fondamental pour moi et permet de me faire connaître. 


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LA DEMOISELLE INACHEVEE, 1ère partie

La Demoiselle inachevée

— Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaire Mathilde, joyeux anniversaire !

Dès les dernières notes fredonnées, elle avait soufflé les bougies érigées comme des tourelles sur un château de la Renaissance. Les trente flèches dressées fièrement vers le plafond de la salle louée pour l’occasion s’étaient éteintes au même moment et on avait rallumé les lumières pour apporter les cadeaux.

Mathilde souriait. Elle ne s’attendait pas à tant d’attention de la part de ses amis surtout depuis… Non ! Elle refusait d’y penser. C’était un jour de joie à savourer auprès de ceux qui la chérissaient.

Devant elle, des montagnes de paquets colorés, des grands, des petits. Elle s’en approcha et releva les pans de sa robe de cocktail pour mieux avancer. Le sol était glissant, ses talons trop hauts et elle avait l’impression de marcher sur des œufs.

— Je ne sais par lequel commencer, lança-t-elle tandis que tous les regards se braquaient sur sa personne.

— Prends n’importe lequel ! suggéra Noé.

La jeune femme en souleva un dans ses mains. Il paraissait léger. Elle en soupesa un second. Il aurait rivalisé avec une plume. Elle se fraya un passage parmi les paquets empilés pour en attraper un autre, bien plus gros. Son poids était infime.

— À quoi est-ce que vous jouez ? Je parie qu’il y a anguille sous roche !

— Et tu vas nous la cuisiner ! renchérit Denis selon son habitude.

Mathilde se doutait que cette mise en scène cachait un stratagème élaboré. Elle soupesa encore quelques paquets. Ils paraissaient tout aussi vides. Doucement, elle se mit à les écarter et, au bout de quelques minutes, elle repéra une minuscule boîte qui attendait, docilement, sous une cloche transparente. Elle s’en empara cérémonieusement comme d’un objet mystique. Elle l’ouvrit et sortit un papier plié, déposé dans un écrin de velours bordeaux. Elle le déplia et lut :

« Mathilde Delacour, à ce jour, vous êtes l’heureuse propriétaire de l’annexe située 12 place de la République où vous pourrez ouvrir votre pâtisserie chocolaterie ».

Émue aux larmes, elle faillit vaciller mais se surprit à sourire à ceux qui l’entouraient et qui lui offraient ce local.

— Le gâteau ! réclamèrent les convives à l’unisson.

 Mathilde remercia ses amis puis, d’un revers de la main, elle essuya les perles d’eau salée qui glissaient le long de ses joues. Elle prit le couteau et la pelle qu’on lui tendait et découpa précautionneusement la pièce montée.

 Elle avait toujours été d’une gourmandise absolue et tout en s’interrogeant à propos des cadeaux, elle n’avait pu s’empêcher de dévorer des yeux ce dessert qui l’attendait. Ses proches l’avaient choisi en fonction de son goût immodéré pour le chocolat, la ganache, les macarons, les calissons et le nougat. Ils voulaient la combler. Elle en avait besoin. Tous le savaient. Elle avait servi les autres et s’était servie, resservie, copieusement, trop peut-être. Il était cinq heures du matin quand Noé la raccompagna chez elle, dans sa grande maison vide.

— Des projets pour demain ? lui demanda-t-il.

— Pour l’instant, prendre un bon bain et dormir. Le reste, je verrai après.

 La voiture de sport l’abandonna sur le perron, fit demi-tour sur le gravier de la cour intérieure et disparut dans la nuit.

 Dix minutes plus tard, Mathilde se posta devant sa chaîne hi-fi pour la programmer. Si elle appréciait à l’excès la bonne chair, la jeune femme était aussi friande de musique. Des mélodies classiques en passant par le rock, elle aimait tout. Il était impensable pour elle d’entendre un air sans se le procurer aussitôt. Elle ne comptait plus ses soirées passées dans les auditoriums à se délecter des plus célèbres symphonies ni celles consacrées à scruter la toile pour dénicher le dernier concert des groupes qu’elle adorait. De Rome en Italie en passant par Reykjavik en Islande, Oslo en Norvège ou encore Los Angeles aux États-Unis, elle voulait s’imprégner, jusque dans ses gênes, de ces ambiances dont elle raffolait, de ces notes suaves, revigorantes et exceptionnelles qui flattaient son esprit autant que le chocolat son palais. Dans la vie, Mathilde se régalait de tout !

 Et cela se voyait. Elle avait fait installer son jacuzzi dans une pièce totalement dédiée à la détente. Sur les murs, des miroirs, témoins muets, lui donnaient l’impression qu’elle était entourée du monde qui lui manquait. Mais ce n’était pas le seul message silencieux qu’ils délivraient. Incapables de mentir, lorsqu’elle s’y reflétait, ils lui assénaient toujours le même leitmotiv : « gourmande que tu es ! Tu as encore grossi ! ».

 Ce soir-là, plus encore que les autres, ces surfaces froides et insensibles ne cessaient de lui répéter qu’elle avait trop profité de ce copieux repas comme des précédents. Ses joues chantaient sa gourmandise. Ses épaules moelleuses racontaient la richesse des entrées qu’elle avait appréciées. Sa taille lui répétait que la sauce forestière qui accompagnait la viande était une réussite tandis que ses hanches, pourvues de poignées d’amour inutilisées, fredonnaient une litanie faite de magrets de canards, de pommes de terre rissolées et de délicates bouchées au foie gras. Enfin, ses cuisses rondes grignotées par des îlots de cellulite étaient à elles seules un hommage aux métiers de bouche, à leur savoir-faire inépuisable et à leurs secrets.

 Mathilde prit un des objets qui reposait, parmi d’autres, sur les rebords du SPA et le lança violemment en direction des miroirs. Plusieurs se brisèrent, démultipliant désormais au sol sa silhouette qui s’y reflétait désespérément.

 — Je vous hais ! lança Mathilde.

 Je me hais ! pensa-t-elle, le regard mauvais.

Qu’y pouvait-elle ? À la tête de la plus prestigieuse table de la ville, elle se donnait corps et âme à ce qui se mangeait. Et ce soir-là, ses proches venaient de lui offrir une extension de son activité.

Elle avait menti en prétendant qu’elle ne pouvait se l’offrir, prétextant qu’il lui manquait toujours quelques deniers, qu’elle avait fait de mauvais placements en bourse… En fait, elle tentait de résister. Et voilà que ceux qui l’avaient toujours soutenue, lui apportaient sur un plateau l’annexe tant espérée, l’annexe tant redoutée. Ils avaient probablement emprunté pour elle. Ils voulaient la combler, lui permettre d’oublier, lui ouvrir de nouvelles perspectives…

  Plongée dans le bain chaud, dont les bulles masquaient son corps, elle s’imaginait concoctant ses plus prodigieux entremets : son 2000-feuilles souvent copié, jamais égalé, son Absolu citron meringué qui lui avait permis d’être remarquée, sa Banquise au caramel et beurre salé qui l’avait consacrée… Pour réussir, pour innover, pour créer il lui fallait impérativement être gourmande. Et elle l’était. Seul un « hélas » était venu s’ajouter, lancinant, impoli, agressif mais tu par nécessité.

 Un lit immense l’accueillit finalement au petit matin. Elle s’y réfugia, enveloppée dans son peignoir encore humide qu’elle avait refusé de quitter. Le visage poupin immergé dans son oreiller de soie, elle avait pleuré avant de sombrer dans des rêves sombres et peut-être prémonitoires. Elle se voyait à la tête de sa nouvelle enseigne « Mathilde Delacour, pâtissier-chocolatier », rivalisant avec les plus grands : Fauchon, Peltier ou Larher. En devanture, une queue sans fin de gourmands, jamais rassasiés, tenait davantage du boa constrictor. Le serpent, crocs sortis, voulait l’avaler. Puis cette vision cauchemardesque déboucha sur une nouvelle, encore plus angoissante. Les clients, qui entraient dans sa pâtisserie, étaient des gloutons qui se goinfraient de façon anarchique et n’appréciaient rien. Comme ils souffraient d’agueusie, ils saccageaient sa boutique et avant de partir, ils l’obligeaient à finir leurs restes. Aucune trace de leur passage ne devait subsister. Elle se mettait ensuite à grossir et à gonfler à tel point qu’elle était obligée de sortir. Une fois dehors, elle s’envolait, comme un ballon de baudruche rempli d’hélium et finissait par éclater.

Elle se réveilla en sueur, persuadée que ces songes étaient des présages et qu’ils contenaient implicitement des conseils avisés : elle devait maîtriser sa gourmandise ! Facile à dire mais difficile à appliquer !

A suivre…

Merci pour votre fidélité. 

Vous trouverez en page d’accueil toutes les références de mes livres que vous pouvez vous procurer en ebook ou en livre papier. 

Audrey Degal


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SEANCE DE DEDICACES, venez me rencontrer !

Dimanche 8 octobre 2017, je serai présente au salon du livre d’Attignat dans l’Ain, espace Salvert, de 9h à 18h.

Là, aux côtés de plus de 90 auteurs, ce qui en fait un salon réputé, j’aurai le plaisir de retrouver mes lecteurs, ceux qui viennent me revoir pour me parler des livres qu’ils ont lu et qui attendent impatiemment le prochain. J’y travaille, rassurez-vous mais un livre ne s’écrit pas en un jour, surtout quand on travaille à côté. Je vous demande donc un peu de patience.

Mes 3 titres seront disponibles à l’occasion de ce salon : LA MURAILLE DES ÂMES, mon dernier thriller policier qui se lit, selon mes lecteurs, vite tant il est prenant. Il faut dire que je l’ai écrit ainsi. J’en suis donc ravie ; DESTINATIONS ÉTRANGES, le recueil de 12 nouvelles dont la chute est très surprenante. Bien que les nouvelles ne soient pas très aimées en France, j’avoue que ce livre rencontre un certains succès. Il est probablement dû au suspens dont il s’entoure ; LE LIEN, un thriller original comme on en lit peu, déconcertant, dont l’intrigue s’emboîte progressivement puisque c’est au lecteur d’établir le lien qui existe entre des personnages qui n’ont rien à voir dans la vie et qui sont issus de milieux sociaux très différents. Quel est leur point commun ? A vous de le découvrir.

Si vous ne pouvez pas venir à Attignat, dommage mais sachez qu’il y aura d’autres salons du livres auxquels je participerai bientôt (Mornant  et Sainte Foy les Lyon dans le Rhône, pour ne citer qu’eux, en octobre, novembre…). Sachez aussi que mes 3 titres sont disponibles sur commande dans toutes les librairies ou sur internet en version papier ou ebook.

Il ne tient qu’à vous de propulser un auteur au rang des écrivains connus et reconnus. Merci d’être de ceux qui y contribuent. 

Enfin, je profite de cette publication pour souligner l’importance fondamentale de vos avis à propos de mes livres sur facebook, twitter, google +, babelio, la fnac, instagram… Moi-même je ne mesurais pas l’importance des commentaires  sur les sites quand je lisais (je lis toujours, je vous rassure !). Quand on est un nouvel écrivain, on est « TRANSPARENT », personne ne sait ce que vous écrivez et le Web, les commentaires, sont les seules façons de briser ce silence, cette chape de plomb que les éditeurs de renom font peser, souvent à tort, sur des auteurs peu connus. Paradoxe : pour eux, il faut être déjà connu pour être reconnus ! Allez comprendre ! Pourtant bien des auteurs boudés par les grandes maisons d’éditions ont réussi à CREVER LA TOILE grâce aux lecteurs qui ont cru en eux. Je vous fais confiance et je vous en remercie d’avance. 

Justement, cerise sur le gâteau, pour celles et ceux qui auront lu cet article jusqu’au bout, je vous annonce qu’à l’occasion du salon d’Attignat, qui regroupe comme je l’ai déjà dit plus haut plus de 90 auteurs dont certains sont très connus,

j’ai envoyé une nouvelle policière (type polar noir) et que… J’AI GAGNÉ… oui, J’AI GAGNÉ LE PREMIER PRIX

et je me verrai remettre dimanche, la récompense par le Conseil Départemental de l’Ain, laquelle sera assortie d’une publication à 50000 exemplaires. Alors pour ceux qui doutaient… qu’en dites-vous ???  Ma nouvelle lauréate s’intitule « Assassinat à la carte », Audrey Degal

Chers lecteurs, je vous associe à ma joie ! ♥♥♥

Bonne lecture à tous, belles semaines et au plaisir d’une prochaine rencontre avec vous !

Audrey Degal


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RENCONTRE DEDICACE du THRILLER « LA MURAILLE DES ÂMES »

Installation pour la dédicace avant l’arrivée des lecteurs. 

Bonjour à toutes et à tous,

J’ai peu de temps pour écrire actuellement car les séances de dédicaces se multiplient. Je ne vous oublie pas pour autant et je vais m’employer à mettre en ligne, pour VOUS, la suite de l’histoire à suspens que vous attendez impatiemment : « Paroles de pierre ». Je vous demande un peu de patience !

Pour ceux qui n’ont pas pu venir me rencontrer lors de la séance de dédicace de mon dernier thriller, « LA MURAILLE DES ÂMES », le 20 mai à la librairie Decitre, sachez que je vous consacre une journée entière SAMEDI 27 MAI 2017, de 10 h à 18 h à la librairie CULTURA  de Givors  (69700) 2 vallées. (prochain salon, en Ardèche, à Chalencon, le 23 juillet, toute la journée)

Pour vous-même ou pour l’offrir à l’occasion de la fête des mères ou de la fête des pères, ne manquez pas l’occasion d’un présent personnalisé. 

Lors de mes séances de dédicaces, les lecteurs de mes 2 premiers livres sont au rendez-vous car ils savent désormais qu’ils trouveront du suspens dans mes romans et une écriture qui les emportent jusqu’à un dénouement toujours surprenant. D’autres viennent me voir parce qu’on leur a recommandé mes livres. Imaginez le bonheur que c’est, pour moi, quand les lecteurs en redemandent ou qu’ils conseillent mes livres à leurs connaissances ! Certains me demandent s’ils peuvent faire une photographie avec moi… Joie indicible pour un auteur que ces moments-là !

Je vous adresse un grand merci à toutes et à tous car les lecteurs font les auteurs. Sans vous, rien ne serait possible.

Alors je vous donne rendez-vous samedi 27 mai à CULTURA. Mes 3 lires seront disponibles et je fixe un second rendez-vous qui ne saurait tarder (car la prochaine dédicace est au mois de juillet. Je vais pouvoir souffler et surtout écrire !) pour lire la suite de « Paroles de pierres » et bien d’autres récits, gratuits, en ligne.

Et pour celles et ceux qui résident trop loin des lieux de dédicace où je me trouve, souhaitons qu’un jour prochain, je repousse les lieux de rencontre avec mes lecteurs. Ce sera avec joie. En attendant, vous trouverez mes livres dans toutes les librairies en papier ou ebook.

Merci pour votre fidélité ! 

AUDREY DEGAL

 

 


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LA GRANDE MURAILLE

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Film à grand spectacle, LA GRANDE MURAILLE, avec en acteur vedette Matt Damon, avait bien des promesses à tenir.

Alors je dirais aujourd’hui, pour l’avoir vu : promesses partiellement tenues.

L’histoire :

Deux hommes sont poursuivis dans une contrée désertique chinoise et arrivent subitement au pied d’une gigantesque muraille. Ils n’ont pas le choix et y entrent. Là, on voudrait les exécuter mais l’un d’entre eux a un objet qui intrigue les résidents de la muraille (car la muraille n’est pas un mur mais un lieu d’habitation pour les soldats). La nuit précédente, il a été attaqué par une créature étrange à laquelle il a coupé une patte. On comprend dès lors que l’objectif auquel répond cette Muraille est la protection contre les attaques des ennemis et notamment de créatures effrayantes. Lors du premier assaut de celles-ci, le héros, Matt Damon, parvient à se délivrer et, au lieu de fuir, il prête main forte aux Chinois engagés dans une lutte terrible et sans merci. La femme qui commande le bataillon de cette partie de la muraille, apprécie son art du combat. De son côté, lui est ébloui par les techniques de défense qui sont déployées et surtout par la « poudre noire » qu’il est venue chercher en Chine. Tandis que son compagnon cherche par tous les moyens à voler cette poudre et à quitter la Muraille, le héros est tiraillé entre deux pôles : cette poudre explosive et la bataille. Finalement, il choisit de rester. Grandeur d’âme du personnage principal oblige. 

Comme d’habitude, je ne vous dévoilerai pas la fin pour ne pas vous priver de l’intérêt du film. 

J’ai particulièrement aimé la Muraille (mon dernier roman LA MURAILLE DES ÂMES déroule son action là-bas mais en un autre temps, au XXe siècle. J’avais donc un regard particulier envers ce film). Ainsi filmée, elle est grandiose et spectaculaire. Spectaculaires aussi sont les attaques et plus particulièrement le système de défense chinois. Fort bien imaginé ! 

L’intrigue quant à elle est banale mais le film se laisse voir. 

La fin m’a en revanche déçue. Non qu’elle soit inintéressante mais je l’ai trouvée facile. Pour ne pas trop vous en révéler, je dirais simplement que se débarrasser de l’élément principal pour que tout cesse, j’aurais aimé quelque chose de plus déroutant, de moins convenu. Cela résonne comme du déjà vu.

En conclusion, l’intérêt de ce film réside dans ses images, dans cette muraille impressionnante, et de ce côté on ne peut pas être déçu. C’est grandiose, les images sont parfaites. 

Ce film a déjà quitté les écrans de certaines salles, mais vous pourrez le voir en DVD. Privilégiez dans ce cas un grand écran. 

*******

Pensez à vous abonner au site et à partager pour le faire connaître. 

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Vous aimez lire, procurez-vous mes livres et notamment le dernier, un thriller policier de 384 pages, « LA MURAILLE DES ÂMES ». En librairie, même à l’étranger, donnez le titre, mon nom d’auteur, AUDREY DEGAL, éditions BoD, pour le commander en livre papier. Il est également disponible en ebook. à prix cassé pendant 4 semaines seulement. Résumé et extrait en page d’accueil du site.

 

Pour écoutez la présentation de « La Muraille des âmes » CLIQUEZ ICI

Pour commander « La Muraille des âmes » CLIQUEZ ICI

 Là encore, abonnez-vous à ma chaîne !

Merci, bonne lecture et bon films,

Le prochain article sera une nouvelle histoire. Un peu de patience !

Audrey Degal.


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VENEZ ME RENCONTRER ET DECOUVRIR MON DERNIER THRILLER

DECOUVREZ EN AVANT PREMIERE MON DERNIER ROMAN

UN THRILLER POLICIER DE 384 PAGES

« LA MURAILLE DES ÂMES », AUDREY DEGAL

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que j’aurai le plaisir de vous le dédicacer au salon du livre de BRINDAS (69) , montée de la Bernade, entrée gratuite,

de 10 à 18h.

« LA MURAILLE DES ÂMES »  ne sera disponible en librairie que d’ici environ 3 semaines. Alors profitez-en !

Je ne disposerai, à cette occasion que des 10 premiers exemplaires imprimés !

Voici la 4ème de couverture. 

Shany vient de vivre un drame qui a bouleversé sa vie. Désormais à la tête d’une importante entreprise, elle se réfugie dans le travail et décide finalement de partir en Chine avec son amie de toujours, Anna. Ce devait être la plus fabuleuse des destinations. Ce sera la plus imprévisible et la plus dangereuse. Et si elle n’avait pas fait ce voyage par hasard ! Et si on l’avait guidée jusque-là,  sans qu’elle s’en aperçoive ! Qui et pourquoi ? Le guide qui les accompagne est-il vraiment ce que l’on croit ? Que cache-t-il ? Dans les rues animées de Pékin, quelqu’un les suit. Leur veut-il du bien ou du mal ? La perspicacité de l’inspecteur Zhao permettra-t-elle à Shany et à Anna d’échapper au sombre destin que d’autres ont tracé pour elles et tiennent entre leurs mains.

Les arcanes de ce thriller emmènent le lecteur dans la Chine actuelle et plongent l’héroïne au coeur d’une intrigue où les superstitions côtoient le monde moderne. Et si l’explication de tout ce qui arrive était liée au passé de ce vaste pays mystérieux, aussi appelé l’Empire du Milieu. De la grande Muraille à la province du Sichuan, en passant par Pékin et la Cité Interdite, les 384 pages de ce roman vous tiendront en haleine. Vous serez happé, dès les premières pages par une lecture haletante et addictive. Les rebondissements vous emporteront jusqu’à un dénouement renversant !

SAUREZ-VOUS RESISTER A L’ENVIE DE LE LIRE ?

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Bien sûr mes deux autres livres, « LE LIEN  » et DESTINATIONS ETRANGES » seront aussi disponibles à cette occasion.

Un salon est toujours un grand moment pour un auteur. Ce face à face avec les lecteurs est l’occasion d’un échange de point de vue que j’apprécie particulièrement.

Je vous attends donc au salon du livre de Brindas,

A bientôt,

AUDREY DEGAL


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DONNE-MOI LA MAIN, 3e partie

Donne-moi la main, 3ème partie

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Résumé des épisodes précédents : Lola vit seule avec ses deux garçons depuis que son mari l’a quittée. Elle vient enfin de rencontrer un homme et nourrit des espoirs d’avenir avec lui. Il semble parfait. Est-il ce vraiment ce qu’il paraît être ?

Je suis désolée d’avoir mis tant de temps à publier cette suite mais la grippe m’a bien éprouvée. J’espère que de votre côté, lectrices et lecteurs, vous êtes en pleine santé.

*

            Deux mois ont passé. C’est vrai que l’argent n’est pas un problème. Il partage tout avec Lola qui doit se l’avouer : ils s’entendent vraiment bien. Il est sérieux, prévenant, gentil avec les enfants. Il les conduit à l’école quand il le peut, ils partent tous les quatre en week-end ensemble… La vie est belle ! Le soleil brille à nouveau. C’est si bon d’être à nouveau deux. Gabriel. Ce prénom résonne agréablement aux oreilles de Lola. Quand elle le prononce, il a une certaine saveur, celle des lendemains heureux.

            Lola vit toujours dans la maison qu’elle occupait avec son mari. Gabriel en a louée une six mois plus tôt, quand lui aussi s’est séparé. Ils passent des soirées chez l’un, ou chez l’autre. C’est si bon d’avoir quelqu’un à ses côtés. Et puis il le lui a dit : Je t’aime !

            Lola est heureuse. Elle rayonne. Fini de glisser, de tomber. Elle vit et il lui propose de vivre avec lui. Il faut réfléchir. C’est une décision importante. Qu’importe, il l’attendra !

Les vacances approchent et comme le temps a passé ils sont allés voir leurs parents respectifs. Ceux de Gabriel sont divorcés et Lola ne rencontre que la mère. La mère et son chat. Drôle de duo ! Elle est un peu bizarre, hypocondriaque en fait. C’est curieux, avec un fils médecin, d’autant plus qu’elle est dermatologue. Comme quoi l’inquiétude face à la santé n’épargne personne.

— Tu as enfin trouvé quelqu’un qui t’aime, dit la mère de Gabriel.

La remarque est étrange mais Lola aime Gabriel et cela se voit. Il se rendent dans les Alpes. Là, il la présente à ses amis. Eux aussi sont heureux de rencontrer celle pour qui le cœur du médecin s’enflamme. Ils l’apprécient aussitôt et trouvent qu’il a de la chance. Ils la comparent à la précédente et la trouvent mieux : plus gentille, plus attentionnée, plus stable. C’est bon signe !

Au retour de cette escapade, tous deux sont plus liés que jamais. Ils commencent alors à faire des projets. Le premier vient de lui.

— Je vais donner la dédite de mon appartement et m’installer avec toi.

Les yeux de Lola brillent. Elle accepte. Ils seront bien chez elle avec les enfants et puis outre le fait que ce sera plus simple, ils feront des économies.

Deux mois plus tard, avec l’aide des parents de la jeune femme, c’est le déménagement. Lola a fait de la place dans le garage pour caser ses meubles à lui, en attendant.

— En attendant quoi ? lui demande-t-elle.

— Tu as vécu ici avec ton ex. C’est notre chez nous provisoire. Nous allons nous trouver une location en attendant d’acheter une maison à nous. Et puis j’ai 37 ans. Un enfant de toit, après, ça me tente tu sais.

Une maison à elle, à eux ! Lola en a toujours rêvé mais cela ne s’est jamais concrétisé. Et voilà que lui y pense déjà. Un enfant, ce serait merveilleux  !Il est parfait ! C’est aussi l’impression qu’ont ses parents à qui elle l’a présenté.

— Il est gentil, doux, affectueux, il semble aimer notre fille.

— Et il a un bon métier, ajoute le père. C’est important. Manque d’argent, manque d’amour, c’est bien connu. Quelque chose semble te chagriner.

La mère de Lola semble effectivement perplexe.

— Je ne sais pas. Tout est trop beau, tout est allé vite et puis il est trop gentil, trop attentionné, trop un peu tout. Je lui cherche un défaut mais je n’en trouve pas.

— Il est peut-être parfait !

— La perfection en ce monde n’existe pas. Mais je m’inquiète peut-être à tort, ils ont l’air plutôt bien dans la maison qu’ils louent, les enfants aussi.

Un mois plus tard, Lola invite ses parents à se joindre à des collègues de travail, histoire de passer une belle journée au bord de la piscine. Gabriel s’occupe du barbecue et de ses invités. Lola l’aide et fait circuler les plats qu’ils ont préparé. Ambiance décontractée.

Dans la maison, des cartons de l’emménagement sont encore empilés et il y a du tri à faire. Comme ils ont beaucoup de matériel en double, il faudra se débarrasser d’un peu de vaisselle et de mobilier. Gabriel, qui n’est par du tout bricoleur, a quand même monté des armoires pour ranger le linge des enfants. Lola a apprécié.

Il est trois heures de l’après-midi quand la mère de Lola quitte la table et entre dans la maison. Elle a envie de s’isoler avant d’enfiler son maillot de bain pour aller se rafraîchir dans la piscine. Elle franchit le seuil et là, à la porte de la cuisine, elle trouve Lola en larmes.

— Mais que t’arrive-t-il, demande-t-elle inquiète.

— Rien !

La réponse est classique. Il est difficile de se confier. Mais finalement, à force d’insister, la mère parvient à lui faire exprimer la raison de son mal-être.

— J’ai peur, dit-elle.

— Peur de quoi ?

— Peur qu’il me quitte. Je ne m’en remettrai pas !

— Alors, fais tout pour le garder !

— Mais il y a autre chose !

— Quoi ? demande la mère.

— Il m’a appris qu’il n’avait pas rompu le PACS avec celle qu’il a quitté il y a quelques mois, qu’ils avaient acheté une maison ensemble, qu’elle n’est pas vendue et qu’il va entretenir régulièrement la propriété.

La nouvelle tombe comme un couperet. Ce que la mère de Lola craint est là : ce gars n’est pas parfait. Il cachait bien quelque chose. Elle se souvient de discussion qu’elle a eu avec lui, quand elle lui a demandé ce qu’il pensait de ceci, comment il envisageait cela. Sa réponse était souvent la même : un haussement d’épaules suivi de :

— Je ne sais pas !

Sa fâcheuse tendance à ne jamais se positionner lui revient tout à coup à l’esprit, comme celle de repousser au lendemain les choses, de n’avoir aucune opinion précise sur certains sujets. Ce gars, apparemment bien sous tous rapport, est en fait inconsistant, quelqu’un incapable de s’engager, un homme qui hésite en permanence. Elle voudrait que le temps lui donne tort, hélas, quinze jours plus tard, Lola en pleurs l’appelle :

— Maman, je crois qu’entre Gabriel et moi c’est fini !

— Mais ce n’est pas possible, vous avez emménagé ensemble il y a à peine un mois. Qu’est-ce qui te permet de dire ça ? demande la mère.

— Il dit qu’il m’aime mais qu’il ne sait plus où il en est, qu’il n’a pas ses repères dans cette nouvelle maison, qu’il est perdu dans ses idées.

— C’est normal, il faut du temps pour s’habituer à une nouvelle demeure, comme à tout changement de situation.

— Oui, mais il dit qu’il ne sait plus s’il veut rester avec moi ou s’il doit retourner avec elle, l’autre qu’il a quittée !

La mère croit défaillir. Lola a quitté son logement il y a à peine un mois et voilà qu’il lui faudrait tout recommencer. La situation, ubuesque, lui paraît impossible.

— Il veut réfléchir, continue Lola.

— Qu’il le fasse vite alors ! Tu ne vas pas rester là à attendre que monsieur ait décidé.

Pendant les jours qui suivent, Lola ne cesse de pleurer. Elle choisit de vivre momentanément chez ses parents avec ses deux fils. Rester dans cette maison, louée avec lui, est une torture. Chaque pièce, chaque meuble lui rappelle les bons moments qu’ils ont passé entre ces murs, moments éphémères.

Elle attend. Il l’appelle, la rassure parfois. Elle espère alors, certaine qu’il la choisira elle. L’autre, il l’a déjà quittée une fois. Elle le faisait souffrir et l’avait trompé, considérant que dans un couple, chacun doit être libre.

— Ne t’en fais pas Lola, il ne peut pas retourner avec elle ou alors il est fou ! Elle l’a déjà trompé une fois, elle recommencera. En plus elle ne l’aimait pas. À ce que tu dis et il ne supportait pas ses deux filles. Seul un malade retournerait entre les bras de cette prédatrice.

Lola acquiesce. Elle sait tout cela, mais l’attente est une plaie ouverte. Ses yeux bleus se baignent en permanence dans d’innombrables larmes comme une rivière que l’on ne peut assécher. Elle croit revivre le moment où son mari l’a quittée. Ce gouffre de l’existence, elle le connaît, elle y est déjà tombée. Elle glisse, elle essaye de s’accrocher mais les parois sont lisses et la chute, lente, ne peut être freinée. Elle regarde vers le haut et croit voir de la lumière. Tout n’est pas perdu. Il n’a pas encore choisi. Elle doit espérer. Elle repense aux paroles de la mère de Gabriel « Enfin quelqu’un qui t’aime ! ». Cela signifie que sa rivale ne l’a jamais aimé. Il va s’en apercevoir, il va comprendre, il va tirer un trait sur ce passé, une fois pour toutes ! Il rompra le PACS, vendra la maison et l’oubliera. C’est ce qu’il a de mieux à faire !

Il est tard, Lola est avec Gabriel, dans la maison. Ils doivent parler ! Il a réfléchi, pesé le pour et le contre. Le téléphone sonne.

Vous pourrez lire la fin de ce récit la semaine prochaine. En attendant abonnez-vous en quelques clics et n’hésitez pas à vous plonger dans mes deux livres déjà publiés disponibles ici, https://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&url=search-alias%3Daps&field-keywords=audrey+degal ou sur internet ou dans n’importe quelle librairie, même à l’étranger. 

Mon 3e roman,« La Muraille des âmes », un thriller policier de 400 pages sort en février 2017. En avant première, je vous dévoilerai la couverture, je vous ferai parvenir un résumé et les premières pages. Pour bénéficier de cela il faut être abonné au site. C’est gratuit ! Allez-y. 

Audrey Degal.

 


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A SAVOURER SANS MODERATION !

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Aujourd’hui, chers lecteurs, j’ai choisi de vous faire goûter un délice et je me mets exceptionnellement en retrait en tant qu’auteure. En effet, je me dois de vous faire profiter de quelques bonheurs de la langue française ou de la littérature et c’est sur Jean D’Ormesson et cette perle que mon choix s’est porté. 

Bien entendu, je reviens très prochainement auprès de vous pour vous proposer de nouvelles histoires (dans une registre un peu différent, pour mieux vous étonner) mais je suis très prise par la sortie imminente de mon 3ième roman, actuellement en phase de correction avant édition. Il s’appellera finalement La Muraille des âmes. Un thriller policier de plus de 350 pages pour vous que vous reteniez votre souffle jusqu’au dernier moment.  

Si vous souffrez d’un manque de lecture, vous pouvez, en attendant vous procurer mes deux précédents livres disponibles partout (Fnac, Amazon, librairies… livre papier ou ebook) ou en cliquant  sur l’un des deux liens ci-dessous :

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Bonne lecture !

AUDREY DEGAL

Que vous soyez fier comme un coq,

Fort comme un boeuf,

Têtu comme un âne,

Malin comme un singe ou simplement un chaud lapin,

Vous êtes tous, un jour ou l’autre,

Devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.

Vous arrivez à votre premier rendez-vous

Fier comme un paon

Et frais comme un gardon

Et là, … pas un chat !

Vous faites le pied de grue,

Vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin.

Il y a anguille sous roche

Et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard,

La tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon,

Vous l’a certifié : cette poule a du chien, une vraie panthère !

C’est sûr, vous serez un crapaud mort d’amour.

Mais tout de même, elle vous traite comme un chien.

Vous êtes prêt à gueuler comme un putois

Quand finalement la fine Mouche arrive.

Bon, vous vous dites que dix minutes de retard,

Il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard.

Sauf que la fameuse souris,

Malgré son cou de cygne et sa crinière de lion

Est en fait aussi plate qu’une limande,

Myope comme une taupe,

Elle souffle comme un phoque

Et rit comme une baleine.

Une vraie peau de vache, quoi !

Et vous, vous êtes fait comme un rat.

Vous roulez des yeux de merlan frit,

Vous êtes rouge comme une écrevisse,

Mais vous restez muet comme une carpe.

Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez,

Mais vous sautez du coq à l’âne

Et finissez par noyer le poisson.

Vous avez le cafard,

L’envie vous prend de pleurer comme un veau

Ou de verser des larmes de crocodile, c’est selon.

Vous finissez par prendre le taureau par les cornes

Et vous inventer une fièvre de cheval

Qui vous permet de filer comme un lièvre.

Ce n’est pas que vous êtes une poule mouillée,

Vous ne voulez pas être le dindon de la farce.

Vous avez beau être doux comme un agneau

Sous vos airs d’ours mal léché,

Il ne faut pas vous prendre pour un pigeon

Car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.

Et puis, ça aurait servi à quoi

De se regarder comme des chiens de faïence.

Après tout, revenons à nos moutons :

Vous avez maintenant une faim de loup,

L’envie de dormir comme un Loir

Et surtout vous avez d’autres chats à fouetter.

Texte de Jean d’Ormesson

 


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L’ENVERS DU DECOR, 1ère partie.

L’ENVERS DU DECOR, 1ère partie

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            Dissimulée derrière le mur de sa chambre, Marie Rose observait chaque mouvement de cet homme, cet intrus. Il était là, assis à quelques mètres d’elle, à fouiller dans les tiroirs, à consulter des dossiers, à regarder des photos, à s’imprégner de sa vie à elle… Ses tiroirs à elle, ses dossiers personnels à elle, les photos de son passé, tout y passait. Que cherchait-il ? Pourquoi ? Comment était-il entré chez elle ?

            Il n’avait pas bougé depuis une heure et, sous le faisceau de la lampe qu’il avait éclairée puis orientée pour la diriger vers une zone limitée, il examinait tout ce qui lui paraissait intéressant. Mais que pouvait-il bien vouloir ? Pour elle, c’était une irruption dans sa vie privée, une violation de son intimité. Que faire ? Devait-elle lui dire de s’en aller ? Devait-elle le chasser ? Oserait-elle avancer vers lui pour lui parler ?

        Quand elle était dans sa chambre, elle se regardait par intermittences dans le miroir qui semblait lui dire qu’elle n’était pas assez forte pour lutter. Elle mesurait à peine un mètre cinquante-huit mais ce petit bout de femme désormais âgé de quatre vingt-deux ans avait été une créature terriblement belle. Si les rides qui creusaient désormais son visage avaient progressivement atténué l’éclat et la pétillance de son regard bleu, jamais elles n’avaient évincé sa beauté. Personne ne s’y trompait : elle avait été ravissante et bien des cœurs avaient dû se briser sur les récifs de l’amour qu’elle avait voulu ou non leur porter.

            Tenant fermement le chambranle de la porte comme s’il pouvait la protéger, c’était à peine si elle osait respirer. Elle ne craignait pourtant pas d’être débusquée puisqu’elle savait pertinemment qu’il la voyait. Il était dans sa maison à elle, ce parfait étranger, il s’y déplaçait, faisait ce qu’il voulait et à cet instant-là, il était dans son fauteuil personnel à s’imprégner de la vie de son hôtesse forcée.

            Par moments, il lui jetait un regard, en biais. Parfois, il lui adressait un sourire, narquois. Mais il continuait ce qu’il entreprenait, ne redoutant jamais l’intervention de Marie Rose qui l’épiait comme si c’était elle qui profanait l’espace privé de cet homme.

            – Il est chez moi ! se répétait-elle comme pour s’en convaincre. Il doit avoir une clé sinon comment ferait-il pour entrer sans faire de bruit !

            Comme à chaque fois qu’elle le découvrait, il s’était glissé dans sa maison en silence, sans effraction et sans porter atteinte à la paix du foyer. Cela faisait déjà deux mois qu’il naviguait dans sa demeure à elle, deux mois qu’il se l’appropriait sans vraiment y habiter. Certes il s’installait parfois dans le bureau, parfois dans la cuisine, d’autres fois au grenier où elle l’entendait marcher. Peut-être faisait-il les cents pas dans cette pièce du second étage de la maison ! Dans quel but ?

            Dans une autre pièce, le mari de Marie Rose, Sigi, dormait, paisiblement. Rien ne l’avait alerté. Il n’avait jamais croisé l’intrus et n’en soupçonnait même pas l’existence. Même si elle avait repéré le manège de l’individu depuis le début, Marie Rose n’en avait jamais parlé. Et si on la croyait folle ! Elle avait choisi de l’observer et de se taire jusqu’à ce jour où il avait voulu la chasser !

*

            Contre toute attente, il s’était adressé à elle, il lui avait parlé :

            – Tu dois partir Marie Rose. Ici c’est chez moi désormais. Tu ne peux pas rester !

            Jamais, auparavant il ne l’avait interpellée. Il était loin d’elle, il faisait nuit, il était trois heures du matin et Sigi dormait. L’intrus était dans le bureau, encore une fois, et il avait allumé l’ordinateur. Comme à l’accoutumée, elle l’avait entendu et s’était levée. Elle dormait souvent mal. Elle avait entrebâillé la porte et l’avait espionné. Mais il s’était adressé à elle, la tutoyant de façon effrontée.

            Sous l’emprise de la panique, elle s’était mise à suffoquer avait fait demi-tour puis avait refermé sa chambre et dans son lit, sous les draps avait tenté d’oublier qu’il lui avait parlé.

            – Et s’il est encore là au petit jour ! pensa-t-elle. Que devrai-je faire ?

            Cette nuit-là, elle prit une décision, la décision qui allait tout faire basculer : elle ne pouvait plus se taire. Il lui fallait partager ce secret. Mais comment avouer qu’un étranger s’est installé chez vous et qu’il tente de vous chasser surtout quand on est la seule, nuit après nuit, à s’en apercevoir et à s’en inquiéter ?

            Il faut dire qu’au début, il surgissait toujours dès que la maison était plongée dans l’obscurité, alors qu’elle et son mari dormaient. Puis vint le moment qu’elle avait toujours redouté où, au beau milieu de la journée, alors qu’elle rentrait du jardin, elle le trouva attablé, à savourer le saucisson qu’elle avait acheté et à émietter le pain que Sigi avait fait. Ensuite, il s’était levé et avait quitté la cuisine sans même débarrasser, laissant tout en place et la surface carrelée de la table souillée de salissures. Il était passé devant elle, la toisant d’un regard fier puis il s’était retiré au grenier. Elle le soupçonnait de s’être établi là. D’ailleurs elle n’osait plus y monter.

            La scène s’était reproduite maintes fois, tandis que Sigi était occupé à la cave, à bricoler. Qui était cet individu qui s’invitait de plus en plus souvent chez elle ? Il utilisait tout ce qui s’y trouvait : toutes les pièces, la machine à café, le téléphone même si elle ne l’avait jamais entendu appeler. Il déplaçait sans cesse les objets et elle passait ensuite des heures à tenter de les retrouver, quand il ne les avait pas jetés à la poubelle, cherchant probablement à la défier. Bien entendu, Marie Rose portait des lunettes qu’il prenait un malin plaisir à cacher. Elle s’en agaçait. Elle les retrouvait tantôt avec les couverts, tantôt dans le réfrigérateur, tantôt dans l’armoire à linge… Elle allait bientôt craquer. Plus qu’une intrusion, c’était une véritable guerre des nerfs et elle n’était pas de taille à lutter.

            Un jour, comme Sigi l’attendait dans la voiture dont le moteur tournait, elle arpentait la maison, cherchant son sac à main qu’il lui fallait emporter. Hélas, il avait été déplacé. Un coup de klaxon lui rappela que son mari s’impatientait. Cinq minutes plus tard, ce dernier la rejoignit quelque peu irrité :

            – Mais qu’est-ce que tu fais ? Cela fait une heure que je t’attends !

            – Une heure, se moqua-t-elle, tu as le don d’exagérer !

            – Pourquoi fouilles-tu de partout ?

            – Je cherche mon sac !

            – Je l’ai vu, là, tout à l’heure, dans la niche du living où tu l’avais posé. Regarde bien, il doit y être.

            – Il y a peut-être été mais il n’y est plus.

            – Où l’as-tu mis alors ?

            – Si je le savais, je ne serais pas en train de le chercher.

            Dix minutes plus tard, le sac réapparaissait, tiré de la corbeille à linge sale.

            – Et tu peux me dire ce qu’il faisait là dedans ? remarqua Sigi exaspéré.

            Marie Rose éluda la question, trop profondément ébranlée. Elle s’engouffra dans la voiture et fit tout le trajet en mode muet.

*

            Pendant la soirée, elle se décida à parler ou du moins à suggérer délicatement à Sigi qu’elle était quotidiennement confrontée à quelque chose d’étrange qui la dépassait. Elle ne pouvait plus se taire et la peur l’étreignait, de plus en plus terrible.

            – Sigi, je peux te parler ?

            – Quoi ? fit-il, absorbé par le western qu’il connaissait par cœur mais qu’il adorait. Tu vois Mimie, des acteurs comme John Wayne, on n’en fait plus !

            – Sigi, à propos du sac tout à l’heure…

            – Oui, eh bien ?

            – Je l’avais bien rangé dans la niche du living, comme d’habitude.

            – Il ne s’est pas envolé tout seul tout de même !

            – Non, bien sûr, mais il a été déplacé.

            – J’adore ce passage où il retrouve sa fille enlevée par les Indiens.

            – Quelqu’un l’a déplacé. Il y a quelqu’un avec nous dans la maison.

            – Tu vois, au moins ça bouge. Ce n’est pas comme dans les films d’aujourd’hui où ils ne font que discuter et discuter pour ne rien dire d’ailleurs.

            – Tu as entendu ce que je viens de te dire ? s’inquiéta-t-elle.

            – Oui, bien sûr, ton sac a été déplacé. Mais je t’assure que ce n’est pas moi. Tu as dû le poser ailleurs sans t’en rendre compte. Ce n’est pas grave, ça peut arriver ! Laisse-moi regarder la fin de mon film.

            Marie Rose tourna les talons, dépitée. Soudain elle sursauta.

            – Tu vois, Marie Rose, il vaut mieux t’en aller, lui murmura à l’oreille l’étranger en la frôlant aussi légèrement que s’il l’eût caressée.

            Elle voulut le suivre mais parvenue dans la cage d’escaliers elle dut se rendre à l’évidence : il s’était déjà retiré. Débordée par l’émotion, elle se mit à pleurer. Elle se sentit plus seule que jamais, coincée entre un époux qui ne l’avait pas entendue et cet intrus qui l’importunait de plus en plus. Elle redouterait la prochaine nuit, de crainte qu’il ne vînt encore la peupler de sa présence indésirable, de son pas pesant au grenier.

            À 22 heures elle partit se coucher après voir avalé deux comprimés qui l’aideraient à oublier, pour quelques heures seulement, les douleurs lancinantes de ses hanches. Il était deux heures du matin lorsqu’elle sentit un souffle sur son visage puis sur sa nuque. Elle ouvrit les yeux et le vit penché au-dessus d’elle, plus près que jamais et elle plus vulnérable encore. Elle se redressa tandis qu’il se retirait. Elle le suivit. Il s’était arrêté, là, au milieu du couloir de l’étage. Elle ne voyait que son dos. Elle se demandait ce qu’il allait faire. Elle était partagée entre le terreur et le désir ardent de savoir ce qu’il lui voulait vraiment. S’il avait voulu l’agresser, ce serait déjà fait depuis longtemps ! Soudain, là, dans le mur, une porte s’ouvrit, que l’étranger franchit et qui disparut aussitôt pour à nouveau laisser apparaître la tapisserie qu’elle avait toujours connue. Alors, elle poussa un cri.

            – Mimie ? s’inquiéta Sigi qui dormait dans l’autre chambre.

            Un instant plus tard, il était auprès d’elle.

            – Qu’est-ce que tu as ?

            Elle tendit le bras et désigna le mur.

            – Il y a une porte ici, assura-t-elle, la voix chevrotante.

            – Une porte ? Ce n’est qu’un rêve ! Touche, c’est le mur, le mur du couloir, le même que d’habitude.

            Et il lui prit la main, comme à une enfant et lui faisait tâter la surface dure et tapissée.

            – Non ! Il y avait une porte et il est passé de l’autre côté.

            – Qui ? Enfin Mimie, il est deux heures et je suis fatigué. Tu vois bien qu’il n’y a pas de porte. Tu as fait un mauvais rêve, c’est tout. Allez, va te recoucher. Tout ira mieux demain.

            Et il la reconduisit dans sa chambre. Elle se coucha et Sigi l’imita quelques instants après s’être assuré qu’elle était apaisée. Elle avait fermé les yeux sans parvenir à trouver le sommeil, se rappelant des nuits de son enfance au cours desquelles elle redoutait la venue de monstres issus de ses lectures ou de son imagination fertile. Peu de temps avant le lever du jour, elle était à nouveau debout à observer l’intrus qui, dans sa salle de bains, était en train de se raser. Il la fixa dans le miroir avant de répéter :

            – Je te l’avais dit, tu ne dois pas rester ici ! Il faut partir ! Tu ne peux pas lutter !

            Elle n’avait plus de larmes à verser. Elle le regarda, impassible, fatiguée et tout à coup elle pensa au fusil que Sigi avait acheté et qui attendait, dans l’armoire de la chambre, entouré d’un linge. Elle se sentait prête à commettre un crime !

La suite très bientôt. Partagez avec vos amis ! 

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Le roman (THRILLER) « LA MURAILLE AUX DEUX VISAGES » a pris un peu de retard mais il devrait sortir avant Noël. Et bientôt, le 15 octobre de 16 H à 18 H, une nouvelle séance « rencontre et dédicace » chez Decitre à Saint Genis Laval. 

Merci de votre fidélité !

Audrey Degal


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Littérature médiévale, « Raoul de Cambrai », suite

Gautier veut venger son oncle Raoul, mort au combat. Il attaque Bernier. Guerri est fait prisonnier puis délivré. Autant j’avais insisté pour vous faire comprendre que Raoul était un chevalier sous l’emprise du furor guerrier, un chevalier qui ne recule devant rien, ni la douleur physique, ni le blasphème, ce qui au Moyen Ages est choquant, autant Bernier incarne l’homme sage par excellence. Certes il rend les coups qui lui sont portés mais il tente toujours d’apaiser les querelles, il cherche à parler à ses adversaires, à leur faire entendre raison. Aussi plutôt que le sacrifice de bien des hommes, il propose ce ci à Gautier :

CCI

Se dist B[erniers] : « Gautelet, or m’enten.

tu m’aatis par ton fier hardement;

j’en ai le cuer correcié et dolent.

Don ça ta main : je t’afi loialment

qe avec nos n’avera plus de gent

ne mais qe deus qi diront seulement

a nos amis le pesant marement. »

Ce qui signifie : Bernier dit :  » Gautier, écoute-moi. Ta cruelle vaillance t’a poussé à me provoquer et j’en ai le coeur triste et je souffre. Donne-moi la main ; j’affirme loyalement qu’il n’y aura avec nous que deux hommes pour dire à nos amis la triste nouvelle ».

Cette nouvelle consiste a annoncer lequel de Bernier ou de Gautier trouvera la mort lors d’un duel. Au Moyen Age, le duel judiciaire est placé sous le signe de Dieu ainsi que j’en ai déjà parlé plus haut. Le duel ou encore les tournois sont faits pour épargner la vie des hommes puisque seulement deux hommes sont engagés. Les tournois étaient des façons de prouver la vaillance des chevaliers qui n’avaient ainsi plus à se faire la guerre. Ainsi, les lignages cessaient de s’affronter. Ici, il est question d’un duel entre Gautier et Bernier. Gautier se livre ensuite à une pratique pieuse qui consiste à s’attirer la bienveillance divine ainsi que le précise l’éminente spécialiste en la matière, Micheline de Combarieu du Grès dans sa thèse, page 469. Gautier se rend dans une abbaye, seul et s’y prosterne. Il assiste au vêpres, aux matines… Puis, le jeune chevalier se consacre à un rituel peu commun :

CCIII

Li bon espiés ne fu pas oublïés :

grans fu li fers, si est bien acérés –

en son(c) estoit uns penonciaux fermez.

Sifaitement s’en est Gautiers tornez.

Soventes foiz c’est l’enfes regardez :

lons fu grailes, pacreüs et moulez –

ne se changast por home qi soit nez.

Ce qui signifie :Gautier n’oublie pas son excellent épieu au fer grand et affuté, au bout duquel un pennon était fixé (Gautier est sur son destrier). Il se prépare alors : il se regarde et se trouve grand, svelte, d’une taille intéressante et bien proportionné. Il ne se serait échangé avec personne au monde.

J’imagine vos regards amusés en lisant ceci. En effet, les chevaliers sont beaux et leur côté narcissique ressort particulièrement bien dans cet extrait. Il doit être beau pour se présenter à Dieu s’il venait à mourir. Mais au Moyen Age le beau n’a pas seulement cette valeur esthétique que nous lui reconnaissons aujourd’hui. Le beau est le reflet de l’âme et témoigne de la pureté de l’être. On retrouve le même phénomène plus tard, chez Shakespeare à propos de l’amour que se vouent Roméo et Juliette. ils s’aiment, ils sont beaux par conséquent leur âme est pure, le beau reflétant une beauté intérieure.

Puis le combat entre Gautier et Bernier a lieu, acharné bien évidemment, violent – il ne saurait en être autrement -. Les pierres précieuses volent sous les coups et le jongleur est très précis lorsqu’il dit « qe deus cenz mailles en f[ai]t jus trebuchier » c’est-à-dire qu’il voit deux cents mailles du haubert sauter. Le sang coule, qui fascine l’homme du Moyen Age auquel le jongleur est train de « débiter » ce texte.
Les témoins présents à ce combat trouvent que tout ceci devient trop violent alors que finalement ils ne sont pas ennemis à l’origine. Mais il est hors de question qu’ils deviennent sages. Il décident eux aussi de se joindre au combat. Ainsi, Guerri tue Aliaume du camp de Bernier. Guerri est accusé de trahison car à l’origine le combat ne devait opposer que Gautier et Bernier. Guerri accusé de trahison par Bernier fonce sur ce dernier pour le frapper car il n’accepte pas d’être traité de traître. Toutefois il ne peut porter de coups à Bernier puisque Gautier avait juré que le duel ne concernerait que Gautier et Bernier. Ce serait renier la trêve. Alors Gautier raccompagne Bernier que Guerri ne peut toucher. A part Aliaume, personne n’est mort mais isl sont tous bien blessés.

Puis l’empereur donne un dîner à la laisse 223. Tous les barons sont conviés dont Gautier et Bernier. Alors qu’on apporte un plat de venaison, Guerri prend le plus gros os du cerf servi et frappe Bernier à la tempe avec son arme improvisée et offensante. C’est un affront suivi d’une bataille générale. Gautier menace les autres avec un couteau, d’autres s’emparent de perches… Les serviteurs les séparent et les mènent devant l’empereur Louis. Celui-ci veut savoir qui a commencé et menace de punir le responsable. Guerri est désigné qui ne se laisse pas pour autant intimidé puisqu’il déclare au roi :

CCXXV

« Drois empereres, ci a grant mesprison.
Se Dex m’aït, ne valez un bouton ! »

Ce qui signifie : « Mon grand empereur, c’est un outrage. Devant Dieu, vous ne valez plus rien ! »

Il clame ensuite que le clan de Bernier est responsable de la mort de Raoul et que personne n’a été puni pour cette perte. Il demande donc au roi de lui accorder un duel contre Bernier pour tuer celui qu’il n’évoque qu’en terme de « bâtard » et à l’époque c’est une insulte suprême. Gautier n’est pas d’accord. Il estime que c’est lui qui doit tuer Bernier. Aussi, sans rien demander à personne, Gautier va s’équiper pour combattre tandis que le roi fait apporter les saintes reliques à l’occasion du combat. Or, dans cette chanson de geste, peu de miracles sont évoqués. Le scribe s’en est peut-être rappelé et il choisit ce moment pour mettre en valeur le regard divin porté sur ce combat.

CCXXVIII

Saintes reliqes i fait li rois porter,
en un vert paile desor l’erbe poser.
Qi dont veïst le paille venteler,
et les reliqes fremir et sauteler,
de grant mervelle li poïst ramenbrer.

Ce qui signifie : Le roi fit apporter les saintes reliques déposées à terre sur une étoffe de soie verte. Si vous aviez vu l’étoffe se soulever, agitée par le vent. Les reliques frémissaient et tressautaient. Vous auriez gardé en mémoire ce grand miracle.


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13 à table ! Les Restos du coeur

J’en ai entendu parler. C’était pour la bonne cause… je j’ai acheté :
« 13 à table », Les restaurants du coeur

Comment, quand on aime lire, ne pas joindre l’acte d’achat à l’agréable ? Avec 13 à table », pour chaque livre acheté trois repas seront distribués. J’aime l’idée. Je vous invite donc si vous ne l’avez pas encore acheté à vite rectifier cette erreur ! Ne nous montrons pas égoïstes surtout à l’approche des fêtes. Etre heureux c’est aussi vouloir aider les autres. Quoi ? Vous murmurez ? Il me semble vous entendre dire : « Je vais l’acheter » ou « Plus tard » ou « Il faut que j’y pense »…
Non, non, on ne remet pas au lendemain ce que l’on peut faire aujourd’hui c’est-à-dire que l’on ne rentre pas chez soi sans avoir fait la démarche d’acheter ce petit livre (5 modestes euros) même s’il faut faire un détour. Et puis dites-vous qu’ensuite, une fois cette bonne action accomplie, vous serez content, voire fier…
Je vous disais donc que j’ai acheté « 13 à table », ce recueil de nouvelles. Il faut dire que des pointures de l’écriture se sont mises au travail pour réaliser ce livre. Je n’en citerai que quelques-unes : Musso (je vous ai déjà parlé de lui), Levy, Bourdin, De Rosnay… Etant donné le titre, j’imagine que chaque auteur a écrit une nouvelle relative à un repas et que chacun l’a rédigé à sa sauce, si j’ose dire. Et bien non ! Il n’est pas toujours question de repas.
Donc je prends mon livre, je tire mon voltaire, je cale un coussin dans le creux de mes lombaires et je tourne les premières pages, prête pour le décollage. Sauf que je n’ai pas encore décollé.
La raison ! Je commence par lire le début (je ne suis pas une originale vous direz-vous) avec l’histoire de Françoise Bourdin « Olympe et Tatan ». Je trouve le titre ringard mais après tout il se cache peut-être quelque saveur là-dedans. Un repas de Noël, une invitation, les vieux griefs que tous se vouent dans une famille qui font surface, l’hypocrisie est de la partie et tout ce beau monde se sépare. Fin du récit. Bon, rien d’exceptionnel. Je ne ressens pas le plaisir de la lecture. Qu’à cela ne tienne : un recueil de nouvelles permet une lecture dans le désordre aussi je me propulse à la page 147 pour lire la nouvelle de Musso « Fantôme ». Le titre suscite d’emblée ma curiosité. Premières pages : ça commence pas mal : une femme qui apprend deux bonnes et une mauvaise nouvelle. Elle enquête car elle a rencontré un fantôme. Je suis emportée par le récit, je lis, j’avance. Tiens, me dis-je soudain en jetant un oeil sur les pages 174 et 175 qui se font face, l’histoire s’achève dans quelques lignes. Mais comment tout ceci peut-il être bouclé si vite ? Comment l’énigme va-t-elle être résolue ? Seul un maître dans l’art décrire peut, en quelques paragraphes, mener l’intrigue à son terme de façon exceptionnelle. Hélas, trois fois hélas. L’exceptionnel ne plane pas en cette fin de « Fantôme » et je suis restée sur ma faim, face à un sentiment d’inachevé, de bâclé, de récit écrit à la « je m’en débarrasse ». Quelle déception ! Je me retranche alors chez Lévy que je n’apprécie pas toujours mais bon. Certains de ses romans m’ont permis de m’évader. Le titre « Dissemblance », présente une histoire essentiellement dialoguée. Le thème de la discussion ? Devinez ! La dissemblance de deux êtres et le pourquoi de leurs différences. Sauf que (encore une fois) la deuxième page lue on a compris où l’on allait arriver et force est de constater que je ne me suis pas trompée. Décevant ! Inintéressant !
Alors direz-vous et les autres histoires ? Je dois les lire mais je me demande si ce ne seront pas simplement des lignes juxtaposées, sans réel intérêt narratif.
La critique est aisée, l’art est difficile, c’est vrai et vous pouvez me trouver bien présomptueuse d’oser tirer sur ces auteurs rompus au « best seller ». Peut-être mais il me semble que soit j’en demande trop et l’essentiel est de faire des bénéfices pour les restos du coeur, ce qui est tout à fait louable, soit ils se moquaient du récit et de la qualité de leurs intrigues qui de ce fait est passée à la trappe. Après tout, ils n’en tiraient pas de bénéfice. Sont-ils excusables pour autant ? Je vous laisse le soin de trouver votre réponse à cette question.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je vous demande malgré tout d’acheter ce livre « 13 à table » car tous les goûts étant dans la nature, peut-être aimerez-vous ! Mais plus loin que ces histoires ce sont les repas qu’il faut voir à l’horizon car ne pas manger ou mal manger quand en plus il fait froid c’est tout simplement atroce et l’indifférence ne doit pas animer les hommes du XXIème siècle que nous sommes.

Je terminerai cet article en disant simplement qu’il m’aurait bien plu, à moi, d’offrir un récit concocté pour l’occasion au profit des Restos du coeur et d’apparaître dans « 13 à table ». Mais on ne m’a rien demandé, logique, je ne suis personne. Décidément, les voies de l’édition sont impénétrables !


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« Raoul de Cambrai », suite de l’histoire médiévale

Dans la laisse précédente, dame Aalais avait maudit son fils Raoul qui refusait d’écouter ses conseils et voulait provoquer la guerre des lignages afin d’obtenir des terres.

Bien sûr aussitôt la malédiction proférée elle le regrette amèrement, craignant qu’elle ne s’accomplisse. Elle se rend dans une église, se prosterne les bras en croix devant le crucifix et dit :

LV

« Glorieus Diex qi en crois fustes mis,

si con c’est voirs q’al jor del venredi

fustes penez qant Longis vos feri,

por pecheors vostre sanc espandi,

ren moi mon filg sain et sauf et gari.

Lasse, dolante, a grant tort l’ai maldi !

Ja l’ai je, lase, si doucement norri !

Se il i muer, bien doit estre gehi,

ce iert mervelle s’au coutel ne m’oci ! « 

Ce qui signifie :

55

Dieu qui fûtes mis en croix, s’il est véridique que le Vendredi vous avez souffert sous le coup de Longin (il s’agit du nom du soldat qui infligea le coup de lance au Christ) et répandu votre sang pour nous qui sommes des pêcheurs, rendez-moi mon fils sain, sauf et entier. Je suis une misérable et j’ai fait une folie en le maudissant alors que je l’ai tendrement élevé. S’il meurt, personne ne peut dire le contraire, seul un miracle m’empêcherait de mettre fin à mes jours, de me tuer d’un coup de couteau. »

Comme vous le voyez, dans la littérature médiévale, on aime les extrêmes tant dans les paroles que dans les actes. Les personnages n’aiment pas le milieu, les positions non tranchées. Aalais maudit son fils ( violence verbale) et le regrette, implorant Dieu de l’écouter, menaçant même de mettre fin à ses jours (violence verbale à nouveau). Vous remarquerez aussi que l’orthographe des mots en ancien français fluctue. En effet, l’orthographe, en tant que graphie, n’est pas encore fixée et les scribes écrivent certains mots d’un façon, puis d’une autre… C’est le cas du mot fils, écrit ici en ancien français « filg » (voir la laisse ci-dessus) et que vous avez déjà vu différemment écrit.

Raoul reste sourd aux conseils de sa mère et part en guerre, donnant l’ordre de tout brûler sur le passage de ses troupes. Comme les chevaliers de cette époque, il est alors sous l’emprise de ce que l’on appelle le « furor guerrier ». Cela signifie qu’il ne se maîtrise plus vraiment, qu’il cherche l’apaisement dans la violence, qu’il est déterminé et incroyablement fort. On affectionne aussi les insultes, au Moyen Age. Rien ne l’arrêtera. Il se rend à Origny.

LXII

« Li quens R[aous] fu molt desmesurez.

« Fil a putain – ce dist li desreez –

je commandai el mostier fust mes trez,

tendus laiens, et li pommiaus doreiz. »

Traduction :

62

Le comte Raoul avait perdu toute sagesse.

« Fils de pute, dit l’insensé, j’ai ordonné que ma tente aux pommeaux dorés soit installée à l’intérieur de l’abbaye ! »

Les paroles de Raoul sont jugées scandaleuses, Guerri le lui fait remarquer. On ne dresse pas sa tente à l’intérieur d’une abbaye. Finalement, la tente est dressée sur l’herbe, à l’extérieur. Mais Raoul ordonne de démolir Origny. Les nonnes évacuent l’abbaye. Parmi elles, Marsent, la mère de Bernier qui est devenu l’ami de Raoul lequel l’a adoubé. Marsent s’adresse à Raoul et implore sa pitié, lui demandant de les épargner. Il accède à sa demande mais certains de ses soldats veulent piller Origny. Deux sont tués et le dernier, sauf, revient auprès de Raoul, disant que les gens d’Origny sont riches, orgueilleux et cruels. Il prétend que les habitants ont mis en pièce les deux soldats. Raoul qui a perdu tout discernement le croit et déclare :

LXVIII

A vois c’escrie : « Ferez, franc chevalier –

je vuel aler Origni pesoier !

Puis q’il me font la guere comencier,

se Diex m’aït, il le comparront chier ! »

Traduction :

68

Raoul s’écria :  » Frappez, nobles chevaliers ! Je veux aller réduire Origny à l’état de ruines. Puisqu’ils m’ont obligé à commencer la guerre, je jure devant Dieu, qu’ils vont le regretter ! »

Ses hommes s’arment, enfilent les hauberts : l’attaque va commencer. Raoul ordonne que l’on mette le feu :

« Baron, touchiés li fu ! » (laisse LXIX)

Même des enfants périssent dans les flammes. Raoul avait pourtant promis à Marsent d’épargner les gens d’Origny. Il renie en cela sa promesse. La ville s’embrase et Raoul va commettre l’irréparable.

Je vous le raconterai une prochaine fois. A bientôt !


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Pierre Bordage, « Ceux qui osent »

PIERRE BORDAGE, « CEUX QUI OSENT »

Voici la dernière partie des aventures de Jean et de Clara.

La guerre, qui  menaçait le pays d’Arcanecout (pays libre et idéal) où s’étaient réfugiés les héros en compagnie de leurs amis, Elan Gris, Elmana et Nadia, est déclarée.  La liberté est à nouveau menacée. Jean et Elan Gris partent au combat, les femmes restent et tentent de survivre. Les vivres manquent et le gouvernement n’a pas  vraiment conscience de ce qu’endure la population affamée, menacée par des bandes peu scrupuleuses. Sur le front, la situation n’est pas meilleure pour Jean et Elan Gris, confrontés à un commandement peu efficace. De plus, l’ennemi est redoutablement armé et les rangs de son armée ne cessent de grossir.  L’issue de la bataille semble une évidence mais personne ne renonce, prêt à lutter pour cette liberté qui leur est chère. Clara, quant à elle, redouble d’ingéniosité pour subsister. Fine observatrice, elle s’aperçoit que leur adversaire est bien plus proche qu’il n’y paraît, menaçant même de les attaquer grâce à un sous-marin qui frôle leurs côtes. Elle tente d’alerter les autorités, en vain.

Clara, comme Jean, pourtant à deux endroits fort éloignés, seront retenus prisonniers et le lecteur craint bien évidemment pour leur vie. Survivront-ils à cette guerre ? Parviendront-ils à se retrouver ? L’issue du roman donne la réponse.

Des trois tomes de ce roman, c’est le deuxième, « Ceux qui rêvent », qui m’a le moins plu. Ce dernier, « Ceux qui osent » est bien plus captivant, comme l’était le premier. Grâce à sa structure puisqu’il s’agit d’un récit épistolier (par lettres). Nous lisons la correspondance échangée entre Jean et Clara qui s’aiment plus que tout et désirent se retrouver. Bien entendu, nous lisons ces lettres en alternance ce qui permet à Pierre Bordage d’assurer ainsi le suspense car lorsqu’une lettre s’achève sur un problème, il faut attendre quelques pages avant d’en connaître la suite, voire l’issue. Cela change aussi des deux premiers romans. Les rebondissements sont nombreux et l’ensemble fort logique dans le déroulement de l’intrigue.

J’espère donc vous avoir convaincu(s) de lire cette trilogie, plaisante, facile à lire, distrayante, qui permet aussi une réflexion sur les comportements humains de décideurs contemporains.

 

 


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Guillaume Musso

Je le sens, je le sais, je vais m’attirer des foudres avec cet article. Sans mauvais jeu de mot j’ai envie de dire « Et après » (c’est justement le titre du premier roman que j’ai lu de cet auteur) !

Musso est très critiqué, très envié, très productif et je renouvelle mon « et après » ?

Le premier roman que j’ai pu lire de Guillaume Musso « Et après » (bon, ça va vous suivez bien), m’a intriguée. Le suspense qui m’est cher était au rendez-vous et je l’avoue, parvenue au milieu du roman j’ai eu envie d’aller lire la fin, trop impatiente de savoir ce qu’il allait advenir des protagonistes de cette histoire. J’ai succombé à mon envie et j’ai lu le dénouement avant, ce qui ne m’a pas empêchée de reprendre ma lecture et de finir le roman. Belle histoire dirai-je, que cet amour déchiré parce que dans le couple dont il est question l’un a, sans le savoir, la capacité de connaître le devenir de ceux qu’il rencontre. Je vous conseille cette lecture, source d’évasion, de rêves  et de larmes pour les plus sensibles. Le film tiré du roman est quant à lui un peu pâle, comme c’est souvent le cas d’ailleurs, mais il se laisse voir, gommant ici et là les reliefs de l’histoire.

Alors pourquoi certains attaquent-ils Guillaume Musso ? Je répondrai dans le désordre :

–  Jalousie. Alors qu’eux-mêmes écrivent sans parvenir à percer. C’est difficile à admettre mais doit-on pour cela rejeter l’écriture des autres ? Pas en ce qui me concerne. Il publie, il a du succès, tant mieux pour lui. Il le mérite puisqu’il suscite les passions.

– Qualité de l’écriture. Il est vrai que l’écriture est relativement simple, pauvre en figures de style (je parle là en professionnelle),… lieux communs…. C’est vrai MAIS au nom de quoi peut-on dire que ses romans sont mauvais ou pauvres ou insignifiants parce qu’ils ne relèvent pas d’une écriture universitaire dotée d’envolées lyriques ou qu’ils boudent la rhétorique cicéronienne ? Ce qu’écrit Guillaume Musso plaît et ce sont ses lecteurs qui, en lisant ses livres dès leur sortie, laquelle est toujours attendue avec impatience, qui en sont la plus belle preuve. Au nom de quoi quelques prétendus érudits ou critiques littéraires s’arrogeraient-ils le droit de jeter ses romans dans la fange quand la population exprime le plaisir qu’elle a a lire ses histoires ? On a le droit d’aimer, de ne pas aimer tel ou tel roman mais pas celui de salir parce que l’on juge l’écriture facile. Qu’est-ce qu’une belle écriture finalement (prochain sujet du bac de philo ???).

– Pas d’engouement pour ses histoires. Soit, il ne faut pas insister dans ce cas et lire autre chose. Certains aiment, d’autres pas et personne ne détient la science exacte de l’écriture. L’alchimie qui fait que tout le monde aime n’existe pas ou s’appelle la tyrannie.

En préparant l’agrégation j’ai dû lire « Les mémoires du Cardinal de Retz » et bien d’autres oeuvres et en les lisant je me disais que puisqu’on me demandait de les travailler, elles seraient susceptibles d’être présentées à des élèves dans les classes et donc que certains avaient jugé de leur qualité… Au secours, au secours, je ne veux pas être lapidée par mes élèves !  Comment leur faire aimer la littérature en leur proposant des oeuvres dignes d’oraisons funèbres, qui tiennent peut-être stylistiquement la route mais qui donnent aussi la nausée (non, pas celle de Sartre !).Je me suis moi-même ennuyée à la lecture de ce supplice et je devrais faire aimer ce livre aux élèves quand j’ai eu envie de le jeter.  Une belle écriture est-elle nécessairement une bonne écriture ?  Je ne nie pas que l’on puisse aimer les mémoires dont je viens de parler et qui ne sont qu’un exemple parmi tant d’autres mais il est encore heureux que « tous les goûts soient dans la nature » et que, par conséquent, l’on puisse détester sans dire pour autant que c’est mauvais.

Je reviens donc aux oeuvres de Guillaume Musso. Vous avez aimé ses premiers romans, vous apprécierez les autres. Certes ils ont des points communs mais vous vous laisserez emporter de la même façon à chaque fois. Vous n’aimez pas Musso, c’est votre droit, vous avez tant d’autres auteurs à votre disposition pour vous satisfaire. Mais ne crachez pas dans la soupe. Il est si facile de cracher dans la soupe des autres quand soi-même on ne se dévoile pas ! Combien de livres ou de films ont été hués par la critique alors qu’ils ont passionné des générations. Il faut laisser au lecteur son plaisir de lire, quelle que soit la source de ce plaisir et quand bien même celui-ci ne repose que sur l’intrigue que certains pourraient trouver convenue.

Vous souhaitez lire des livres de Guillaume Musso, voici quelques titres. Puisez et rêvez :

« Et après », Un couple désormais séparé. Lui rencontre un individu étrange qui va lui apprendre ce qu’il est vraiment et pourquoi il n’est pas mort étant enfant. Il va faire une découverte surprenante et tenter de déjouer la mort qui s’est immiscée dans sa vie . Celle qu’il aime toujours en dépend.

« Sauve-moi », Deux êtres seuls se rencontrent et s’aiment mais elle doit partir. Son avion explose…

 » Que serais-je sans toi »,  Une jeune femme, son père et un amour pour un voleur, une course poursuite.

« Je reviens te chercher », « Parce que je t’aime », « La fille de papier ». Il doit y avoir d’autres titres mais j’ai prêté tant de livres qu’il m’en manque je crois !

Je ne les résume pas tous de crainte de m’égarer car, si je les ai tous lus, il y a longtemps et j’ai oublié certains aspects de l’histoire. Que cela me serve de leçon, d’habitude je fais des synthèses écrites de mes lectures et dans ce cas, probablement emportée par les récits palpitants, je ne l’ai pas fait. Il me semble qu’il me manque un titre notamment, et il s’agit pourtant de l’histoire qui m’a le plus plu. Un homme rencontre son double, le prend pour un fou quand celui-ci le met en garde. Je retrouverai le titre pour vous l’indiquer.

Je n’ai pas lu le dernier Musso « Central Park ». La quatrième de couverture pique ma curiosité. Ce sera une de mes prochaines lectures, je vous en parlerai, c’est promis !

Bonne lecture à vous et n’oubliez  pas non plus de lire mes histoires… juste pour VOUS !

 

 


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Pierre Bordage, « Ceux qui rêvent »

Si vous avez été tenté par le premier tome de « Ceux qui sauront », je me devais de vous parler de la suite, « Ceux qui rêvent »

Dans cette seconde partie, Jean et Clara ont réussi à éviter les pièges qui jalonnaient leur chemin. Ils vivent cachés, certes mais heureux, dans cette France atemporelle où les plus démunis, dont ils font désormais partie, ne peuvent rien. Clara a pourtant renoncé au luxe de son existence passée, bien décidée à ouvrir les yeux. Et, pour comprendre le lien avec « Ceux qui sauront »,je dirai que tous deux savent désormais que le bonheur ne réside pas dans l’argent, ni dans le fait de fermer les yeux et pour Jean, il repose aussi sur le savoir, savoir dont lui et les siens ont toujours été privés. Il est si facile de diriger de main de maître un pays en refusant l’accès à la connaissance au peuple !
Cependant, le père de Clara, un homme riche extrêmement puissant n’a pas renoncé à rechercher sa fille. Aussi la fait-il enlever, non pour la soustraire à un péril, mais pour la marier à un individu méprisable mais influent, Alfred Maxandeau. Elle se retrouve donc de l’autre côté de l’Atlantique, prisonnière, dans un des cinq royaumes qui couvrent ce que nous appelons les Etats-Unis. Là, les esclavagistes sévissent.
Mais Jean, ne renonçant jamais, se met en quête de celle qu’il aime afin de la soustraire aux griffes de son despostique futur époux. Il va rencontrer en chemin un personnage capital, Elan Gris, un Indien que l’on retrouvera en sa compagnie dans la troisième et dernière partie du roman.
Le salut de ces deshérités semble possible s’ils gagnent le pays de l’Arcanecout, pays libre où chacun peut retrouvrer l’espoir…

Bien entendu, je ne vous ai pas révélé toutes les particularités du récit de Pierre Bordage, ni la fin. Les aventures du jeune couple se suivent avec facilité et le mystère comme le suspense invitent à poursuivre la lecture pour savoir si Jean et Clara vont se retrouver, s’ils vont pouvoir être heureux. Le titre, « Ceux qui rêvent », se justifie par la perspective de l’Arcanecout. Ce pays n’est-il qu’un rêve ou permettra-t-il à leurs espoirs de voir enfin le jour ?

J’ai aimé lire le second tome mais un peu moins que le premier. Les chapitres consacrés à l’Indien m’ont moins intéressée, je les trouve moins palpitants, moins mystérieux. Toutefois, ayant lu le troisième tome dans lequel, Elan-Gris joue un rôle prépondérant, j’avoue qu’il était impossible de contourner ce personnage dans le tome 2. (Le tome 3 est divin de plaisir mais je vous en parlerai la prochaine fois).

Je vous recommande donc ce livre, seconde partie des aventures de Jean et Clara, « Ceux qui rêvent ». Sa lecture vous procurera certainement détente, plaisir et piquera votre curiosité. Comme moi et grâce à Pierre Bordage qui maintient le suspense, vous aurez envie, que dis-je, vous voudrez absolument lire la dernière partie : « Ceux qui osent ».

Bonne lecture à tous !


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J’écris VOTRE histoire.

JEU :

Et si l’on jouait !

Aujourd’hui, je vous propose d’écrire VOTRE histoire.

PRINCIPE :

Vous m’indiquez le début, quelques personnages, le lieu de l’action, l’époque, le problème rencontré par les personnage ou quelle quête ils mènent et le temps de laisser mijoter le tout dans ma tête, vous verrez fleurir VOTRE histoire sur mon site !

 

REGLEMENT A LIRE OBLIGATOIREMENT

CONDITIONS :

1) Vous devez OBLIGATOIREMENT suivre mon blog et pour cela être inscrit dans les « followers » (il y a déjà 90 personnes inscrites) ;

2) Vous devez POSTER UN COMMENTAIRE AU BAS DE LA PAGE « Informations » DU SITE. Dans votre commentaire, vous indiquerez en 4 lignes maximum votre idée d’histoire ;

3) Pour augmenter vos chances d’être choisi(e), vous pourrez inviter un camarade lecteur (ou plusieurs) à partager sur facebook, twitter, Hellocoton ou autres blogs,  un message signalant qu’il vous a invité à lire deshistoirespourvous.wordpress.com. Sur facebook ou twitter de deshistoirespourvous, votre ami écrira  :

« J’ECRIS VOTRE HISTOIRE. Je viens de la part de………….(vous nommerez la personne qui vous a invité(e)) »

ATTENTION VOUS DEVEZ PARTAGER EN CLIQUANT SUR « PUBLIC » et surtout pas en privé ;

4) Votre camarade invité peut lui aussi participer au jeu s’il remplit, lui aussi TOUTES les conditions (commentaire, message facebook, twitter…) ;

5) Je répondrai succinctement à chaque commentaire avant d’annoncer le nom de l’élu.

6) Le texte créé restera la propriété intellectuelle de l’auteur Audrey Degal.

 

CRITERES DE SELECTION :

– orignialité de l’idée de départ et perspectives d’évolution ;

– nombre d’invités qui vous aurez contactés et qui se seront manifestés.

PERIODE DE SELECTION :

début : le 26/05/2014 à 16 heures

fin : le 07/06/2014 à minuit

EXCLUSIONS :

Seront exclu(e)s  :

– tous les suggestions à caractère raciste,  diffamatoire, homophobes, … tout commentaire portant atteintes aux personnes  ou à des catégories sociales…

– toutes les suggestions à caractère sexuel, religieux…

– toutes les suggestions tirées d’histoires déjà publiées (je dégage toute responsabilité si l’on venait à me proposer un début d’histoire déjà existant. Les invités doivent ne fournir que des idées issues de leur propre imagination).

– les noms suggérés qui correspondraient à des patroynmes réels. Seuls les prénoms seront conservés et les noms de famille obligatoirement modifiés par mes soins.

ADHESION AU JEU :

Toute personne proposant un commentaire accepte les conditions (tout ce qui se trouve dans « Règlement à lire obligatoirement) indiquées ci-dessus, accepte aussi que son nom (ou pseudo, selon la façon dont elle s’est fait connaîre) soit révélé pour annoncer qu’elle est la gagnante au jeu  et elle accepte de ne pas se retourner contre l’auteur quel que soit le motif invoqué.

Si la personne n’accepte pas au moins une des parties du REGLEMENT A LIRE OBLIGATOIREMENT, elle s’engage à ne pas participer au jeu.


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Traduction du texte en ancien français

Voici la traduction de la laisse 49 (on appelle laisse(s) les « strophes » qui correspondent à des passages de l’histoire racontée). Elle est suivie d’un résumé de l’histoire de « Raoul de Cambrai » et d’explications.

Bonne lecture !

49

 

« Raoul mon cher fils, dit la belle dame Aalais. je t’ai nourri de mon lait. Pourquoi laisses-tu ainsi la douleur entrer au plus profond de ma poitrine ? Celui qui te donna Péronne et Péronelle, Ham et Roie et la ville de Nesle t’a condamné mon fils à mourir très bientôt. Pour lutter contre de tels adversaires, il faut avoir un harnais, une selle magnifique et d’excellents compagnons. En ce qui me concerne, je préférerais plutôt n’être qu’une servante ou bien une nonne dans une chapelle que de te voir partir. Toute ma terre sera la proie des flammes.  »

Raoul prit son menton dans sa main ( ce geste est important au Moyen Age, comme le précise Ph. Ménard, médiéviste. Il signifie que l’individu souffre, qu’il est tourmenté.). Il jura devant Dieu qui naquit de la Vierge que pour tout l’or de Tulède, il ne renoncerait pas au don qu’on lui a fait. Avant ce renoncement il fera sortir les viscères et répandra maintes cervelles.

 

Résumé rapide de « Raoul de Cambrai », chanson de geste anonyme du Moyen Age.

Le père de Raoul meurt alors que son fils est un enfant. Le roi Louis accorde  les fiefs du défunt à Giboin du Mans à condition que ce dernier ne déshérite pas Raoul de ses terres lorsqu’il sera grand. Les barons protestent mais le roi ne revient pas sur sa parole. L’oncle de Raoul, Guerri élève désormais l’enfant aux côtés de dame Aalais, sa mère.

Raoul,  devient un chevalier particulièrement fort au combat grâce à l’enseignement de son oncle Guerri. Il se lie d’amitié pour un jeune homme, Bernier. Le roi Louis adoube Raoul et ce dernier fait de même pour Bernier qui devient son vassal. Cependant, Guerri se rend chez le roi afin de réclamer les terres de Raoul jadis cédées à Giboin qui ne veut plus les rendre. Louis refuse de les restituer à Raoul. Il va donc les réclamer en personne au roi en ces termes :

XXXIII

« Drois empereres, par le cors saint Amant,

servi vos ai par mes armes portant ;

ne m’en donnastes le montant d’un bezant.

Viax de ma terre car me rendez le gant,

si con la tint mes pere(s) au cors vaillant. »

Traduction :

33

« Mon juste roi, sur les reliques de saint Amand, j’ai mis mes armes à votre service mais pour me récompenser vous ne m’avez même pas donné la valeur d’un besant. Rendez-moi au moins par le don de votre gant, la terre que mon vaillant père possédait. »

 

Reprise du résumé :

Le roi refuse de restituer les terres à Raoul. Guerri, qui est présent, interpelle le roi qui refuse toujours de se rétracter. Guerri menace alors Giboin de reprendre les terres de son neveu par les armes. Le roi promet alors que Raoul reprendra ses domaines à la mort du premier comte entre Loire et Rhin. Le calme revient. Mais quelques temps plus tard, Raoul apprend la mort du comte Herbert. Il monte donc à Paris accompagné de puissants chevaliers, ses garants,  pour exiger le don royal promis. Le roi refuse car le comte avait quatre fils qu’il ne veut pas déshériter. Il renie en cela sa promesse. Les chevaliers rappellent le roi à son engagement. Il finit par céder. Bernier intervient alors auprès de Raoul pour lui signifier qu’il commet une injustice, qu’il ne peut pas accepter ces terres du roi en les prenant aux quatre fils du comte Herbert. Raoul ne veut rien entendre. Il retrouve sa mère qui craint alors qu’une guerre n’éclate entre son fils et ceux du comte Herbert (voir la laisse 49 que je vous ai traduite plus haut). Elle le conseille :

LIV

« Biax fix R[aous], un consel vos reqier,

q’a fis H[erbert] vos faites apaisier

et de la guere acorder et paier.

Laisse lor terr[e], il t’en aront plus chier,

si t’aideront t’autre gu[e]re a bailler

et le Mancel del païs a chacier. »

Traduction :

54

Mon fils, écoute mon conseil. Fais la paix avec les fils d’Herbert, accepte un accord et une compensation pour éviter la guerre. En renonçant à leur fief, ils auront plus d’amitié pour toi et ils t’aideront à chasser Giboin du Mans de tes terres. C’est cette guerre que tu dois mener.

 

Reprise du résumé.

Comme souvent dans les chansons de geste,  le calme de l’un, ici la mère, s’oppose à une colère immense de l’autre, là Raoul. II rejette les conseils de dame Aalais qui finit par lui dire ces paroles lourdes de sens en ce qu’elle sont une malédiction :

LIV

 » Cil Damerdiex qi tout a jugier

ne t’en remaint sain ne sauf ne entier ! »

par cel maldit ot il tel destorbier,

con vos orez, de la teste trenchier !

Traduction :

54

« Que le Seigneur Dieu qui nous juge ne te ramène pas auprès de moi sain et sauf ni entier ! » Cette malédiction lui porta malheur, comme vous allez l’entendre. Raoul eut la tête tranchée.

 

Commentaire :

J’espère qu’à ce stade du résumé et des traductions vous commencez, chers lecteurs, à cerner l’intérêt de ces histoires médiévales et plus particulièrement de ces chansons de geste (je vous expliquerai pourquoi on les appelle chansons de geste une autre fois).

Ces histoires sont fantastiques, empreintes d’une violence exacerbée et hyperbolique qui a probablement inspiré les romans et le cinéma actuels. Les malédictions, les injustices fusent et parfois le merveilleux pénètre leurs textes. Ces histoires regorgent d’action si chère aux lecteurs contemporains.

Vous l’avez compris la guerre va avoir lieu entre Raoul et les fils du comte Herbert et bien d’autres combats encore. Peut-être êtes-vous étonnés d’avoir lu  « comme vous allez l’entendre » dans la traduction juste au-dessus. En effet, n’oubliez pas que les gens, au Moyen Age, ne savent pas lire pour la plupart. Ces récits leur sont alors dits, récités en place publique et ils les écoutent. Ils ont besoin d’être émerveillés, surpris. On leur annonce alors ce qui va se passer (Raoul eut la tête tranchée), même si l’histoire n’évolue pas vraiment ainsi. Ils viendront dès lors, plus tard, écouter la suite du récit pour savoir ce que devient Raoul et comment il perd la vie.

 

Vous aussi, chers lecteurs, je vous raconte la suite très prochainement, en espérant vous avoir intéressés et vous avoir fait découvrir l’univers littéraire médiéval tel qu’il est vraiment alors que les festivals, les manifestations estivales déforment souvent ce Moyen Age pourtant naturellement si passionnant.

 

 


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Le Moyen Age

INTRODUCTION.

Au cœur de ce Moyen Age que nous imaginons volontiers sordide, sale et violent, il peut être surprenant de constater que la pensée médiévale était en quête d’une expression de la beauté, beauté dont témoignent puissamment ces monuments qui ont su traverser le temps : les églises. L’architecture comme les sculptures sont le reflet d’un désir ardent d’édification et de représentation du beau. Le vitrail dont nous admirons encore aujourd’hui la richesse, outre le détail artistique, n’a de cesse que de s’emparer de la lumière afin de la décliner en de subtiles couleurs qui soulignent l’amour intense du Moyen Age pour la beauté et la lumière, les deux étant souvent intimement liées.
Si l’architecture romane puis gothique évoquent fréquemment la beauté, celle-ci occupe de surcroît une place prépondérante dans la littérature médiévale et vient contredire à nouveau la pensée contemporaine qui se complaît à croire que le Moyen Age était noir, triste et laid. Sans doute exagérons-nous lorsque nous tentons d’imaginer cette période de notre histoire. Le mystère et la méconnaissance qui l’entourent facilitent nos débordements imaginaires. Sans doute aussi les artistes et les poètes médiévaux sombraient-ils aisément dans l’emphase afin d’offrir aux passants ou aux auditeurs de chansons de geste un moment de contemplation, un moment de fascination bien loin du quotidien de l’homme médiéval. Donc, en dépit d’apparences trompeuses, force est de constater que le Moyen Age s’est remarquablement efforcé de rendre un hommage à la beauté.
Bien entendu, la laideur est le corrélat évident de cette beauté et il est fort difficile d’explorer le beau sans parler du laid. Le beau médiéval est associé à l’harmonie, le laid se conçoit comme la négation du beau : est laid ce qui n’est pas beau ! Aussi les gargouilles, incarnations de pierre repoussantes, l’attestent, qui jouissent d’une place privilégiée sur les façades des édifices. Elles semblent prêtes à fondre sur le passant qui de ce fait médite.

La Littérature médiévale et plus précisément les chansons de geste des XIIème et XIIIème siècles dont je vais vous parler s’est bien sûr emparée de ces notions de beau et de laid, les déclinant au cœur d’une intrigue volontiers bercée par une violence fantastique que peu connaissent et que je me propose de vous faire découvrir.

Aussi, dans un premier temps, il me semble nécessaire, cher lecteur, de vous laisser tâtonner un peu avec cette langue du Moyen Age appelée dans ce cas l’ancien français. Comme vous pourrez le constater, elle n’a rien à voir avec ce que « Jacquouille La Fripouille » exprime dans la célèbre comédie « Les Visiteurs ». Je vous laisse lire ce qui suit et tenter de comprendre le passage dont je vous proposerai très rapidement une traduction. Pour vous aider, n’oubliez pas que le Moyen Age est tourné vers Dieu, vers ses rois et que la violence y est omniprésente.
Bonne lecture !

DECOUVERTES DU FRANCAIS DU MOYEN AGE :

XLIX

« Biax fix R[aous], dist A[alais]la bele,
je te norri del lait de ma mamele.
Por qoi me fais dolor soz ma forcele ?
Qi te dona Perone et Peronle
et Ham et Roie et le borc de Neele
revesti toi, biaux fix, de mort novele.
Molt doit avoir riche lorain et cele
et bon barnaige qi vers tel gente revele.
De moi le sai, miex vosisse este ancele,
nonne velee dedens une chapele.
Toute ma terre iert mise en estencele.  »
R[aous] tenoit sa main a sa maissele,
et jure Dieu qi fu nez de pucele
q’il nel lairoit por tout l’or de Tudele.
Ains q’il ne [l] lait en iert traite boele
et de maint chief espandue cervele.

Extrait de « Raoul de Cambrai »


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Connaître l’auteur

Bonjour,

Des lecteurs ont exprimé le désir d’en savoir plus sur l’auteur. Soit, je vais me dévoiler… un peu.

Comme Obélix, je suis tombée fort jeune dans le monde de la littérature. A 12 ans j’écrivais mon premier roman non publié : « Patricia et les fantômes de la trappe secrète ». C’est drôle de voir comment j’écrivais (au véritable sens du terme) à l’époque. Bien sûr je lisais « Alice » et je m’évadais avec elle ! Mais j’avoue que le premier livre qui m’a marquée et dont je me souviens encore est « OUI OUI ». Magique ! Quelles images, quelles couleurs pour mon univers d’enfant que je trouvais triste et terne !

Je ne vais pas entrer dans les détails ou évoquer toutes les étapesde ma vie mais aujourd’hui je suis enseignante en littérature française (vous voyez, rien d’original) et je suis titulaire d’un Doctorat de littérature médiévale française. J’aime mon métier et les élèves pourtant difficiles qui me sont confiés me le rendent bien. Je crois que je réussis à leur faire aimer (pas à tous, je n’ai pas de baguette magique !) la langue française, le lecture et que je leur fais comprendre que c’est une façon extrêmement riche de s’évader librement.

Je suis déjà l’auteur de publications papier dans mon domaine de spécialité : la littérature médiévale et plus particulièrement les chansons de geste (ce qui signifie récit d’exploits, l’ancêtre du roman en somme) des XIIème et XIIIème siècles. J’évoquerai ces publications ultérieurement pour ceux qui voudraient les consulter.

Voilà pour le moment ! J’en ai assez dit! Je vous parlerai donc de mes passions et de bien d’autres choses plus tard.

Audrey.