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PAROLES DE PIERRES 2ème partie

2 Commentaires

A lire : Paroles de pierres.

Paroles de pierres, 2ème partie

Résumé de la 1ère partie : deux ouvriers, Loris et Alfred, arrivent sur le site de la nouvelle piscine de la commune de Brignais. Le plus jeune se montre inquiet. Il a peur d’entrer dans le bâtiment mais n’a pas le temps d’expliquer pourquoi à son collègue. L’employé qui les accueille est, lui aussi étrange et s’il les guide jusqu’à leur lieu d’intervention, il détale vite comme s’il avait le diable à ses trousses. 

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***********

 

 

          Engagé dans l’entreprise depuis peu de temps, Loris avait un contrat et se souvenait des difficultés qu’il avait rencontrées pour obtenir ce CDI. Il n’avait pas le choix. S’il voulait garder sa place, il devait faire le travail demandé, sans rechigner. Mais la peur agitait ses entrailles et son ventre ne cessait de gargouiller. Il demeura perplexe un moment, n’osant saisir la poignée de la porte. Il avait beau se répéter que ce n’était qu’un vestiaire, la crainte d’ouvrir était plus forte que lui.

            Finalement, Alfred s’en chargea. Comme poussé par une main invisible, le battant se déploya largement. À l’intérieur de la salle, la lumière s’alluma automatiquement.

            — Waouh, c’est chouette, fit-il. C’est rudement moderne avec cet éclairage instantané. Tout doit s’éteindre dès qu’il n’y a plus personne. Je me demande bien pourquoi ils veulent murer ce vestiaire !

           Tout en pénétrant il inspecta la pièce.

            Des bancs rangés au garde à vous, semblaient attendre les baigneurs et des rangées de faïence qui couraient sur les murs rappelaient les thèmes spécifiques à chaque vestiaire.

            — C’est superbe et ces couleurs sont vraiment gaies.

            — Quelles couleurs ? fit Loris étonné.

            — Tu n’as qu’à regarder !

            Le jeune ouvrier osa jeter un œil.

           — Superbes ? Tu as des problèmes de lunettes ! On dirait qu’elles sont vieilles comme si elles étaient usées.

            — Moi je les trouve belles ! Quand j’étais gosse, j’ai visité Rome et je me souviens des fresques qu’il y avait dans les thermes de Caracalla. Mais c’était il y a longtemps ! C’était après Jésus Christ, quelque chose comme ça. Enfin si ma mémoire est bonne ! Ҫa y ressemble étrangement. Ce n’est pas idiot pour un centre aquatique !

            Loris était resté dehors, planté devant l’entrée du vestiaire, ne risquant qu’un œil à l’intérieur.

            — Des fresques ? Où vois-tu des fresques ? questionna-t-il. Si ce ne sont pas tes lunettes, alors tu as dû rester un peu trop longtemps au soleil sur le dernier chantier. À part des carreaux jaunes et blancs, je ne vois rien !

            Alfred fixa les murs du regard et dut se rendre à l’évidence : son collègue avait raison, aucune fresque n’ornait la pièce.

            — Je dois être fatigué ou alors j’ai trop d’imagination ! conclut-il hâtivement. J’aurais pourtant juré que…

            Il s’interrompit. Quelques gouttes de sueur perlaient à son front. Il les essuya d’un revers de main.

            — Mais dis-moi, ajouta-t-il, tout à l’heure tu disais que j’ignorais quelque chose. De quoi est-ce que tu parlais ?

            Loris parut embarrassé. Le couloir était désert et silencieux, l’atmosphère presque cotonneuse. Alfred, de son côté commença à décharger les matériaux qui se trouvaient sur le diable et qu’ils avaient amené à proximité. Devant lui, la palette se vidait peu à peu mais Loris n’avait toujours pas répondu.

            — Tu as perdu ta langue ? Je ne vais pas faire le boulot tout seul ce matin !

            — Non, je m’excuse mais j’ai l’esprit ailleurs.

            — Si au moins tu me disais ce qui te tracasse !

            — Tu n’en a jamais entendu parler ?

            Alfred, plutôt calme d’ordinaire, haussa le ton.

            — Dis, tu ne vas pas recommencer avec tes mystères. Arrête de tourner autour du pot. Crache le morceau !

            Le jeune ouvrier prit une profonde inspiration, tourna la tête à droite puis à gauche, jeta un œil derrière lui, croisa les bras et se décida à parler.

            — Mais bonté, tu vois bien qu’il n’y a personne. Qu’est-ce que tu as ?

          — Il y a des rumeurs autour de ce complexe aquatique.

          — Qu’est-ce que tu racontes ? Des rumeurs, des mystères, à propos d’une piscine ultra moderne ! Des sornettes tout ça ! Et tu y as cru ?

           — Ce n’est pas parce que tu n’en as jamais entendu parler que ça n’existe pas ! Ce qui s’est passé a fait la une des journaux.

            — Ah oui et qu’est-ce qui s’est passé ? On a trouvé un cadavre ou pire des cadavres atrocement mutilés ?

            — Ne te fous pas de moi ! Ceux qui ont travaillé là ont entendu des voix, des murmures.

            — Des voix ! Je crois qu’on t’a fait marché et toi tu as couru !

            — C’est sérieux ! Il paraît que des phénomènes inexplicables se seraient produit ici.

            — Allons bon, des phénomènes inexpliqués maintenant !

            Alfred avait envie de rire mais il se retint pour ne pas froisser son collègue qui semblait convaincu par ce qu’il disait.

           — J’en sais trop rien mais d’après ce que j’ai entendu, les voix proviendraient d’un endroit très précis. Alors tu comprends, aujourd’hui je fais la relation avec ce vestiaire qu’il faut condamner et l’employé qui a posé la clé et a pris la poudre d’escampette.

            — Tu veux dire ce vestiaire ?

            — Il y a eu une enquête. Le chantier a pris énormément de retard. Tu ne trouves pas bizarre qu’on nous demande maintenant de condamner un vestiaire dans un bâtiment si moderne ?

            — Si, tu veux mon avis, c’est des rumeurs tout ça ou une façon d’attirer l’attention. Peut-être aussi que des petits malins s’amusent à faire peur ou que c’est une sorte de publicité pour parler de cette piscine.

            — C’est possible mais je n’ai pas envie d’entrer là-dedans !

           — J’y suis bien entré moi et il ne m’est rien arrivé. Attends… chut… écoute !

          — Quoi, qu’est-ce qu’il y a ?

          Loris avait blêmi et il semblait retenir sa respiration accrochée à la réponse qu’allait lui faire Alfred. Il prêtait l’oreille, cherchant à détecter une voix ou des sons. L’ouvrier plus âgé ne put se contenir plus longtemps. Il éclata de rire.

          — Mais tu ne vois pas que je te fais marcher ! Oublie ces bêtises mon gars ! La pièce doit être condamnée et la porte murée. On fait le boulot et on s’en va.

            — C’est pas drôle ! Tu peux rigoler et te foutre de moi ! N’empêche que tu es incapable de me dire pourquoi il faut murer ce vestiaire ! Je te le dis : c’est pas normal.

          — Allez, au travail ! On ne va pas se laisser impressionner quand même. On est déjà en retard et cet après-midi, on doit se rendre sur un autre chantier, de l’autre côté de Brignais. Alors il faut attaquer tout de suite !

          Sur ces mots, il s’empara d’une grande bâche qu’il étala par terre. Il y déposa tout le nécessaire. Il prit une truelle et piqua à plusieurs endroits dans un sac de ciment posé à plat au sol. Il préleva ensuite une partie du contenu, qu’il versa dans un grand bac en plastique. La poudre, pulvérisée dans l’atmosphère les irrita. Leur toux rauque se répercuta en écho contre les parois lisses de ces falaises de plâtre modernes, récemment érigées. Loris déploya le tuyau d’alimentation en eau et l’étira jusqu’à l’endroit qu’on leur avait indiqué.

          — Alfred ! appela-t-il. Je me suis trompé. J’ai pris un tuyau trop court. Je vais chercher l’arrosoir dans le camion.

          Son collègue pesta mais ne put qu’acquiescer.

          — Grouille-toi !

           Tandis que Loris s’éloignait rapidement, il ouvrit un sac de sable extrêmement fin. Il compta ensuite le nombre de pelletées qu’il ajoutait au ciment. Comme son collègue tardait, il se mit à fredonner un air entendu à la radio le matin. Il jeta un œil à l’extérieur et vit Loris approcher du camion, l’ouvrir et s’emparer de l’arrosoir. En l’attendant, il examina le dormant de la porte, mesura la largeur de celle-ci. Il vérifia aussi la solidité du sol qui accueillerait leur cloison de moellons et de ciment. Comme l’ensemble lui parut robuste, il se pencha au-dessus de l’auge en plastique et commença à malaxer le mélange sable ciment. Il ne manquait plus que l’eau.

          Depuis un moment déjà, il avait oublié les paroles de la chanson dont seul le refrain lui revenait en boule. Il sifflotait un couplet quand il entendit des pas derrière lui.

          — Loris, remplis vite l’arrosoir ! Tu sais, je n’ai pas eu le temps de lire entièrement le bordereau de la journée mais je crois qu’il va falloir jouer serré. Après Brignais, il me semble qu’on a encore un autre chantier. À Mornant peut-être. Il faudra vérifier, je ne suis pas sûr.

          Tandis que la pelle raclait bruyamment le fond de l’auge, Alfred continuait à parler.

          — Tu te souviens, le mois dernier, quand on a oublié d’aller à Vourles parce que la secrétaire n’avait pas inscrit les travaux sur le planning de la bonne équipe ? Quand on est rentré, on a passé un mauvais moment : « vous n’avez pas fait ceci, vous auriez dû faire cela ! » et patati et patata et résultat, c’est la prime qui a sauté. Je ne veux pas commettre d’impair cette fois. Mais qu’est-ce que tu fais ? Tu m’apportes l’eau oui ou non !

          Juste derrière lui, Alfred entendit un « oui », murmuré tandis qu’il ressentit le souffle d’une haleine dans son cou. Il se retourna. Ses yeux, auxquels il s’était toujours fié jusqu’alors le trahirent. Par les grandes baies vitrées, il vit Loris, dehors, près du camion, en train de téléphoner. Il lâcha aussitôt son outil, ne sachant s’il devait reculer, partir, courir ou appeler. Il était absolument seul dans le vaste couloir.

La suite très bientôt !

Audrey Degal

LA MURAILLE DES ÂMES

UN TRHILLER POLICIER PASSIONNANT DE 384 PAGES sorti en mars 2017

disponible en France et à l’étranger sur internet ou en librairies, version papier ou ebook.

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Auteur : audreydegal

Romancière auteure de Thrillers, des intrigues à ne pas ne croire vos yeux !

2 réflexions sur “PAROLES DE PIERRES 2ème partie

  1. Grrr, Groarrr, Greu, Criii la suite la suite… trop dur de patienter .Quel suspense!!! Bisous Ma Belle

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