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PAR PITIÉ ! … FIN (Histoire à suspense)

PAR PITIÉ ! … FIN

Résumé de l’épisode précédent : Henri poursuit ses révélations et parle à Josef des chiffres et des noms repérés dans le couloir. Ce dernier comprend alors ce qu’il fait là. Il est prélevé par ses bourreaux. Il sait que cela ne s’arrêtera pas. Il voudrait mourir mais ne peut pas.

Cette fin est courte, certes,  mais elle vous permettra de savoir si vous aviez deviné qui étaient ces personnages prisonniers, subissant le pire. Bonne lecture ! Petite question : aviez-vous eu pitié d’eux avant de savoir qui ils étaient ? Et après lecture, avez-vous toujours pitié ?

A chaque fois qu’ils m’ont entraîné dans ce couloir, j’ai souhaité que ce soit le couloir de la mort. Mais non, je n’y ai pas droit. J’ai juste le droit de vivre, pas celui de mourir. La mort, voilà ce qu’on me refuse, ici. Elle serait trop douce à leurs yeux. 

Traîné comme un animal dans cet interminable couloir qui mène à la salle des supplices, j’ai parfois le temps de jeter un oeil à la grande plaque dont Henri m’a tant parlé. Il a raison. Il y a des noms, des milliers de noms et des nombres. Croyez-moi, il m’a fallu du temps et de nombreuses excursions dans ce couloir avant d’arriver à repérer le mien et ceux des malheureux qui partagent mon triste sort. Je crois qu’ils sont classés par dates, des plus anciens aux plus récents et je frémis lorsque je comprends que certains sont là, à subir ces tortures insoutenables depuis environ soixante-dix ans. Soixante-dix ans à supporter l’insupportable ! ce n’est pas humain !  C’est le cas d’Henri, du moins. je crois qu’il ne sait plus très bien depuis quand il est là-dedans, à croupir. Il ne cherche même plus à savoir. Voilà pourquoi je vous ai dit que je ne suis pas mort, non ! Ces sauvages, ces tortionnaires, ces brutes, nous cueillent juste avant comme on enlève un enfant à ses parents qu’il ne reverra jamais. 

Ces nombres me glacent non pas parce qu’il est clair qu’ils correspondent au nombre de victimes que chacun d’entre nous a fait périr mais parce que nos supplices sont proportionnels à nos exactions, à nos crimes, au plaisir que nous avons pu prendre, tous, à torturer les autres et à les faire périr. 

Henri Désiré Landru : 11 

Jack l’éventreur : 11 connues

Ted Bundy : 32 voire 100

Marcel Petitot : 30

Rudolf Hess : il y avait trop de zéros, je n’ai pas pu voir le chiffre devant.

Et aussi les miens :

Josef Mendele « L’ange de la mort » : et trop de zéros après !

 

Un soir, quand ils ont balancé ce qu’il reste de moi dans le trou qui est devenu notre maison, Henri s’est approché pour chuchoter à mon oreille :

— Tu voudrais mourir mais ici on ne meurt pas. On ne meurt jamais. Ils nous prélèvent indéfiniment dans ce laps de temps en suspension qui précède le trépas pour nous faire payer nos crimes. C’est pas le paradis, c’est évident. C’est pas l’enfer non plus. C’est autre chose. Un lieu, un temps qui nous est réservé, nous les VIP condamnés à la torture pour tous les meurtres dont nous nous sommes rendus coupables dans la vie, la vraie.

Il s’interrompt un instant avant de conclure :

— Ils ne veulent pas qu’on meure parce que quand on est mort, on ne souffre pas ! La mort serait trop douce. Ils nous détruisent tout doucement, éternellement, à très petit feu.

Je n’ai plus jamais reparlé à Henri, ni à personne d’ailleurs. Je me suis réfugié dans le mutisme non par choix mais parce que peu à peu, ma raison vacille et je comprends progressivement qu’il est impensable de pouvoir faire souffrir un être humain de la sorte. Mais on ne comprend cela que quand il est trop tard. D’ailleurs  l’aurais-je compris, admis, si je ne vivais pas quotidiennement le sort de mes anciennes victimes ? Je ne sais pas. je ne le saurai jamais et puis de toute façon à quoi bon ! Pour moi, il est trop tard car mon supplice durera le temps d’une éternité.

En m’endormant au milieux de mes propres excréments, si j’ose dire, deux citations que j’ai appris jadis me reviennent en mémoire. J’ai toujours été un homme cultivé : « Le corps est la prison de l’âme », Antoine Claude Gabriel Jobert,  et « Toutes les violences ont un lendemain », Victor Hugo. Je ferme les yeux?  C’est tellement vrai !

Je vous laisse, j’ai un rendez-vous ce soi :, les rats me guettent et m’attendent prêts à se délecter de l’un de mes deux yeux !

 

FIN

A bientôt pour une toute nouvelle histoire, des critiques de romans ou de films… et passez de belles fêtes !

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AUDREY DEGAL