Des histoires pour vous

La lecture nous permet de voyager, alors bon voyage

PAROLES DE PIERRES 4e partie

5 Commentaires

 

 

 

 

Paroles de pierres

4ème partie

Résumé des parties précédentes : deux ouvriers doivent murer un vestiaire dans un complexe sportif ultra-moderne, Aquagaron de Brignais, au sujet duquel les rumeurs les plus folles courent. Justement, l’un d’eux est pris de terreur quand il entend murmurer derrière lui alors qu’il est seul. Or quand les travaux du site ont commencé, quelques mois plus tôt, les ouvriers ont cru entendre des voix, ce qui sème le trouble dans un premier temps. Plus tard, en maniant les pelleteuses, ils  perçoivent clairement un nombre, 7086, sans savoir qui l’a mentionné, pourquoi et ce qu’il signifie. Le chef de chantier en réfère au maire de la commune d’implantation de la nouvelle piscine. Il convoque ses homologues . Beaucoup pensent à une mauvaise plaisanterie. Les ouvriers  effrayés ne veulent plus reprendre le travail.

ATTENTION : la suite de cette histoire, qui sera aussi la fin, sera publiée sur ce site dans quelques jours à peine. MAIS si vous n’êtes pas abonnés vous ne pourrez pas la lire car elle sera aussitôt effacée. Les abonnés auront, quant à eux, reçu un lien sur lequel cliquer pour pouvoir lire la fin de ce récit, qui aura disparu du site. je vous rappelle que s’abonner est totalement gratuit et que vous ne recevrez aucune publicité. 

Sinon, après la publication de la fin, je vous posterai une critique du dernier roman que je viens de finir et je vous prépare, bien sûr, de nouvelles histoires, rien que pour vous. 

Merci de votre fidélité et n’hésitez pas à partager pour faire connaître ce site et mes romans.

******

            La panique s’empara de tous et, en un rien de temps, les ouvriers évacuèrent le chantier, abandonnant les engins de terrassement là où ils étaient.

            Ils se réunirent spontanément sur le trottoir d’en face, loin du lieu qu’ils venaient de fuir. Des petits groupes s’étaient formés.

            — Il est hors de question que je retourne travailler là dedans !

            Ils étaient unanimes et déjà les rumeurs allaient bon train.

            — Moi, je dis que c’est un ancien cimetière ici !

            — Ou qu’il y a eu des sacrifices ! poursuivit un autre.

            Le plus sensé d’entre eux haussa les épaules puis objecta, les bras fermement croisés sur la poitrine. Jamais il n’aurait pensé que ses camarades puissent dire de telles inepties.

            — Parce que vous avez déjà entendu des morts parler peut-être. N’importe quoi. Je suis sûr qu’il y a une explication logique à tout ça.

            — Explication logique ou pas, moi je ne retourne pas bosser sur ce chantier. Ce qui se passe n’est pas normal. Ceux qui veulent reprendre le boulot, levez la main !

            Certains hésitèrent mais à l’unanimité, tous préféraient rester à l’écart de cet endroit inquiétant.

            — 7086, on l’a tous entendu. Qu’est-ce que ça veut dire ?

            — En tous cas, c’est pas les chiffres du loto !

            Le site délaissé ressemblait au jeu « Playmobil, super set construction », privé de ses figurines spécialisées. Sauf que la boîte pouvait parler et que les enfants avaient abandonné leurs jouets n’importe comment.

            Le chef écoutait les propos des ouvriers ne sachant que dire. Il n’en menait pas plus large qu’eux. Il essaya de donner de vagues réponses aux questions qui fusaient, repoussant les problèmes au lendemain. Il ne rassurait personne. Quand l’émotion et la peur retombèrent quelque peu, il ferma le cadenas du grand portail qui isolait le site et rentra chez lui. Il venait de passer de longues minutes au téléphone avec son supérieur, furieux, lequel le prenait soit pour imbécile, soit pour un fou soit pour un incompétent, soit les trois à la fois. Il lui ordonna de faire en sorte que les travaux reprennent séance tenante.

            Les travaux reprendraient effectivement mais il leur faudrait attendre des mois.

*

            L’arrêt imprévu ne faisait pas plus l’affaire de l’entrepreneur que de la communauté de communes et il fallait impérativement désamorcer la situation. Des pénalités de retard couvaient pour le premier et des problèmes ne tarderaient pas à surgir au niveau des acteurs locaux du projet.

            — Bonjour, je me présente : Mélanie Legrand. J’ai rendez-vous avec monsieur le maire.

            — Ah, vous êtes la stagiaire ! Euh, voyons, je vérifie mais il me semble que vous avez rendez-vous à 10 heures, jeune fille. Vous avez une heure d’avance et monsieur le maire ne pourra pas vous recevoir en personne. Avez-vous votre C.V et votre lettre de motivation ?

            — Je crois que vous faites erreur, madame. Je ne suis pas stagiaire. Je suis le docteur Mélanie Legrand, expert en géologie et en géotechnique.

            La réceptionniste se confondit en excuses tandis que ses joues s’empourprèrent.

            — Je suis confuse. Veuillez m’excuser, vous paraissez si jeune !

            — Je vous remercie mais ne vous inquiétez pas, on me le dit souvent. Le bureau de monsieur le maire s’il vous plaît !

            — Je vais vous y conduire. Suivez-moi ! L’autre expert est déjà arrivé.

            — Très bien !

*

            — Soyez prudents, leur conseilla le maire avant qu’ils ne quittent son bureau. Certes, la police a enquêté et surveille le secteur mais on ne sait jamais.

            L’entretien ne s’était pas éternisé et peu de temps après, les deux experts pénétraient sur les lieux de l’énigme pour mener leurs premières observations. Ils refermèrent le lourd portail de fer derrière eux afin d’être tranquilles.

Damien Voltaire avait déjà eu l’occasion de travailler avec Mélanie. Chacun appréciait la qualité des recherches de l’autre, sa rapidité et son efficacité. Ils se complétaient à merveille. Aussi, quand on leur demanda avec qui ils voulaient mener leurs investigations, sans hésitation ils se choisirent respectivement.

            — Alors, comment suggères-tu de procéder ? demanda Damien.

            — Je m’occupe de la stratigraphie[1] si ça ne t’ennuie pas. C’est plus dans mes cordes. Par contre comme les engins ont largement remué le sol, les strates ne sont pas évidentes.

            — D’accord, pas de problème. Moi je prends des clichés avant qu’on ne bouge des éléments et je fais un relevé topographique. Admire un peu ça : j’ai un théodolite qui permet un repérage tridimensionnel.

            — Waouh, un théodolite ! Dis-moi, c’est fichtrement coûteux. D’où tu sors cet instrument ?

            — Disons que j’ai rendu un service et qu’en retour j’ai demandé ce « dédommagement ». Je ferai un carroyage[2].

            Mélanie acquiesça d’un simple mouvement de tête.

           — Je me charge aussi des prélèvements de pierres et de terre pour pouvoir pratiquer la thermoluminescence[3] et l’archéomagnétisme[4] en labo et bien sûr la datation de ce qu’on aura trouvé au carbone 14.

            — Parfait ! Je t’aiderai pour le prélèvement d’échantillons. D’ici là j’aurai probablement fini. J’espère qu’il ne pleuvra pas et qu’on pourra procéder à une étude du paléoenvironnement. Ce serait dommage de passer à côté de brûlis, de pollens, de graines, enfin de tout ce que pourrait receler un nouveau site si tant est qu’il s’agit d’un site archéologique, ce qui reste à prouver.

            — Et tu comptes enregistrer quelque chose ?

            — Enregistrer ? Qu’est-ce que tu veux dire ?

            — Oui, je te rappelle que les ouvriers ont surtout entendu des sons plus ou moins compréhensibles et même le nombre « 7086 » à ce qu’il paraît.

            — C’est si peu habituel que je n’ai prévu aucun matériel pour ça et toi ?

            — À part mon téléphone portable qui de toute façon n’aurait qu’une qualité d’enregistrement plus que médiocre dans cette situation, je n’ai rien de ce genre.

            — Moi non plus. On amènera du matériel approprié demain matin.

            Tantôt à genoux, tantôt assis, tantôt accroupis, le nez presque collé au sol, les deux experts exploraient le site. En moins d’une heure, grâce la haute technologie de leur appareillage, ils avaient collecté une multitude d’échantillons pour effectuer des analyses mais le terrain demeurait muet comme il se doit. Si les propos tenus par le chef de chantier n’avaient pas été corroborés par l’ensemble des ouvriers, ils auraient cru à un canulard.

           Mélanie s’aperçut qu’elle ne s’était pas redressée depuis le début de ses recherches. Aussi, ses vertèbres lombaires malmenées par la position prolongée se rappelèrent à elle. Les mains posées sur le bas de son dos, elle massait la zone douloureuse.

         — Je suis dans le même état que toi, constata Damien. Si on veut faire long feu dans la profession, il va falloir qu’on apprenne à se ménager.

          Déjà, ils rangeaient leurs prélèvements à l’arrière de leur véhicule.

         — Zut, j’ai oublié une caisse d’échantillons là-bas, fit remarquer Mélanie en la désignant du doigt. Je vais la chercher.

         Tandis qu’elle s’éloignait, Damien continua à lui parler.

         — Je suis sûr que tu seras d’accord avec moi quand je dis que l’inconvénient de ce type de recherches sur un site en plein air, c’est que le temps abîme tout. Rien n’est stable.

        — Absolument ! L’avantage des sites qui se situent dans des grottes, c’est qu’ils sont des pièges à sédiments et les occupations successives sont minutieusement conservées, empilées les unes sur les autres[5] et donc précieusement conser…

            Mélanie ne put achever sa phrase. Dans un grand fracas, Damien la vit disparaître, comme engloutie par le site et ses montagnes de terre.

La fin de cette histoire, sur ce site, dans moins d’une semaine. 

[1] Méthode géologique qui consiste à étudier les strates d’un terrain.

[2] Il s’agit d’un relevé tridimensionnel facilité par l’emploi d’un théodolite.

[3] Technique qui permet de mesurer l’énergie stockée au cours du temps.

[4] Technique qui permet de mesurer le champ magnétique terrestre.

[5] Les méthodes d’explorations archéologiques ont été consultées sur internet, sur un rapport que l’on peut lire à l’adresse suivante : http://ubprehistoire.free.fr/Documents%20a%20telecharger/La%20fouille.pdf

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Auteur : audreydegal

Romancière auteure de Thrillers, des intrigues à ne pas ne croire vos yeux !

5 réflexions sur “PAROLES DE PIERRES 4e partie

  1. Coucou Audrey, ça fait longtemps… je suis trop débordé avec un rien, mais j’ai tout de même lu la suite de ce passionnant roman, et ma phrase favorite ; Vivement la suite car c’est toujours du terrible suspense de te lire et dont on attend avec impatiente la suite bisous… à très vite

    • Comme je suis heureuse de te lire ! Et tu prends le temps de m’écrire alors que tu es débordée. Cela me touche.
      La suite de cette nouvelle a pris un peu de retard car je l’ai écrite mais je la retouche sans cesse. Ce qui est sûr c’est que seuls les abonnés au site pourront la lire. Pour les autres elle ne sera visible que sur mon 4ème livre sur lequel je travaille actuellement mais comme toi, je cours et je reprends le chemin du lycée la semaine prochaine. Qu’il est difficile de lutter contre le temps quand on a mille choses à faire ! A très bientôt Flobela à la sublime voix et merci pour ta fidélité indéfectible !

  2. Coucou Audrey ! Je reprends enfin la suite de ton histoire…
    Il y a vraiment du suspens… On se demande toujours quel est ce fameux chiffre….Que signifie t-il exactement… Sans parler des voix…
    Merci pour ce partage… Gros bisous à toi.

  3. Je vais très bien, merci. Il me manquait juste le temps. J’espère que tout va bien de ton côté. Gros bisous et encore merci pour tes histoires…

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