Des histoires pour vous

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LARME DU CRIME

 

Avant que vous ne lisiez cette histoire policière que je vous offre, je voudrais vous souhaiter à toutes et à tous une TRES BELLE ANNEE 2019. Qu’elle vous apporte tout ce dont vous pouvez rêver et des rêves nous en avons tous tant ! 

Comme vous l’avez remarqué, j’ai moins publié en 2018. Je n’ai pas moins écrit mais je me suis attelée à la tâche avec mon dernier roman dont j’ai dû repousser la date de sortie car il a grossi, grossi, grossi… pour plus d’intrigues bien sûr ! N’hésitez pas à me donner votre avis sur le titre que j’envisage avant qu’il ne sorte en librairies. C’est une thriller dans lequel Moyen Age et temps présent se rencontrent, au grand étonnement des personnages principaux. J’ai pensé à l’intituler « Le Manuscrit venu d’ailleurs ». Qu’en pensez-vous ? 

En attendant, je vous laisse découvrir la nouvelle policière que j’ai écrite, spécialement pour vous et pour vous accueillir de la meilleure façon dans cette année 2019. 

 

LARME DU CRIME

 

          — Max, viens voir, celui-là. Ça vaut le coup, il est gratiné !

            L’homme abandonna sa tâche, approcha et jeta un œil par-dessus l’épaule de son collègue qui venait de l’appeler.

            — Eh ben ! remarqua-t-il. On n’en voit pas souvent d’aussi amochés. Et qu’est-ce qui lui est arrivé ?

            — J’en sais rien. Je n’ai pas encore regardé sa fiche. Bon, je le prépare !

            — C’est pas peu dire ! Difficile de savoir à quoi il ressemblait. C’est plus un corps, c’est un puzzle ! Il va pas être facile à reconstituer !

            Plus tard dans la journée, les deux hommes abaissaient le couvercle du cercueil de chêne en présence de la famille, posaient les scellées avant de le glisser à l’arrière d’un corbillard à destination de l’église de la sainte Charité.

*

        — In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti ! Amen ! furent les derniers mots du prêtre pour clore l’oraison funèbre tandis qu’il se dirigeait vers la veuve.

Sincère, l’homme d’église lui dit combien son époux était un homme exceptionnel. Elle l’écouta émue, tout en serrant les mains de ses deux fillettes blondes qui ne comprenaient rien à cette cérémonie. Une rivière de larmes baignais ses joues emportant le mascara noir qui avait coulé.

 

            Quelques jours plus tard.

            Un coup de sifflet. Un deuxième. Un homme impatient et agacé.

            — Morbius, allez on rentre !

            Mais l’animal trop occupé ne l’entendait pas de cette oreille. Il se tenait par moment sur trois pattes, près d’un réverbère puis d’un autre pour marquer son territoire. De l’autre côté de la rue, son maître l’observait. Babines retroussées, le mâtin de Naples flairait chaque recoin, se retournait comme s’il cherchait quelque chose d’invisible. Il n’y a pas plus têtu qu’un chien qui ne veut pas rentrer ! Malgré son impatience, le propriétaire de l’animal prit le temps d’admirer son chien. Il était beau, massif et très impressionnant. Le plus impressionnant du quartier certes mais mal dressé. Depuis son acquisition, il ne cessait de penser que s’il lui sautait à la gorge, dans un accès de démence, il lui broierait la trachée aussi facilement qu’on écrase une mûre entre ses doigts. Crac ! D’un coup de gueule ! Et s’en serait fini de lui. Il serait capable de le démembrer pour le dévorer ensuite. Cet animal se battait contre des lions dans l’Antiquité ! Mais Morbius était encore jeune et pour l’instant irrésistiblement attiré par les odeurs laissées par ses congénères.

       — Si je viens te chercher, tu vas voir ce que tu vas prendre !

            Cause toujours ! serait l’expression la plus adaptée aux pensées de la bête.

            Finalement exaspéré, transi de la tête aux pieds, Jules se résigna à traverser la rue pour ramener son molosse à la raison. La longue laisse solidement entourée autour de sa main droite dépassait de la poche de son manteau gris. Il descendit du trottoir, hors de lui, manquant au passage de glisser sur une plaque d’égout gelée  :

            — Ça suffit ! Il est tard. Au pied, tout de suite…

            Les yeux rivés sur Morbius, il n’eut pas le temps de réagir au crissement de pneus sur l’asphalte, juste derrière lui. Une voiture noire le faucha violemment comme s’il n’était qu’un fétu de paille. Il voltigea dans les airs avant de retomber, tête la première, sur l’arête du trottoir qu’il venait de quitter. À l’impact, son crâne éclata. Une salve de sang chargé d’oxygène s’éleva en une gerbe rouge accompagnée de fragments de cervelle encore chaude avant de souiller le bitume. Dans la rue déserte, personne à part Morbius qui regardait bêtement la scène. Il trottina sur ses puissantes pattes et lorsqu’il rejoignit son maître il s’arrêta. L’instant d’après, il semblait se régaler en léchant avidement le trottoir comme s’il voulait nettoyer les lieux. Le véhicule n’avait pas ralenti et déjà, il n’était plus visible. Seuls le chauffeur du véhicule fou et Morbius savaient que la grande faucheuse venait de perpétrer l’irréparable, sans se retourner.

*

            Les deux hommes détestaient leur lieu de travail. Une morgue, on pouvait rêver mieux, ce n’était pas la place des vivants ! Max voulait être vétérinaire. Mais faute de bons résultats scolaires, il s’était rabattu sur des études d’infirmiers. L’intelligence s’accommodant mal de la paresse, il s’était résigné à faire partie de ceux qui obéissent et désormais il faisait ce que le légiste lui ordonnait : peser un foie par ci, mesurer un intestin par-là, recoudre les cadavres… Il s’efforçait cependant de trouver quelque intérêt à son quotidien, quelque grandeur à chacun de ses gestes même s’il n’était en contact qu’avec de la chair morte. Sa profession ne tenait pas du boucher mais il n’en était pas loin. Il n’emballait pas de viande mais il était chargé de redonner une apparence convenable aux défunts qu’on lui confiait. Il avait pris l’habitude de ce contact froid, de ces yeux vides, du moins quand les morts en avaient encore, de ces membres raides qui doivent absolument entrer dans le cercueil, leur dernière demeure en fait !

            — Voilà les gars, fit le légiste en désignant plusieurs tables métalliques juxtaposées. Il y a cinq corps à préparer. Rien de spécial. Par contre, il y en aura un sixième en fin de journée mais l’autopsie risque d’être un peu plus longue. Leur identité et tout le reste sont déjà accrochées à leur gros orteil. Au boulot !

            Max et Sergueï, un jeune Russe récemment arrivé en France, regardèrent les dépouilles alignées, partiellement recouvertes de draps blancs. À côté, dans le bureau, le légiste complétait ses comptes-rendus, à moitié caché derrière une volumineuse pile de papiers et de dossiers qu’il devrait gérer dans la journée. Contrairement à ce que l’on peut penser, la mort n’attend pas !

        Lors de leur embauche, le légiste avait promis à ses deux futurs employés de leur payer la formation de thanatopracteur. Il repoussait sans cesse ce moment, préférant les exploiter. Alors comme d’habitude, ils enfilèrent de longs gants de latex, apposèrent des masques sur leur visage et se mirent à la tâche. Max aspira les liquides physiologiques propices à la décomposition puis injecta à la place une substance à base de formol. Les bras, les jambes, les têtes parfois avaient retrouvé leur place et leur apparence colorée. Sergueï avait encore du mal à s’habituer à ces contacts morbides. Au début, il s’éclipsait pour aller vomir et revenait ensuite en baragouinant un « Eto seychas » qui signifiait « ça va maintenant », même s’il parlait assez bien le français. Travailler à la morgue était glauque.

            À 16 heures, ils n’étaient plus que tous les deux et sur la table d’autopsie, le dernier cadavre les attendait. Sa poitrine était encore ouverte en V. Max devrait remettre les côtes du malheureux en place, ainsi que les pectoraux et recoudre le tout, grossièrement. Sergueï, lui, commençait à nettoyer la salle.

            — Regarde un peu, fit Max en observant attentivement le corps, sa fiche en mains. C’est le cinquième gars d’une quarantaine d’années qui nous arrive en provenance du même secteur !

            — Et alors !

            — Et alors, c’est bizarre. Et puis les deux femmes qu’on a déjà stockées dans les tiroirs là-bas, c’est pareil.

            — Pareil ? Non, elles viennent d’ailleurs. La blonde est morte en banlieue nord, pas la vieille. Je sais pas à quoi tu penses mais laisse tomber !

            — Un truc me dérange mais je sais pas quoi ! Il y a 6 mois, on a déjà eu une vague de cadavres du même genre.

            — C’est peut-être une épidémie ! ironisa Sergueï en riant.

            — J’en sais rien mais ce macchabée me rappelle les autres que…

            — Arrête ton cirque, t’es pas légiste. Laisse tomber ! J’ai envie de rentrer. Recouds celui-là et qu’on en finisse !

            — T’as raison après tout !

            Le lendemain matin, Max fit part de ses remarques au légiste :

            — Voyez-vous, Max, devenir légiste est une véritable vocation et il faut faire de très longues études pour y parvenir, études que j’ai menées brillamment. Quant à vous, je crois que vous avez une vague formation dont j’ai oublié le nom.

            Max baissa la tête, se contentant de regarder l’extrémité de ses baskets. Il savait qu’il devait laisser parler ce vaniteux comme on attend patiemment qu’un orage finisse en restant bien à l’abri. Il pensait que le soir il ressasserait ce sale moment qu’il vivait comme une humiliation. Mais non, il n’y penserait pas, l’esprit totalement accaparé par son idée. Quelque chose clochait dans les corps morts dont il s’occupait depuis quelques temps. Il passa la nuit à mettre par écrit ses constats et le lendemain, il était aussi blême que les dépouilles qui l’attendaient à la morgue.

A SUIVRE !

La suite et fin très prochainement sur ce site auquel vous êtes invité à vous abonner.

Sachez que vous trouverez les références de mes livres en page d’accueil. Vous pouvez les commander chez tous les libraires.

Merci de votre fidélité et à bientôt.

Audrey Degal.


2 Commentaires

SEVEN SISTERS

Je vous avais promis de publier rapidement la suite de mon histoire à suspens « Paroles de pierre » mais j’ai dû m’emparer de mon clavier pour vous parler du dernier film que je suis allée voir au cinéma. Pourquoi ? Parce que je vous recommande plus que vivement d’aller le voir et que, comme il est déjà à l’affiche depuis un moment, il risque de disparaître des écrans, et vous de le rater. Ce serait vraiment dommag. ! En effet, si la critique ne lui a pas réservé un accueil des plus chaleureux, le public souvent bien plus éclairé que cette dernière, a su reconnaître dans ce thriller de science-fiction un excellent film car c’est le cas.

En résumé, je vous dirais volontiers que j’aurais aimé avoir eu cette idée et en écrire  l’histoire qui est d’une originalité folle. Le film progresse en un crescendo brillamment orchestré et joue parfois avec l’humour, souvent avec le mystère, les fausses pistes… pour atteindre un paroxysme que je n’ai pas su anticipé tant je n’ai pas vu passer les 2 heures dans mon fauteuil. Bravo à Tommy Wirkola pour tant de virtuosité.

Les acteurs, notamment l’actrice principale, Noomi Rapace campe magnifiquement bien les 7 personnages qu’elle joue et pour certains d’entre eux, je me suis demandé s’il ne s’agissait pas de quelqu’un lui ressemblant tant la différence était bluffante (différence quant à la corpulence, le maintien, l’interprétation, le jeu…). J’avais eu l’occasion de la voir jouer dans la célèbre série « Millénium », tirée du livre du même nom (mais les livres sont meilleurs, comme souvent et je vous recommande la lecture de la trilogie !). J’ai pu apprécier son jeu d’actrice car elle est juste, percutante, efficace, sensuelle… Bref elle s’adapte somptueusement aux exigences de son personnage, ce qui n’est pas donné à tous les acteurs. Belle prestation donc. Glenn Close, dans le rôle de la méchante est moins surprenante. Il est vrai que lorsqu’on l’a déjà vue dans « Liaison fatale » (si je ne me trompe pas de titre), on est un peu habitué à ce qu’elle campe ce type de personnage.

L’histoire : 

Dans un futur proche, la Terre est surpeuplée , situation qui oblige les autorités à prendre des dispositions. On autorise un seul enfant par couple. En cas de naissances multiples, les autres enfants sont placés en hibernation dans le but d’être éventuellement réveillés lorsque la vie sera plus propice. Or, une jeune femme accouche de 7 enfants, 7 filles et meurt aussitôt après, confiant sa progéniture à son père qui a anticipé ces naissances multiples en ayant recours à une clinique privée. Il souhaite garder les 7 filles et se propose de les élever. 

Bien entendu leur existence doit rester secrète. Il les éduque et puisqu’elles se ressemblent, il décide de leur octroyer un prénom correspondant aux 7 jours de la semaine. Ainsi, devenues plus grandes, lundi sortira le jour correspondant à son prénom, mardi aussi… ainsi de suite. Mais ce qui arrive à l’une d’entre elle a des répercussions sur toutes les autres. Aussi, quand l’une désobéit et se blesse, perdant un doigt, le grand-père est contraint de mutiler les 6 autres. Décidément, la vie ne leur fait pas de cadeaux !

Le temps passe, le grand-père n’est plus et les jeunes femmes travaillent dans une banque. Chaque soir, elles prennent soin de dévoiler aux autres ce qu’a été leur journée pour éviter toute erreur et palier aux difficultés liées aux multiples contrôles d’identité quotidiens. Seulement voilà : Lundi sort travailler comme d’habitude, rencontre des problèmes avec un de ses collègues au sujet d’une promotion que tous les deux convoitent et le soir-même, elle ne rentre pas chez elle. Pourquoi ? Que lui est-il arrivé ? Comment les 6 autres soeurs vont-elles procéder pour la retrouver et à quoi vont-elles se heurter ? Tout l’intérêt du film réside dans ces questions que je me garde bien d’éclaircir afin de ne pas vous priver du plaisir de voir ce film, ce bijou comme il y en a peu. 

Voilà pour cet article, je vous laisse à présent et je ne vais pas tarder à publier la suite de « Paroles de pierre ». Elle est déjà écrite mais je la corrige inlassablement. 

Pensez aussi à mes livres, notamment le dernier, un thriller policier de 384 pages que vous pouvez commander sur internet ou en librairie, « LA MURAILLE DES ÂMES« , que les lecteurs disent dévorer en à peine 2 jours tant il est prenant ! Merci de votre fidélité et de votre confiance et à très bientôt !

Audrey Degal