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L’ENVERS DU DECOR, 3ème partie

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L’Envers du décor, 3ème partie

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  Résumé de l’épisode précédent : Marie Rose a des hallucinations. Elle est la seule à voir un intrus qui serait chez elle. Elle accepte finalement de consulter un spécialiste  qui diagnostique une maladie neurologique. Elle ne parvient pas à l’admettre d’autant que dans le cabinet médical   l’étranger surgit de nulle part. Personne ne la croit quand elle dit qu’il est là et pourtant, lorsque celui-ci se retire, il fait tomber un petit carnet que le patient suivant ramasse. Marie Rose a-t-elle des hallucinations ?

          En dépit des soins que lui avait prodigués le neurologue, Marie Rose fut emmenée au service des urgences de l’hôpital le plus proche. Des examens s’imposaient du fait qu’elle avait perdu connaissance. Sigi et le médecin l’accompagnaient :

            – A-t-elle tenu des propos incohérents juste après le choc ou s’est-elle évanouie immédiatement, demanda l’urgentiste.

            – Je suis neurologue, docteur Calyste et ce monsieur est le mari de cette dame.

            – Bonjour monsieur, ah, un confrère. C’est une de vos parentes ? demanda l’interne en saluant ses deux interlocuteurs.

            – Absolument pas mais la patiente était dans mon cabinet au moment des faits.

            – Et comment est-ce arrivé ?

            – Pour répondre à votre première question, j’ai diagnostiqué chez cette dame une forme de la maladie d’Alzeihmer qu’elle nie comme c’est souvent le cas. Par conséquent, elle tenait des propos incohérents et lors de la consultation, elle croyait voir des portes là où il n’y en avait pas, affirmant qu’une s’était ouverte puis refermée avant de se jeter contre le mur comme si elle croyait pouvoir le traverser. Vous en savez autant que moi !

            – Je vois. Bon nous allons toutefois lui faire passer un scanner. Elle a repris conscience mais elle raconte tout et n’importe quoi : qu’un étranger loge chez elle, qu’il veut la chasser, que tout disparaît autour d’elle. Je comprends mieux maintenant. Les conséquences de cette maladie sont vraiment terribles.

            Le docteur Calyste prit congé de Sigi, lui demandant de passer à son cabinet pour récupérer les ordonnances qu’il avait rédigées et qui avaient été oubliées dans la précipitation. Quelques heures plus tard, les examens médicaux étant rassurants, le couple regagna son domicile.

            – J’ai si mal à la tête, se plaignit Marie Rose.

            – Pas étonnant, remarqua Sigi. Quelle idée aussi de te fracasser le crâne contre un mur ! Cela ne résoudra pas tes problèmes tu sais. Je ne sais plus quoi faire avec toi ! Tu te mets en danger.

            – Je te demande de me comprendre.

            – Pour ce qui est de comprendre, je te rassure, j’ai compris. Tu es vraiment malade !

            – Je te remercie, fit-elle d’un ton sarcastique. Je vois que tu me soutiens ! Je te signale quand même que je ne me suis pas jetée contre un mur mais que je me dirigeais vers porte, grande ouverte, laquelle s’est refermée brutalement au moment où j’ai voulu passer. L’intrus lui est passé. Je voulais juste le suivre.

            – Bon, inutile d’en parler davantage. J’irai à la pharmacie prendre les médicaments et j’espère qu’ils te feront du bien parce que franchement je sature face à cette situation.

            – Moi aussi mais je suis certaine de ce que je dis et cet homme qui était là-bas est chez nous. Il a dû y revenir pendant que nous étions à l’hôpital. Tu le verras à un moment ou à un autre et tu comprendras. D’ailleurs je suis persuadée qu’il est quelque part et qu’il nous écoute.

            – C’est ça et il est arrivé avant nous ?

            – Parfaitement puisque nous étions à l’hôpital, je viens de te le dire. En plus il passe par des portes, des passages qui se referment sur nous alors il se déplace plus vite !

            – Oui, bon, conclut Sigi qui voulait clore la conversation.

*

            Pendant le reste de la journée, chacun fit en sorte d’éviter l’autre mais Sigi ne pouvait s’empêcher de sourire lorsqu’il remarquait une erreur dans le comportement de sa femme. Elle se perdait dans sa propre maison.

            Le soir venu, ils se couchèrent, chacun dans leur chambre et Sigi ne tarda pas à s’endormir, cédant à une après-midi harassante. Marie Rose quant à elle se détendait, tête sur son oreiller mais les oreilles aux aguets. Elle en était persuadée : dans peu de temps il serait de nouveau là, à mettre son nez de partout.

            Contre toute attente, la nuit fut calme et le visiteur ne pointa pas son nez.

            – Alors, tu as bien dormi ? demanda Sigi. Et l’étranger, t’a-t-il rendu visite cette nuit ?

            – Non, il n’est pas venu. Du coup, j’ai bien dormi car je n’ai pas eu besoin de me lever.

            – Et comme par hasard tu as commencé le traitement du neurologue. Tu vois, c’est un signe. Tu n’as plus tes hallucinations et donc cet étranger, fruit de ton imagination, n’est pas revenu.

            Marie Rose ne répondit pas, perplexe devant la remarque judicieuse de son mari. Et si les autres avaient raison, si elle était bien malade et qu’aucun visiteur n’errait dans sa maison ! Elle se contenta de soupirer avant de se mettre à nettoyer la cuisine. Elle prépara même le repas, se perdant quelque peu dans les quantités qu’elle avait du mal à mesurer.

            – N’oublie rien sur le feu, lui signala Sigi toujours attentif à ce qu’elle faisait.

            – Tu me prends pour une gamine, rétorqua-t-elle. Allez, on va bientôt passer à table. Prépare la gamelle du chien et dis à ma mère de descendre. Je sers le repas.

            – Le chien ? Mais voilà deux ans que nous n’avons plus de chien.

            – Qu’est-ce que tu racontes ? Je l’ai vu passer il y a à peine quelques secondes !

            – Ҫa m’étonnerait beaucoup. Quant à ta mère, elle est morte depuis de très nombreuses années.

            – Quoi, maman est morte et tu me l’as caché ! s’énerva-t-elle. C’est intolérable ! Où est-elle ? Je veux la voir. Dis-moi où elle est, vite. Que lui est-il arrivé ?

            Sigi tenta de lui expliquer qu’elle se trompait, que ce qu’elle croyait voir appartenait à un lointain passé mais elle était hors d’elle. Elle jeta violemment la cuillère en bois qu’elle tenait dans sa main en maudissant son mari et en l’injuriant puis elle monta se réfugier dans sa chambre qu’elle ferma à clé.

            – Ouvre, supplia Sigi. Je t’assure que je ne veux que ton bien et puis tu dois prendre tes médicaments. Ouvre, Mimie !

            – Jamais ! Je vois clair dans ton jeu. Tu veux me faire passer pour une folle. Eh bien dès que j’en aurai la possibilité, je partirai. Je te laisserai avec l’autre.

            À ce moment-là, elle entendit un cliquetis derrière elle. Elle se retourna et vit l’intrus assis sur le rebord de son lit, qui agitait un trousseau de clé.

            – Prends-les Marie Rose, lui dit-il. Ce sont les clés de ta maison. Je les ai prises à Sigi car il t’enferme chaque nuit pour que tu ne puisses pas partir.

            Dans le couloir, Sigi ne cessait d’implorer sa femme de lui ouvrir. Le regard de Marie Rose allait de la porte sur laquelle tambourinait son mari à son lit où l’autre avait pris place. Soudain, elle s’aperçut que l’intrus avait disparu. Au bord de son lit, posé sur les couvertures, un trousseau.

            – Pourquoi est-ce que tu ne me parles plus ? réponds-moi Mimie !

            – Va te coucher. On verra demain ! se contenta-t-elle de dire.

            Elle attendit patiemment de l’entendre ronfler avant de déverrouiller sa porte. Elle s’était habillée et elle descendit les escaliers sur la pointe des pieds. Dans ses mains, les précieuses clés de la maison que l’on prenait soin de lui dissimuler depuis quelques temps.

            – Ce soir je me fais la belle ! se murmura-t-elle.

            Elle repensa à l’autre dont la présence se faisait de plus en plus prégnante, aux clés qu’il lui avait laissées. Jamais jusque là il ne lui avait remis d’objet, il n’avait fait que lui parler. Finalement, ne désirait-il pas l’aider ? Elle songea aussi au chien, à sa mère. Elle était certaine de les avoir vus et en se concentrant davantage, d’autres être chers lui revinrent à l’esprit.

            – J’ai bien discuté avec mon père voilà deux jours et aussi et avect Roger, Jean Claude, Alain… Oui, ils étaient bien là. D’ailleurs qu’est-ce qu’ils mont fait rire avec leurs plaisanteries. On a passé un bon moment ? C’était presque une fête. J’adore faire la fête ! J’adore quand il y a du monde autour de moi.

            Parvenue au bas de l’escalier de bois, elle inséra la clé dans la porte, lui fit faire deux tours, appuya lourdement sur la poignée et un instant plus tard, elle était dehors, libre, enfin libre ! Un courant d’air claqua la porte d’entrée derrière elle.

            – Zut ! Sigi va se réveiller, pensa-t-elle.

            Elle courut vers le portail et constata amèrement qu’il était fermé et qu’elle ne pourrait pas l’ouvrir.

            – Mince, je n’ai pas la clé ! Qu’à cela ne tienne, je vais l’escalader et sauter. Il est hors de question de faire machine arrière.

            Elle grimpa au sommet du portail métallique et lorsqu’elle fut à califourchon à son sommet elle entendit :

            – Mais qu’est-ce que tu fais Mimie ? Où comptes-tu aller ? Redescends, tu vas te blesser.

            Sigi était planté devant elle, en pyjama et le froid associé au vent lui mordait la chair.

            – Fuis, lui dit l’étranger qui venait de surgir de nulle part, fuis, va-t-en ! Saute !

            Elle ne savait plus qui écouter mais ce dont elle était certaine c’était que Sigi ne voyait ni n’entendait l’intrus qui se manifestait.

            – Arrête tes bêtises Marie Rose. Je vais t’aider à descendre.

            – Surtout ne t’approche pas. J’étais professeur de yoga, je suis encore souple et s’il le faut je sauterai !

            Elle n’acheva pas sa phrase que déjà, tel un chat, elle bondit. Son grand âge ne l’aida pas à se réceptionner et elle chuta au sol. En se relevant, elle se frotta le bas du dos car, présomptueuse, elle avait tout de même heurté violemment le goudron. Narquoise, elle agitait les clés devant Sigi qui ne se sentait pas capable de la suivre et se trouvait coincé.

            L’escapade ne s’éternisa pas et deux heures après, ne sachant où aller et frigorifiée, Marie Rose se réfugia finalement chez des voisins qu’elle avait toujours appréciés. L’intrus était là, à côté d’elle et elle dut se rendre à l’évidence : elle seule le voyait. Néanmoins, il y avait autre chose ou plutôt d’autres personnes qui étaient autour d’eux et qui lui souriaient. Une femme vint même lui caresser les cheveux et lui dire :

            – C’est bien, tu es sur la bonne voie. Il faut continuer. Courage et retiens ce nom : Docteur Beffroi.

            – Vous les voyez vous aussi ! demanda Marie Rose à ses deux amis.

            – Qui ? fit Anita perplexe en regardant, interloquée, Sergio son mari. Il n’y a que nous trois Mimie !

            – Rien, personne, laissez tomber, ajouta Marie Rose convaincue qu’il ne fallait pas insister.

            Alors qu’elle se sentait seule et perdue, l’intrus s’approcha d’elle, accompagné de sa mère et il lui dit :

            – Tu progresses, bientôt tout ceci n’aura plus d’importance. Nous sommes avec toi. Reste confiante.

            Marie Rose ferma les yeux. Marie Rose serra les dents. Marie Rose serra les poings, assise sur un tabouret de la cuisine, chez ses amis. Elle tentait d’être forte. Elle s’aperçut pourtant qu’elle ne ressentait plus rien. Elle posa sa main contre la tasse encore fumante qu’Anita lui avait servie. Aucune chaleur ne caressait sa main. Elle se pinça la peau. Rien ! Elle ne ressentait plus rien ! Sergio et Anita semblaient embarrassés de la voir ainsi. Quant à elle sans nier sa maladie, elle était certaine que tout ce qu’elle vivait existait.

            Le lendemain matin, aux alentours de midi, un employé de la poste sonna à la porte. Sigi ouvrit, signa le bordereau et prit le petit paquet qu’on lui tendait. Il était destiné à Marie Rose. Il déchira l’emballage et un petit carnet accompagné d’un mot du neurologue : « Je crois que votre épouse a égaré ce petit calepin lorsqu’elle s’est blessé en heurtant le mur. Même s’il ne contient strictement rien, il m’a semblé important de le lui rendre. »

            – Tiens, Mimie, le neurologue te fait livrer ton petit carnet. C’est bizarre, je ne l’ai jamais vu !

            Marie Rose était occupée à l’étage.

            – De quel carnet parles-tu ?

            – Viens voir toi-même ! Mais il est vierge de toute écriture. Je ne sais pas à quoi tu t’en servais.

            Elle descendit de l’étage, s’empara de l’objet qu’elle ne parvenait pas à reconnaître.

            – C’est ton carnet ? demanda Sigi.

            – Non, il ne me dit rien du tout.

            Mais au moment où elle l’ouvrit, des photos, des lignes, des pages d’écriture apparurent. Par son intermédiaire, l’intrus s’adressait à elle. En le feuilletant rapidement elle y vit des conseils, des propositions, des propos réconfortants qu’elle approfondirait plus tard… Ce serait sa petite bible à elle.

            – Alors, qu’est-ce que tu vas en faire, interrogea Sigi.

            – Je le garde précieusement. Je le reconnais à présent.

            Son mari la regarda étrangement alors qu’elle s’éloignait, serrant le petit carnet tout contre son cœur.

La dernière partie de cette étrange histoire, très bientôt. Partagez avec vos amis ! 

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Merci de votre fidélité !

 

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Auteur : audreydegal

Romancière auteure de Thrillers, des intrigues à ne pas ne croire vos yeux !

6 réflexions sur “L’ENVERS DU DECOR, 3ème partie

  1. Je suis  »accro » la suiiiiite, Audrey tu es fabuleuse j’adoooOOOooore bisous.. 😉

  2. J’arrive sur votre blog via facebook, et je découvre votre univers avec plaisir !
    Mais c’est une réelle torture d’attendre pour la fin de l’histoire….

    • Merci pour ce commentaire. C’est toujours un réel plaisir de discuter avec les lecteurs. Quant à la fin de « L’envers du décor » elle arrivera très vite, c’est promis. Être abonné permet d’être informé des publications. Sinon avec plus de temps je posterai des histoires chaque jour pour mes lecteurs et au moins un roman par an. Bonne fin de soiree et bonnes lectures à venir ! Audrey.

      • Je ne m’attendais pas à une réponse aussi rapide, merci beaucoup ! Je ne manquerai pas de guetter vos prochaines publications… Et si de votre côté vous avez quelques minutes à l’occasion pour laisser un avis/conseil, je suis preneuse ! 😉 Bonne fin de soirée également, et au plaisir de vous lire. Claire

      • Promis j’irai vous lire au plus vite. J’ai déjà cliqué sur « suivre » sur votre site. A bientôt !

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